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| "L'EVANGILE,
UNE PAROLE INVINCIBLE" (livre sorti en novembre 2005)
(Page réalisée avec l'aimable autorisation des Editions Philippe Rey) |
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Vu dans la presse (critique) |
Serais-je
devenu un Père de l’Église ? Évidemment non.
Ma
plume essaie seulement de traduire l’Évangile avec mes mots, deux mille ans
après…
Jusqu’à
la fin des temps, l’Évangile restera un texte à méditer. C’est une parole
qui aime, celle du Christ. Elle peut donc être commentée à l’infini. Parce
que l’amour a cette particularité de susciter sans fin des mots nouveaux.
Surtout quand le Christ lui-même, fils de Dieu, nous a été envoyé avec amour
par son Père.
Cette
parole a une puissance prodigieuse pour un chrétien : elle est invincible.
Lorsqu’elle
est méditée, elle apporte à celui qui la reçoit une force qui le dépasse.
Ce
souffle de la parole de Dieu, je l’ai puisé dans le peuple que j’assume,
les loubards. Je sais que Dieu habite leur cœur en priorité. D’où les
exemples nombreux puisés à leur contact quotidien.
Puisses-tu,
de quelque religion à laquelle tu appartiens, trouver dans ces 392 pages un peu
plus d’amour et de paix !
J’aurai
alors la joie de croire, moi le serviteur de la parole de Dieu, que l’Éternel
s’est servi de ma plume pour t’apporter un rayon de la vérité qui
t’illumine aujourd’hui."
Avant-propos page 7
II Quel progrès dans ce monde en mouvement ?
V Une Église et une morale pour notre temps
1. Quarante ans de sacerdoce page 11
Au service de l’humain et de l’amour
2. Jésus prophète et pédagogue page 22
Comment agissait-il ?
3. L’Évangile, une parole qui aime page 30
« Vous ferez des choses plus grandes que moi »
4. Emmaüs page 34
L’Eucharistie nous rassemble
5. Jésus s’occupe des plus faibles page 37
Puissance de l’amour
6. Le sacrement de la confirmation page 41
Une initiation aux mystères de l’Esprit-Saint
7. Tout faire par amour page 49
La petite voix de sainte Thérèse
8. Le sacrement du mariage page 54
Force incomparable pour les princes comme pour les loubards
9. Le cœur de Jésus page 62
Humain et divin
10. Des animaux et des hommes page 65
Des créatures pas si bêtes
11. Les cinq sens page 77
Respectons notre corps
12. Je me souviens de ma promesse page 85
Le serviteur aux pieds d’argile
II Quel progrès dans ce monde en mouvement ?
13. Peut-on se changer ? page 95
Regard des autres et amour de soi
14. Les ratés, les perdus, les exclus page 103
Ceux que Jésus désigne comme des saints
15. Les adolescents page 110
Les aimer comme ils sont
16. Égalité et parité page 120
Être femme dans notre société
17. La solitude page 125
Un fléau de notre temps
18. L’argent mène-t-il le monde ? page 132
Donner avec amour
19. Au service des marginaux page 138 EXTRAITS
Hommage à père Dominique et sœur Antoinette
20. Le christianisme page 147
La religion des perdants ?
21. La troisième guerre mondiale page 153
Pour une civilisation de l’amour
22. Face au mal page 163
Pourquoi Dieu n’intervient-Il pas ?
23. Aux côtés de celui qui meurt page 171
Quelle attitude adopter ?
24. La souffrance page 176
Un défi immense
25. Tenir la main jusqu’au bout page 183
À ma mère
26. Nous devons tous mourir page 190
Préparons-nous à ce passage
27. Le suicide page 199
Énigme douloureuse de notre temps
28. Animaux et réinsertion page 209 EXTRAITS
La magie des bêtes
29. Après moi, l’espérance page 218
Quel héritage pour nos enfants ?
30. Parle à Dieu comme au meilleur de tes amis page 233
La prière est un combat
31. Le pardon dans la famille page 239 EXTRAITS
De la rancune à l’apaisement
32. La prière page 245
Une force invincible !
33. Faire la charité page 254
Les grandes étapes de l’amour
34. Action et prière page 263
Que choisir ?
35. L’étranger est une grâce page 268
Sachons l’accueillir
36. Face à la pauvreté avec une mentalité de riche page 274
Réveillez -vous !
37. Réussir sa vie, c’est réussir celle des autres page 280
À quoi rêvent nos jeunes ?
38. Le mystère des miracles page 285
Dieu en fait, nous aussi
40. Morale chrétienne et morale humaine page 293
Complémentaires ou incompatibles ?
