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LE MOT DU MOIS :
Cette rubrique a vu le jour grâce à une internaute du Québec, Louise (aujourd'hui décédée, voir l'annonce), qui a suggéré à Guy GILBERT par mail fin mars 2002 de "faire une place sur le site à un court message "percutant" (comme lui seul peut le faire) chaque semaine ou chaque mois pour les internautes du monde entier". Le 100ème mot du mois a été écrit en août 2009
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Voir aussi la rubrique "L'ACTUALITE COMMENTEE A LA RADIO CHAQUE SEMAINE" |
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AVRIL 2002 : "LES PRESIDENTIELLES" |
« Nos
présidentielles françaises sont puantes, plates, sans vision.
Un homme d’Etat
doit avoir le charisme d’un prophète : visionnaire, pétant les flammes,
se foutant de caresser dans le sens du poil et surtout n’ayant absolument pas
le désir de plaire.
Ce mec ou
cette gonzesse élu(e) ne ferait qu’un mandat. Passés 5 ans, on ne pourrait
plus le blairer.
Mais quel
putain de travail il ferait !
Aux jeunes de
créer ce type d’humain. Sinon le monde stagnera.
Le « tous
pourris » est une saloperie faite à nos élus. Les édiles de Nanterre
massacrés nous disaient : « qu’est-ce qu’on foutait à 1h du
mat’ ? On planchait pour votre
bien-être et, en prime, un tueur fou nous a tirés dans le dos ».
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MAI
2002 : VOTER
POUR UN NOM ET PAS POUR LE VIDE |
"On
est tous paumés.
Même
si je répugne à entrer dans le slogan « on vote pour un facho ou un
escroc », on n’a pas l’homme qu’il nous faut.
Donc,
on n’a pas le choix et on vote pour le moins pire.
Disons-nous
ceci : débattre sur des thèmes extrêmes, c’est pisser dans un violon
et entretenir la haine.
Les
combattre est le seul combat. Et par tous les moyens, sauf haineux, sauf
violents. Seul le génie humain peut nous le permettre.
L’entre
deux-tours a été fabuleux au niveau de l’échange.
Un
combat Chirac-Jospin aurait été pisseux, larmoyant, bonnet blanc et blanc
bonnet.
Le
3ème enfoiré, « JM » pour les intimes (pas Lustiger !)
a permis un extraordinaire échange entre nous ; laissons les prophètes
de malheur avec leurs déjections et leurs vomissures paranoïaques. Bâtissons
une civilisation de l’Amour, de tolérance et de partage.
Le
vote de Dimanche sera historique. Nous sèmerons des votes sur du fumier :
c’est là que poussent les plus belles fleurs.
N’oubliez
pas : « La rue n’est pas une urne ».
Alors
votez,
votez,
votez !
Tout
bulletin blanc fera le jeu de la haine. Votez sans gants ni pinces à linge.
Rendez-vous aux législatives pour vous défoncer allègrement et pacifiquement
pour l’avenir et l’espérance".
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JUIN 2002 (1ère partie) : FOOT ET LEGISLATIVES |
Regarde
un peu moins ce putain de foot sinon tu vas devenir con comme un ballon rond.
Quand
on gagne 600 000 euros par mois comme Zizou, ça me fait vomir pour les RMIstes
fascinés par un muscle défaillant de sa cuisse. C’est vraiment à se taper
le derrière au plafond.
Au
moins, ce qui reste fascinant, ce sont les millions de gens qui regardent le
petit écran dans une ambiance tendue mais conviviale.
Ne
manque pas, par contre, de faire quelques pas pour te diriger vers l’urne qui
t’attend ; mets dans l’enveloppe un nom porteur de justice, de tolérance
et de respect.
Fous-toi de la tronche du député que tu vas élire ; méfie-toi de ce qu’il te dit et vérifie surtout ce qu’il fait… … après !
Si
c’est un enfoiré, n’aie pas peur de le talonner pour lui dire qu’il t’a
baisé.
Sinon,
ton vote que tu voulais juste pour le bien de tous se noiera dans le marécage
putride de ceux qui profitent de ta démarche pour te démobiliser un peu plus.
GUY GILBERT 6 juin 2002
JUIN 2002 (2ème partie) : "BALLON PIEGE A CONS" et "A TOI JACQUES CHIRAC, BON VENT ! |
"Que
le Sénégal nous ait baisé la gueule au 1er match du Mondial, c'est justice :
les 11 coqs gaulois, imbus de leur magnifique victoire de juillet 1998, ne se
sentaient plus pisser.
Passons
sur le triomphalisme d'une victoire magnifique ; nous sommes tous pécheurs...
Mais
ajouter au péché d'orgueil celui de la rapacité, ça, je ne le digère pas.
Et
la victoire du Danemark a mis les pendules à l'heure.
Nos
11 coqs gaulois se sont faits les couilles en or pendant 4 ans. Ont couru après
toutes les pubs... ... et ont perdu leur âme.
Que
Zizou, que j'aime beaucoup en tant que personne, puisse gagner 28 000 euros par
jour est une immense saloperie faite aux innombrables pauvres qui le regardent.
Ma
devise de 2002 "ballon piège à cons" veut remplacer la fameuse
devise des 11 en 1998 "la victoire est en nous".
La
seule victoire qui me botte et pour laquelle je lutte inlassablement, c'est
celle du petit qui devient grand par ses dons mais qui ne s'enfle pas comme la
grenouille qui veut devenir boeuf.
Que
le Sénégal et le Danemark restent grenouilles...
AMEN
A
toi, Jacques, qui vas être notre Président confortablement installé, de
rester grenouille...
Apporte-nous
une paix sociale, politique et économique qui nous rassemble et nous donne la
paix.
Mais
si tu es honnête et que tu ne rencontres pas les français uniquement en leur
serrant la paluche, tu risques de te faire aimer par tous ceux qui ne t'aiment
pas et qui, pourtant, t'ont élu."
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JUILLET 2002 : MONDIAL ET MES REFLEXIONS |
Mais
qu’ils décident de donner « cash » pour telle association ou
telle initiative les millions de dollars qu’ils tirent de la pub d’Adidas,
de parfums et de T-Shirts, ça réchaufferait l’immense cohorte des petits
qui, par centaines de millions, ont regardé ce mondial. Ils sauraient à
travers ces gestes précis, évidemment médiatisés, qu’ils comptent
d’abord pour eux.
Que la Turquie ait décroché la
3ème place est excellent ; que la Corée du Sud ait gagné la 4ème
place est superbe.
Puissent-ils
ne pas devenir des pourris comme les 1ers et les 2èmes de la classe .
Quand je pense que parmi les 3
milliards de regards qui ont suivi leurs prestations, un certain
nombre vit dans des conditions abominables, cela me bouleverse
personnellement.
Ces
stars vivent dans un monde de merde, c’est à dire de performance et de
« chacun pour sa gueule ». La star idéale du football, pour moi,
est celle qui vivra bien grâce à ses jambes, ses dribbles et ses buts en or
mais qui dira au monde qu’au delà d’un certain seuil, il est indécent de
gagner autant d’argent.
.
Il reste que ces jeux mondiaux trimballent un certain nombre de valeurs même
s’ils m’apparaissent scandaleux grâce aux loups qui cumulent des sommes
colossales ; ils ont au moins la vertu de nous rassembler.
Et
j’espère nous appeler à bouger nous-mêmes notre corps.
. Pour moi, si j’ai regardé
quelques épisodes de ce mondial, c’est pour décider de continuer à
entretenir mes vieux muscles de 67 ans.
.
Autre vertu de ce mondial : pousser le ballon pour certains groupes,
c’est d’abord un jeu d’équipe et non pas la frime individuelle pour avoir
l’honneur de marquer à tout prix un but.
.
Je reste fasciné par la performance de Ronaldo. Laminé par Zizou et l’équipe
de France en 1998, il avait, en 2002, dans son triomphe le visage souffrant et
souriant du calvaire vécu pendant 4 ans : opération sur opération et
avec en prime le diagnostic du médecin français qui l’a soigné :
« vous avez 10% de chances de retrouver un ballon dans vos pattes ».
Il
manquait à ce mondial un « Jean-Paul d’Assise » pour dire :
« arrêtons de frimer dans sa propre religion : seule la prière qui
rassemble quelque religion qui soit est hommage et louange la plus pure ».
Dernière
dimension importante de ce mondial qui m’a accroché immensément :
c’est la farandole des joueurs de Corée du Sud vaincue avec les turcs
vainqueurs. C’était très « bandant » et cela voulait dire ceci :
être les premiers, c’est bien, mais chanter la joie du sport avec les
vaincus, c’est sublime !
Les
Bleus ont dévoré leur victoire et on a vu où cela les a menés.
Aux
Sénégalais, aux Coréens, aux Turcs de nous appeler au dépassement.
Rien n’est jamais acquis.
GUY GILBERT 6 juillet 2002,
à 2 heures du matin dans un bar à Paris
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JUILLET 2002 (2ème partie) : LES PUTES PARQUEES OU LES ZIZIS DES MECS PENALISES |
Une conseillère de Bertrand Delanoë, maire de Paris, estime qu’il faut parquer les putes dans des endroits précis (trottoirs, baisodromes patentés etc…).
C’est-à-dire que « le plus vieux métier du monde » serait maintenant cerné, regroupé, isolé et les mecs pourraient baiser comme des castors en toute quiétude puisque les réserves indiennes du sexe seraient créées.
Cette
députée et conseillère devrait tapiner de temps en temps avant d’envisager
de telles mesures. Je l’encourage à faire le trottoir, ceinte de son ruban
tricolore pour bien montrer qu’elle a envie de connaître, au ras des
paquerettes, la vie des femmes du trottoir : exemple remarquable pour
rejoindre « la France d’en bas »…
Heureusement
que des députés ou autres conseillers du maire de Paris ont réagi immédiatement
en proposant de faire payer les orgasmes des mecs. Ce n’est plus la pute qui
sera pénalisée mais son client.
Bertrand
Delanoë va se faire des couilles en or, et bellement, puisque lui-même est
contre cet enfermement de la prostitution, ce qui est très beau quand on connaît
son type de sexualité.
Au
moins, il respecte la femme, non pas comme objet mais comme sujet souvent opprimé,
martyrisé et mis dans l’obligation de donner et de vendre son sexe ; la
plupart du temps malgré elle, grâce aux fumiers qui, venant des pays de l’Est
et d’Afrique, la font tapiner et se font des fortunes colossales.
Il
suffit d’avoir suivi dernièrement le procès d’un macro, d’un sadisme
inouï, accusé de proxénétisme et de tortures. Le président du tribunal
n’a pas pu avoir un seul témoin parmi les femmes qu’il faisait tapiner :
mortes de peur, elles n’avaient pas envie, dans les semaines qui suivent leur
témoignage au tribunal, d’être défigurées ou de voir leurs lointaines
familles persécutées.
Qu’on
puisse qualifier depuis longtemps la prostitution de « plus vieux métier du monde » est une véritable saloperie.
On
veut la parité hommes-femmes ? Alors que les hommes tapinent : ils
verront ce que c’est de faire des passes 20 fois par jour.
Je
n’ai jamais pensé qu’une prostituée est nécessaire pour éviter des
viols, notamment.
Qu’on
nous montre les femmes dans les kiosques, à la télé et partout, autrement que
sous l’angle de leurs fesses donnera un jour, je l’espère, à nos petits,
l’idée que la femme n’est pas un corps bon à baiser mais un être à part
entière qui a besoin d’Amour, de tendresse et de respect avant de sexe.
Le
regard du Christ vis-à-vis de la prostituée reste pour moi, chrétien, un des
plus beaux passages de l’Evangile : Il savait sa détresse et l’immense
Amour de son cœur.
Il
en a fait une femme neuve, purifiée.
Puissions-nous
avoir le même regard.
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AOUT 2002 : JESSICA ET HOLLY |
Le
massacre de ces deux innocences, c’est le scoop de l’été 2002. Ce qu’une
bête ne fera jamais, un homme peut le faire. Il a en effet, en plus de son
instinct prédateur, celui de faire souffrir jusqu’à l’extrême.
On
est atterré par de telles horreurs ! Décryptons-les.
Une
société qui se rassasie du « tout sexe » est à mettre en cause
d’urgence.
Ce
meurtrier infâme a des clones partout. Tout film porno, toute séquence-télé
liés au sexe et à la violence ne peuvent que donner soif de sang à des
assassins … … qui ne sont rien
d’autres que des humains. Mais des humains d’une extrême fragilité. Ce qui
les fait passer à l’acte. Pas nous. Parce que nous restons forts par rapport
à l’image véhiculée. Il est facile pour nous de condamner celui qui ose
faire ça. Trop facile !
Il
nous faut, d’urgence, réviser la déontologie de notre presse française se
jetant comme des charognards sur les dires des « victimes » qui
peuvent fabuler au delà de l’imaginable.
Résultat : en première page de plusieurs journaux, je découvre ces
titres accrocheurs : « Les éducateurs
du Père Gilbert ont agressé, etc… »
Il
s’est enfui en Italie, ne pouvant évidemment plus vivre en France où il
habitait depuis une quinzaine d’années.
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SEPTEMBRE 2002 (1ère partie) : FASCINANTE ALGERIE |
Le torrent de boue est arrivé d’un seul coup. C’était juste il y a un an.
L’immense mur mouvant de la mort a tout englouti voitures, cars, personnes
attendant le bus ou faisant le marché. Neuf cents morts ont été dénombrés.
Combien de disparus anonymes emportés par la gigantesque vague ? Ils n’ont
trouvé comme cimetière que la mer déchaînée qui les a engloutis.
Nasser me montre les rues de Bab el Oued où la mort est passée. J’arpente
des boulevards et avenues en toute sécurité. Il y a cinq ans, c’était plus
que risqué en ce haut lieu islamique. Un vent de liberté semble casser une à
une les chaînes de l’obscurantisme, cet autre cataclysme qui a multiplié par
cent les victimes du lieu que je visite.
Mais ce que j’admire le plus, c’est l’infrastructure superbe qui a pris
lieu et place de la trouée de plusieurs kilomètres que la vague mortelle avait
creusée.
Quand on a lu et relu que de multiples prédateurs politiques ont profité de ce
cataclysme pour s’en foutre plein les poches, on reste songeur devant ces
jardins verdoyants et ces aires de jeux qui ont surgi à la place d’immeubles
vétustes emportés par les flots.
Beaucoup de bâtiments ont été restaurés. Pimpantes, ces façades d’un bleu
azur et d’un blanc immaculé!
Il y a 5 ans, Nasser, Djémila et une poignée de jeunes du quartier martyrisé
avaient tenté bellement de créer, à Bab el Oued où seul l’appel des
muezzins était toléré, un lieu universel. Des festivals de musique ont donné,
à des milliers de jeunes, la possibilité de croire que toute musique est don
de Dieu. Et que chanteurs de rock ou de musique arabe n’étaient pas forcément
des mécréants.
Leur Association a semé avec ardeur et audace. “Comme des fourmis, nous avons
rendu l’espoir”, me commente Nasser.
Et puis, à la suite du drame vécu par ce quartier immense, ils n’ont jamais
voulu fourguer une quelconque idéologie politique ou religieuse, à travers
matelas et nourriture offerts aux milliers de mains tendues.
Ils ont été là jour et nuit, solidaires d’une misère sans nom qui avait
atteint, en priorité, les plus petits.
La Caritas, le Secours Catholique et l’Église en Algérie ont apporté un
soutien constant et inestimable aux autorités algériennes, notamment avec
l’aide de Nasser et son équipe, enfants du quartier.
Je visite avec eux les nouveaux locaux de leur Association. Situés juste en
face d’une mosquée, ils ne peuvent que me faire rendre grâce.
“L’homme est la gloire de Dieu”. Nasser et son équipe en sont la preuve
vivante.
l’intolérance qui s’insinue sans cesse dans l’homme et les myriades de gouttes d’eau qu’on ne peut pas maîtriser.
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SEPTEMBRE 2002 (2ème partie) 11 SEPTEMBRE : POUR QUE NOS LARMES NE SOIENT PAS CELLES DE CROCODILES |
Je
n’ai voulu voir que le film des frères Naudet, français, témoins
extraordinaires des 2 heures du calvaire new-yorkais. Témoignage unique et
hallucinant.
Impossible
de ne pas être en priorité avec les 3018 victimes de cette horreur.
Sans
oublier les centaines de sans-papiers qui se sont volatilisés dans l’écroulement
des tours, sans laisser aucune trace. Ils n’avaient pas d’identité légale.
Impossible
de ne pas subir l’agonie épouvantable de tous ceux et celles qui se sont
trouvés pris au piège au dessus des étages que les 2 avions fous ont percutés.
Impossible
de ne pas vibrer avec ceux et celles qu ont eu un peu plus d’une heure pour
opter entre deux décisions : griller vif ou sauter . C’était leur
seul choix.
Impossible
de ne pas penser aux derniers instants, quelques secondes, de ceux qui ont
choisi la chute libre.
Impossible
de ne pas être du côté des veuves, des veufs et des orphelins qui, pour la
plupart, ont suivi en direct le calvaire de ceux et celles qu’ils chérissaient.
Impossible
de ne pas penser qu’en voulant atteindre de plein fouet l’Amérique
capitaliste et chrétienne, Ben Laden s’est lourdement trompé. Il a atteint
à travers les milliers de victimes toutes les religions et près de 80 pays.
Quant à ceux dont la vocation était de « sauver ou périr », les
343 pompiers notamment, on ne peut que les saluer parce qu’ils avaient cette
double innocence : c’est d’être en dehors des tours et d’y aller
pour sauver des vies.
Pleurer avec l’Amérique traumatisée est une bonne chose.
Les 500 000 enfants Irakiens morts, victimes du blocus américain, n’ont pas fait de bruit en mourant de malnutrition.
Les plus de 2000 victimes
Palestiniennes, innocentes, ainsi que les centaines d’Israëliens éparpillés
en 1000 morceaux dans des cafés
où ils consommaient au moment où il ne fallait pas, n’auront pas droit aux
somptueux souvenirs d’un 11 septembre ; ils meurent jour après jour sous
l’œil blasé du consommateur du bar du petit matin qui lit son journal et enregistre rapidement le nombre de cadavres cités par son journal.
Accuser Ben Laden et les cerveaux démoniaques qui ont provoqué l’enfer de
Manhattan est une chose juste. En soulignant que la rage de
faire justice
des américains a tout de même mis sur la route de la démocratie l’Afghanistan
après le quart de siècle de guerres
que ce pays a vécu.
Ca
au moins, c’est une belle espérance.
Saluons la prestation américaine.
Avec un souci majeur, par rapport aux 400 milliards de dollars votés pour la défense
américaine ! Une nation qui s’arme à ce point peut trouver des ennemis
partout. Ne serait-ce que pour montrer sa force, en utilisant son gigantesque
arsenal de mort.
Ne soyons pas anti-américains.
Mais, européens, interrogeons-nous avec nos frères et sœurs américains.
Tout acte de partage, de tolérance et de respect sera pour chacun d’entre nous la meilleure commémoration de tous les 11 septembre.
Tout désir entre croyants d’assembler nos idéaux religieux au service d’un
Dieu d’Amour, unique, miséricordieux, sera
l’antidote sauveur de l’humanité.
Tout le reste est folklore, larmes de crocodiles.
Pire : si nous ne nous interrogeons pas, les victimes
innocentes des Twin Towers seront
mortes pour rien ; d’autres (et combien plus nombreuses) peuvent
suivre et nous risquons de passer notre temps à commémorer de multiples
dates porteuses de morts.
Il faut que l’espérance gagne. Elle gagnera, si, toi, tu te mets en marche. »
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SEPTEMBRE 2002 (3ème partie) : SUITE A L'EMISSION TELE AVEC BERNARD TAPIE |
Dans l’émission de Bernard Tapie, j’ai pu en placer une, dans un espace de 1’39’’.
Passons…
On me désire…
On me rappelle pour être là.
Et le grand maître fait son show…palabre…commente sans fin.
On est un faire-valoir.
Un alibi…
Un visage. Un look…Un blouson.
Mais j’étais heureux d’être là. Parce que Malou ma sœur, Céline et Bruno les parents de Marine, ont été reconnus dans leur douleur, l’espace de 1’39’’.
