Discours du Père Guy
Gilbert à Mantes la Jolie au rassemblement diocésain du centenaire du
scoutisme, le 6 mai 2007. :
Bravo
aux scouts de France !
Bravo
d’être là pour fêter le centenaire du scoutisme !
Bravo
aux scouts et guides de France !
Bravo
aux scouts et guides d’Europe !
Bravo
aux scouts unitaires de France, c’est super chouette que vous soyez tous
réunis. Vous battez je pense un record mondial, onze mille scouts dans le
diocèse de Versailles !
Merci
à Eric Aumônier, votre Evêque
responsable de vous avoir unis aujourd’hui
pour rendre grâce.
J’ai
soixante douze ans, j’ai eu la vocation à treize ans. Aimé immensément
par mes parents, nous étions quinze enfants. J’ai découvert l’amour
humain d’abord avec mes parents, et l’amour de Dieu quand je suis
rentré au séminaire à
treize ans, j’étais tellement chiant qu’on m’a fait sauter deux ans
de catéchisme.
Quand je suis rentré au séminaire suite à un appel impérieux
je ne savais absolument pas
ce que Dieu était. J’ai découvert à treize ans que Dieu
était amour, et se fut quelque chose qui m’a vrillé le cœur
jusqu’à aujourd’hui. Cinquante neuf ans après, quand je lis l’évangile
« Dieu est amour », c’est toujours la même vibration
fantastique.
Ma
force et mon héritage ont été l’amour de mes parents, lié à l’Amour
de Dieu.
Si
vous êtes aimez, jeunes scouts, bouffez l’amour et donnez le !
Ma
tendresse aujourd’hui ira d’abord vers ceux et celles dont les parents
sont divorcés. Il n’est pas question pour moi de les juger, eux
qui ont vécu un échec d’amour.
Je sais combien c’est
dur pour les parents de se séparer ;
c’est encore beaucoup plus dur pour vous même si vous le cachez.
J’ai fait quinze ans d’études. Mais en 1957, après neuf
ans de séminaire j’ai cessé celles-ci,
pour malheureusement participer à la guerre d’Algérie. Je n’avais aucune volonté de tuer les gens. La guerre est
une immense connerie et Monsieur Bush en sait quelque chose…
Je suis resté treize ans en Algérie de 1957 à 1970. J’ai
fini mon séminaire et moi, né en
Charente Maritime, qui croyais que j’étais fait pour vivre avec
un monde Chrétien, depuis 42 ans que je suis prêtre, je vis avec
des personnes qui ne sont globalement pas Chrétiennes.
Nommé vicaire à Blida, je suis resté treize ans en Algérie,
jusqu’en 1965, et y ai fait deux découvertes :
- J’ai découvert le scoutisme
avec ces lois : devoirs, droits, efforts et solidarité. Ainsi j’ai
lancé une troupe de trois
cents jeunes qui a été extraordinaire. C’étaient des scouts
extraordinaires.
-
Je me souviens encore sous le scintillement des étoiles, d’avoir vécu
des moments prodigieux avec des méharis, dans le Sahara ; c’étaient
des jeunes pauvres et ça été une grande richesse pour moi.
Je suis revenu en France en 1970.
Je
vis depuis 37 ans avec des jeunes de votre âge (12 - 17 ans) : des
jeunes délinquants.
Ecoutez
cette histoire du dernier jeune qui est arrivé dans notre bergerie
en Provence :
« Sébastien
13 ans, né de père et mère inconnus.
Son père adoptif est emprisonné pour trente ans et « sa mère
de cœur » est
morte brutalement. Il n’a plus que
sa petite sœur karine.
Quand
vous rentrerez ce soir vous téléphonerez
à vos parents, vous aurez quelques attaches :
des amis, des amours, Sébastien n’a rien ! »
J’ai
acheté une ruine il y a 33 ans pour de jeunes loubards qui passaient leur
temps à casser, et à attaquer les gens.
Je leur ai dit : « vous êtes capables de bâtir… »
ainsi ils ont su construire, en dix ans,
une magnifique maison provençale où ils vivent maintenant.