41. Croyants dans la cité page 302
Les chrétiens doivent-ils prendre le pouvoir ?
42. Lutte des classes et béatitudes page 310 EXTRAITS
Tout mettre en commun ?
43. La foi nomade des jeunes d’aujourd’hui page 324
Des Indes à Saint-Jacques-de-Compostelle
44. La sainteté page 334
Elle est à ta portée
45. Charles de Foucauld page 341 EXTRAITS
Un frère universel
46. Aimez l’Église page 350 EXTRAITS
Sainte et pécheresse
47. Jean-Paul II page 356
Un tsunami d’amour
48. Benoît XVI page 366
Un vieux pape tout neuf
49. Qu’est-ce qu’un conservateur ? page 372
Ne le sommes-nous pas tous ?
50. L’Église est-elle en phase avec le monde ? page 379
Une tradition qui avance
19ème texte : "Au service des marginaux" (Hommage à père Dominique et sœur Antoinette)
"(...)Bon ne s’écrit pas avec un "C"
Certains marginaux escroquent des curés. Un gars a réussi à voler en mon nom environ un million de francs. Il est allé en prison trois fois pour cela. Comment s’y prenait-il ? Il imitait ma voix ! Par téléphone il disait : « Je suis Guy Gilbert, il faut que je dépanne un mec tout de suite. Il est dans une merde pas possible, il lui faut absolument du liquide. Je te donne mon numéro et je te rembourse très rapidement ! – D’accord, combien te faut-il ? – Trois cents francs. » Et le mec venait illico prendre l’argent chez le curé. Moi je voyais des lettres arriver les unes après les autres. Cinq, dix, vingt lettres. « Mon cher Guy, j’ai aidé ton mec, mais tu mets du temps à me rembourser ! » Je répondais : « Je regrette, mais le mec t’a baisé la gueule. »
En plus, un des curés escroqués lui avait dit un jour que trois cents francs pour un dépannage urgent, c’était peu. Il s’attendait à une somme plus importante. Le mec ne s’est pas gêné pour réviser ses tarifs à la hausse la fois d’après ! Au culot il est allé demander sept mille francs de ma part à un prêtre, et en liquide ! C’était soi-disant une question de vie ou de mort. Le pauvre vieux curé avait reçu sept mille francs en liquide pour aller à Tamanrasset huit jours après. Il les lui donne en ajoutant même un complément de sa propre poche : « Mon petit, je tiens aussi à t’aider moi-même en ajoutant cinq cents francs. C’est providentiel que j’aie sept mille francs en liquide. Guy me remboursera au plus vite ! »
Les cent cinquante mille euros détournés au total ont été rejoués aux courses. (...)"
28ème texte : "Animaux et réinsertion" (La magie des bêtes)
"(...) Bêtes de sexe
Pour les adolescents, il est toujours très intéressant d’assister aux saillies des bêtes. Cela leur donne peut-être quelques idées pour se comporter avec leurs copines. Chaque espèce a son rythme, sa saison. Chez les sangliers, l’accouplement se passe en octobre. La laie porte trois mois, trois semaines et trois jours. Le lama a une gestation de trois cents soixante-deux jours. Quand on a constaté une saillie, on note et on calcule le jour d’arrivée des petits.
En trente ans, j’ai pu voir ce que la bête apportait de très important aux jeunes délinquants sans qu’ils s’en rendent compte. Les maladies les intéressent beaucoup. La mort d’une bête et son enterrement sont des moments qui les captivent particulièrement.
Nous n’avons pas de bêtes inapprochables à Faucon. (...)
Qui apprivoise qui ?
L’animal possède un magnétisme, et tout notre système éducatif est fondé sur cette rencontre avec les animaux. Les faire aller vers l’humain est l’étape suivante. Il est naturel que l’enfant s’entende bien avec l’animal, qui n’a pas la dureté de l’adulte. L’adolescent réagit encore par instinct, il rencontre la bête directement. L’animal l’accueille et agit sans calcul. Un fabuleux dialogue s’instaure sans paroles. Les sons, les odeurs, les gestes ont leur importance dans cet intense échange énergétique et mental. Un jeune qui a un problème ira volontiers vers sa bête afin de la caresser longuement, parce que cela l’apaise. Il ne lui viendra pas à l’idée d’aller à l’atelier caresser l’enclume ! Ces potentialités de communication avec le monde animal, si fortes chez les enfants et les adolescents, sont souvent endormies ou éteintes chez l’adulte (...)"