Au fond, la télé peut servir à honorer la douleur, même courtement.
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SEPTEMBRE 2002 (4ème partie) : LE DERAPAGE DE PATRICK HENRY |
Sauf, évidemment, pour l’image détestable qu’il donne d’un taulard qui, après 25 ans de prison, a été remis en liberté conditionnelle avec fracas.
Je
ne peux pas, au fond, me foutre du symbole immense
qu’il représentait aux yeux de tous les prisonniers , notamment les
longues peines.
Ses
études brillantes faites en 25 ans de détention sont tout à son honneur ;
mais il y a une chose qui m’écoeure absolument : c’est sa volonté
forcenée de faire un livre sur sa vie, livre intitulé « Vous ne le
regretterez pas ». Le titre du livre étant la dernière phrase qu’il
ait dit aux jurés il y a 25 ans, jurés qui avaient refusé pour lui la peine
capitale.
Son
livre et les passages télévisés qui étaient déjà programmés, c’est cela
que je réprouve absolument.
Pour
moi, je vois simplement les visages meurtris des parents du petit Philippe
qu’il avait étranglé. Voir sur le petit écran le bourreau qui a bousillé
leur vie me paraît insoutenable.
Entendre
que Patrick Henry aurait touché 100 000 euros sur son futur bouquin me répugne.
J’étais pour sa liberté conditionnelle. Je l’ai vu quand il était à la prison de Caen. Et le seul conseil que j’ai pu lui donner, c’était de revivre parmi nous (avec ses remords, évidemment) mais comme un humain au milieu d’autres humains. Il a choisi la pire voie : celle de s’exhiber après un tel forfait.
Ses
2 bavures (vol à l’étalage et surtout celle de la drogue) ne sont rien à côté
de l’exposition livresque et morbide de ce qu’il a commis, de ce qu’il est
ou de ce qu’il sera.
Seul
compte pour moi le regard des parents du petit Philippe, de leur immense
cicatrice que 25 ans n’ont du jamais refermer. Elle risque, cette cicatrice,
de se rouvrir avec la démesure de la publicité faite au bourreau de leur
enfant.
Aucune
loi n’interdit à un tueur de s’exposer devant les médias, même un quart
de siècle après son forfait.
Si
ce livre paraît, ce sera alors impardonnable de la part de Patrick Henry.
P.S :
son éditeur partage cette faute, évidemment. Faire de l’argent sur le sang
d’un innocent est indécent.
Puisse
une loi interdire de telles publications.
« La liberté
d’expression » n’ a qu’une seule limite : celle de respecter la
douleur de ceux et celles qui pleurent l’innocence massacrée.
On
ne peut que souhaiter à Patrick Henry, qui a loupé d’un cheveu d’avoir la
tête coupée, de « faire le mort ». Alors, on pourra pardonner ses
bavures qu’on peut mettre sur le compte de l’ivresse
de la liberté et de la notoriété qu’on lui a faite abusivement.
GUY GILBERT – Paris – dans un bar à 2h du matin, le 11 octobre 2002.
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NOVEMBRE 2002 (1ère partie) : UN SPORT SYLVESTRE |
C’est,
paradoxalement, grâce à l’ironie cinglante d’un Supérieur du Séminaire
que le sport est entré dans ma vie.
Gras
à lard et âgé de 13 ans, mes résultats scolaires étaient à la hauteur de
mon petit ventre dont ma gourmandise cultivait la rondeur avec constance.
Tancé
publiquement par le Supérieur par rapport à ma scolarité qu’il fustigea
autant que mon embonpoint naissant, je sortai furieux de l’étude.
Je
demandai à un copain quoi faire pour maigrir. Il me répondit doctement :
“Fais un 3000 mètres, c’est radical ! ”.
Nanti de ce conseil adolescent et malgré mon dégoût de toute activité
sportive, j’attaquais le lendemain, à petites enjambées, les 3000 mètres
conseillés. Les muscles tétanisés, la première fois, je récidivais...
pendant 20 ans. Seul. Et tous les jours.
Mon
corps s’affina et je pris un goût inextinguible à remuer tous mes muscles.
Bienheureuse
ascèse ! Quand il m’a fallu vivre avec les loubards, j’ai dû
affronter les mille et un sports violents dons ils se délectaient : équitation,
karaté, moto cross et ... course à pieds. Ne serait-ce que pour rattrapper
le portefeuille que l’un d’entre mes jeunes avait eu l’audace de me
piquer !
J’étais
donc depuis longtemps préparé, sans que je le sache, à vivre l’aventure
des rues où la violence permanente exige une forme physique performante.
Monter
dans les arbres est la passion du presque septuagénaire que je suis. C’est un
sport non encore homologué aux jeux olympiques...
Les
arbres sont des vivants. Respirer l’odeur des pins est un enchantement. Se
souder au tronc odoriférant est joie intime. De plus, se hisser de branche en
branche permet des contorsions où tous les muscles jouent, sans exception.
Dans
la forêt où je me rends régulièrement pour mes 48 heures de solitude, j’ai
un pin de prédilection pour ce type d’exercice. La terrible tempête d’il y
a 3 ans l’avait, je le croyais, détruit. Et puis je l’ai retrouvé,
miraculeusement intact, au milieu d’un enchevêtrement dantesque de troncs
arrachés.
Après
une dure montée, plusieurs fois répétée, m’accrocher au sommet pour
contempler le soleil couchant est un moment incomparable.
Prière
sur l’univers garantie !
Faire
grimper les âmes, c’est ma mission. Faire monter mon adrénaline grâce à un
sport dur est un antidote certain, face à ma confrontation journalière à la
violence.
Suer en haut d’un arbre est donc, pour moi, aussi mystique qu’écologique. Et si apaisant.
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En haut de l'arbre... |
En bas de l'arbre... |
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NOVEMBRE 2002 (2ème partie) : MON INDIGNATION QUI N'EST PAS DE COMPLAISANCE |
Un
monstrueux baril flottant avec 70 000 tonnes de fuel lourd vient de se casser en
2 : il repose par 3500 mètres de fond, au large des côtes espagnoles.
Que
par l’effet de la profondeur, les cuves s’effritent ou explosent, les
experts l’imaginent.
Revenons
à la surface : des milliers d’oiseaux sont englués par ce p… de fuel,
des populations sont ruinées et une catastrophe écologique doublée d’une
catastrophe économique s’annoncent.
Une
absurde flibusterie institutionnelle est la cause de cette catastrophe.
Jacques Chirac a beau se dire
horrifié par ce désastre, tant que les Etats, à commencer par l’Europe, ne
verront pas un peu plus loin que leurs eaux territoriales, les bateaux grecs
comme le Prestige, appartenant à une société Ibérienne et naviguant sous
pavillon Bahamien de complaisance avec un équipage Philippin continueront avec
des bateaux usés par 25 ans de mer et affrêtés par je ne sais qui pour aller
je ne sais où. L’horreur continuera à appauvrir les pêcheurs et à tuer allègrement
oiseaux et poissons.
Les
rafiots-poubelles continueront à naviguer en se moquant de la Terre grâce à
une législation criminelle.
Les
écologistes continueront de sauver quelques centaines d’oiseaux sur des
milliers, les poissons, eux, fermeront leur gueule ; on sait bien
aujourd’hui qu’on n’a droit à la parole qu’à la surface des désastres.
C’est
ce que font nos dirigeants en ne pratiquant que l’indignation de complaisance.
Guy
GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 22 novembre 2002 -
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NOVEMBRE 2002 (3ème partie) : SOIS ETOILE DU BERGER |
Tu
as quelques semaines pour préparer Noël. Tes
gosses sont déjà attirés par les luminaires accrochants et qui les fascinent.
Gorgés
de tout et repus, ils risquent de te faire aller pour la fête de Noël sur
l’autoroute de la consommation ; alors, tu achèteras tout et n’importe
quoi pour eux.
Cette
fête chrétienne te forcera alors d’en faire pour toi, croyant, un événement
païen.
Tu
batailleras alors avec tes jeunes pour retrouver le sens de ta crèche, c’est-à-dire
celui du partage et de la pauvreté.
Etoile
du berger, tu offriras cette nuit-là un repas simple et des cadeaux bien ciblés,
utiles et qui pousseront tes gosses au partage.
Contrer
ces porteurs de mort est dérisoire.
Ce
mystère d’Amour médité te donnera la direction : celle de l’étoile
du berger.
« Celui
qui ne recherche pas Noël dans son cœur ne le trouvera jamais au pied d’un
sapin » (RoyL. Smith)
Bon
Noël, aux sources de ta foi.
Guy
GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 22 novembre 2002 -
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DECEMBRE 2002 : HOMMAGE A PATRICK GIROS |
C’est Patrick Giros qui m’a accueilli à mon arrivée à Paris en 1970.
J’entrais ainsi dans l’équipe de rue avec quatre prêtres dont Patrick était
l’animateur.
Je
le revois encore sur sa moto avec des hordes de loubards.
Il
savait parfaitement toucher juste pour alerter les hommes politiques et leur
montrer le chemin concret pour sortir les jeunes et les adultes de la misère.
La
seule maladie que je lui connaissais, c’était de réunir sans cesse ses équipiers
pour échanger et prier. Pour qu’ils n’oublient jamais que le Christ était
au coeur de leur action.
Il
n’est pas mort de cette maladie-là. Il est mort d’avoir tout donné au
service d’un plus grand que lui.
Il
est mort de s’être oublié lui-même.
Il
a retrouvé ceux et celles de la rue qui sont morts anonymes, ignorés, et
enterrés sans même une plaque à leur nom. Ça a été un de ses derniers
combats. Sans doute le plus beau parce que le service de Dieu refuse qu’un
seul être meure comme un chien dans la rue.
Puissent
tous ses projets d’avenir se réaliser. A la grande et belle équipe qu’il
avait soudée autour de lui, de suivre ses traces…
GUY
GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 30 novembre 2002
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JANVIER 2003 (1ère partie) : BONNES NOUVELLES POUR 2003 |
Le Président Bush, ayant fumé un super pétard à minuit une, a décrété qu’on pouvait, par la voie diplomatique, éviter une guerre avec Saddam Hussein. Bravo George pour ton pacifisme ! Tu as quand même ajouté que ça foutrait l’économie américaine en mauvaise posture ; ça veut dire que si tu fais la guerre à l’Irak, tu seras pas élu dans 2 ans.
T’as
pas besoin de fumer un pétard pour savoir que ton père, malgré la gloire de
la guerre du Golfe, a du laisser sa place à Bill Clinton.
George,
occupe-toi des affaires des américains ; tu as assez de pétrole pour les
voir rouler sur tes autoroutes.
Saddam
est foutu de toute façon.
Laisse
faire les choses.
-
Les premières boulettes de m… du « Prestige » sont arrivées dans
les Landes ; au lieu de regarder ces galettes putrides, admirons les
milliers de militants écologistes qui vont se lever pour que nos plages soient
nickel, que les oiseaux nagent sans risque et que les poissons b… sans polluer
leurs rejetons.
-
Quant aux jeunes qui ont brûlé quelques bagnoles, on devrait leur prévoir des
bûchers monumentaux qu’ils allumeraient à minuit pile : il y
a assez de bois mort dans les forêts pour qu’ils dansent autour des
feux de bois.
- Merci à Nicolas Sarkozy, notre ange-gardien. Grâce à lui, Français, Française, réjouis-toi d’être vivant
Réjouis-toi
d’être vivant : il y a, paraît-il, 25% de moins d’accidents à Noël
2002. Donc, tu es un rescapé de la tuerie ordinaire. On attend les résultats
pour le réveillon du jour de l’an ; si le nombre de morts est en baisse,
tu es un double survivant.
Je
croirai en Jacques Chirac si, fin 2003, on a 1000 morts de moins sur les routes.
-
A part quelques mini-inondations en France, j’ai assisté au cataclysme
spirituel des 80 000 jeunes chrétiens de Taizé envahissant Paris : la
veillée, sous les voûtes de Notre-Dame, était resplendissante. J’ai été
heureux de saluer les Frères de Taizé, 50 ans après la Fondation de Frère
Roger ; ils réunissent un fleuve immense de jeunes, fleuve mystique s’il
en est : la Paix en Europe naîtra de ces dizaines de milliers de jeunes
qui croient infiniment plus à la prière et à l’action qu’à la démesure
diplomatique. Ils prient sans intérêts, gratuitement, face à ceux qui
magouillent pour leurs seuls intérêts.
-
Je vais retrouver la neige , cette pureté sublime, pour 10 jours de ski de fond :
je n’ai pas honte de dérouiller mes vieux muscles, de verrouiller ma parole
par le silence. Mes chiens Gangster, Brigand et Lascar me suivront derrière mes
skis : eux ne respirent que la beauté de la nature et la tendresse que je
leur porte.
-
J’ose exprimer mes vœux à travers leur remuante queue quand ils vont plonger
dans la blancheur immaculée :
-
Faites silence.
-
Prenez du temps pour vous.
-
Perdez-vous dans la nature.
-
Soyez fidèles.
-
Luttez, priez, aimez et… DIEU VOUS DONNERA TOUT CE QUI VOUS MANQUE.
Alors,
je vous souhaite une bonne année où vous allez en baver !
GUY
GILBERT – 1er janvier 2003 – 23h30
P.S. :
bonne nouvelle belge : le Prince Laurent de Belgique a annoncé ses fiançailles
avec Claire ; je connais son Altesse Royale depuis 7 ans : c’est un
mec bien. Et un rebelle dans la famille royale.
Je serai à son mariage. Qu’il fasse vite, ensuite, de « petits rebelles »
Laurent
est un écologiste pointu ; qu’il permette à ses futurs enfants de ne
pas vivre dans 50 ans avec un masque à gaz.
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JANVIER 2003 (2ème partie) : MEDITATION SUR UN MARIAGE PRINCIER |
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Le prince Laurent faisant la vaisselle avec les loubards à "Faucon", l'été 1999. |
Avec les amoureux, à Paris, en Octobre 2002. |
« A toi frère ou sœur journaliste qui m’as sollicité pour un interview au sujet du mariage de son Altesse Royale le Prince Laurent de Belgique, je dédie cette
|
Méditation sur un mariage princier. |
En
camp de ski avec nos jeunes, tombe dans les médias la nouvelle que je « marie »
(avec le cardinal archevêque de Malines) le Prince Laurent de Belgique en avril
prochain.
Pourquoi ?
Quoi de plus alléchant pour la
presse populaire qu’un prêtre de rue qui marie une Altesse Royale ?
De
quoi réjouir la presse-people à l’infini !
Mais
elle se trompe, cette presse-là.
La
star d’un mariage catholique, c’est Dieu à travers le sacrement de l’Amour
et de la fidélité. Ensuite, ce sont les conjoints, Laurent et Claire. Et en
aucun cas le prêtre qui, entre parenthèses, ne donne pas le sacrement de
mariage, mais en est le témoin principal en recevant les consentements des époux.
Le
sacrement, c’est en effet Laurent et Claire qui se le donneront par le
« oui » qu’ils se promettront et par la fidélité l’un à
l’autre qu’ils se jureront.
Il
m’a remis un Prix à Bruxelles pour mon service auprès des loubards.
Ce
jour-là, une belle et forte amitié est née et s’est enrichie grâce à de
nombreux contacts.
Son
amour des bêtes et sa sensibilité
extrême vis-à-vis des humains l’ont conduit inexorablement vers notre lieu
de vie.
Simple
et direct, il a su avec une parfaite discrétion « vivre à l’heure
loubarde » avec nos jeunes.
J’avais
planqué son portefeuille au cas où… Un prince est forcément innocent !
Voir
Laurent faire la vaisselle avec des jeunes délinquants était un plaisir.
Et
puis c’est un mec généreux et concret. Il m’a promis une chamelle pleine
pour remplacer « Tibhirine », dromadaire âgée, très affectueuse
et morte de vieillesse.
« J’évangélise
en fermant ma gueule ». En effet, comment dire Dieu à des êtres jeunes
et disloqués qui n’ont connu que rejet, haine et exclusion ?
Un
Dieu qui les aime est pour eux incompréhensible. Ils n’ont, en effet, aucune
référence à un quelconque amour humain.
Seules
alors la solidarité, l’amitié gratuite, la longue lutte à leurs côtés
pour les sortir de l’abîme, avec
mes 20 équipiers, peuvent les faire grandir et espérer. Eux qui se croyaient
« irrécupérables » croient enfin en eux et à leur avenir. Ce sont
nos atouts maîtres. Parce qu’alors tout peut être sauvé.
Puisse tout ce
battage médiatique autour du couple princier donner à cette cérémonie
sacramentelle sa vraie signification :
-Valoriser
et sanctifier l’Amour humain.
-Affirmer
la fidélité pour la vie.
PS :
Je laisse le soin aux journalistes qui regardent mon site de piquer ce qu’ils
veulent de cette méditation. En m’excusant de ne pouvoir répondre à leurs
nombreuses sollicitations :
-Par
discrétion vis-à-vis de la famille Royale.
-Pour
cibler l’essentiel d’une cérémonie religieuse… et non pas la couleur de
mes santiagues ou mon type de look, le jour du mariage. »
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JANVIER 2003 (3ème partie) : NICOLAS, TOI LE "COUCOU DE LA GAUCHE" |
Nicolas,
Impossible,
évidemment, de ne pas voir ta tronche tous les jours, ne serait-ce que par
rapport à ton ennemi intime, Juppé, et ton rival qu’on dit potentiel :
Raffarin.
Ce
qui est drôle chez toi, c’est que tu piques tout ce que tu peux dans le
programme des autres.
Tu
les appliques, Nicolas, c’est pour ça que je t’aime beaucoup. Parce que la
parole, tu t’en fous. C’est l’acte décidé qui rend crédible.
Ce
qui est nouveau et surprenant.
Un
exemple qui te fera plaisir : tu avais promis que les jeunes qui cassent
les bonbons des gens en envahissant l’entrée des immeubles devaient arrêter
leur cirque sous peine d’amende (et même de prison).
Merci,
Nicolas : elle dort enfin.
Tu
as raison de valoriser la crainte mais il faut que les jeunes trouvent un sens
à leur Vie à la place du chômage, coincés qu’ils sont dans les entrées
des HLM.
Une prévention forte, puissante, liée à la joie de vivre leurs rêves, ne donnera plus à nos chérubins l’envie de nous faire peur.
Les jeunes ne nous empoisonneront pas l’existence si nous leur donnons la capacité d'être au coeur de la société pour la construire et non la détruire.
Continue,
Nicolas, sur tes skis.
Dévale
les pentes et ne pense pas trop aux Présidentielles.
Pour l’instant, tu es le grand
Vizir : reste-le.
Merci
à toi, qui as eu le culot, il y a 3 ans, de venir te plonger dans notre
Bergerie de Provence pendant 4 heures, au milieu des loubards.
Tout
nu.
Sans
caméra.
N’oublie
pas ce que le prudent et miraculé maire de Paris, Bertrand Delanoë, a émis comme vœu
dans son Hôtel de Ville : « le bien ne fait de bruit et le bruit ne
fait pas de bien. »
Loubardement.
Paris,
dans un bar à 3 heures du matin, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2003.
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FEVRIER 2003: AVEC LES ANGES DE LA NUIT |
La
France avait été bouleversée par la mort tragique des cinq pompiers
parisiens, en septembre dernier.
L’aumônier des Pompiers de Paris, un jeune prêtre ami, m’avait
demandé d’être à ses côtés. J’avais donc participé à la cérémonie
grandiose et émouvante aux Invalides.
Un commandant de ce corps prestigieux m’ayant suggéré de vivre une
journée avec eux, j’ai tenu le pari quelques mois plus tard.
Et me voilà dans l’ambulance, fonçant à toute allure dans les rues
de la capitale pour une première intervention.
Bidon, l’appel ! Facile de taper le “18” pour s’amuser. Les
pompiers n’apprécient pas trop.
Deuxième appel du Cirque Bouglione. Une artiste dans les pommes. Vite
ranimée et remise sur pieds, on fonce dans le métro. Un clochard épileptique
a droit aux soins attentifs de jeunes très expérimentés, aux gestes précis,
à la voix douce et forte à la fois. Premiers soins et direction l’hôpital
Bichat.
