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Son 2ème article paru en 2005

«LES SOURIRES DE JEAN-PAUL II »  paru dans « La Croix » du 13 avril 2005 ( reproduit ici avec leur aimable autorisation -Groupe BAYARD PRESSE)

La cathédrale de Paris est comble comme jamais. Les officiels arrivent l’un après l’autre, dans le léger brouhaha où chacun commente l’arrivée d’un personnage connu ou célébrissime.

Une ovation retentit soudain. Bouleversé, j’aperçois Monsieur Boubakeur, le représentant de l’Islam en France.
Ce geste d’allégresse de la foule, c’est un vibrant sourire de Jean-Paul II. Notre Pape défunt récolte les fruits spirituels de son audace pour avoir invité les croyants de tous bords à monter ensemble vers Dieu.

Jamais je n’ai reçu autant de SMS et d’appels de mes lascars pour me dire leurs “condoléances” ou leur affection, suite au départ de Jean-Paul. “On savait, Guy, que tu l’aimais beaucoup. On est avec toi” était la phrase rituelle écrite ou téléphonée par ceux qui étaient parmi les préférés de notre Pape bien-aimé.

Que l’Inde ou l’Égypte proclament trois journées de deuil national est un signe fort pour des religions si loin du christianisme. Elles osent dire par ce geste à Jean-Paul : “Merci d’avoir été ce que tu as été durant ton séjour sur terre”.

Le 2 Avril, j’étais en pleine conférence en Haute-Garonne, dans un minuscule village. A 21 heures 45, mon assistant me glisse, au milieu de l’échange avec un petit peuple, ce message : “Le Pape vient de mourir”.
Je l’annonce à l’assemblée. Un silence total emplit la salle. Athées, musulmans, juifs et chrétiens se taisent quelques minutes. Ultime reconnaissance vers le “vieux bonhomme” qui s’en est allé, comme il le voulait. En nous apprenant à vivre durant 27 ans et, surtout, en nous apprenant à mourir bellement devant nous. Toutes religions confondues.


Parmi la trentaine d’interviews qui m’a été demandée, j’ai noté ceci : la pudeur des interviewers et leur respect. Pour une fois, on ne m’a pas demandé en priorité ce que je pensais de la capote par rapport à la position du Pape.
Les ombres qu’on imputait au Pape, durant son pontificat, ont été effacées. Ses lumières, par contre, sont dessinées bellement après sa mort dans l’universel de ce qu’il était.

Merci, Jean-Paul, d’avoir donné à ton sacerdoce cette dimension planétaire !
Elle est l’exemple à suivre pour tout prêtre. Parce qu’elle peut apporter à toute personne de toute culture et de toute religion cet oxygène vital dont l’humanité a le plus grand besoin.

Merci aussi d’avoir voulu rester à ton poste jusqu’au bout, malgré les critiques que ta présence de grand souffrant suscitait de plus en plus.
La Providence veillait.
Tu as dû te taire 15 jours avant de nous quitter. C’était un des plus grands moments de ta présence parmi nous. Tu rejoignais ainsi le peuple des sans voix que tu as tellement défendu.

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