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LE MOT DU MOIS :

Cette rubrique a vu le jour grâce à une internaute du Québec, Louise (aujourd'hui décédée, voir l'annonce), qui a suggéré à Guy GILBERT par mail fin mars 2002 de "faire une place sur le site à un court message "percutant" (comme lui seul peut le faire) chaque semaine ou chaque mois pour les internautes du monde entier". Le 100ème mot du mois a été écrit en août 2009

Voir aussi la rubrique "L'ACTUALITE COMMENTEE A LA RADIO CHAQUE SEMAINE"

 

     1

AVRIL 2002 : "LES PRESIDENTIELLES"

      2

MAI 2002 : "VOTER POUR UN NOM ET PAS POUR LE VIDE"

      3

JUIN 2002 (1ère partie) : "FOOT ET LEGISLATIVES" 

4 

JUIN 2002 (2ème partie) : "BALLON PIEGE A CONS" et " A TOI JACQUES CHIRAC, BON VENT !

5 

JUILLET 2002 (1ère partie) : "MONDIAL ET MES REFLEXIONS"

6 

JUILLET 2002 (2ème partie) : "LES PUTES PARQUEES OU LES ZIZIS DES MECS PENALISES"

7 

AOUT 2002 : "JESSICA ET HOLLY "

8 

SEPTEMBRE 2002 (1ère partie) : "FASCINANTE ALGERIE"

9 

SEPTEMBRE 2002 (2ème partie) : "11 SEPTEMBRE : POUR QUE NOS LARMES NE SOIENT PAS CELLES DE CROCODILES"

10 

SEPTEMBRE 2002 (3ème partie) : "SUITE  A L'EMISSION TELE AVEC BERNARD TAPIE"

11 

SEPTEMBRE 2002 (4ème partie) : "LE DERAPAGE DE PATRICK HENRY"

12 

NOVEMBRE 2002 (1ère partie) : UN SPORT SYLVESTRE

13 

NOVEMBRE 2002 (2ème partie): MON INDIGNATION QUI N'EST PAS DE COMPLAISANCE

14 

NOVEMBRE 2002 (3ème partie): SOIS ETOILE DU BERGER

15 

DECEMBRE 2002 : HOMMAGE A PATRICK GIROS

16 

JANVIER 2003 (1ère partie) : BONNES NOUVELLES POUR 2003

17 

JANVIER 2003 (2ème partie) : MEDITATION SUR UN MARIAGE PRINCIER

18 

JANVIER 2003 (3ème partie) : NICOLAS, TOI LE "COUCOU" DE LA GAUCHE

19 

FEVRIER 2003 : AVEC LES ANGES DE LA NUIT

20 

MARS 2003 : UNE MULTITUDE EN MARCHE

21 

AVRIL 2003 (1ère partie) : "NON", NOUVELLE PUISSANCE MONDIALE

22 

AVRIL 2003 (2ème partie): LE PRIX D'UNE VIE : JESSICA

23 

AVRIL 2003 (3ème partie) : DES MOINES A FAUCON  

 24

AVRIL 2003 (4ème partie) : UN PRINCE ET UN LOUBARD

25

MAI 2003 (1ère partie) : POUR TES WEEK-ENDS ET TES VACANCES, METS-TOI A LA PLACE D'UN TUEUR

26

MAI 2003 (2ème partie) : NICOLAS SARKOZY ET LES PETARDS 

27

MAI 2003 (3ème partie) : ET SI ON PARLAIT PUDEUR ? 

28

JUIN 2003 : LE CELIBAT, MYSTERE D'AMOUR

29

JUILLET 2003 : LES LABRADORS DE L'ETE

30

AOUT 2003 (1ère partie) : HOMMAGE A MERE TERESA

31

AOUT 2003 (2ème partie) : CONSEILS POUR DE SAINTES VACANCES

32

SEPTEMBRE 2003 (1ère partie)  : LE RELAIS D'AMOUR

33

SEPTEMBRE 2003 (2ème partie) : AIMEZ CE QU'ILS AIMENT

34

SEPTEMBRE 2003 (3ème partie) : LEURS LARMES DE GOSSES

35

OCTOBRE 2003 (1ère partie) : PAROLE D’EGLISE, PAROLE DE TROP ? ou SILENCE DE MISERICORDE

   36

OCTOBRE 2003 (2ème partie) : JEAN-PAUL 2 ET 2 REGARDS INNOCENTS

37

NOVEMBRE 2003 (1ère partie): LES FLEURS : LES MORTS N'EN ONT RIEN A FOUTRE !