A peine sortis, retour immédiat dans le même métro. Une rixe entre
trois jeunes a provoqué l’intervention d’un maître-chien. L’un des
protagonistes a dû faire un geste maladroit en direction du klébar. Le
pitbull n’attendait que ça pour lui sauter au visage avec sa muselière. Le
coup a dû être terrible. Le visage ensanglanté en dit long sur la puissance
du fauve.
Pansements sommaires, et retour à l’hôpital Bichat.
Il est deux heures du matin. Le temps de griller une cigarette, et le
micro nasillard appelle d’urgence pour une grave intoxication. Le pauvre
boulanger et son mitron ont, par miracle, pu être découverts à temps. Tout
l’immeuble est passé au filtre du capitaine pour détecter ce maudit
monoxyde de carbone qui, inodore, s’inflitre partout, endort et tue.
Il est quatre heures du matin. Je pars dormir. Douze heures avec nos
anges de la nuit ont été un super enseignement.
La réception, à mon arrivée, avec le général deux étoiles des
Pompiers de Paris et son équipe, fut très cordiale et drôle, le général
louchant avec humour les trois étoiles de mon blouson. Quelques chiffres et
l’officier supérieur me met tout de suite dans le bain. 4000 appels par
jour pour Paris et sa proche banlieue. 1200 interventions journalières.
Le reste, la troupe avec laquelle je mange et avec qui je fête le départ
pour la retraite de trois de leurs coéquipiers, me le dira.
Par des gestes d’abord. Quoi qu’ils fassent et où ils se trouvent,
l’équipe de nuit doit, en deux minutes pile, démarrer de la caserne,
toutes sirènes hurlantes.
Sportifs accomplis, ces jeunes, baraqués et très motivés, veillent.
Ardents, peu causants, ils rayonnent un corps d’élite où le mot
“vocation” a sa pleine signification.
Avec l’aumônier, Marie-Angel, discret et si fraternel, j’ai vérifié
la grandeur de l’amitié sacerdotale.
Dernière
image. Je vois un jeune pompier au visage juste sorti de l’adolescence. Il
“ânonne” avec ses doigts des codes informatiques dictés par son chef. Et
il me confie après : “Un an avec ma copine et je l’ai quittée. Elle ne
voulait pas me suivre à Paris. J’aime tellement ce que je fais ! “
“ SAUVER OU PÉRIR
“
telle est la devise des pompiers. Les cinq martyrs du feu de cette caserne :
Thomas, Romuald, Gwenaël, Matthieu et Benoît l’ont vécu jusqu’à
l’extrême. “
Il n’y a rien de plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.”
C’est une des plus belles missions qui soient. Parce qu’elle est au
coeur de la souffrance humaine.
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Avec le Général, regard sur Paris. |
Dans le métro de Paris avec les pompiers.
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Avec les Général des pompiers.
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La joie de la rencontre...
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MARS 2003: "UNE MULTITUDE EN MARCHE" |
« Ca y est ; cet enfoiré de Bush
venge son père qui, lui, n'a pas osé aller jusqu'à Bagdad, il y a 12 ans.
Bush Junior s'en sortira couvert du sang des innocents et de celui de ses
citoyens-soldats. Morts pour du pétrole et je ne sais encore quels intérêts
sordides.
Je ne chercherai pas à savoir si la guerre sera longue ou courte, n'étant pas
devin.
Mais une simple logique humaine permet de penser que, pour vouloir éliminer
un fou et un tyran, on n'a
pas le droit de passer sur le corps de milliers d'innocents.
Je pense aux kurdes, dont la fragile autonomie risque d'être balayée par une
invasion turque.
Les centaines de milliers de gens déplacés, traumatisés qui vont s'engouffrer
dans des petits pays
proches et pauvres.
Je pense surtout aux gosses, qui, en 1991, depuis la 1ère guerre du Golfe
sont devenus, depuis, des adolescents...
Innocents, ils vont subir un double traumatisme.
Je pense aux milliers de femmes , enceintes ou pas, qui vont subir, une fois
de plus, la folie des hommes dont elles sont les « choses » innocentes, eux
qui décident toujours de
la guerre et de la mort.
Je pense aux vieillards qui ne peuvent plus se déplacer et qui resteront
sous les bombes...
Je pense aux grands malades dans les hôpitaux de Bagdad ou d'ailleurs, et
aux prisonniers.
Tous et toutes crèveront de peur sous le déluge des bombes.
Comment peut-on faire naître dans un tel carnage l'harmonie, la joie de
vivre, un avenir apaisé ?
Saluons les hommes d'Etat, dignes de ce nom, tel Jacques Chirac, qui ont su dire
« non » à cette guerre, ténébreuse dans sa volonté, ténébreuse dans ses
motifs et entâchée d'un orgueil fou, où la gloire et la puissance écrasante
tiennent lieu d'alibi à la face du monde.
Que des millions de pas silencieux et anonymes continuent de marteler les
rues du monde pour dire «non »
au massacre. Ces pas portent un immense
prophétisme qui risque de faire tache.
Les humains prennent conscience que des élus du peuple peuvent dérailler et
que, même si la guerre n'est pas
devant le seuil de leur porte, ils peuvent s'intéresser au
sort d'humains piétinés au nom d'une bataille qui ose prendre le nom de «
liberté ».
Jean-Paul II doit s'affaisser un peu plus. Ce vieux guerrier qui frôle l'Eternité
et proclame : « Oui à l'éradication
de toute guerre dans le monde », a raison.
Nous devons rêver avec ce vieux prophète que c'est possible.
Une foule immense se lève, apparemment sans pouvoir, pour le dire avec lui qui
n'a que sa voix pour crier
l'injustice.
Un bien peut sortir de tout mal, quel qu'il soit.
Cette multitude, issue de tous les pays du monde, est en marche pour le
signifier.
Elle est dans
cette horreur une sacrée bouffée d'oxygène.
GUY GILBERT - Paris, dans un bar, à 2 heures du
matin, le 21 mars 2003
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AVRIL 2003 (1ère partie) : "NON" , NOUVELLE PUISSANCE MONDIALE |
Je
ne me reconnais pas dans la prière de Georges Bush et sa demande d’une
journée de jeûne et de prières... en faisant la guerre.
Ni dans la prière de Saddam Hussein appelant ses frères croyants au
soulèvement de la haine, alors qu’il règne sur la multitude des cadavres
qui lui a permis de se hisser au sommet d’un pouvoir putride.
Dieu hait le mal. Il ne peut être dans un camp contre l’autre. Les
forces du mal, elles, s’en délectent.
Je ne me reconnais, comme chrétien, dans aucun chef d’état dont la
puissance tue pour conquérir, encore et encore, au nom de la liberté. Ou qui
lobotomise un pays en faisant de ses sujets des zombies que, seule, la peur
guide.
Cette guerre en Irak nous écartèle. Elle nous fait pencher sans cesse
d’un côté ou de l’autre.
Les
médias, autre puissance, ne nous aident pas à trancher. Au contraire ! Leur
part de vérité est cruelle parce qu’ils nous guident des sables mouvants
d’une guerre qui s’éternise aux berges qu’on croit salvatrices, quand
ils annoncent la mort d’un tyran qui renaît sans cesse.
On balance entre la cruauté d’un régime qui nous révulse et le
sang innocent qui paie la faute d’un seul.
Alors, on tranche au gré des informations. On calcule les coups. On
souhaite l’avancée rapide des “rédempteurs” américains pour que la
tuerie cesse. Et on est, d’un seul coup, anéanti par les images d’un
peuple qui ne peut plus que souffrir et se terrer, ne sachant pas d’où
viendra son salut.
Témoins impuissants et actifs à la fois, nous ne pouvons que dire
“NON”. Et c’est déjà trop tard. Même s’il faut le dire encore et
encore. Faire silence et prier ne l’est pas.
Nos questions, nos incertitudes et nos atermoiements doivent être jetés
en Dieu. C’est la seule issue.
Des voix nous guident pour crier au monde que “ toute guerre est une
défaite “ (Jean-Paul
II)
.. Des plus éminentes aux plus anonymes, elles n’ont, apparemment, aucune
puissance réelle.
Elles ne sont que des voix. Elles n’ont aucun intérêt dans aucun
camp.
Leur force vient de là. Et cette force est invincible pour
aujourd’hui et demain. C’est la seule qui permet, dans ce conflit déchirant,
d’être “étoile du berger”.
Par le refus de la violence, une multitude d’humains, qui croient
qu’un conflit est fou, peut être déterminante pour l’avenir ..
La
prière mondiale pour la Paix n’a-t-elle pas été exaucée, en partie, dans
les pas de la multitude de ceux et celles qui martellent les routes, aux
quatre coins du monde, pour dire simplement “ NON “ ?
Elle sera, quand les armes se seront tues et que les charognards se précipiteront
pour reconstruire ce qu’ils ont détruit, celle qui a su, envers et contre
tout, dire que la Paix est le plus beau nom de l’Amour.
Et si ce simple mot “ NON “ était la puissance nouvelle, à l’échelle
de la planète ?
On peut espérer alors que des gouvernants, fous de pouvoir et de sang,
reculent devant ces myriades de mains brandissant un seul mot de refus : “
NON “.
AVRIL 2003 (2ème partie) : LE PRIX D'UNE VIE : JESSICA |
Prodigieux le sens que les Américains donnent à la vie ! On reste émerveillé par l’audace et la prouesse d’un commando de marines, réussissant à récupérer, au péril de leur vie, Jessica, jeune militaire grièvement blessée et prise en otage dans un hôpital irakien.
“ Ne jamais laisser derrière soi les vivants ou les morts, aux
“mains de l’ennemi ” : loi héroïque et combien belle des marines américains
!
Ils savent le prix d’une vie, nos frères et soeurs des États-Unis.
Cela m’a toujours frappé et interpellé.
Mais, paradoxalement, quel prix a, pour un soldat américain, un enfant
irakien mutilé par une bombe, pur produit (doux euphémis-me) des fameux
“dommages collatéraux” ?
Quelle motivation doit avoir un soldat, pilonnant Bagdad en lui causant
des dommages irréparables, quand il sait qu’un an avant le déclenchement
de la guerre un plan de restauration de cette même ville avait été conçu
et financièrement programmé !
Quelle redoutable perversion et quel cynisme permettent à des hommes
et des femmes politiques d’envisager de reconstruire ce qu’ils n’ont pas
encore détruit !
Le soldat qui sait cela et l’analyse doit un être un homme lui-même détruit, quelque part.
Les innocentes victimes de toute guerre sont autant à plaindre que les
soldats qui les massacrent sur ordre et, pour beaucoup, sans états d’âme.
Ce n’est pas le plan de restauration de Bagdad et de l’Irak qui
sauvera ce pays. Quarante ans après la guerre d’Algérie, les séquelles de
ce conflit réapparaissent, lancinantes et souvent putrides.
Après une guerre, la seule restauration vitale est celle des coeurs
qui seront appelés à se réconcilier.
L’offense à l’humanité qu’est la guerre reste une tache qui
fait reculer de cinquante ans nos idéaux les plus nobles.
Les millions de “NON”, brandis des quatre coins de la planète, ont
été un souffle d’oxygène nouveau et prophétique.
Quelques mots comme ceux du Pape Paul VI devant l’ONU, “plus jamais
la guerre”, restent toujours d’actualité. Ils sont des phares qu’on
n’éteindra jamais.
Jessica est le signe fulgurant que tout être est inestimable et compte
plus que tout. Elle porte, Jessica, l’immensité de chaque personne de notre
planète.
Qu’elle soit victime ou agresseur, la personne humaine restera, malgré
les conflits les plus déments et les violences les plus extrêmes, ce qu’on
doit respecter infiniment.
Ce principe essentiel, je tente de le vivre avec nos loubards, victimes
et bourreaux à la fois.
Ce combat est le seul qui vaille la peine, jusqu’à la fin des temps.
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AVRIL 2003 (3ème partie) : DES MOINES A FAUCON |
Surtout que certains moines avaient des têtes de gangsters… Les
regarder célébrer avec la componction monastique habituelle et, ensuite, les
voir se déshabiller et se mettre en tenue de travail pour soigner buffles,
kangourous, daims, sangliers et autres bestioles fut un enchantement pour nos
gars.
Les moines ont été pour nos jeunes une très belle découverte.
La vision des canetons (les moines) derrière la cane (le Père Abbé),
n’a pas déparé par rapport à ce que vivent mes loubards vis-à-vis de mon
humble personne.
Je suis leur Père Abbé et ils respectent infiniment mon siège
abbatial. Qu’il est imprudent, le môme arrivant à Faucon et s’asseyant
sur mon siège, sculpté dans un tronc d’arbre par un ancien loubard !
Vidé, le mec, vite fait bien fait.
Le problème, c’est que je n’ai pas la sainteté du Père Abbé de
Ganagobie… Je n’en ai que le siège.
A
la question du frère Hervé, un jeune postulant :
« T’arrive-t-il parfois de cogner ? » j’ai répondu :
« Bien sûr, Hervé, que je cogne parfois un de nos « sauvageons »,
quand il me manque de respect ou qu’il fait une sale connerie. Les mots et
les gestes de ces jeunes sont violents. Répondre alors à la violence est le
seul antidote qui me permette de leur dire : ça suffit ! »
Je vois difficilement votre Père Abbé cogner fraternellement un moine
qui dérape. A chacun sa technique.
Je frappe toujours avec « amour ». Une droite évangélique
dans la gueule n’est pas inintéressante pour eux. Ils ont été frappés
pour rien : des parents qui les ont matraqués pour se défouler. Des
flics qu’ils haïssent et qui, souvent, le leur rendent bien. Mais une réponse
parfois violente, ils l’acceptent car ils savent inconsciemment que c’est
le seul moyen d’arrêter leur violence.
Trente-huit ans à leur service m’ont indiqué la voie royale de
l’amour en prenant, parfois, leur propre violence pour leur indiquer la
route.
Savoir dire « non », parfois durement, est un impératif éducatif
que toute famille devrait avoir en exergue, écrit noir sur blanc.
Exergue à mettre sur le réfrigérateur pour que vos chérubins
puissent le lire chaque fois qu’ils ouvriront la porte de toutes leurs
convoitises.
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AVRIL 2003 (4ème partie) : UN PRINCE ET UN LOUBARD |
Une longue et discrète amitié me liait, depuis sept ans, à Laurent
de Belgique, le fils de Paola et Albert, reine et roi de Belgique.
Marier un prince royal était pour moi une première. Je ne pouvais
jamais imaginer qu’un jour je serais à côté d’un cardinal pour être le
témoin de l’amour que se donnent deux altesses royales.
Dans la cathédrale de Bruxelles, où 1500 invités avaient pris place,
je devais donner la méditation finale pour les mariés après la remise des
alliances.
La nuit de mon départ pour ce mariage, un loubard, Abdel, arrive
brusquement à la permanence parisienne. Il sortait de prison où je l’avais
suivi, pas à pas, durant un an.
Je reste avec lui jusqu’à 3 heures du matin. C’est lui, étonnamment,
qui m’a donné le souffle nécessaire pour parler de l’amour à un
parterre de rois et reines, princes et nobles de toutes les cours d’Europe,
quelques heures après.
Aucune peur, aucun stress devant ces têtes couronnées.
Quelle joie de crier l’amour, la plus belle aventure humaine, au plus
noble comme au plus humble, grâce à la télévision qui retransmettait le
mariage princier à tout le Royaume !
Au cours des deux repas qui suivaient la cérémonie officielle, belles
et fortes rencontres. Certaines détresses entendues sur des amours manquées,
des blessures de couples déchirés, de fortunes immenses ou de palais
somptueux anéantis en quelques jours m’ont marqué.
Je passais de table en table, comme on me le demandait. J’ai vu
combien tout protocole disparaît face aux appels des grands de ce monde,
quand ils jettent les titres et se révèlent nus.
Ce sont des êtres qui ressemblent étrangement à certains de ceux et
celles des miens. A la différence près que ces derniers n’ont aucune
fonction officielle pour se cacher derrière une apparence brillante qui
permet un semblant d’existence.
Passionnants moments. Découvertes d’êtres d’exception parmi les
personnalités du gotha royal. Notamment, une future reine d’une authenticité
transfigurante. Elle a été pour moi un souffle de joie et de paix dans cette
foule dont la rencontre inédite m’a beaucoup enrichi.
En présentant, dans chaque palais, le laissez-passer aux armes
royales, je pensais à Abdel sortant de prison. Il était arrivé à minuit,
sans laissez-passer. Sans rendez-vous.
Il était venu comme un pauvre, en frappant simplement à ma porte.
Certains des invités prestigieux venus au mariage, nantis du carton
royal qui leur permettait les entrées si désirées, étaient aussi des
pauvres.
J’ai aimé être aux côtés de ces êtres de lumière, assoiffés
d’écoute et de miséricorde.
MAI 2003 (1ère partie) : POUR TES WEEK-ENDS ET TES VACANCES, METS-TOI A LA PLACE D'UN TUEUR |
Bonne nouvelle : 80 morts attendus pour les fêtes de Pâques, 42 seulement. Ouf ! On est 38 survivants ! Merci Nicolas et Jacques...
Pour
tes week-ends et tes vacances, j’ose te demander de te mettre... à la place
d’un tueur.
Écoute ces deux faits :
1 ) - Un jeune couple de motards m’interpelle, un jour. Il avait tué
un
gosse de 3 ans sur la route. Un an après, livides, les deux tourtereaux
me
racontaient le choc terrible du crâne de l’enfant explosant sur leur
rutilante BMW.
Ils n’allaient pas vite. Ils n’avaient pas bu. Mais, traversant une
cité, ils n’avaient pas prévu qu’un gosse ça file d’un seul coup,
sans prévenir. “On aurait pu l’éviter en allant un peu moins vite”.
2 ) - Cette femme qui entend son portable sonner et, quittant une
seconde du regard la route, tue un jeune cycliste et blesse très grièvement
un autre, je ne l’ai jamais vue. Mais je ressens ce qu’elle vit. Le
cauchemar durera le reste de son existence.
Te faire peur n’est pas mon désir. Mais je veux te dire que chacun
d’entre nous peut être, aujourd’hui ou demain, un snipper, un tueur, un
assassin du bitume.
Pars en vacances ! Vis à fond la caisse ce temps de plénitude, de
joie, de détente, de silence.
Aime ton conjoint en laissant tes dossiers, ta télé, tes journaux.
L’autre saura que ce temps, c’est votre temps d’amour renforcé.
Écoute tes gosses. Joue avec eux. Partage ce moment privilégié où
toute rencontre est un temps gagné, inestimable, loin des miasmes de la ville
et de tes préoccupations multiples.
N’oublie pas. ton (ou tes) ancêtre(s) qui
peuvent encore
voyager. Ils seront si heureux de voir qu’ils comptent pour toi. Ou alors,
ravis-les par une visite pour casser leur solitude et leur dire : “Vous êtes
notre Histoire vivante. Merci de nous avoir donné la vie”.
Pour toutes tes rencontres, respecte infiniment ce volant qui te
permettra tant de joies. Ramène au bercail, dans l’allégresse, tes mômes,
ton klébar et tes souvenirs.
Participe activement à l’extraordinaire renouveau qui nous fait,
enfin, prendre conscience du bain de sang éclaboussant, rituellement et cyniquement
sur nos routes
de vacances.
Bouffe l’oxygène hors des sentiers battus que sont nos autoroutes et
les endroits où l’on s’entasse. Alors du pourras dire :
“ ELLES ÉTAIENT BONNES, CES VACANCES ! “
Ce sont celles que je te souhaite.
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MAI 2003 (2ème partie) : NICOLAS SARKOZY ET LES PETARDS |
Vous avez vu dans la presse les nouvelles élucubrations de Nicolas Sarkozy. Il est en guerre contre les pétards. Il y va fort notre Nicolas. Je salue l’essai qu’il fait contre la drogue. Aucun homme politique ne s’y est essayé encore ! Si, Jospin l’avait fait juste avant de louper la présidentielle en disant « vaut mieux fumer un pétard le soir tranquille dans son lit que de boire au volant » ce qui était un lieu commun extraordinaire. Cela posait une question fondamentale : légalisons la drogue douce ou pas ? Mais c’était un problème très mal posé. Il n’y a eu aucun commentaire par la suite. Ça veut dire que les hommes politiques ont peur de perdre les voix des jeunes s’ils s’attaquent à ce fléau. Quand on sait que 7 millions de jeunes fument en toute impunité ! J’ai vu l’évolution en 20 ans. Avant ils se cachaient ; aujourd’hui, c’est plus la peine. Ils roulent leur pétard partout ! Ils fument au su et au vu de tous ! On fait la chasse depuis longtemps à ceux qui boivent trop au volant, mais pas à ceux qui fument trop et qui peuvent provoquer des accidents mortels. Nicolas veut partir en amont. Je lui souhaite bon courage.