31ème texte : "Le pardon dans la famille" (De la rancune à l’apaisement)
"(...) Chargeons Dieu de l’impossible
J’utilise une tactique que je propose souvent. « Tu ne peux pas pardonner, c’est trop difficile pour toi. Alors je te suggère de confier à Dieu la tâche de pardonner à celui qui t’a offensé. Car Il t’aime comme Il l’aime. Confie cette mission à Dieu si tu n’es pas capable de la remplir toi-même. Dis simplement à Dieu : “Je ne peux pas, Toi Tu peux.” » Et n’oublions pas que l’on ne pardonne pas à la faute mais à la personne. Pardonner à quelqu’un signifie que l’on condamne l’acte commis et que l’on respecte la personne. Cela revient à dire à l’individu : « Tu vaux plus que ta faute, tu es plus grand que ton péché. »
Toutes les religions que je connais préconisent le pardon. Comme nous vivons dans une société qui perd progressivement ses repères religieux, le pardon devient une notion presque étrangère. On ne pardonne plus. Notre société manque de plus en plus d’espaces de miséricorde. Dans l’affaire du sang contaminé par le virus du sida, la ministre de la Santé de l’époque, Georgina Dufoix, a été jugée, puis s’est déclarée « responsable mais pas coupable ». Ce mot surprenant est resté dans les esprits. Quelle curieuse réaction ! Comment peut-on faire un tel distinguo, comment définir de telles limites ? Pour moi, cette phrase terrible signifie avant tout qu’elle ne demande pas pardon.
Faisons notre possible et chargeons Dieu de l’impossible. C’est parfois extrêmement pénible. Des injures ou certains faits qui ont lieu dans les familles sont difficiles à avaler. Dans cette situation, nous avons le recours de demander à Dieu : « Je T’en prie, occupe-Toi de l’impossible, je ne le peux pas. » C’est une prière très belle et c’est la seule qui nous sauve lorsque l’on ne peut pas pardonner. Dieu étant là, toujours à l’affût, saura absolument nous apaiser et nous permettra de trouver les mots pour délivrer ou être délivré (...) "
37ème texte : "Réussir sa vie, c’est réussir celle des autres" (À quoi rêvent nos jeunes ?)
" (...) Réussir quoi ?
Notre époque est celle de la réussite individuelle. Une chose m’exaspère quand je vais dans des collèges. La plupart du temps, il s’agit d’établissements privés. Quand le directeur a le malheur de me dire : « Mon père, nous avons 85 % de réussite au bac », je l’informe que je m’en tape absolument ! Je m’en contrefous. Parce que je sais ce que ça veut dire : on fait bachoter à mort ces jeunes et on se fout complètement qu’ils participent à la réussite de la vie des autres. C’est un des grands dangers de l’enseignement d’aujourd’hui. Tu t’occupes de toi, et les autres tu t’en fous… Quand on ne leur suggère pas : « C’est en t’appuyant sur la tête des autres que tu y arriveras. C’est en diminuant ceux qui t’entourent que tu te grandiras. » Ces non-valeurs, véhiculées dans notre système, tuent notre pays à petit feu.
Quel est ton rêve ?
Nous demandons souvent aux jeunes : « Que veux-tu faire plus tard ? » S’il y a bien une chose qui m’indiffère quand je parle avec un jeune, c’est ce qu’il veut faire ! Jamais je ne lui pose cette question. En revanche, quand je lui dis : « Quel est ton rêve ? », c’est entrer beaucoup plus profond dans ce qu’il désire secrètement. J’ai vu tant de jeunes ingénieurs, nantis de leurs diplômes, ne sachant quoi choisir ensuite pour bâtir leur vie.
L’épanouissement personnel, d’accord, c’est très beau, mais la dimension collective ne doit pas être oubliée. Nous devons interroger nos jeunes sur leurs rêves, en suggérant que ce rêve-là ne pourra pas être bâti tout seul. On ne construit pas ses rêves à coups de bachotage, à coups d’examens. Trouver sa vocation, c’est tout autre chose (...)"
42ème texte : "Lutte des classes et béatitudes" (Tout mettre en commun ?)
"(...) Le plus grand voleur de mon arrondissement
Lorsque je rends visite à mon banquier, je ne manque pas de lui rappeler qu’il est le plus grand voleur que je connaisse dans mon arrondissement. « Je sais, monsieur l’abbé, je connais très bien votre déontologie », répond-il en éclatant de rire. Chacun sait que les banquiers déroulent le tapis rouge à ceux qui ont de l’argent. Mais si vous devez acheter une maison et que vous êtes un peu fauchés, vous ne pourrez pas compter sur eux. Ceux qui osent vous aider sont rares ! Ce système mondialisé reposant sur le pouvoir de l’argent fait que c’est toujours le plus riche le plus favorisé, le mieux accueilli, le plus gâté.