38

NOVEMBRE 2003 (2ème partie): AU NOM DE L'INNOCENCE DE DEUX FILS DE ROI 

39

DÉCEMBRE 2003 : LA "CRECHE" DE SADDAM

40

JANVIER 2004 (1ère partie) : MON VOEU LE PLUS FOU POUR 2004

41

JANVIER 2004 (2ème  partie) : LOUANGE ET DOULEUR

42

JANVIER 2004 (3ème  partie)  VOILE : PEUR, PROTECTION, JEU ?

43

JANVIER 2004 (4ème  partie)  ON N'A PAS LA MEME GUEULE... 

44

FEVRIER 2004  KAMIKAZE DE L'ESPERANCE (préface du livre qui sort dans quelques semaines)

45

AVRIL 2004  FLEURS VENUES D'AFRIQUE 
46 MAI 2004 (1ère partie)  Commentaire sur le film "LA PASSION" de Mel Gibson  
47 MAI 2004 (2ème partie)  LES VICTIMES DONT ON NE PARLE PAS
48 JUIN 2004 NOS PETITES GUERRES D'IRAK ET NOS VACANCES
49 JUILLET 2004 A LOURDES AVEC JEAN-PAUL 2 
50 AOUT 2004 PETITS MIRACLES A LOURDES
51 SEPTEMBRE 2004 (1ère partie)  LE PAPE ET LES ATHLETES
52 SEPTEMBRE 2004 (2ème partie)    LE CONCERT DE BERTRAND CANTAT EN PRISON
53 SEPTEMBRE 2004 (3ème partie)   OTAGES ET VOILES
54 SEPTEMBRE 2004 (4ème partie)   A PORTEE DE VOIX
55 DÉCEMBRE 2004  MES 40 ANS DE SACERDOCE ET NOEL  
56 JANVIER  2005  (1ère partie) AVEC JEAN-PAUL, TU CHANGERAS D'ADORATION  
57 JANVIER  2005 (2ème partie)  VAGUELETTES MONSTRUEUSES
58 JANVIER  2005 (3ème partie)  SOLITUDE SACERDOTALE
59 FEVRIER  2005 (1ère partie) JEAN-PAUL II, CE VIEUX LUTTEUR
60 FEVRIER  2005  (2ème partie) TSUNAMI... MES COMBATS ET LE VOTRE
61 FEVRIER  2005  (3ème partie) CE QUE JE PENSE DE LA MISSION
62 FEVRIER  2005  (4ème partie) PRIERE POUR UN JEUNE
63 FEVRIER  2005  (5ème partie) A TOI MA SOEUR L'EAU
64 FEVRIER  2005  (6ème partie) HENRI MACE, SOURCIER DE VOCATIONS
65 AVRIL  2005  (1ère partie)  A TOI, JEAN-PAUL
66 AVRIL  2005  (2ème partie) ODE A LA NEIGE
67 JUIN 2005   TSUNAMI : SUITE ET EPILOGUE
68 JUILLET 2005   LEGION D'HONNEUR
69 SEPTEMBRE 2005   LES DEUX RESCAPES
70 OCTOBRE 2005  MON PASSÉ, C’EST UNE TOMBE
71 NOVEMBRE 2005  LA "RACAILLE"
72 DECEMBRE 2005  JEUNES PRETRES, DORMEZ !
73 JANVIER 2006  OUTREAU : LE COMBAT CONTINUE
74 AVRIL 2006  LA CAPOTE
75 JUIN 2006  LES BETES POLITIQUES
76 JUILLET 2006 UN BALLON, HYMNE A LA JOIE
77 NOVEMBRE 2006 PRIONS POUR NOS PRESIDENTIABLES
78 DECEMBRE 2006 L'EGLISE EN PRISON
79 MARS 2007 Analyse politico-religieuse des présidentielles  
80 AVRIL 2007 Hommage aux "petits" présidentiables et aux deux "rescapés"
81 MAI 2007 Après le 2ème tour
82 MAI 2007 Les 100 premières heures de Sarkozy
83 JUIN 2007 ALORS, TU T'EN VAS JEAN-MARIE...
84 NOVEMBRE 2007 UNE CRECHE DE 25 ANS
85 JANVIER 2008 QUAND L'HABIT FAIT LE MOINE
86 JUIN 2008 DU BOUT DU MONDE
87 JUILLET 2008 MERCI INGRID DE CRIER LES BEATITUDES
88 AOUT 2008 UNE PEMTITE FOURMI DE MOINE
89 SEPTEMBRE 2008 (1ère partie) UN CHOUCAS VOLEUR ET RELIGIEUX
90 SEPTEMBRE 2008 (2ème partie) MES RACINES RELIGIEUSES
91 SEPTEMBRE 2008 (3ème partie) LE PAPE : UNE GRACE ET QUELQUES POUX
92 JANVIER 2009 (1ère partie) BARACK OBAMA
93 JANVIER 2009 (2ème partie) "LE SIGNE QUE VOUS ETES"
94 AVRIL 2009 "ABSTINENCE ET PRESERVATIF"
95 JUIN 2009 (1ère partie)  UN AGNEAU DEVENU CHIEN
96 JUIN 2009 (2ème partie) "JEUNES PRETRES : REVEZ  !"
97 JUIN 2009 (3ème partie) "SACERDOCE... GAY PRIDE ET MICHAEL  !"
98 JUILLET 2009  "MICHAEL... LES JEUNES ET L'EGLISE"
99 AOUT 2009 (1ère partie)   "LE SEXE PARTOUT"
100 AOUT 2009 (2ème partie)  "BENIR : LA JOIE DU PRETRE"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AVRIL 2002 : "LES PRESIDENTIELLES"