J’ai vu une séquence télé où 2 flics en civil abordent un mec qui fume son pétard dans la rue. Ils lui demandent son identité mais ne lui mettent pas un PV. Ils écrasent tout de suite le pétard par terre. J’aime bien cette technique. Il m’est arrivé de tomber sur des flics la nuit qui me reconnaissent, m’abordent et me montrent la saisie de la nuit : plusieurs barres de shit dans les poches mais pas sous cellophane, et donc sans main courante ! Il faut dire que les flics sont jeunes et doivent fumer de temps en temps. Souvent des jeunes m’ont raconté que les flics leur avaient pris leurs barrettes sans rien leur dire. Les ados étaient contents de ne pas avoir été arrêté mais se posaient des questions sur les flics et ce qu’ils avaient fait de leur came ! La règle de détruire aussitôt le shit est claire et nécessaire.
Ecoutez ce que dit Renaud : « n’oubliez pas que la drogue douce, c’est de la drogue dure » et il en sait quelque chose.
On fait vivre des tas de jeunes dans l’impunité. Beaucoup ne fument qu’occasionnellement. Ils parlent d’un moment de convivialité. Un pétard de temps en temps n’est pas dangereux mais l’accoutumance peut être très dangereuse, déstabilisante. Je connais des jeunes dont la scolarité est complètement foutue. Les professeurs savent bien ça maintenant quand ils constatent que le jeune dort en classe, qu’il est ailleurs, qu’il a des troubles du comportement.
La drogue, c’est aussi ce marché formidable de centaines de millions d’euros par an. Combien de ceux que j’aide ne veulent pas de stages à 500 euros alors qu’ils se font 1500 par mois nets d’impôts en vendant leur merde hallucinogène! Comment voulez-vous recycler de tels jeunes !
Il y a une décision gouvernementale de ne pas légaliser la drogue mais d’essayer d’aborder de front ce problème pour savoir pourquoi les jeunes fument et comment soigner les gros fumeurs avant de les sanctionner.
Merci à Nicolas de vouloir aborder ce sujet très fort, très délicat qui n’est pas bandant électoralement parlant. Il est courageux d’agir, vite, bien, fort et cool à la fois.
Bon courage Nico !!!
Mais que je ne te surprenne pas Place Beauvau préparant un big pétard avant une réunion craignos avec les syndicats des policiers. Les super cigares de ton bureau te suffiront pour continuer ta lutte étonnante et courageuse !
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MAI 2003 (3ème partie) : ET SI ON PARLAIT PUDEUR ? |
On
fait tout un ramdam sur “le voile” ou “pas le voile” ! Certains
en font une vraie bataille.
Personnellement,
je ne serais pas pour le voile, à l’école notamment.
Une
loi laïque qui respecte toute religion doit avoir ses garde-fous dont
celui-ci qui est important : ne pas afficher dans un lieu public sa
religion pour ne pas provoquer celle des autres.
Avant
d’être juifs, musulmans ou chrétiens, nous sommes des humains. Mais je ne
me battrais pas là-dessus. Il ne faudrait pas en faire un combat qui entraînerait
l’affrontement. A l’État de décider!
En
dehors du foulard, je voudrais saluer la pudeur des filles européennes et de
celles issues de l’immigration. Cela m’a toujours frappé, dans les
familles musulmanes surtout et dans certaines familles chrétiennes ou même
laïques.
Je
veux en parler car cette pudeur est bonne et belle. On ne parle jamais de
pudeur. C’est une vertu magnifique. Dans un monde européen où il y a une
recherche effrénée d’exhibition, il faut tout montrer ses fesses, sa
poitrine, ses jambes. Il faut tout déballer, tout expliquer : sa vie
intime, sa position érotique dans le plumard. Il faut parler de son histoire
intime, de ses désirs intimes, de ses pratiques les plus secrètes et l’on
arrive, dans le monde d’aujourd’hui, à être honteux de cacher son jardin
secret.
La
dernière fois qu’un jeune m’a interpellé en conférence en disant
« Guy, est-ce que tu fais l’amour ? » je lui ai répondu ceci :“Es-tu
homo ou hétéro ? Puisque tu veux que l’on parle de nos zizis, allons-y
franchement.” Il ne savait plus où se mettre.
Je
lui ai dit ensuite que ces questions-là regardaient chacun d’entre nous et
personne d’autre. “Jamais je ne te poserai publiquement la question sur ta
sexualité. Même dans l’intimité, je ne le ferai pas. Sauf si tu viens me
confier des difficultés et que tu veuilles mon aide.”
Cela
s’appelle “le jardin secret’, la pudeur. Malheureusement, la pudeur est
devenue un gros mot ! C’est vraiment le pauvre con, le demeuré qui osera
parler de pudeur ! Telle est l’opinion courante.
Et
pourtant la pudeur existe tout jeune. Le gosse l’apprend petit à petit en
fermant, un jour, la porte des toilettes... L’ado, c’est l’intimité au
maximum, enfermé à double tour dans sa chambre. L’adulte peut la vivre également
en refusant toute question sur sa vie privée, par exemple.
Je
discutais récemment avec trois femmes qui s’exhibaient avec des pantalons
“taille basse” laissant apparaître leurs strings. Il m’a fallu
longtemps pour leur faire convenir qu’elles cherchaient à exciter le regard
des hommes. Leur défense était “Ils n’ont qu’à pas regarder”. Mon
attaque suivait « Impossible de ne pas voir ! »
Regardez
la télé réality, les films pornos.., ils détruisent tout sens de la
pudeur. C’est le jardin intime qui va aider les jeunes à garder leur indépendance
d’esprit. Que ça soit pour les vêtements ou pour autre chose. Aller dans
le sens de tout le monde empêche d’être porteur d’avenir, pour un jeune
notamment.
Apprendre
à nos petits la pudeur est essentiel. La prêcher aux ados est très
important. A condition que nous, adultes, nous en soyons convaincus. Ce qui
n’est pas évident.
Être
ni ringard, ni coincé mais afficher ce qui est noble et élevé reste, face
à l’extrême dérive d’aujourd’hui, un devoir pour nous et nos enfants.
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JUIN 2003 : LE CELIBAT, MYSTERE D'AMOUR |
Comme
il est dur le chemin des prêtres, aujourd’hui !
Attaqué,
vilipendé, sali, notre célibat qui est pour tant d’entre nous une
magnifique histoire d’amour est à la une des discussions touchant à l’Église
J’ai
refusé plusieurs échanges télévisés sur ce sujet. Jeter, face à une caméra
ou un micro, le mystère d’amour du célibat le rend, à mon sens, un peu
plus incompréhensible quand on oppose, comme d’habitude, les “pour” et
les “contre”.
Ce
que vit intérieurement le prêtre, dans le don total de sa vie au service de
son peuple et de l’humanité, est intraduisible par la parole.
Seule,
sa vie offerte au vu et au su de tous, donne une pleine signification de sa
totale disponibilité et de sa présence soudée totalement au Christ Lui-même.
Étrange,
la réflexion de ce chrétien ami peu favorable au célibat et qui, voyant son
prêtre quitter le ministère, le déplorait devant moi “Les autres, oui.
Pas lui !
Mais
“lui”, son prêtre, avait été son père spirituel et un exemple de don,
comme tant d’autres ! Il n’avait pas besoin de l’expliquer, son célibat.
Il le vivait et son paroissien le “dévorait”.
D’ou
le choc de son départ !
Chrétiens,
vous avez le devoir de défendre votre prêtre dans son célibat qui est
“don pour vous”.Si vous entretenez la critique facile en le contestant,
vous n’aiderez pas celui qui tente bellement de vivre, à votre service, un
des plus grands trésors de l’Église.
Que
l’Église, un jour, autorise la prêtrise pour des militants catholiques
mariés et aux couples solides, ayant passé les caps les plus difficiles,
elle peut le faire. “Non pas pour des raisons sociologiques mais
spirituelles”, disait dernièrement Monseigneur Philippe Barbarin dans une
interview à Paris-Match.
Mais
que l’Église donne le choix du mariage ou du célibat à l’adulte, juste
sorti du séminaire, ne semble pas la solution à la carence des prêtres. Un
jeune couple est trop fragile (aujourd’hui tellement plus qu’hier) pour
revenir sur la loi du célibat à cette étape de la vie.
Le
don d’une vie totalement vouée au service du Christ et de son Église reste
toujours d’actualité. Fascinante aventure qui demande une préparation
solide et éclairée.
Le
célibat bien vécu est un des signes les plus forts pour le monde
d’aujourd’hui, même s’il le conteste
Si
d’autres chemins s’ouvrent à l’Église pour que l’Eucharistie
fleurisse partout, prions ardemment pour qu’elle les trouve.
En
attendant, la consigne du Christ demeure, plus que jamais, pressante et
urgente :“ Priez pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers dans
son champ.”
De
saints ouvriers seront la réponse la plus convaincante pour le monde.
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JUILLET 2003 : LES LABRADORS DE L'ETE |
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AOUT 2003 : HOMMAGE A MERE TERESA (à l'occasion du 6ème anniversaire de sa disparition) |
Le
signe de Mère Térèsa, c’est
d’être partie du fait de voir un agonisant dévoré vivant par les rats et
de refuser de passer son chemin.
Elle
est partie d’une personne pour sans cesse revenir à chaque personne ;
sans rien dire. Son témoignage
de feu à mis l’incendie sur la Terre.
Son
pauvre visage, jusqu’à la fin de sa Vie, traduisait le signe qu’elle était
portée et qu’elle se foutait complètement d’elle.
Sa
vie intérieure authentifiait et dynamisait son action : elle est
toujours partie de là. Elle était une pauvresse et jusqu’au bout.
L’Evangile fera naître des Mère Térèsa qui, sans calculs et au ras des pâquerettes
de l’Evangile, témoigneront
que le Christ, dans celui dévoré par les rats, sera la priorité de nos
vies.
L’admiration,
Mère Térèsa n’en avait rien à foutre. Mais vivre en actes l’Amour
gratuit et évangélique permet à chaque chrétien d’être à la hauteur de
cette femme dévouée au monde par Dieu comme signe.
SEPTEMBRE 2003 (1ère partie) LE RELAIS D'AMOUR |
Ma tendresse pour les vieilles "taupes " et les vieux "hérissons" "est connue. Elle est surtout viscérale chez moi. Ce qui m'émerveille et me fait vaciller chez eux et chez elles, c'est leur fragilité et leur force.
Tout commence à partir en couille, lentement, sûrement, inexorablement, l'âge avançant. Les muscles se dérobent, les dentiers s'entrechoquent, les os sont devenus des tas de ferrailles à force d'opérations, sans oublier l'arthrose qui rend tout geste douloureux...
La vue baisse. L'oreille se tend pour écouter. Quoique l'alibi de la surdité est inestimable pour entendre tout ou presque... en faisant semblant d'être sourd-dingue !
Certains anciens ne manient que leur rétroviseur. Pénible spectacle de ceux et celles qui ne se meuvent que dans leur passé. D'autres vivent le temps présent, à fond la caisse. Radieuse vie qu'est la leur. Ils acceptent leur condition, ne la subissent pas... voire en rient.
Les êtres profondément spirituels vivent chaque journée comme cadeau de Dieu. D'autres vont plus loin en s'armant d'une longue-vue. Ils sont l'espoir du monde, en l'étreignant pour agir sur lui, certains de le rendre meilleur...
Ces derniers plantent des arbres pour que leurs petits-enfants profitent de leur ombre.
Des milliers sont morts au cours de ce dernier été 2003 ! Entourés de ses enfants est la joie suprême quand on passe de la Terre au Ciel.
Mourir seul est terrible. Que des centaines d'anciens soient retrouvés huit jours après avoir été quasiment asphyxiés par la canicule, est le péché mortel de notre civilisation qui ne tolère que le beau, le performant, le jeune et le muscle ferme.
Plus navrantes encore sont ces centaines de pierres tombales numérotées, faute d'avoir pu trouver la trace des proches du défunt.
Une certaine partie de ces vieillards, décédés en silence et seuls, ont été amenés d'office à l'hôpital ou à l'hospice, la veille des départs en vacances de leurs enfants, à la suite d'un expéditif conseil de famille : "Chérie, on va pas s'embarrasser de cette vieille peau pour les vacances !".
Toi qui me lis, tu vieillis et tu vieilliras. Puisses-tu t'en souvenir pour aimer tes anciens. Alors, tu connaîtras la joie d'une présence aimante et de gestes de tendresse jusqu'au bout de la route. Tes enfants s'en souviendront et passeront, à leur tour, le relais d'amour.
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SEPTEMBRE 2003 (2ème partie) AIMEZ CE QU'ILS AIMENT |
C’est une des phrases de Don Bosco qui m’a le plus marqué dans ma vie
d’éducateur.
« Aimer ce que les jeunes aiment » n’a jamais été évident
pour moi. Pourtant, avec le recul, ce conseil est fort judicieux.
Il ne faut surtout pas le prendre au premier degré. Le discernement et la prière
devant illuminer ce précepte éducatif.
Le Curé d’Ars affirmait que les jeunes qui allaient au bal couraient tout
droit en enfer. Je suis entré jusqu’au cou dans la fournaise
infernale des boîtes de nuit... dont j’ai pourtant horreur.
Entendant mes jeunes dire, alors qu’ils envisageaient d’aller dans les boîtes
de nuit : « Ça va saigner », j’ai décidé de les
accompagner pour voir et comprendre.
J’ai vite vu et compris que leur appétit de violence les poussait à
l’affrontement. L’alcool étant leur arme préventive.
Dernièrement, j’étais dans un casino de la Côte d’Azur avec un de mes
anciens. Je le regardais de loin, les yeux fous, rivés sur les manettes, dans
l’attente du bruit enchanteur des pièces qui tombent.
Le laisser seul avec ces machines diaboliques, il n’en était pas question.
Etre là pour sonner l’heure de la retraite et l’arracher aux
machines à sous fait parfois partie de ma tâche éducative.
Pour les mineurs, me perdre dans les salles emplies de jeux vidéo est aussi
une de mes priorités... et calvaire à la fois.
Etre avec mes jeunes « scotchés »
comme ils disent, à ces jeux plus ou moins destructeurs mais qui les
fascinent nécessite une présence éducative forte pour les éclairer et... là
aussi sonner vite l’heure de la retraite.
Ni
systématiquement opposés, ni aveugles et encore moins complices, être présents
dans ces lieux que nos jeunes affectionnent mais où ils risquent de se
perdre, c’est vraiment les aimer.
Don Bosco avait raison. Et le curé d’Ars ne m’en voudra pas…
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SEPTEMBRE 2003 (3ème partie) LEURS LARMES DE GOSSES |
Il est là devant moi. Et il pleure. Ses larmes d'ado me font vaciller.
Ces
perles de cristal qui coulent lentement, combien en ai-je vu dans ma carrière
d’éducateur ?
Désiré
venait, deux minutes auparavant, d’insulter mes adjoints. J’arrive sur le
fait. Il réitère ses insultes, précisant qu’elles ne m’étaient pas
adressées.
Pour
éviter la surenchère verbale qui pouvait l’exclure de la communauté dans
l’heure qui suit, je le prends à part tout de suite. Et je lui demande ce
qui se passe. Il éclate en sanglots. C’est sa réponse d’adolescent tant
battu durant son enfance et maltraité à l’extrême. L’adulte reste
toujours pour lui un ennemi. Même si, en quatre mois, dans notre Bergerie il
a fait des progrès étonnants.
Exclu
de partout, sautant auparavant sur tous les éducateurs à qui il était confié,
on n’a eu que très peu d’incidents avec lui depuis qu’il nous est confié.
Je
le calme doucement et il repart pour s’excuser auprès des deux personnes
qu’il a offensées.
D’autres
visages m’apparaissent au travers de celui de Désiré. Ils ont beau avoir
des carrures d’athlètes, des traits durs qui respirent parfois tant de
haine, ou avoir commis des actes très graves, il m’arrive toujours. en les
accompagnant durant des années, de surprendre leurs larmes d’enfants.
Cela
a été souvent suite à un affrontement physique. C’est presque un rituel.
Me bravant et m’obligeant à faire respecter par une rude empoignade le feu
rouge qu’ils ont dépassé. Le moment physique très fort stoppé, ils éclatent
en sanglots.
Je
me souviens de tant d’ados se pressant contre moi et éclatant en sanglots
sur mon épaule !
Savoir
leur dire « non » est un essentiel. Et parfois durement. Mais c’est entrer
dans leurs codes des mots et des gestes violents. Sous leur écorce si rude
apparaît, peu à peu l’enfant qu’ils n’ont jamais pu être.
Leurs
larmes de gosses disent tout. Elles authentifient leur innocence retrouvée et
la confiance qu’ils me font. Elles sont perles inestimables pour moi
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OCTOBRE 2003 (1ère partie) PAROLE D’EGLISE, PAROLE DE TROP ? ou SILENCE DE MISERICORDE |
Que l’Eglise soit contre l’avortement, sans nuances, je suis absolument d’accord avec elle. Parce que c’est justement la nuance qui fera que son message ne sera pas entendu et même traîné dans la boue ou pire : on profitera de la nuance pour détourner complètement le message initial.
Je m’explique : « le respect de la vie » que prône Jean-Paul 2 est inestimable pour le monde d’aujourd’hui ; il le fait sans nuance.
On le dit inhumain. Sa parole mondiale trouve le même écho dans le palace d’un roi ou dans la favella d’un sud-américain.
Cette parole planétaire ne peut pas être nuancée ; sinon, elle est défigurée.
S’il y a nuance dans ces cas précis, on se servira de ces fameux cas précis pour détruire ces messages de l’Eglise de Vie puisés dans l’Evangile.
Mais que l’Eglise se taise dans les cas extrêmes. Son silence ne sera pas complice mais fera comprendre que la fille violée et enceinte ne peut, ni physiquement, ni psychologiquement, garder la trace du viol.
Dans mon métier d’éducateur, j’ai été suffisamment témoin d’horreurs devant des filles violées par plusieurs sexes en forme de couteaux pour comprendre que cette femme est incapable de garder le fruit du saccage sexuel. J’ai pu, par miracle, sauver quelques enfants, issus d’un viol. La plupart du temps, la fille a tué la Vie en elle pour supprimer la vision d’un moment d’horreur ; et je le comprends parfaitement.
Mon silence devant la fille qui s’est fait avorter n’était pas complice mais, au nom du Christ crucifié, était ma participation à sa souffrance indicible.
L’euthanasie se situe dans la même ligne : je suis d’accord avec l’Eglise pour ne pas supprimer des vies humaines en les achevant sciemmment ; qu’elle le crie, je suis d’accord.
Mais qu’Elle la ferme quand, à bout de souffrances, une personne décide de se supprimer ou de se faire supprimer.
Vincent, le jeune accidenté et vivant depuis des années une atroce existence, voulait la mort.
Sa mère et le médecin le lui ont donnée.
L’affaire s’étale dans tous les journaux ; que l’Eglise se taise dans ce cas d’espèce.
Cette Eglise, médecin du corps et de l’âme, légifère, normalise et… … elle a raison. Mais devant tant de souffrances, que son silence soit le signe de sa miséricorde au nom de Dieu.
Que l’Eglise, dans la guerre du Kosovo, dise qu’elle n’était pas d’accord avec les pilules abortives données aux femmes, notamment musulmanes, violées, était une parole de trop. Surtout quand on sait que la femme violée, dans la réalité musulmane, est écartée définitivement de la famille et condamnée, inexorablement, à la prostitution.
Dans ce cas de figure, la femme victime le devient doublement… Dire à ce moment-là qu’on est contre la pilule abortive, c’est tuer une seconde fois.
Puisse la tendresse de l’Eglise dire haut et fort qu’elle est médecin de l’âme et du corps jusqu’au bout ; mais qu’Elle puisse, aussi, se taire devant des cas extrêmes.