À Faucon, j’ai voulu établir un salaire identique pour chacun de façon à éviter l’idée de performance. Tous ceux qui travaillent avec moi savent que mes droits d’auteur ont été mis au compte de leurs salaires depuis plus de vingt-cinq ans. C’est une joie pour moi parce que nous avons voulu vivre cela ensemble. Nous avons voulu vivre ces béatitudes. Faim et soif de justice : il n’y aura pas chez nous un grand chef qui a droit à un salaire supérieur (...)"
45ème texte : "Charles de Foucauld" (Un frère universel)
" (...) Au séminaire, la vie de Charles de Foucauld m’avait beaucoup intéressé, en particulier quand j’étais en Algérie. Après la guerre, en 1960, j’ai décidé d’aller à Tamanrasset. Le voyage d’Alger à Tamanrasset fait trois mille kilomètres. Je voulais me rendre à l’ermitage du père de Foucauld, dans la région du Hoggar. J’y suis allé en stop. J’étais en soutane, dont la couleur était devenue gris-orange, à cause des sables du Sahara. J’ai voyagé à bord d’énormes camions, sur des pistes, à côté de chauffeurs d’une extraordinaire gentillesse. Ce pèlerinage a été très dur, à cause du désert et des routes défoncées. Mais c’était un pèlerinage, avec tout ce qu’il comporte de difficile et de découverte. J’ai été plutôt bien servi par la dureté de cette démarche.
Je suis arrivé à l’Assekrem, à l’ermitage de Charles de Foucauld, à 2 700 mètres d’altitude. Le paysage est un spectacle étourdissant de pics de pierre. Une vision lunaire. Il n’y a pas un seul arbre, seulement des centaines de rochers qui piquent vers le ciel. Pour arriver là, il faut prévoir trois heures de route après Tamanrasset et six jours de marche. Si vous naviguez à dos de chameau, il en faut quatre.
Le silence priant du Hoggar
Les couchers de soleil sont une pure merveille. Il y a beaucoup de pèlerins qui désirent monter là-bas. Mais l’insécurité est réelle. Il y a eu des prises d’otages encore récemment. Dès que la situation politique se stabilisera, les pèlerins reviendront en plus grand nombre parce que la béatification du père Charles de Foucauld fait une sacrée publicité à cet homme de Dieu, et à ce haut lieu du Hoggar où il nichait.
Il y a un autre haut lieu chrétien important en Algérie : Tibhirine, où je suis allé me recueillir sur la tombe des sept moines martyrs. Là aussi, la région est dangereuse. Dès que la sécurité sera revenue, je pense que Tibhirine et Tamanrasset seront deux très hauts lieux de pèlerinage en Algérie (...)"
46ème texte : "Aimez l’Église" (Sainte et pécheresse)
" (...) Sommes-nous des chrétiens heureux ?
Nous, chrétiens, parlons des rides et des défauts de l’Église, mais ses détracteurs abondent suffisamment en ce sens. Il me semble inutile de leur donner des arguments supplémentaires. On reproche aux médias de critiquer l’Église. Ils ne manquent aucune occasion. Si nous nous y mettons nous aussi, nous finirons par l’achever. J’entends tant de critiques dures, acerbes. Dans ces conditions, comment attirer les jeunes vers les églises ?
Les sujets ne manquent pas : on a attaqué le pape Jean-Paul II, notamment au sujet de la morale sexuelle. Je réplique fort. Le pape disait que le sida ne passerait pas par la fidélité… On critique les ors du Vatican, mais le pape vit dans un appartement tout à fait normal de quatre pièces. On aimerait voir un pape aux pieds nus, mais la question des richesses du Vatican est une autre chose. Aurait-on l’idée de vendre le Louvre ou l’Arc de triomphe ? Ce sont des joyaux de l’histoire.
On interpelle l’Église à cause des prêtres pédophiles. Quarante prêtres sur vingt-deux mille sont en cause. Une dizaine sont incarcérés. C’est honteux de la part d’un prêtre plus que de n’importe qui d’autre. Mais de quel droit peut-on attaquer toute l’Église et généraliser ces cas marginaux ?
Les moines sont critiqués. Les catholiques n’ont-ils rien compris à l’intérêt de la prière ? Si l’on sait ce qu’est la prière, on ne peut pas remettre en cause l’existence des contemplatifs. En Provence, avec mes équipiers, l’association, les mômes et les bestioles, si je n’avais pas été un homme de prière, jamais je n’aurais pu tenir la rampe depuis trente ans ! Faucon n’est pas l’œuvre de ma vie, mais l’œuvre de Dieu (...)"
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