 

« Nos présidentielles françaises sont puantes, plates, sans vision.

Un homme d’Etat doit avoir le charisme d’un prophète : visionnaire, pétant les flammes, se foutant de caresser dans le sens du poil et surtout n’ayant absolument pas le désir de plaire.

Ce mec ou cette gonzesse élu(e) ne ferait qu’un mandat. Passés 5 ans, on ne pourrait plus le blairer.

Mais quel putain de travail il ferait !

Aux jeunes de créer ce type d’humain. Sinon le monde stagnera.

Le « tous pourris » est une saloperie faite à nos élus. Les édiles de Nanterre massacrés nous disaient : « qu’est-ce qu’on foutait à 1h du mat’ ? On planchait pour  votre bien-être et, en prime, un tueur fou nous a tirés dans le dos ».

  Jeunes, « faites face » et relevez-nous. »

  GUY GILBERT  9 avril 2002  

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MAI 2002 : VOTER POUR UN NOM ET PAS POUR LE VIDE  

 

"On est tous paumés.

Même si je répugne à entrer dans le slogan « on vote pour un facho ou un escroc », on n’a pas l’homme qu’il nous faut.

Donc, on n’a pas le choix et on vote pour le moins pire.

 

Disons-nous ceci : débattre sur des thèmes extrêmes, c’est pisser dans un violon et entretenir la haine.

Les combattre est le seul combat. Et par tous les moyens, sauf haineux, sauf violents. Seul le génie humain peut nous le permettre.

L’entre deux-tours a été fabuleux au niveau de l’échange.

Un combat Chirac-Jospin aurait été pisseux, larmoyant, bonnet blanc et blanc bonnet.

 

Le 3ème enfoiré, « JM » pour les intimes (pas Lustiger !)  a permis un extraordinaire échange entre nous ; laissons les prophètes de malheur avec leurs déjections et leurs vomissures paranoïaques. Bâtissons une civilisation de l’Amour, de tolérance et de partage.