Difficile acrobatie : mais le monde de la culture de la mort, auquel nous ne devons pas plaire, doit savoir que nous voulons rester champions de la Vie et le clamer. Par moment en sachant se taire pour rester à côté du souffrant.
Guy GILBERT - Nuit du 30 septembre au 1er octobre 2003, à 2 heures du matin, dans un restaurant parisien.
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OCTOBRE 2003 (2ème partie) JEAN-PAUL 2 ET DEUX REGARDS INNOCENTS |
Remarquable,
le regard des jeunes et des anciens, vis-à-vis de JeanPaul 2 !
Nos
jeunes, en manque de père, boivent les paroles du vieux Sage avec une soif
difficile à décrire.
Les
médias, en retard d’un TGV, boudent d’abord ces immenses rassemblements.
L’affluence juvénile les pousse au cul. Alors ils déclenchent leurs caméras,
leurs micros et leurs plumes pour tenter de comprendre ce phénomène.
Des
zooms multiples sur la foule des jeunes enthousiastes leurs suffisent pour
saluer l’événement.
Les
anciens, eux, ont un autre regard. Leur arthrose, hémiplégie et autre
maladie de Parkinson les mettent en contact direct avec le visage papal
souffrant, ses grimaces de douleur, sa démarche titubante, sa parole hésitante.
Se
croyant devenus inutiles et à mettre au rencart, ils voient un octogénaire
malade insuffler au monde une spiritualité d’enfer, active, actuelle et
sans failles. L’exemple de Jean-Paul a dû remettre debout tant d’anciens
perclus de douleurs et s’enfermant dans leur maladie.
Par
contre, c’est l’adulte qui glose interminablement sur l’état physique
du Pape .« Mais qu’il parte ! Baver devant les caméras, c’est
indécent. Place à un Pape en pleine forme... »
L’adulte
moderne, performant, actif ne croit qu’au muscle jeune, à la forme
olympique et au look des magazines de mode. L’apparence est seule crédible.
Le reste est à jeter aux oubliettes. Quand ce n’est pas dans la poubelle.
Le
regard d’innocence des jeunes et des vieillards reste celui qui colle le
mieux à l’Évangile.
Pierre,
le premier Pape, est mort martyr. Jean-Paul Il, son 264ème successeur, après
les balles qui ont voulu le tuer au cours de son pontificat, meurt doucement
devant nous, martyrisé
par sa maladie.
A l’intrépide Pasteur de rester, tant qu’il sera lucide. Ses petits pas sont ceux d’un athlète de Dieu.
NOVEMBRE 2003 (1ère partie) LES FLEURS : LES MORTS N'EN ONT EN RIEN A FOUTRE ! |
Les fleurs… les morts n’en ont rien à foutre !
C’est pour notre œil à nous qu’on les leur offre.
Et, nous, nous sommes les vivants qui pouvons prier pour eux et intercéder.
Ce sont les plus belles fleurs qu’on puisse leur offrir.
Les vertus … des morts, ça s’arrose, ça se cultive par le souvenir embaumé
qu’ils nous ont laissé. Ca ne se flétrit jamais. La douceur, la miséricorde, la bonté de ma mère sont une magnifique gerbe florale pour moi.Fleurs éternelle par leur beauté dévoilée sur terre.
Bien sûr, comme tous les ans, je vais trouver quelques chrysanthèmes
éclatants de blancheur sur la tombe de mon neveu mort tragiquement dans les Gorges du Verdon en 1977. Déposés par des mains anonymes de vieilles mémées, ces dernières conservent dans leur cœur la lumineuse adolescence de Christian, son sourire discret et charmeur, son sens aigü du geste qui le portait sans cesse à rendre service, notamment aux anciens.Puissiez-vous ne pas enlaidir ce temps de méditation sur la mort par de plus
ou moins ridicules masques ou citrouilles que vos gosses vont vouloir acheter.Halloween, qui veut dire « veillée des saints », s’est trompé de méditation
en voulant enlaidir la mort.C’est notre deuxième berceau.
Forcément, nous y allons. Certains y courent. D’autres ont encore du temps.
Alors, bouffons ce temps qui nous reste. Soyons des combattants de l’Amour
et de la justice, ne perdons pas une minute.Et si vous pensez, après m’avoir lu, que les fleuristes vont faire faillite,
achetez quelques fleurs blanches…Elles appellent à la résurrection.
GUY GILBERT – Aéroport d’Orly, le vendredi 31 octobre 2003.
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NOVEMBRE 2003 (2ème partie) AU NOM DE L'INNONCENCE DE DEUX FILS DE ROI |
« On
nous annonce à grands fracas que le Prince Charles peut être homosexuel.
Qu’est-ce-que
je m’en tape de sa possible homosexualité !… C’est sa vie privée
mais la presse Outre-Atlantique a le culot de mettre en gros titres « Le
prince Charles est homosexuel » en terminant par « (…) Nous
ne pensons pas qu’il le soit ». Encore une fois, on assassine
d’abord et on corrige après…
Je
pense d’abord souvent aux gosses de Charles : William et Harry.
Ce
n’est pas une déformation professionnelle. C’est la réflexion d’un
homme proche d’adolescents et de jeunes adultes qui comprend ce que doivent
souffrir deux êtres jeunes ; ils ont subi le divorce torrentiel de Diana
et Charles ; ils ont donc vu à la « une » de la presse les
visages de leurs chers parents traînés dans la boue. Leurs fils ont tout su
de leur dépravation conjugale.
Ils
ont suivi le cercueil de leur mère qu’ils aimaient tant.
Et
maintenant, ils voient dans les gros titres de la presse anglaise que leur père
pourrait avoir succombé à des tentations homosexuelles.
Ces
deux grands gosses me hantent. Dans leur présent et leur futur. Surtout que
William risque d’avoir le trône d’Angleterre plus tôt que prévu.
Impossible,
évidemment, d’échapper à la notoriété quand on se situe à un tel
niveau.
La
déontologie de la presse devrait être révisée de toute urgence ; elle
peut saccager à vie des personnes appelées aux plus hautes fonctions.
Prions
pour ces deux grands gosses :
pour qu’ils ne soient pas trop
atteints par le monde putride d’une presse dévoyée qui se repait de la
vase au nom de la Liberté. »
Guy GILBERT, à 2 heures du matin dans un restaurant parisien (nuit du 17 au 18 novembre 2003)
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DECEMBRE 2003 LA "CRECHE" DE SADDAM |
I
l n’avait même pas de paille dans son trou à rats.Il n’avait même pas la chaleur de ruminants paisibles pour lui tenir compagnie. Il n’avait que des rongeurs pour l’assister dans son extrême dénuement.
Il a dû se souvenir de ceux qu’il enfermait, durant des années, dans des espaces qui n’excédaient pas 1,50 mètre de hauteur et profondeur.
Comme il avait mille Hérode qui le guettaient pour le faire périr, il devait attendre, impatient, ses ennemis jurés, les américains, pour le délivrer.
Car il savait que ses bourreaux auraient été alors ses frères de race et de sang. Il a dû vivre l’agonie des tyrans qui, ayant goûté et abusé de tous les pouvoirs imaginables, savent, une fois déchus, qu’ils ne seront que des proscrits hagards.
Il est sorti de sa bauge, masquée par des ordures, les mains levées vers le ciel qui le délivrait de ses cauchemars… …face à des fusils qui ne pardonnent pas.
Il est encore le bon larron qui peut demander pardon. Les millions de morts qu’il a provoquées, programmées, seront là le jour du jugement terrestre.
La justice humaine passera. Une façon, pour les survivants de sa tyrannie, de faire le deuil de tant d’êtres chers disparus.
Le visage de clochard qu’il a montré, en sortant de son repère, m’a ému, moi chrétien…
Il ne pouvait pas être plus symbolique, ce visage, pour qui croit, quoiqu’un être ait commis, que le pire des bourreaux est aimé de Dieu.
On a trouvé dans son antre une statue de Marie. Qui, plus qu’elle, peut donner à un être inhumain dans ses actes, le visage du ressuscité ?
Personne d’autre…
La photo de Marie, demandée par des prisonniers criminels que je connais pour décorer et illuminer leur cellule, est pour moi le signe que rien n’est perdu.
C’est le visage de Marie, au pied de la Croix, demandant que Dieu fasse miséricorde au pire des bourreaux.
Guy GILBERT, dans un restaurant parisien, à 2 heures du matin dans la nuit du 18 au 19 décembre 2003.
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JANVIER 2004 (1ère partie) MON VOEU LE PLUS FOU POUR 2004 |
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JANVIER 2004 (2ème partie) LOUANGE ET DOULEUR |
"Je repose mes vieux os dans la neige.
Je quitte la piste et m’enfonce au milieu des mélèzes ; sur un petit sommet, je contemple les cimes.
Je pense aussitôt à la catastrophe du Caire. Familles entières décimées au fond de l’eau dans leur échappée sans retour. Vivants traumatisés, hébétés devant la Mer Rouge, dernier tombeau d’êtres chers.
J’avais toujours quelque appréhension à chaque fois que je prenais l’avion. Aujourd’hui, plus un instant de peur malgré, parfois, les soubresauts qui secouent la carlingue. La prière que je vis, entre ciel et terre, efface toute crainte.
Je bénis le Seigneur pour ces objets si puissants et si fragiles qui ont pour mission de nous transporter.
Quand le commandant de bord m’invite dans le cockpit, je bondis.
Spectacle hallucinant : mer sublime de nuages, soleil couchant somptueux, brouillard enveloppant la route du ciel. Seuls, quelques boutons guident la marche aveugle et confiante du pilote. Progression envoûtante vers la piste illuminée…
« Vous habituez-vous à piloter ? » était ma question à un commandant. « Non, jamais ! » m’a-t-il répondu en ajoutant : « Je m’étonne toujours de voler … ».
Saluons l’extraordinaire performance de l’homme.
Pleurons avec ceux qui ont perdu tant d’êtres aimés… En méditant sur la fragilité humaine, ses erreurs possibles ou ses négligences, dans une des plus belles réalisations de notre temps..
Plus terrible encore, là où le génie humain n’a aucune responsabilité, l’horreur des tremblements de terre !
L’Iran nous en a montré malheureusement l’exemple.
Puisse le génie humain deviner le moment exact où la terre se soulèvera.
On y arrivera un jour.
Saluons les innombrables gestes de solidarité qui soulèvent alors, bellement, le monde. C’est là que le cœur de l’humanité devient universel dans le sublime élan qui le porte.
Je reprends la marche vers la vallée, chantant Dieu et ses merveilles. Uni à la douleur et à la solidarité des hommes."
Guy GILBERT - Camp de neige dans les Hautes-Alpes, le 6 janvier 2004
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JANVIER 2004 (3ème partie) "LE VOILE : PEUR, PROTECTION, JEU ?" |
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JANVIER 2004 (4ème partie) "ON N'A PAS LA MEME GUEULE..." |
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FEVRIER 2004 KAMIKAZE DE L'ESPERANCE (préface du livre qui sort dans quelques semaines) |
"Les kamikazes du 11 septembre 2001 restent dans nos mémoires.
L’horreur de leur geste nous pétrifie encore.
Il ne faut pas qu’ils gagnent. Le crime sans nom qu’ils ont commis doit nous
mettre en marche.
En effet, il y a les kamikazes de l’amour humain : les héros et les saints
innombrables chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, athées ou agnostiques
qui sont allés jusqu’à donner leur vie pour témoigner de leur amour
inconditionnel de la vie, de toute vie.
Il y a les kamikazes de la solidarité refusant, par exemple, une mondialisation
qui ne fait la part belle qu’aux nantis.
Il y a les kamikazes de l’écologie qui se battent, bec et ongles, pour défendre
toute bestiole, de l’abeille à l’éléphant.
Il y a aussi les combattants croyants qui refusent qu’on s’envoie à la
gueule nos livres saints, en cherchant tout ce qui nous unit et non ce qui nous
sépare.
Il y a d’innombrables lutteurs pour défendre d’innombrables causes
essentielles pour la survie de l’humanité.
Je veux être un kamikaze de l’Espérance. Quand un juge me confie un
adolescent détruit, disloqué, refusé de tous les centres et qu’il me dit :
“Je vous ai demandé, jusqu’à ce jour, l’impossible pour les jeunes que
je vous ai confiés. Je vous demanderai, mon Père, cette fois-ci un peu
plus”, je dis “oui” tout de suite.
Parce que je crois à l’Espérance kamikaze pour tout humain, le pire soit-il.
Parce que je crois que Dieu Amour me donnera cette force invincible, sans
laquelle j’aurais depuis longtemps baissé les bras.
Il ne suffit pas de dénoncer par des paroles les carences d’un état ou des
êtres humains. Il faut annoncer par des actes que l’Espérance peut toujours
gagner.
C’est l’objet de ces lignes. Je les dédie à tous les kamikazes du monde.
De tout poil. De toute race. De toute religion. De toute culture.
Puissent-ils se reconnaître dans ces mots issus d’un combat sans répit."
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AVRIL 2004 FLEURS VENUES D'AFRIQUE |
Présider une Eucharistie
entouré de quatre prêtres africains était une première pour moi. Je
n’étais pas en Afrique mais en Belgique !
Leurs prénoms, Placide, Vénuste ou
Balthazar, évoquent des saints que l’Europe n’ a pas l’habitude
de donner à ses enfants.
J’ai fait applaudir les quatre célébrants pour leur présence dans
nos paroisses. Cinquante de leurs frères lointains faisaient partie du
diocèse belge où je célébrais.
Je pensais qu’il était heureux (et je l’ai dit) de voir mes frères
prêtres à la peau d’ébène partager notre Eucharistie.
Nous, pasteurs blancs, avons été des pionniers dans l’évangélisation
de leur peuple lointain. Eux viennent, apparemment, pour nous aider à
enrayer l’hémorragie lente et inéluctable des prêtres européens.
Mais l’Europe n’est-elle pas devenue un pays de mission au moins
autant que l’Afrique ? Nos frères africains deviennent alors des
pionniers au coeur de l’Europe... Beau retour de l’histoire de nos
Églises réciproques
Le nom de leur pays d’origine évoque souvent des calvaires
insondables. Rwanda, Congo, Côte d’Ivoire sont des pays de
souffrance. La pudeur de mes frères prêtres est éloquente quand je
tente de déchiffrer avec eux leur calvaire. Leurs yeux seuls trahissent
ce qu’ils ont vécu.
De plus, aucune commune mesure avec les Eucharisties qu’ils ont pu
vivre là-bas, face à nos assemblées gentilles, priantes certes, mais
souvent coincées, rarement explosant de joie comme les leurs.
Les prêtres africains ne sont pas des immigrés venus pour balayer nos
églises. Ils ont une bonne formation théologique ou viennent la spécialiser
en France. Ils réjouissent les fidèles qui, sans eux, déserteraient
un peu plus nos clochers.
Leur pastorale africaine mixée à la nôtre ne peut que nous enrichir.
L’opposition de certains prêtres européens à leur venue meurtrit
ces frères venus de loin. L’argument “laissons pourrir la
situation” pour que l’Église d’Europe recrute autrement sur son
propre terrain n’est ni bon ni évangélique. Je me réjouis
d’avance de voir arriver un jour un Pape noir venu d’Afrique.
Que des Églises riches en prêtres viennent nous servir en apportant
une nouvelle dimension sacerdotale et ecclésiale est signe pour nos
paroisses. Elles ne peuvent que nous dynamiser.
Sans oublier que ces dernières s’enrichissent de plus en plus de laïcs
africains immigrés.
Ces fleurs venues d’Afrique sont les bienvenues. Il paraît qu’elles
sont géantes et très odoriférantes dans les forêts tropicales !
Qu’elles nous apportent le meilleur d’elles en nous fortifiant dans
l’universalité.
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MAI 2004 (1ère partie) Commentaire sur le film "LA PASSION" de Mel Gibson |
J’ai
vu le film « la Passion » il y a 3 semaines. J’ai lu les
commentaires. Contrastés, les commentaires finalement. Voici les miens :
Mais
quand on oscille en Amérique entre la piqure qui endort et tue et l’électricité
qui brûle intérieurement complètement une personne et la balle dans la
nuque chinoise…
Les
romains ne se posaient pas ces questions hautement déontologiques : ils
massacraient avec un sadisme pervers et certain.
-
Je me sens responsable de la mort du Christ autant que les juifs et les
romains quand je n’opte pas pour l’Amour gratuit, solidaire et engagé.
- Chacun piochera ce qu’il voudra à l’évocation de la Passion.
- Pour terminer : aux chrétiens seuls, je recommande de relire la
Passion du Christ dans l’Evangile ; sa méditation lui fera prendre
conscience qu’ « Il s’est livré pour nous » sans
exception et, surtout, que l’eucharistie commémore de façon absolue la
souffrance et la résurrection du Christ.
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Paru dans "Le Parisien" du 31 mars 2004 ; reproduit avec l'aimable autorisation d'Agnès Dalbard, journaliste de la rédaction. |
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MAI 2004 (2ème partie) "LES VICTIMES DONT ON NE PARLE PAS" |
“Si vous saviez ce que je
subis en prison !” a lâché de façon particulièrement impudique Marc
Dutroux, le tueur pervers belge. Après avoir fait endurer le pire à des
adolescentes qu’il avait enfermées dans un cachot sordide où deux
d’entre elles sont mortes de faim, cette phrase obscène, malheureusement
sonne juste quand je sais le calvaire vécu en prison par des tueurs hors
norme que je connais et visite. C’est l’enfer garanti en effet jusqu’à
la fin de leur détention.
Les victimes “collatérales”, mais néanmoins bien réelles, que sont les
familles proches des coupables, enfants, conjoints, parents, amis, vivent
elles un véritable calvaire et n’en parlent jamais.
La couverture médiatique lors des procès retentissants est telle que les
relations de travail, de voisinage, de famille sont au courant du moindre détail
sordide. La famille du coupable est alors rejetée. Leur vie devient
infernale. Leur maison photographiée, filmée, les médias aux aguets dès
qu’ils en sortent.
Je pense aux gosses, insultés dans les cours de récréation. Aux voisins
amis qui détournent la tête. Aux regards gênés, quand ils ne sont pas méprisants,
des collègues de travail.
C’est souvent la fuite, la meilleure issue. Quitter un lieu qu’on aimait
tant pour d’autres horizons. Ne plus voir les regards, ne plus entendre les
réflexions blessantes. Ces “pestiférés” paient cher, le reste de leur
vie, les dérapages criminels d’un de leurs proches.
Deux exemples récents :
Le choc de cette femme fut immense. Divorcée et séparée de son mari
instituteur, elle apprend par la télévision le crime de son ex-conjoint,
avec ses enfants à ses côtés. Leur vie bascule à cet instant.
Un ami accusé à tort de pédophilie par sa conjointe est ressorti blanchi du
tribunal. Il a fui sa famille malgré l’issue du procès. Il ne pouvait plus
supporter le regard pesant et parfois suspect de son entourage familial. Quant
à ses deux filles, il ne veut plus les voir après avoir lutté de toutes ses
forces pour les retrouver.
Ces personnes sont des victimes innocentes. Notre solidarité avec elles doit
être exemplaire.
De plus, combien de lettres de taulards me disent leur désarroi quand ils
savent combien leur famille souffre de l’hostilité de leur entourage !
Notre présence assidue, forte et fraternelle auprès de la famille sera baume
et réconfort face, notamment, au voyeurisme sans égal qui nous fait suivre
des procès hautement médiatisés.
Dieu seul peut faire miséricorde au coupable. Mais nous, combattants de
l’amour, devons être là, en priorité auprès des victimes dont on ne
parle jamais.
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JUIN 2004 "NOS PETITES GUERRES D'IRAK ... ET NOS VACANCES" |
Impossible de ne pas suivre
l’actualité du bourbier irakien.
C’est
tous les jours que la puissance de l’image vrille notre affectif. Nous
n’analysons pas. Ou si peu… Nous sommes alors manipulables à souhait.
Ceux
qui torturent en mettant en images leurs sévices ou décapitent en direct le
savent bien et en jouent en virtuoses.
La
guerre d’Algérie, avec son lot de sadisme des guerriers des deux bords, a mis
quarante ans à faire resurgir les supplices cachés.