Tous
les ans j’invite des scouts Guides de France, d’Europe et Unitaires
pour participer à notre vie. Ils sont à trois cents mètres de la
bergerie et partagent tout
avec des loubards ; ne vous inquiétez pas, ils n’apprennent pas à
voler des portefeuilles en sortant, simplement
ils ont peut-être quelques gros mots qu’ils apprennent au contact de
jeunes que l’on appelle : «la racaille ».
Le
miracle du scoutisme c’est de former l’homme et la femme totalement :
le corps, le cœur et l’âme.
Cent
ans après vous êtes onze mille appartenant au diocèse de Versailles.
Le
miracle du scoutisme, comment ? par le service
gratuit et humble.
La
confiance est un des plus beaux noms de l’amour : quand vous dites
à quelqu’un j’ai confiance en toi, ça veut dire que l’amour que
vous lui portez pénètre en lui. Prends toi en mains, épaule notamment
les plus fragiles bâti le monde et vie tes rêves par le jeu et la joie.
A votre âge vous jouez beaucoup, quelle joie de voir le petit Sébastien,
dans ma ferme de Provence en train de jouer avec les sangliers, notamment
avec Popeye, qui pèse deux cents kilos alors que lui n’en fait que
trente cinq.
Pas
de scoutisme sans le jeu, la joie et l’effort des camps. Il vaut mieux
que vous partiez sacs à dos vivre dans la nature
pendant un week-end que de
draguer des gonzesses, de fumer des pétards ou de vous plonger dans
Internet, la télévision…
Comment
le miracle du scoutisme ? Par l’engagement et l’amitié.
Soyez
des citoyens debout et libres, ce soir nous allons vivre un moment
historique nous allons voir celui ou celle qui sera notre président.
Chaque
fois que je rencontre des adultes qui me reconnaissent dans les aéroports,
ce qui est merveilleux
c’est d’entendre : « je suis un
industriel, mais le
scoutisme m’a formé et m’aide immensément à vivre maintenant comme
un adulte fort responsable et partageant… ».
Je peux vous dire une chose c’est que j’ai rencontré
tant d’adultes, fruits de ce que vous vivez maintenant comme
scouts. Plus tard vous serez des hommes debout et libres.
Le
miracle du scoutisme c’est la foi ! Baden Powell disait : « pas
de scoutisme sans foi », vous ne seriez jamais onze mille à réunis
ici et des centaines de milliers dans le monde. Si le scoutisme n’était
pas basé sur votre foi, il serait mort depuis très longtemps. Pratiquez
votre foi par l’eucharistie, souvent
des jeunes me disent : « Guy on s’emmerde à la messe »,
c’est vrai ça veut dire que nous, Prêtre, nous devons vous aider à
vivre des eucharisties vivantes parce que celles-ci
sont l’unité et la force de l’Eglise. Benoît XVI n’a pas
dit à Cologne de ne pas mettre de capote mais allez à l’eucharistie le
dimanche parce qu’elle nous unit, la communion est centre et force
vitale.
Le
plus grand moment de ma vie frères et sœurs bien aimés, c’est de
faire descendre l’amour dans mes mains nues et de vous le donner :
c’est le plus grand moment de ma vie depuis 42 ans.
Soyez
les témoins, Jean-Paul II disait : « ce n’est pas tellement
de maîtres dont on a besoin mais de témoins » ;
respectez l’autre du plus fragile au plus important.
Respectez
l’étranger, il possède « toujours
une vérité qui nous manque ».
Soyez
des témoins de l’amour gratuit face à l’égoïsme, à l’indifférence.
Faites chaque jour les petits de l’amour vers l’autre. Jean Paul II a
dit à deux millions de jeunes à
Rome : « si vous avez l’amour et que vous savez que
l’amour vient de Dieu, alors vous êtes invincibles ».
Aimez
l’Eglise ». On vous dira à l’école : « t’es
catho, t’es un pauvre con : tu es un facho » Foutez vous de
ses réflexions. On attaque beaucoup l’Eglise actuellement… Osez dire :
«Je crois au Christ, Jésus mort et ressuscité » et je peux vous
assurer d’une chose : « vous convaincrez pas l’autre
mais au moins vous direz votre foi.»
