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HOMMAGE A JEAN-PAUL II (avril 2005) |
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1 - Interview de Guy Gilbert la veille de la mort du pape :
Le
père Guy Gilbert évoque avec émotion les actions que le Pape a menées pour
le bien de l’humanité.
En
veste et santiags blanches : voici la tenue papale du père Gilbert s’il avait
été un jour le chef de l’église catholique. Blague dans le coin, le pape
des loubards suit avec une attention toute particulière l’état de santé de
Jean-Paul II. Il nous confie le souvenir de ses deux
-
Quel souvenir gardez-vous de votre dernière rencontre avec le
-
Je l’ai rencontré deux fois. La première fois, je l’accompagnais pour une
messe au Vatican. Je me tenais derrière lui. J’ai été stupéfait par la
largeur de son dos. C’ est là que je me suis rendu compte qu’il porte le
monde. Il porte en réalité 1/6 de l’ humanité, vu qu’ il y a
Et
la seconde, c’ était le
14 août dernier à Lourdes où il m’a reçu
avec mon
-
Que retenez-vous de lui et de ses actions ?
Trois gestes forts :
-
Le
premier est, sans conteste, quand il est allé rendre visite à Ali Agça, celui
qui lui a mis cinq balles dans la paillasse, dans sa prison. Il lui a pardonné.
C 'est un geste extraordinaire qui vaut toutes les encycliques du monde.
-
Second geste: quand il a invité tous les théologiens, tous les chefs de toutes
les Eglises à prier ensemble. C’ était en 1989 si je me souviens bien. En
clair, il a demandé à tout le monde de s’arrêter de s’ envoyer les livres
saints dans la gueule et de se rassembler autour d’ un Dieu unique.
-
Et le troisième geste fort, c’ est le seul Pape à avoir défendu les droits
de l’Homme avec autant d’acharnement. Il a débordé la religion pour aller
vers le monde. D’ un point de vue strictement laïc, c’est le premier Pape
moderne. Il a également combattu le fascisme, le communisme, sans oublier le
capitalisme et son égoïsme patent.
-
Ça vous dirait d’ être pape ?
-
Là, on rigole, mais si on me le demande... Je serais en blouson blanc et en
santiags blanches. J’ irais également vivre ailleurs qu’au Vatican, qui
garde une image de richesse incompatible
-
Vous iriez vivre où alors ?
-
Dans une petite villa tranquille où je ferais mon jardin, mes omelettes. Et je
resterais avec mes clébards...
| 2 - A TOI, JEAN-PAUL, TSUNAMI D'AMOUR | ![]() |
C'est l'ultime étape pour toi mais l'humanité te veille.
MERCI de nous avoir appris à vivre par ta parole forte, vibrante et par ton silence merveilleux de ces derniers jours.
MERCI de nous apprendre à mourir en restant lucide jusqu'au bout, dévoré par la souffrance mais rempli d'espérance.
MERCI d'avoir pardonné à ton bourreau : ce fut ton plus grand geste.
MERCI d'avoir rassemblé à Assise toutes les religions de monde pour leur dire simplement : "Ensemble, prions".
MERCI d'avoir défendu avec acharnement les plus petits de nos frères et soeurs opprimés, exclus. Les droits de l'Homme, tu les as défendus comme aucun pape ne l'a fait.
MERCI, enfin, d'avoir su être un homme de paix ; j'emporte l'éclat étincelant de ton regard qui a croisé le mien au Vatican et à Lourdes : j'avais l'impression d'être pour toi la personne la plus importante au monde.
C'est ça, les droits de l'Homme, quand on sait par un seul regard qu'on est aimé comme un être unique.
Tu ne seras pas là avec nous à Cologne.
Ton successeur nous y accueillera.
N'aie crainte, la jeunesse du monde emporte ton souffle d'espérance dans son coeur : la vie de la Terre continue, ensemencée par les graines d'Amour que tu as inlassablement semées.
Les fleurs de la foi fleuriront sur les pas de celui qui, incontestablement, suivra tes traces avec un autre charisme mais avec le même Christ.
La vague immense d'affection et de prières qui balaie le monde font de toi un Tsunami d'Amour.
Guy GILBERT - vendredi 1er avril 2005 à 20 heures.
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Photo extraite du site internet de KTO, dimanche 3 avril 2005
3 - LES SOURIRES
DE JEAN-PAUL II
La cathédrale de Paris est comble comme jamais.
Les officiels arrivent l’un après l’autre, dans le léger brouhaha où
chacun commente l’arrivée d’un personnage connu ou célébrissime.
Une ovation retentit soudain. Bouleversé, j’aperçois Monsieur Boubakeur, le
représentant de l’Islam en France.
Ce geste d’allégresse de la foule, c’est un vibrant sourire de Jean-Paul II.
Notre Pape défunt récolte les fruits spirituels de son audace pour avoir invité
les croyants de tous bords à monter ensemble vers Dieu.
Jamais je n’ai reçu autant de SMS et d’appels de mes lascars pour me dire
leurs “condoléances” ou leur affection, suite au départ de Jean-Paul.
“On savait, Guy, que tu l’aimais beaucoup. On est avec toi” était la
phrase rituelle écrite ou téléphonée par ceux qui étaient parmi les préférés
de notre Pape bien-aimé.
Que l’Inde ou l’Égypte proclament trois journées de deuil national est un
signe fort pour des religions si loin du christianisme. Elles osent dire par ce
geste à Jean-Paul : “Merci d’avoir été ce que tu as été durant ton séjour
sur terre”.
Le 2 Avril, j’étais en pleine conférence en Haute-Garonne, dans un minuscule
village. A 21 heures 45, mon assistant me glisse, au milieu de l’échange avec
un petit peuple, ce message : “Le Pape vient de mourir”.
Je l’annonce à l’assemblée. Un silence total emplit la salle. Athées,
musulmans, juifs et chrétiens se taisent quelques minutes. Ultime
reconnaissance vers le “vieux bonhomme” qui s’en est allé, comme il le
voulait. En nous apprenant à vivre durant 27 ans et, surtout, en nous apprenant
à mourir bellement devant nous. Toutes religions confondues.
Parmi la trentaine d’interviews qui m’a été demandée, j’ai noté ceci :
la pudeur des interviewers et leur respect. Pour une fois, on ne m’a pas
demandé en priorité ce que je pensais de la capote par rapport à la position
du Pape.
Les ombres qu’on imputait au Pape, durant son pontificat, ont été effacées.
Ses lumières, par contre, sont dessinées bellement après sa mort dans
l’universel de ce qu’il était.
Merci, Jean-Paul, d’avoir donné à ton sacerdoce cette dimension planétaire
!
Elle est l’exemple à suivre pour tout prêtre. Parce qu’elle peut apporter
à toute personne de toute culture et de toute religion cet oxygène vital dont
l’humanité a le plus grand besoin.
Merci aussi d’avoir voulu rester à ton poste jusqu’au bout, malgré les
critiques que ta présence de grand souffrant suscitait de plus en plus.
La Providence veillait.
Tu as dû te taire 15 jours avant de nous quitter. C’était un des plus grands
moments de ta présence parmi nous. Tu rejoignais ainsi le peuple des sans voix
que tu as tellement défendu.
Guy GILBERT - lundi 4 avril 2005.
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