Le
fait nouveau est la mondialisation immédiate des crimes de guerre commis
aujourd’hui. Les horreurs extrêmes commises sont exposées soulevant le
sursaut universel des consciences humaines.
Le
refus de la barbarie qui soulève le monde à l’instant-même n’est pas
inintéressant.
On
pourrait ajouter : c’est un « bien » dans le « pire ».
L’image
se révèle une formidable arme de guerre grâce aux téléphones portables à
images numériques qui se foutent des censures comme des frontières. Et c’est
tant mieux.
Quant
à nous, nous avons bonne mine de palabrer interminablement sur les horreurs déversées
au quotidien.
Un
rapide examen de conscience peut nous faire vite découvrir nos tensions
familiales voire nos haines distillées depuis parfois bien longtemps au cœur
de notre entourage.
Rien
à voir avec les tortures et le sang déversé, évidemment. Mais dans le cœur
de l’homme qui ne sait pas demander pardon bouillonne une lutte intérieure
qui ravage et met en état de guerre permanente.
Puissent tes vacances, temps béni pour faire le point, te donner la paix
en te réconciliant avec tes proches.
Peut-être
qu’un coup de téléphone ou une lettre suffiront. Ou bien il te faudra avaler
des kilomètres pour te permettre d’aller faire la paix.
Le
plus beau paysage au monde n’est-il pas le lac intérieur de ton âme qui a
retrouvé la paix ?
Alors tes vacances seront parmi les plus belles que tu aies connues.
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JUILLET 2004 "A LOURDES AVEC JEAN-PAUL 2" |
Au
Parc des Princes, en 1981, il a sauté d’un bond les gros sacs où des milliers de jeunes avaient écrit leur affection. Sa voix
de bronze, sonore et prenante, emplissait le stade. Aujourd’hui, il est
souvent inaudible et bave parfois dans les micros. Et il fonce à Lourdes.
Un
tel destin est rare dans l’Église. Sinon unique. Les papes vieillissaient
ou, malades, se terraient au Vatican. Ne filtraient que les rituels “état
stationnaire” ou “le pape va mieux” propres aux chefs d’état qui
agonisaient à l’abri des médias.
Jean-Paul
a accepté que ces derniers zooment son visage de souffrance. Il s’en va
vers la fin de sa vie avec l’image rayonnante de celui qui n’a pas peur
d’offrir en spectacle la maladie qui l’habite physiquement. Il semble
avoir gardé toute sa lucidité.
Quel
autre lieu que Lourdes pour vivre la dimension mystique de la souffrance !
Le
Pape vivra quelques heures au milieu des malades. En communion avec eux.
Il
n’a pas à faire de discours. Sa seule présence suffit l’Église entière
communie avec tous les souffrants du monde.
Je
veux rester en dehors de la bataille pour savoir s’il doit démissionner ou
pas. Gloser là-dessus est du temps perdu.
Quand
on sait qu’un vieillard comme Jean XXIII est arrivé à la tête de l’Église
pour y mettre le feu de Vatican 2, en 5 ans de papauté, cela balaie tous les
pronostics possibles et c’est fort réjouissant.
On
demande tout à un pape. En oubliant que c’est aussi un homme avec son
histoire qui doit godiller entre toutes les sensibilités de l’Église et la
prendre à bras le corps, comme elle est, pour la conduire au plus haut.
Rarement par temps clair, souvent au milieu des tempêtes.
Jean-Paul
III ouvrira d’autres portes, d’autres horizons. J’en ai la certitude.
En
attendant, Jean-Paul Il, athlète olympique de l’Église, termine son
parcours en fauteuil roulant. Sa retraite, il l’aura bien gagnée. Pas sur
cette Terre. Mais les nombreux prêtres vieillissants, qui vont jusqu’au
bout de la route, que font-ils de mieux ou de plus que le Pape ?
Oui,
j’irai avec joie à Lourdes avec mon équipe. Pas pour voir Jean-Paul. Mais
pour communier avec l’immense cohorte des malades qui est le plus beau
fleuron de ce lieu marial.
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AOUT 2004 "PETITS MIRACLES A LOURDES" |
Déambulant
dans les rues de Lourdes, je tombe sur un ancien loubard, Steph. Ravi de le
retrouver 22 ans après et ne le reconnaissant pas de prime abord, on s’est
attablé autour d’un verre. Les souvenirs affluent… Il me rappelle en
passant, et en souriant, le vol du
portefeuille de mon adjointe Gaby. D’un seul coup, il me quitte. Un
quart d’heure après, il revient et me tend 100 euros : « J’ai volé à ton équipière 600
francs à l’époque ; je te les rends avec les intérêts ».
Petit miracle quand je sais le nombre de jeunes loubards, ayant plongé discrètement
dans nos sacoches respectives et me révélant leurs larcins en riant, des années
après, comptant sur une amnistie miséricordieuse…
Reconnaître
mille et un visages dans ce haut lieu marial est source de joie et d’action
de grâces : un ancien éducateur devenu prêtre, une fille paumée,
aujourd’hui religieuse, d’innombrables visages amis, dont certains perdus
de vue depuis des décennies.
Mais
le plus beau des miracles fut l’audience privée avec Jean-Paul II .
J’avais l’espoir secret de
lui faire rencontrer mon équipe. Un prélat ami, Renato Boccardo, à permis
ce moment aussi intense que bref.
David,
si loin de l’Eglise, a été très impressionné par le regard intense de
notre vieux pape : « Il semblait regarder à l’intérieur de moi ».
Jean-Yves :
« Ce rêve que je croyais irréalisable est réalisé. J’avais devant
moi un bloc de souffrances qui irradiait. Le pape donne tout de lui-même, à
tout instant. Exemple si rare d’une vie jetée sans recours au service de
son peuple ».
Les
larmes de son épouse Claire après la visite disaient plus que des phrases
son émotion et sa joie. « Cet événement me portera longtemps »
ajouta-t-elle.
Pierre :
« cette rencontre m’a donné une sacrée force qui me dynamisera au
quotidien pour le service des autres ».
Colette,
ma secrétaire, elle aussi soulevée par l’intensité du moment m’a confié :
« Dans son regard ferme et doux, j’ai lu la puissance de sa présence,
malgré sa faiblesse extrême ».
Le
miracle permanent de la présence de notre vieux pasteur, je peux le traduire
par cette dernière image. En prière à la grotte de Massabielle, deux prêtres
venant d’Ecône s’agenouillent auprès de moi. L’un deux me demande de
le bénir.
Guy
GILBERT dans un bar de Lourdes – nuit du 15 au 16 août 2004
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SEPTEMBRE 2004 (1ère partie) "LE PAPE ET LES ATHLETES" |
L’exposition des muscles triomphants à Athènes se juxtapose avec
l’effrayante extinction des moyens physiques de notre pape.
D’un côté, les athlètes vont jusqu’au bout de leurs forces physiques pour
accrocher autour de leur cou le but suprême : une médaille.
Jean-Paul II n’a, lui, qu’une force spirituelle géante à offrir malgré un
délabrement si obstinément exposé. La seule médaille qu’il emportera de
Lourdes, c’est son discours d’athlète de la
liberté : “Soyez des hommes et des femmes libres”.
Le sportif dans l’exercice de son sport extrême tient compte du moindre détail
: la chaleur de l’eau, le type de combinaison ou la position de départ qui
lui fera supplanter son adversaire pour quelques centièmes de seconde.
Notre pape, dans la logique évangélique, ne fait pas de détail. A nous d’être
libres d’en faire.
Le Christ n’en a pas fait en nous donnant, par exemple, ce précepte: “Aime
ton ennemi”.
De même pour le respect de la vie, de toute vie, Jean-Paul II martèle : “La
vie est sacrée”. Toute décision humaine d’y mettre un terme peut être, en
conséquence, sacrilège.
L’athlète a des repères précis, intouchables. Sa vie sportive en dépendra.
Notre pasteur suprême identifie les repères avec une force que sa faiblesse
physique exalte. Ce sont les siens puisés dans l’évangile. Sa fonction
l’exige à un moment de notre histoire où les sociétés les perdent ou les
brouillent.
La parole de Dieu donnée pour le monde au nom du Christ est une parole
d’amour et de vie. “Aimez-vous. Faites tout les uns pour les autres”.
Les JO. ont une autre logique destructive : “Les uns contre les autres”. Le
meilleur triomphe contre le perdant, quitte à prendre le risque de tricher pour
vaincre.
“La société de compétition c’est, à terme, la société du suicide”
dit bellement le biologiste Albert Jacquard.
Le fric et la gloire nationale empuantissent les jeux. Avec le risque, là
aussi, de passer sournoisement un relais destructeur aux milliards d’humains
scotchés devant leur télé. Notamment aux jeunes.
Remettre l’Homme au coeur de la société est urgentissime.
Accorder la première place à l’être humain dans toute son intégrité et sa
liberté doit être notre combat prioritaire.
Merci à notre pape, “Athlète de Dieu” d’en être un des héros au
coeur de nos sociétés déboussolées ou aveuglées par des systèmes mortifères.
Le miracle de Jean-Paul II, à Lourdes et bien ailleurs, c’est son audience de
plus en plus grande.
Rien n’est perdu si nous devenons, à notre tour, “les combattants de la
liberté” en relayant la parole papale. Paradoxalement aussi puissante dans le
fond qu’inaudible par sa forme
SEPTEMBRE 2004 (2ème partie) "LE CONCERT DE BERTRAND CANTAT EN PRISON" |
Bertrand Cantat a donné un mini récital à une centaine
de prisonniers, à la prison de Vilnius où il est incarcéré.Scandale pour les uns.
Hommage au chanteur pour d’autres.
Mon humble avis : Dans toutes les prisons, les surveillants tentent de donner la possibilité aux prisonniers d’exercer leurs talents vécus antérieurement dans le civil.
Le cuistot fera la bouffe en prison.
Le balayeur balaiera les couloirs interminables.
Le peintre décorera bellement les murs de la
détention.Le chanteur chantera.
Bravo au directeur d’avoir permis de faire entendre la
voix de Bertrand et d’offrir une heure de plaisir aux détenus.Rares sont les moments d’allégresse en prison !
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SEPTEMBRE 2004 (3ème partie) "OTAGES ET VOILE" |
L’aberrante prise d’otages de deux
journalistes français, qui seront soi-disant sauvés si la France change la
loi sur le voile, a provoqué paradoxalement un changement d’attitude
certain de filles musulmanes qui voulaient se présenter, coûte que coûte,
voilées dans leur école.
On note que peu de filles ont tenté de rentrer dans leur collège, voilées.
Ce qui est extraordinaire par rapport aux milliers de filles de souche
coranique attaquant leur scolarité.
Je ne m’étendrai pas sur le port du voile... qui commence à me courir sur
le haricot.
J’implorerai, par contre, mes frères et soeurs musulmans lisant ceci pour
qu’ils tournent leurs regards vers les pays majoritairement musulmans, en
commençant par l’Arabie Saoudite.
Il est notoire que les centaines de milliers de catholiques philippins, qui
servent les Saoudiens, n’ont pas le droit de pratiquer leur religion sous
peine d’expulsion - ce qui est une offense aux droits de l’Homme - l’Arabie
Saoudite se considérant comme une terre sacrée musulmane.
J’oserai leur dire que Rome, terre sacrée s’il en est pour un catholique,
a accepté par la volonté de notre pape Jean-Paul II de faire bâtir une
mosquée à 500 mètres du Vatican.
Chrétiens et catholiques, nous ne sommes pas des exemples ni des modèles.
Mais je peux affirmer que les pays majoritairement chrétiens acceptent que
des mosquées fleurissent partout.
1500 d’entre elles ont poussé bellement sur la terre de France. Grâce
parfois à des églises désaffectées offertes à nos frères et soeurs
musulmans. Des communautés chrétiennes, aussi, ont offert de l’argent pour
que des mosquées puissent se construire dans leur ville.
J’espère qu’un jour les droits de l’Homme seront respectés, notamment
au niveau religieux. Que des hommes et des femmes d’une religion puissent
aider à bâtir joyeusement le temple d’une autre religion permettra
aux humains d’aller chez l’autre.
Alors la Terre, notre belle Terre, sera enfin respirable.
SEPTEMBRE
2004 (4ème partie) " |
Grand voyageur,
j’ai pour habitude d’offrir un de mes livres à ceux ou celles qui me
reconnaissent dans les aéroports ou les gares et m’abordent.
Contacts furtifs mais souvent riches. Sachant qu’un livre dédicacé fait
toujours très plaisir, je ne m’en prive pas.
Lentement mais sûrement, j’ai constaté un phénomène alarmant et qui
s’amplifie à travers quelques mots écrits sur une page d’un de mes
livres. J’entends souvent cette rituelle demande : “Ne mettez pas le prénom
de ma femme (ou celui de mon mari)”.
“Mettez ceux de mes enfants”.
Je compte à peu près, à chaque dédicace, trois ou quatre refus. Le prénom,
sûrement aimé, est maintenant rejeté.
Pénible exercice pour moi. Encore plus dur pour la plupart de ceux et celles
qui vivent un échec conjugal.
Je demande avec respect le pourquoi du refus. Les blessures apparaissent vives
souvent. Rarement cicatrisées.
Les enfants, ballottés d’un nid à l’autre, qui se blottissent toujours
au fond de l’avion sont ceux qui paient le plus cher les échecs qui se
multiplient.
Bien sûr, les métiers abordés dans les transports n’appellent pas forcément
à la fidélité. Hôtesses de l’air, stewards ou CRS paient eux aussi cher
leurs absences prolongées.
Les contraintes horaires de leur métier ne favorisent évidemment pas la
stabilité d’un couple.
Cela suscite aussi des réflexions homériques parfois : “Eh ! Curé, fais
gaffe ! J’ai été super engueulé par ma copine de passage chez moi. Elle a
repéré un autre prénom que le sien sur le dernier livre dédicacé que tu
m’as offert”.
De nombreuses lettres m’arrivent aussi, m’annonçant séparation ou
divorce.
Une des dernières reçues m’a fort réjoui.
Zeph, un ancien au caractère d’ours mal léché, a pris femme sur le tard
et un petit ange apparut à la fenêtre du monde. Ce que je prévoyais arriva.
Ils se séparèrent simplement, d’un commun accord. Mais la lettre de Zeph
est belle comme le sourire de leur héritière.
“On s’est séparé, Guy. Mais ne t’inquiète pas, on reste à portée de
voix. Seule, une église nous sépare. On peut se parler et s’entendre
d’une rue à l’autre”.
Alléluia ! L’Église qui les a unis est toujours là...
DECEMBRE
2004 " |
Je
fête tous les 5 ans, à Faucon, le souvenir de mon ordination sacerdotale,
Moment
intense pour me souvenir que le 3 Juillet 1965 j’étais appelé
Maritime
au diocèse de Paris en passant par celui d’Alger !
Tout
mon chemin de vie est issu de mon rêve d’enfant de 13 ans,
Dans
ce chemin escarpé, fait de méandres contrastés, j’ai tenté de
Je
fêterai donc avec les chrétiens catholiques, protestants et orthodoxes,
Noël approche...
Il est là, à portée d’étoile.
Je
célébrerai à minuit pile, dans la chapelle de Rougon, la messe de
Restons
en communion dans ce moment précis.
Bon
Noël ! Et vœux de partage et de combat pour que 2005 soit une
|
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JANVIER
2005 (1ère partie) " |
Finis :
- Les Nike à 100€ que tu adores !
- Les DVD dont tu es friand !
- Les fringues marquées auxquelles tu tiens tant !
Tes prières incessantes pour que tes parents ouvrent leur porte-monnaie ! Tout cela changera de cible !
Le carton à faire, c’est la méditation évangélique de Matthieu 2 :« Nous sommes venus l’adorer ! »
Adorer qui ?
Notre pape nous pointe toujours la même cible : JESUS-CHRIST.
J’ai participé à cinq JMJ avec Jean-Paul 2 ; ça m’a foutu le feu quelque part, pour plusieurs raisons :
- J’ai connu des jeunes de toutes couleurs, de toutes races, de toutes confessions.
- Des supers croyants avec en guise de menottes leur chapelet.
- Des croyants d’eau douce faisant de notre religion un menu à la carte : « Le curé m’emmerde, je ne vais plus à la messe » , « Je pratique quand ça me chante. »
- Des croyants qui restent sur le parvis de l’Eglise ayant peur de mettre un doigt dans l’eau bénite car ça risque de les mouiller entièrement.
- Des ex-croyants qui se sont dits : «On va draguer, se marrer et voir du pays. »
- Des jeunes qui, lorsque tu parles de l’Eglise, ont des boutons, voire des syncopes.
Ce rassemblement est le meilleur des SAMU. Réanimation garantie !
On chante, on rit, on danse… On écoute des enseignements. On ferme sa gueule !
On prie. Avec les deux moments essentiels, le sacrement de réconciliation et l’eucharistie.
On use ses genoux devant un prêtre pour vider ses poubelles. En vrac, je retire ce qu’on peut y trouver :
- "Pardon Seigneur pour mes heures où je bouffe la télé, vautré dans mon fauteuil ".
- "Pardon pour me servir du sexe de l’autre et le jeter après manutention !"
- "Pardon pour critiquer sans cesse la société de consommation et m’y plonger à fond la caisse !"
- "Pardon pour ne penser qu’à ma gueule !"
- "Pardon pour foutre le bordel dans ma famille…etc…"
On ne peut adorer qu’après avoir demander pardon.
L’Eucharistie vient après. On reçoit le Christ venu pour nous dire : « Aimez à fond la caisse, surtout vos ennemis ! » « Partage tes dons.» « T’es né dans un pays riche. Que fais tu pour les plus pauvres que tu frôles sans les voir ? »
Tu reviendras neuf ! Changé !
J’ai quarante ans de sacerdoce mais chaque JMJ me rajeunit de 10 ans !
Alors, mets toi en marche ! Viens avec tes copains et copines. Tu ne le regretteras pas.
Mais méfie-toi : tu risques d’y laisser des plumes. Parce que tu sauras enfin qui adorer sans crainte : un Dieu d’Amour, qui a eu ton âge, tes rêves, tes ambitions, et qui te dit :
- "Sois un mec et une fille debout".
- "Va à l’essentiel".
- " L’urgent c’est d’aimer".
Le reste c’est du pipi de chat !
JANVIER
2005 (2ème partie) " |
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Juste avant
Noël, Alain m’a demandé d’aller visiter son squatt. Il dort, la nuit,
dans un garage désaffecté.
L’atmosphère est glaciale, humide, puante. Il est hémiplégique. Il se
traîne du métro tout proche où il fait la manche à sa bauge ignoble où il
dort écrasé par l’alcool et la drogue.
Des dizaines de fois, je l’ai mis dans des hôtels d’où il s’est fait
jeter au bout de quelques jours.
Difficile, en effet, d’accepter un adulte bourré avec, en plus, un sac à
dos rempli de canettes de bière ! De plus, il refuse tout asile de nuit
qu’il a pourtant tous usés de gré ou de force.
J’ai connu Alain adolescent, il y a 25 ans. Plusieurs séjours en prison et
une grave tentative de suicide l’ont handicapé lourdement.
Sa présence reste obsédante, à 100 mètres de notre permanence. Tous les
jours, il vient nous rencontrer. Un café chaud, un paquet de cigarettes, deux
tickets restaurant. Jamais d’argent. La manche lui rapporte suffisamment
pour boire et fumer. C’est son système de vie. Je ne baisse pas les bras.
Mais je pense que je ne peux aller plus loin.
Il nous en a fait baver. Mais sa présence quotidienne exprime la plus belle
des demandes : “J’ai faim et soif d’être connu et aimé comme je
suis”.
Et la vague monstrueuse arrive…
On a envie de bondir. Faire quelque chose, envoyer un chèque. Participer à
cette secousse tellurique mondiale de la solidarité. Tout en sachant qu’une
autre catastrophe effacera vite l’émotion et que, de vague en vague
terrifiante, on reste finalement loin des vaguelettes tout aussi monstrueuses
de l’exclusion et de la déchéance frappant à notre porte.
Elles nous submergent lentement, ces petites vagues. Si sournoisement qu’on
ne les voit pas. On s’habitue à nos clochards. Ils font partie de nos
plages tranquilles. Ils meurent rituellement dans nos rues, emportés par les
tsunamis de notre indifférence et de notre égoïsme. On commence seulement
à les enterrer avec leur nom sur une pierre tombale.