Aimez
votre groupe scout que ce soit Guide de France, d’Europe et
Unitaire. Respectez l’autre groupe, obéissez à des règles
simples, magnifiques, dures et belles.
Aimez vos familles, soyez des champions de la vie : de l’enfant qui
dort dans le ventre de sa mère au vieillard qui s’éteint. N’oubliez
pas une chose : soixante dix pour cent des anciens, il y a cinquante
ans, mourraient chez eux main dans la main avec leurs enfants,
aujourd’hui soixante-dix pour cent
crèvent tout seul sur leur lit d’hôpital.
Aimez
vos ennemis, soyez des êtres de miséricordes.
Je
vais vous donner un texte d’une histoire vraie, « les foulards
blancs », préparez vous à vous confesser, éventuellement vider
vos poubelles, tout ce qui sent mauvais en vous, devant un Prêtre, moi
aussi je me confesse comme vous…
PARABOLE
DES FOULARDS BLANCS :
"C’est
une histoire vraie : Jean, 20 ans, avait fait une saloperie immonde
à ses parents. Vous savez... la saloperie dont une famille ne se remet
pas, en général.
Alors
son père lui dit: “Jean, fous le camp ! Ne remets plus jamais les pieds
à la maison !“
Jean
est parti, la mort dans l’âme.
Et
puis, quelques semaines plus tard, il se dit: “J’ai été la pire des
ordures ! Je vais demander pardon à mon vieux... Oh oui ! Je vais lui
dire: pardon.”
Alors,
il écrit à son père : “
Papa, je te demande pardon. J’ai été le pire des pourris et des
salauds. Mais je t’en prie, Papa, peux-tu me pardonner?”
“Je
ne te mets pas mon adresse sur l’enveloppe, non... Mais simplement, si
tu me pardonnes, je t’en prie, mets un foulard blanc sur le pommier qui
est devant la maison. Tu sais, la longue allée de pommiers qui conduit à
la maison. Sur le dernier pommier, Papa, mets un foulard blanc si tu
me pardonnes.”
“Alors
je saurai, oui je saurai que je peux revenir à la maison.”
Comme
il était mort de peur, il se dit: “Je pense que jamais Papa ne mettra
ce foulard blanc. Alors, il appelle son ami, son frère, Marc et dit:
“Je t’en supplie, Marc, viens avec moi. Voilà ce qu’on va faire :
je vais conduire jusqu’à 500 mètres de la maison et je te passerai le
volant. Je fermerai les yeux. Lentement, tu
descendras l’allée bordée de pommiers. Tu t’arrêteras. Si tu
vois le foulard blanc sur le dernier pommier devant la maison, alors
je bondirai. Sinon, je garderai les yeux fermés et tu repartiras. Je ne
reviendrai plus jamais à la maison.”
Ainsi
dit, ainsi fait. A 500 mètres de la maison, Jean passe le volant à Marc
et ferme les yeux. Lentement, Marc descend l’allée des pommiers. Puis
il s’arrête. Et Jean, toujours les yeux fermés, dit: “Marc, mon ami,
mon frère, je t’en supplie, est-ce que mon père a mis un foulard blanc
dans le pommier devant la maison ?“
Marc
lui répond: “Non, il n’y a pas un foulard blanc sur le pommier devant
la maison... mais il y en a des centaines sur tous les pommiers qui
“conduisent à la maison!”
Puissiez-vous,
Frères et Soeurs, vous qui avez entendu cette belle histoire du foulard
blanc, emporter dans votre coeur des milliers de foulards blancs
Ils
seront autant de miracles que vous sèmerez partout, en demandant pardon
à ceux que vous avez offensés ou en pardonnant
vous-mêmes.
Alors
vous serez des êtres de miséricorde"
Scouts
soyez des êtres de lumière, également. Le monde crève de manque de miséricorde, rendons grâce à Dieu pour ce rassemblement.