Il y a deux ans, c’était la fosse commune. On ne cherchait pas qui ils étaient
comme on sait si bien le faire à des milliers de kilomètres de la France.
Des spécialistes du monde entier accourent pour mettre un nom sur des êtres
rejetés par les vagues asiatiques.
Parti en repos, le regard d’Alain continue à me hanter. Il submerge en moi,
de plus en plus, les masses d’eau mortelles d’Asie qui risquent de nous
fasciner, au point d’engloutir notre compassion journalière et proche.
Sans le savoir, Alain devra au tsunamis si lointain mon acharnement à
retrouver des forces nouvelles dès que je rentrerai. Pour aller plus loin
avec lui.
Que cette catastrophe naturelle si lointaine et obsédante nous fasse tourner
nos regards habitués vers nos frères et sœurs engloutis par la détresse et
la solitude. Ils sont si proches. A portée de notre solidarité immédiate.
JANVIER
2005 (3ème partie) " |
C’est
avec joie que je lui avais imposé les mains, le jour de l’ordination
sacerdotale.
Deux ans après, il m’écrivait : “J’étais si heureux ce jour-là. La
solitude me pèse. C’est très dur certains jours.” Je tente de le
soutenir de loin, de trop loin. Et il n’est pas le seul.
Que le cardinal Barbarin, devant notre pape, ait osé dénoncer une lente mais
assez nette hémorragie des jeunes prêtres est courageux, significatif et
surtout vérifié.
Imaginez le tout jeune prêtre, juste sorti du séminaire. Il a vécu dans un
cocon communautaire fait d’échanges, de prières, d’études sous haute et
fraternelle protection. Précipité dans un ministère qui va le dévorer, il
va s’y jeter à corps perdu. Sacrements, réunions, jeunes, pastorales
multiples vont l’engloutir. Il se repaît, tout d’abord, de cette demande
apostolique immense suscitée par sa jeunesse et le manque de prêtres. Sa
juste trentaine sera noyée parmi les septuagénaires que nous sommes devenus
majoritairement. Une chance qui peut aussi l’isoler.
J’ai connu, il y a quarante ans, cette euphorie dans mon sacerdoce naissant,
en Algérie. Des prêtres éclairés et très présents ont été parmi mes
plus solides garde-fous. Mais surtout des couples chrétiens, vivant en plein
coeur d’un peuple musulman, ont été des oasis sauveurs pour mes premiers
pas dans une vie apostolique riche et périlleuse à la fois. Ces couples
avaient besoin de se retrouver et me sollicitaient beaucoup pour des échanges
au cours de repas conviviaux.
Arrivé en France en 1970, j’étais d’un seul coup en plein désert.
Les prêtres, accueillants certes mais surchargés et surtout balayés à
cette époque par les effluves contestataires de mai 68, me semblaient loin
malgré leur fraternité.
Heureusement, mon équipe éducative était là. Athées, bouddhistes,
musulmans ou chrétiens, ils ne me quittaient pas d’une semelle. Mon équipe
reste toujours une présence chaleureuse, proche, vivante. Mes adjoints
m’accompagnent partout, témoins indispensables pour m’éviter des dérapages
et participer à ce que je vis.
Mon ministère particulier me fait frôler, en effet, maints périls. Leurs réflexions
et échanges, même si nous avons plus de quarante ans de différence d’âge,
restent inestimables. De plus, je peux prier avec certains d’entre eux. Ce
qui est une respiration spirituelle forte et vitale.
Si l’Église a permis que les jeunes loubards soient mon peuple préférentiel,
ce sont mes équipiers qui ont dû sauver mon sacerdoce. Seul, je me serais
certainement fourvoyé malgré une mission apostolique très belle.
Puisse chaque jeune prêtre trouver un nécessaire équilibre pour son humanité.
Alors son sacerdoce désiré et aimé trouvera sa plénitude. Homme parmi les
hommes, la solitude peut le laminer, lui qui a consacré toute sa vie au
service des humains.
Chrétiens, votre proximité fraternelle est inestimable pour que la vie de
vos prêtres soit heureuse et équilibrée.
FEVRIER 2005 (1ère partie) "JEAN-PAUL II, CE VIEUX LUTTEUR" |
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En 1987 |
En 2004 |
J’ai rencontré Jean-Paul II en 1987 alors que je prêchais une retraite aux séminaristes de Rome ; Jean-Marie Lustiger m’avait dit : « Vois le pape, ce sera une grâce pour toi. » La messe avec notre pape a été le moment fort de cette rencontre. Dans sa chapelle privée, avec quelques évêques, quelques prêtres et une poignée de chrétiens, nous avons célébré. Il était 7 heures et demi du matin et deux choses m’ont frappé :
- le bruit de la ville de Rome entrait dans la chapelle, le bruit de la vie, du monde pour lequel nous sommes envoyés…
- le dos du pape derrière lequel j’étais pendant l’action de grâce. Dos vaste de sa forte carrure de polonais et, en même temps, de celui qui a la mission de porter l’humanité.
L’entretien après la messe, seul avec le pape, a eu la fulgurance de quelques phrases et de son regard lumineux… 17 ans après, deuxième entrevue à Lourdes ; je ne tenais pas spécialement à le voir étant donné son immense fatigue.
Un évêque proche du pape m’a sollicité pour le rencontrer avec mon équipe. Grâce insigne pour mes coéquipiers ; l’homme était tout autre, physiquement parlant. A bout de souffle, il était là avec seulement le même regard ; cela suffisait.
Un être éminemment spirituel ne faiblit jamais, même si son enveloppe reste et part en ruine ; on peut dire ce qu’on veut sur sa présence-kamikaze sur le trône de Saint-Pierre. Présence qui dure, qui lasse certains ou qui est magnifiée par d’autres. L’important n’est pas là mais qu’un pape souffre et meurt devant nous est une première dans l’Eglise. Jean-Paul II ne s’accroche pas désespérément à son trône. Il achève bellement ce qu’il a commencé comme athlète de Dieu.
Un athlète au sens évangélique du mot, c’est celui qui bat tous les records… Celui de la souffrance vécue et non cachée et celui, surtout, de montrer au monde épris de muscle et de beauté que c’est ce que l’on est qui compte et surtout pas ce qu’on paraît.
Chrétiens, prions pour ce vieux lutteur...
FEVRIER 2005 (2ème partie) "TSUNAMI... MES COMBATS ET LE VOTRE" |
- K.O. debout comme chacun d’entre nous devant ces vagues terrifiantes qui ont englouti tant d’êtres, et surtout les plus fragiles (les petits qui ne pouvaient pas courir, les femmes qui tentaient de porter leur gosse et les vieillards qui n’avaient pas la force de devancer les vagues), je me disais : « quoi faire ? »
J’étais à la Bergerie de Faucon quand la nouvelle est tombée. Je n’ai pu d’abord que tenter d’écrire un article paru dans « La Croix »et intitulé « vaguelettes monstrueuses » en précisant, notamment, de ne pas oublier les clochards, nos S.D.F. qui meurent sans faire de bruit, ayant le tort de ne pas être engloutis par des vagues particulièrement télégéniques.
C’était mon premier combat.
- Le 3 janvier, je pars pour 10 jours de repos absolu comme tous les ans, dans la neige, seul avec mes 3 klébards... Le Tsunami me poursuit de façon lancinante… Quoi faire de pratique ? Je me refuse à offrir le moindre euro dans le torrent d’oseille que le monde entier a versé bellement pour les victimes.
Je salue cette prestation unique et première dans le monde mais ma crainte reste forte. Sachant que le Sri-Lanka et l’Indonésie sont deux pays dévorés par la guerre civile, et qu’avec le 3ème pays sinistré (la Thaïlande), ils sont particulièrement corrompus, je me pose la question suivante : où ira l’argent envoyé ?
Et je tombe sur un article du « Monde » . C’est là que se situe mon 2ème combat.
Ecoutez cette très belle histoire que je vous résume :
« André, cuisinier sur un pétrolier roulait sa bosse sur toutes les mers du globe ; au cours de l’un de ses périples, au milieu des années 90, il jette une bouteille à la mer au large du Sri-Lanka. A l’intérieur, une poignée de dollars, des cigarettes, des allumettes, une lettre et son adresse. Un pêcheur (Karunarathna) récupère la bouteille dans ses filets. Analphabète, il fait traduire la lettre. Il écrit à André et l’invite dans son village (« Dodanduwa »). André y vient plusieurs fois et décide son amie Brigitte à l’accompagner en 1999. Celle-ci, pendant 5 ans, revient à « Dodanduwa » et noue des liens amicaux avec le fils (« Irosh ») du vieux pêcheur qui avait trouvé la bouteille. Brigitte, aide-ménagère, gagnant 900 euros par mois fait ce qu’elle peut pour aider « Irosh » et sa famille en rêvant de vivre un jour sous les cocotiers de ce village.
Et la catastrophe arrive. Le village situé dans un paysage idyllique est effacé, emporté par le raz-de-marée. Brigitte confie sa détresse et son impuissance dans « Le Monde » . Je vous passe son combat pour envoyer l’argent là-bas… Elle a beau alerter des associations, beaucoup n’ont pas les accréditations nécessaires . Quant aux grosses structures, elles ne sauraient lui garantir que l’argent ira bien à « Dodanduwa » dans un bref délai… »
Je lis donc cet article que je vous commente brièvement et je fonce en Belgique pour une conférence prévue de longue date au profit de notre association « Bergerie de Faucon » . L’association belge « Table Ronde de Bruxelles » a choisi entre temps de réagir face à la détresse des populations de l’Asie du Sud-Est ; elle me demande si j’accepte que les fonds aillent aux populations asiatiques. J’approuve absolument.
La « Table Ronde de Bruxelles » est membre de la « Table Ronde Internationale » avec des clubs répartis dans 60 pays dont… … le Sri-Lanka.
Je fais donc ma conférence, ravi d’apprendre que les organisateurs de cette association sont partants pour envoyer les fonds récoltés au profit de ce petit village. Enfin, j’avais ce que je cherchais : un lieu et un organisme compétent qui transmettrait l’argent récolté pour un village précis pour réparer les barques endommagées et refaire les maisons détruites.
Les organisateurs, particulièrement futés, ont immédiatement créé un compte belge dont je vous donne les coordonnées :
DELTA LLOYD BANK
TR BRUXELLES
« Œuvres Père Gilbert – Tsunami TR1 »
Compte numéro 132 50 23 13 531
Si vous désirez participer, même sur le tard, (les vagues effacent tout, comme chacun sait...) au numéro que je vous indique, faites-le…
- Avant-dernier combat : je veillerai strictement et personnellement avec la Table Ronde à ce que l’argent récolté aille pour les gens du petit village de « Dodanduwa ».
- Le dernier combat, c’est le vôtre : plus d’un mois après l’horreur asiatique, nous montrerons que nous restons solidaires à des milliers de kilomètres pour rendre la Vie à un petit village de pêcheurs.
Mon œuvre attendra … Mes jeunes ne meurent pas de faim, ils crèvent surtout de ne pas être aimés et je puis vous assurer que cette faim de mes jeunes qui me dévore est comblée au-delà de toute mesure par mes équipiers et moi-même… Votre stylo sur un chèque libellé à l’endroit indiqué sera votre combat à vous…
Je vous laisse sur cette phrase de Brigitte Ségura, interviewée par « Le Monde » et parlant des pêcheurs de « Dodanduwa ». : « Vous leur donnez un sourire, ils vous donnent le reste, ils ont cette beauté intérieure qu’on néglige tant en Europe»
A méditer sans fin…
P.S. : il n’est pas impossible que d’ici un an, en fonction de l’argent récolté, je puisse faire un bond au Sri-Lanka avec un membre de l’association « Table Ronde » pour voir de visu où aura été placé votre argent ; je paierai mon voyage avec mes deniers. Quelques jours de repos sous les cocotiers et un article pondu pour vous sur la plage avec quelques photos vous permettront de savoir que votre partage a donné la vie. Tout en vous donnant l’occasion d’admirer ma musculature ecclésiastique...
FEVRIER 2005 (3ème partie) "CE QUE JE PENSE DE LA MISSION" |
Ce
que je pense de la mission
Être missionnaire :
- c’est d’abord fermer sa gueule et vivre au milieu des gens
- c’est l’ouvrir après avoir prié
- c’est “dire le Christ” sans peur, mais pas l’envoyer à la gueule
des
gens comme un produit à fourguer
- c’est mettre dans le coup laïcs, prêtres et évêques
- c’est pousser l’évêque dans les bistrots où il n’a pas l’habitude
d’aller
en évitant, bien sûr, qu’il boive un coup de trop. Sinon, il risque
de proclamer que Jésus-Christ a été tué à coups de mitraillettes
- c’est rencontrer les jeunes qui sont l’espérance de l’Église, en
les écoutant, ensuite les écouter, enfin les écouter
- c’est partager avec les familles leurs joies et leurs souffrances,
notamment les divorcés remariés
- c’est dire et redire que Jésus-Christ était d’abord du côté
des perdants.
Alors, la mission sera bonne, fructueuse, parce que vous n’aurez pas dit
grand chose et que, au lieu d’utiliser votre langue missionnaire, vous aurez
utilisé vos deux oreilles au nom de l’Évangile.
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FEVRIER 2005 (4ème partie) "PRIERE POUR UN JEUNE" |
D’accord Seigneur pour ton invitation superbe : « Aimez-vous les uns les autres ».
Ca c’est cool et c’est facile.
J’aime ma famille, mes amis, mes copains et copines, mon voisin super gentil et mon voisin du palier, un peu grincheux. Mais je fais toujours des efforts pour être cool avec lui. Et ça marche.
Mais là où je suis pas d’accord avec toi, c’est quand tu nous dis « Aime tes ennemis ».
Ca c’est pas cool et c’est impossible. Je vais t’expliquer pourquoi.
Si quelqu’un m’a fait un super vice, ou si un autre est méchant comme la gale, comment veux-tu que je l’aime ?
Ton commandement « Aime ton ennemi » est impossible à vivre !
Faire des efforts pour aimer quelqu’un qui t’aime pas et que tu n’aimes pas, devient impossible. Et puis, j’ai essayé et ça ne marche pas.
Là, tu nous cherches mais je ne suis pas partant pour aller plus loin.
D’accord, tu as pardonné à tes ennemis. Et t’en avais à la pelle. Ils t’ont insulté. Ils t’ont fait souffrir comme dans les camps de concentration. Et ils t’ont tué. Pour rien.
C’est vrai que tu leur as dit avant de mourir : « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Quel juge t’aurais fait si tu avais été dans un tribunal !
T’aurais gracié tout le monde ou presque à la barre.
Les prisons auraient été vides avec toi.
Ce qui me gêne toujours c’est que tu nous as dit « Suis moi »..
Faut-il que je te suive jusque-là ?
Ok ! Tu as toujours dit, si on ne peut pas aller plus loin : “Je serai avec vous toujours et je vous exaucerai sans cesse ».
Si c’est vrai, alors il me faut apprendre à mieux te prier. A prendre du temps pour ça. Mais ne me lâche pas, je t’en supplie.
Puisque tu me cherches, tu me trouveras.
Je vais noter sur mon carnet le nom de toutes les personnes que je peux pas piffer en commençant par celles que je déteste le plus. Et y’en a !
Et voilà ce que je vais faire. « Cet enfoiré de… », que je peux pas sentir, je vais prier pour lui d’abord. C’est obligé que tu me donnes la force de lui reparler, de renouer contact et de lui pardonner.
Si je vais le voir en ruminant ce qu’il m’a fait de mal, ça ne marchera jamais. Apaise-moi. Aide-moi à trouver ses qualités. Au fond il doit en avoir. Ca m’apaisera et je le verrai autrement. Mais reste-là avec moi. Sinon, je pète les plombs.
Si c’est vrai ce que tu as dit : « On est toujours plus grand que ses fautes », alors j’ai d’abord à me regarder dans mes saloperies et je serai plus indulgent pour celui qui est mon ennemi.
Donne moi ta force Seigneur, je t’en prie. Et donne moi ton regard. Le dernier. Le plus beau de tes regards. Celui que tu as eu pour le bandit attaché à la croix près de toi et à qui tu as dit :
« Ce soir tu seras au paradis avec moi ».
Oui, ton dernier regard m’a toujours fait fondre. Il me donnera la force d’aimer mes ennemis.
Je commence aujourd’hui. Demain, Seigneur, il sera trop tard. C’est sûr que si on se réconcilie, ma rancune et parfois ma haine, mes ennemis intérieurs, seront balayés.
C’est si chouette, Seigneur, que je sois en paix avec moi-même. Ce sera un peu le paradis sur terre. Et ce paradis-là, j’ai bien envie de le vivre dès aujourd’hui.
Accroche toi Seigneur !
Dès aujourd’hui, j’essaie de n’avoir plus aucun ennemi. Amen.
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FEVRIER
2005 (5ème partie) " |
Quelle volupté de s’introduire en toi dans l’intimité d’une salle de bain ou dans ton immensité immaculée ou bien encore glisser sur toi quand tu nous fais la grâce de devenir neige.
Mais tu peux être meurtrière si l’humain inconscient ne respecte pas tes codes. Alors tu deviens avalanche et tombeau.
Tu es fraternelle.
Tu abreuves et nourris à égalité le plus grand des présidents et le plus petit de ses citoyens. De même pour le bourreau et l’innocent.
Mais cette égalité tu peux la rendre terrifiante en engloutissant le petit-fils du roi de Thaïlande, jouant dans tes flots ainsi que le plus pauvre de ses sujets qui faisait des tas de sable sur la plage.
Malgré tout, plus d’un milliard d’êtres humains sont obligés d’aller, chaque jour, te chercher loin parfois très loin. Alors que chez nous, en Europe, il suffit d’ouvrir de multiples robinets pour goûter instantanément ta saveur.
Riches, nous te gaspillons impunément et honteusement.
Ta vocation est unifiante. Quelle joie après une marche harassante de s’abreuver ensemble à ta source fraîche et pure !
Mais quelles haines tu suscites quand des pays se déchirent pour t’avoir en exclusivité, coupant tes sources vives pour leur seul usage.
On t’encercle, on t’amoncelle pour le plus grand bien de peuplades immenses. Mais tu es libre. Et, parfois, tu sors de ta prison pour dévaster un territoire qui était le tien. Fréjus et d’autres en gardent le souvenir impérissable et mortifère.
Tu es libre.
Chaque goutte tombée du ciel a la liberté de sa lover où elle l’entend.
Elle est libre notre sœur l’eau. Elle va où elle veut.
Elle se fait attendre. Parfois longtemps.
Elle a ses périodes pour abreuver la terre, sauf si le magicien pervers qu’est l’homme casse ses cycles.
Se vengerait-elle par ces tornades infernales qui laminent d’un seul coup les terres assoiffées en les appauvrissant encore plus ?
Nous ne te respectons pas.
L’animal, lui, te consomme avec modération et sagesse. Est-ce pour cela que, lors de tes accès de furie, tu sais lui faire signe à lui seul ?
Les animaux sentent les séismes terrifiants qui approchent à grande vitesse. Ils se sauvent d’instinct et survivent lors des grandes catastrophes.
Le jour où l’homme te respectera, peut être alors nous feras-tu signe pour nous prévenir que tu es en colère !
Puissions-nous, sœur eau, te respecter infiniment.
Et te remercier toi, cadeau inestimable de Dieu, en ne gaspillant pas une seule goutte de la vie que tu nous donnes
FEVRIER
2005 (6 ème partie) " |
Son regard étincelant me transperçait. Il ne me glaçait pas. Tant de
tendresse brillait au fond de ses yeux !
Debout devant lui, je l’écoutais m’admonester. Le règlement que
j’avais, une fois de plus, contourné me valait ses remontrances fermes mais
pleines d’amour.
C’était au séminaire en 1950. J’avais 15 ans.
Et il est là, 55 ans après, dans son cercueil. Son masque mortuaire est
beau, éclairé par un léger sourire.
Parfaitement lucide jusqu’à la fin, il lui a suffi, la nuit, de tomber de
son lit pour ne plus se relever. Je contemple maintenant son visage lumineux
et pacifié.
Combien de vocations a-t-il éclairées, solidifiées et soute-nues ! Combien
de jeunes prêtres gardent de lui le souvenir ému d’un formateur hors pair,
profondément spirituel, très humain, l’humour au bord des lèvres.
Pudique, il masquait sa sensibilité.
Il nous appelait au plus haut.
Il était intarissable sur l’histoire de l’Église qu’il connaissait à
fond et enseignait. Les multiples retraites qu’il donnait en étaient imprégnées.
Passionné par l’oecuménisme, il disait que l’Unité entre Chrétiens, il
“fallait la vouloir”. En parler est très facile.
La construire par des actes nombreux, dans sa ligne de vie discrète et effacée,
était un de ses charismes.
Une de ses dernières lettres envoyée à Pierre-Yves, jeune prêtre formé
par lui, mentionnait cette phrase qu’il avait puisée dans l’épître au Hébreux
:
“Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés. Ils vous ont annoncé la
Parole de Dieu. Imitez leur foi.” (Héb. 13)
“Il vivait ce qu’il accomplissait”, selon la belle formule du rituel de
l’ordination.
Sa joie profonde et discrète, il disait la tenir de “l’union au Seigneur
Jésus”.
Le souvenir le plus marquant et le plus vivant que j’ai de lui était sa
manière de célébrer. Beaucoup d’entre nous lui doivent d’avoir découvert
à son contact l’Eucharistie.
Tout jeune, j’épiais mes maîtres lorsque je leur servais la messe.
Certains la récitaient, sans plus. Lui la vivait. J’étais très
impressionné par le bonheur qu’il avait de célébrer l’Eucharistie. Il
nous l’a communiqué.
Je découvrais avec une forte émotion que le Christ descendait au bout de ses
doigts. J’en avais la certitude à chacune de ses Eucharisties.
C’est ce qu’il m’a appris de plus grand, de plus fort, de plus lumineux.
C’était sa plus belle prédication.
AVRIL
2005 (1ère partie)
" |
C'est l'ultime étape pour toi mais l'humanité te veille.
MERCI de nous avoir appris à vivre par ta parole forte, vibrante et par ton silence merveilleux ces derniers jours.
MERCI de nous apprendre à mourir en restant lucide jusqu'au bout, dévoré par la souffrance mais rempli d'espérance.
MERCI d'avoir pardonné à ton bourreau : ce fut ton plus grand geste.
MERCI d'avoir rassemblé à Assise toutes les religions de monde pour leur dire simplement : "Ensemble, prions".
MERCI d'avoir défendu avec acharnement les plus petits de nos frères et soeurs opprimés, exclus. Les droits de l'Homme, tu les as défendus comme aucun pape ne l'a fait.
MERCI enfin, d'avoir su être un homme de paix ; j'emporte l'éclat étincelant de ton regard qui a croisé le mien au Vatican et à Lourdes : j'avais l'impression d'être pour toi la personne la plus importante au monde.
C'est ça, les droits de l'Homme, quand on sait par un seul regard qu'on est aimé comme un être unique.
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"ODE A LA NEIGE" |
La neige ne
sert absolument à rien
Sa lenteur est merveilleuse.
Elle tombe comme au ralenti.
Elle transforme tout.
Elle égalise.
Elle pacifie.
Elle pare le laid d’une éphémère beauté,
même les pires décharges se révèlent belles.
Elle pousse à la lenteur
Les chauffards ralentissent.
Les stressés de la ville réapprennent les gestes
précautionneux.
Elle fait redécouvrir l’esprit d’enfance.
Le bambin oublié que nous sommes resurgit.
Elle instaure le silence
Même les oiseaux se taisent.
On hésite à crier.
Le silence de la neige est cadeau du ciel.
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"TSUNAMI : SUITE ET EPILOGUE" |
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Les derniers préparatifs avant la mise à l'eau... |
La poussée avant la mise à l'eau... |
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| La mise à l'eau... | Le bateau part chercher la vie pour la famille... |
A
l’heure où une certaine polémique enfle sur le devenir des fonds collectés
un peu partout dans le monde pour les victimes du Tsunami, je vous tiens au
courant de la toute petite partie que j’ai gérée à distance, suite à
l’article du Monde que j’avais lu et qui m’avait fortement interpellé
(voir ci-dessus).
Comme
je sais que certains internautes ont été partie prenantes dans cette aventure,
je vous livre donc quelques extraits de mails que j’ai reçu de Brigitte début
juin, à l’initiative de cette solidarité ciblée sur un village de pêcheurs
qu’elle connaissait bien avant la catastrophe :
« (…)
Vous ne pouvez pas savoir combien je suis heureuse, pour eux, de ce que vous
faites pour Dodanduwa. La famille est autour de moi et est ravie de savoir qu'il
y a des Français qui pensent à eux. Aujourd'hui est un jour spécial. Ce
matin, le nouveau bateau d'Irosh a été mis a l'eau. Premier bateau, 11 autres
vont suivre. Grosse émotion pour moi en repensant au 26 décembre et aux jours
qui ont suivi. Mon désir et ma volonté d'aider Irosh. Et ce matin, le voir
partir heureux sur son bateau, qu'il a appelé ''Horizon'' et a l'arrière
''Bibi'' mon diminutif, « Horizon » comme le nom de la rubrique du
''Monde'' où était paru l'article, et il y tenait beaucoup, je n'ai pu m'empêcher
de verser ma petite larme et de penser à tous les gens qui m'ont aidée et qui
m'aident encore a ce jour, comme vous et bien sur l'Association ''La Table Ronde
de Bruxelles'' .A travers elle, le Père Guy Gilbert a récolté 15 000 euros
pour le projet d'aide a Dodanduwa (bateaux, réparations, maisons et
autres).(…) Grand
merci à tous ceux qui ont participé à cette récolte. Cette somme va aider
toutes les familles qui vivent sous les tentes. Je vais établir, avec Irosh et
le Comité, une liste des besoins des familles et nous répartirons équitablement.
Je tiendrai la comptabilité que je vous enverrai par mail. Vous allez
faire des heureux. La semaine dernière sont venues 4 Françaises, qui m'avaient
contactée et qui m'ont laissée 780 euros. Nous avons acheté de la nourriture
et des produits de toilette. 74 familles ont bénéficié d'un sac rempli (…) »
.
Un
mail qui m’était adressé plus personnellement par Brigitte relatait : « (…)
ce matin, 3 juin, à 9 h, le nouveau bateau d'Irosh a été mis à l'eau. La
sortie du port a été difficile, mer mauvaise et rochers. Son bateau porte le
nom de ''Horizon'' comme l'article paru dans le ''Monde''. Irosh y tenait
beaucoup. Tout un symbole. J'espère de tout coeur qu’il
lui ouvrira de nouveaux horizons. Les drapeaux Belge, Sri Lankais et
Francais ont été hissés et accompagneront Irosh et l'équipage (8 personnes)
lors de leurs sorties. Grosse émotion pour moi quand j'ai vu Irosh partir
heureux sur son bateau. Je n'ai pu m'empêcher de verser ma petite larme en
repensant au 26 décembre et aux jours qui ont suivi. Mon désir et ma volonté
d'aider Irosh et le village si possible. J'ai bien sûr pensé aux gens qui
m'ont aidé et en particulier vous mon Père (…) . Merci à vous. Grâce
à vous tous, j'aide mes amis. Depuis 2 jours, a commencé la construction
de 2 nouveaux bateaux. L'un portera le nom de ''Guy'' (…).
Mon
commentaire :
Vous
dire où vont concrètement les 15 000 euros pour les victimes du Tsunami est la
suite cohérente et honnête du lien entre celui qui offre et celui à qui il
rend la vie.
Infime
partage dans l’océan de dons. Il faudrait multiplier, au cours des
catastrophes, des petites cellules vivantes, efficaces et rapides. Avec
compte-rendu à l’appui.
Il n’y a rien de plus beau que de savoir que les dons versés pour que des gens vivant d’un seul coup l’horreur du dénuement absolu, retrouvent l’espérance concrètement…
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"LEGION D'HONNEUR..." |
C'est par un coup de téléphone de mon frère apprenant par RTL que j'ai la légion d'honneur que j'ai pris connaissance de l'hilarante nouvelle !...
Entendre que j'ai reçu cette décoration me remplit de stupéfaction :
- parce que je ne la mérite pas, j'en suis convaincu.
- parce que j'ai toujours fui les honneurs, péril extrême pour toute personne qui sait au fond mieux que quiconque ce qu'elle est vraiment
- parce qu'en tant qu'inspirateur d'une oeuvre, je ne suis qu'une pierre au milieu d'une équipe qui se défonce jour et nuit au service de nos jeunes.
- évitez à tout prix de me féliciter, ça me donnerait des varices !...
Mon combat continue et continuera jusqu'au bout. Ce n'est pas ma faute si Jacques Chirac a fumé un pétard la veille du 14 juillet. Ca devait être du très bon marocain et comme chacun sait , ça peut provoquer des délires du type : "Mais, bien sûr que sur son blouson noir il manque un pin's rouge !..."
Le seul honneur que je revendique, c'est de rester présent à la détresse de jeunes dont personne ne veut, en n'oubliant pas que des milliers d'éducateurs et d'éducatrices font la même chose, sans décoration, sans bruit...
GUY GILBERT - Nuit du 14 au 15 juillet 2005, à 2 heures du matin dans un bar parisien...
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SEPTEMBRE
2005 " |
Photo correspondante N°1 en ligne prochainement. |
Photo correspondante N°2 en ligne prochainement.
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Leurs deux visages sont restés étrangement lumineux et sereins. Ayant dépassé largement les quatre-vingts ans, ils trottinent allègrement dans les couloirs du monastère cistercien de Midelt.
Je leur avais promis depuis longtemps de venir les rejoindre au fond de l’Atlas marocain où ils se nichent dans une minuscule communauté.
Ces moines sont quelques gouttes de l’élexir dont la tradition monastique est friande...
“Elixir de vie” proclame le texte de l’Ecriture en faisant référence à l’amitié.
Les deux octogénaires, Amédée et Jean-Pierre, sont les rescapés de Tibhirine. Nous sommes le “petit reste” aime répéter Amédée.
Après le déchirement causé par la mort de leurs sept compagnons, octogénaires intrépides mais toujours vaillants, ils sont partis rejoindre la communauté marocaine au nom évocateur de “Notre-Dame de l’Atlas”.
Ils savent mieux que quiconque la puissance de la phrase évangélique : “Voici que nous avons tout quitté”.
J’ai été témoin du lien amical puissant qui les unissait à d’innombrables familles algériennes.
Autrefois, quand j’allais en retraite à Tibhirine, impossible de ne pas repérer ces deux moines, petites fourmis accueillant, palabrant interminablement avec ceux et celles qui frappaient à la porte du monastère.
Comment aussi oublier l’immense penseur qu’était Christian de Chergé, Christophe la cheville ouvrière des cultivateurs algériens associés du jardin et frère Luc qui a soigné des milliers de pauvres ? Ils sont allés jusqu’au bout pour donner la vie, sans bruit, sans se lasser.
C’est la force de leur amitié pour le peuple musulman qui leur avait permis de choisir de rester.
Quand les tueurs sont arrivés, ils étaient prêts. De minuscules bagages étaient déjà disposés au pied de leur lit. Par miracle, Amédée et Jean-Pierre, tapis dans leur chambre, n’ont pas eu à les emporter. Ils restent les seuls témoins.
“Il s’agit d’être une Eglise dans un peuple musulman pour un peuple musulman” aime répéter Henri Teissier, archevêque d’Alger.
“Une Eglise de la rencontre, du partage de l’amitié et de la communication” ajoute le prélat algérien.
Sirotant un café avec Amédée dans un bar de Midelt, je constate avec étonnement qu’il connaît chacun par son prénom.
Jean-Pierre, lui, me fait goûter les mirabelles exquises du jardin.
L’Eglise au coeur de l’Islam, dans une présence enfouie, est de l’ordre du mystère.
Une cigogne passe majestueusement au-dessus du monastère semblant amener sur ses ailes l’espérance d’une nouvelle mission qui s’adresse à une société toute entière pour la réconciliation des deux plus grandes communautés religieuses dans le monde.
Fort de ses 18 ans révolus,
il semble prêt à partir.
Un sourire apaisé estompe le souvenir du masque dur, angoissé de ses débuts
parmi nous il y a plus de deux ans. Je garde inscrits dans ma mémoire les
premiers moments du jour de son arrivée.
Devant moi, un gosse perdu, las de tout, ne désirant rien, inaccessible ;
“ On ne sait plus quoi en faire, je vous en prie prenez-le” me supplie
l’éducateur.
Dès les premiers jours, à la ferme de Haute-Provence, il me fallait
l’appeler de Paris chaque jour, pour faire le fumier, la vaisselle ou
accepter une punition. Ce n’est pas dans mes habitudes de commander à
distance lorsque le responsable de la ferme a toute autorité pour le faire.
Mais c’était ainsi. Mes équipiers lassés de tant d’inertie et de
refus se retranchaient derrière moi. Sinon, c’était la porte. Et pour
moi, il n’en était nullement question;
Après de longs mois où Steff sut enfin se lever à l’heure, travailler
avec rigueur, accepter nos règles, il fallut en douceur l’aider à
prendre son avenir en main.
Cela allait s’avérer un dur chantier. Il s’était lové en effet, peu
à peu, dans une vie communautaire où il s’installait douillettement
ainsi qu’au milieu des animaux qu’il chérissait fortement.
Mais les sangliers ne sont pas aptes à assurer un avenir solide, comme
chacun sait !
On a donc tenté les stages. Steff humait l’air du dehors avec appréhension.
Les deux premiers furent un échec retentissant. Je l’ai mis en demeure de
tenter un troisième avec le risque que nous refuserions de le prendre en
charge, s’il sabotait notre acharnement à l’aider à se prendre en
main.
Stage réussi suivi de bien d’autres.
Sa frénésie de faire vibrer ses muscles et son intelligence là où il
sentirait enfin ce pour quoi il était fait, nous étonnait et nous
ravissait à la fois.
Arriva son départ de la ferme.
La D.D.A.S.S qui en est responsable le convoque, pour sa majorité, en vue
d’un bilan et de l’aider financièrement à prendre ses ailes. Nous
resterons là bien évidemment avec lui tout le temps qu’il faudra.
Sa seule demande écrite à la D.D.A.S.S fut la suivante: “Je veux aller
sur la tombe de ma mère le jour de mes 18 ans. Retrouvez-la.”
L’organisme n’a rien fait pour cela. Il a sans doute jugé que cette
demande incongrue n’avait aucune importance. Fureur de Steff.
“Mon passé, c’est cette tombe” me dit-il au bord des larmes.
Son père disparu dans la nature ainsi que ses deux frères, Steff est seul
au monde, sans racine, sans lieu où se reposer, sauf là ou repose sa mère
adorée.
Mais dix fois, vingt fois il m’a demandé : ” Eh Guy, tu me laisseras
revenir à la Bergerie hein ? “
“Oui Steff, c’est le lieu où tu as su que tu comptais pour quelqu’un.
Des vivants t’aiment. T’inquiète ! On retrouvera la tombe de ta mère.
Mais on ne te lâchera jamais”.
Son regard apaisé me dit clairement que son passé n’est plus une pierre
tombale.
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En 40 ans, on les a gratifiés de « voyous » (terme fort), de « loubards » (plus gentil), de « sauvageons » (très bucolique), enfin de « racaille » (terme hard).
Ils s’honorent entre eux de cette dernière appellation. Mais malheur à celui qui ose les interpeller ainsi.
En attendant on a l’impression que les jeunes les plus durs des banlieues pullulent, en faisant les grandes manchettes des journaux et médias.
Il est certain que 40 ans de proximité avec les jeunes délinquants m’ont fait entrevoir des évolutions très nettes dans le monde de la rue. La plus signifiante se résume à cette phrase terrible dans ses conséquences : «Je n’ai plus rien à perdre ».
Rien de plus dangereux qu’un jeune de 13 ans qui entre dans une logique kamikaze où tout repère est biffé, toute loi proscrite… sauf la sienne.
Une lente et rampante démission de l’État vis-à-vis de sa jeunesse est une des causes qui a mis le feu aux banlieues.
Les zones de non droit se multiplient. Pas de plans préétablis par des jeunes pour en arriver là… Ils avancent à l’instinct.
Quand l’État recule en effaçant la police de proximité ou en réduisant un travail de prévention pourtant essentiel, les jeunes occupent le terrain des magouilles. Une dictature mafieuse adolescente s’installe alors.
Leurs marchés parallèles (drogues, vols de voitures, etc.) étant en place, malheur aux hommes de justice ou autre force de l’ordre qui voudraient les en balayer.
De plus, la surenchère de la violence ne fait qu’être attisée quand ils ont fait la une des médias. Un régal pour eux de se retrouver enfin au premier plan de l’actualité dans la lueur des incendies et dans le décompte des bagnoles brûlées.
Je suis frappé de constater la jeunesse de ceux qui brûlent les voitures. L’un d’eux (14 ans) dont j’ai la charge et qui a passé un week-end avec moi loin de Paris m’a dit, dès son arrivée à la permanence : « J’ai brûlé 3 bagnoles ».
En me quittant pour rejoindre soi-disant ses parents, il appelle ses copains pour savoir où son quartier opère pour être au premier plan du feu d’artifice… à continuer. Un « jeu » donc, interrompu, à ne pas manquer !
Quant s’ajoutent la pénible bataille de préséance entre les politiciens, leurs théories fumeuses et souvent dépassées, face à des problèmes anciens abordés trop tard, on peut craindre des lendemains sanglants.
Au cours de tels événements où les jeunes sont les rois de la rue, unis dans une mêlée vengeresse criminelle ou ludique, ce spectacle des adultes responsables et désunis est affligeant.
Il est temps de s’asseoir et d’allier toutes nos forces au service d’une jeunesse dont le cri, entendu par un de mes jeunes un soir, après son retour de Clichy-sous-Bois, est simple : « On n’est pas tous de la racaille. Qu’on nous aide à voir clair et loin. C’est pour ça qu’on veut faire tout péter. On donne un avertissement, pour l’instant ! »
Puissent nos gouvernants faire cesser le carnage commencé et surtout entendre le cri des jeunes.
Sinon, le feu couvera après l'incendie en France …
Puisse ce feu destructeur ne pas gagner l'Europe...
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Je dors... ... après une conférence !... |
Il
est 3 heures du matin. Ma journée est finie. Mes paupières sont déjà
lourdes. Je rentre.
Mon
réveil sonne à midi. Dormir huit heures par nuit est ma force et
l’exigence de ma nature. Je m’y plie depuis belle lurette.
Tout
en me souvenant de mes premières années de sacerdoce. Poulain clérical
fougueux et intrépide, je rongeais avec constance et inconscience mes nuits.
Je
me pensais invincible et je courais partout.
Sauver
les âmes me hantait.
Cela
me hante toujours mais le poulain est devenu vieux cheval de labour qui, la
journée finie, ne pense plus qu’à retrouver son picotin (mon bréviaire)
et sa paille (mon pucier).
Au
fil des années, j’ai découvert que ma tâche exigeait une vigilance et un
discernement forts. Comme tout prêtre. Avec en plus un travail social épuisant.
Notre
rôle de pasteur, et surtout d’écoutant, suppose une forme olympique
d’athlète de Dieu.
Pressé
par de multiples tâches et courir partout, sans le repos minimal qu’exige
notre corps surmené nous met en danger permanent.
Apprendre
à biffer de notre calendrier ce qui va nous affaiblir, et donc nous rendre
inopérationnels malgré les apparences, est un impératif prioritaire pour
les prêtres.
J’en
ai vu combien lutter contre le sommeil en réunion (archevêque compris) ou
s’assoupir religieusement au cours des cérémonies eucharistiques.
Ne
prendre qu’une journée de repos par semaine, comme de nombreux prêtres le
font, est anormal.
Deux
jours pleins sont indispensables. Leur ministère y gagnera en force, en amour
gratuit, en plénitude, en équilibre.
On
n’est pas tous des « Curé d’Ars ». Lui ne roupillait que deux
ou trois heures par nuit.
Si
nous sommes tous appelés à le devenir, on peut l’être aussi… en dormant
bien.
J’ai le souvenir de ce jeune prêtre surbooké le jour et qui répondait de nuit à tous les appels télépho