 

Le vote de Dimanche sera historique. Nous sèmerons des votes sur du fumier :  c’est là que poussent les plus belles fleurs.

N’oubliez pas : « La rue n’est pas une urne ».

Alors votez,

                     votez,

                                votez !

Tout bulletin blanc fera le jeu de la haine. Votez sans gants ni pinces à linge. Rendez-vous aux législatives pour vous défoncer allègrement et pacifiquement pour l’avenir et l’espérance".

 

  GUY GILBERT  2 mai 2002  

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JUIN 2002 (1ère partie) :  FOOT ET LEGISLATIVES

Regarde un peu moins ce putain de foot sinon tu vas devenir con comme un ballon rond.

Quand on gagne 600 000 euros par mois comme Zizou, ça me fait vomir pour les RMIstes fascinés par un muscle défaillant de sa cuisse. C’est vraiment à se taper le derrière au plafond.

Au moins, ce qui reste fascinant, ce sont les millions de gens qui regardent le petit écran dans une ambiance tendue mais conviviale.

Ne manque pas, par contre, de faire quelques pas pour te diriger vers l’urne qui t’attend ; mets dans l’enveloppe un nom porteur de justice, de tolérance et de respect.

Fous-toi de la tronche du député que tu vas élire ; méfie-toi de ce qu’il te dit et vérifie surtout ce qu’il fait…  … après !

Si c’est un enfoiré, n’aie pas peur de le talonner pour lui dire qu’il t’a baisé.

Sinon, ton vote que tu voulais juste pour le bien de tous se noiera dans le marécage putride de ceux qui profitent de ta démarche pour te démobiliser un peu plus.

                                GUY GILBERT  6 juin 2002  

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JUIN 2002 (2ème partie) :  "BALLON PIEGE A CONS" et "A TOI JACQUES CHIRAC, BON VENT !

"Que le Sénégal nous ait baisé la gueule au 1er match du Mondial, c'est justice : les 11 coqs gaulois, imbus de leur magnifique victoire de juillet 1998, ne se sentaient plus pisser.

Passons sur le triomphalisme d'une victoire magnifique ; nous sommes tous pécheurs...

Mais ajouter au péché d'orgueil celui de la rapacité, ça, je ne le digère pas.

Et la victoire du Danemark a mis les pendules à l'heure.

Nos 11 coqs gaulois se sont faits les couilles en or pendant 4 ans. Ont couru après toutes les pubs... ... et ont perdu leur âme.

Que Zizou, que j'aime beaucoup en tant que personne, puisse gagner 28 000 euros par jour est une immense saloperie faite aux innombrables pauvres qui le regardent.

Ma devise de 2002 "ballon piège à cons" veut remplacer la fameuse devise des 11 en 1998 "la victoire est en nous".

La seule victoire qui me botte et pour laquelle je lutte inlassablement, c'est celle du petit qui devient grand par ses dons mais qui ne s'enfle pas comme la grenouille qui veut devenir boeuf.

Que le Sénégal et le Danemark restent grenouilles...

                                                                    AMEN

  P.S. : Je suis de gauche et, pourtant,  je suis pour la cohérence de l'unité d'un président qui a la même odeur que sa Chambre (pas la chambre avec Bernadette mais la Chambre des Députés).

A toi, Jacques, qui vas être notre Président confortablement installé, de rester grenouille...

Apporte-nous une paix sociale, politique et économique qui nous rassemble et nous donne la paix.

Mais si tu es honnête et que tu ne rencontres pas les français uniquement en leur serrant la paluche, tu risques de te faire aimer par tous ceux qui ne t'aiment pas et qui, pourtant, t'ont élu."

                                      GUY GILBERT 12 juin 2002

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JUILLET 2002 : MONDIAL ET MES REFLEXIONS

      Que Ronaldo et Zizou et autres stars du foot, vivent comme des nababs et aident, paraît-il, leur famille, c’est leur affaire ! C’est chouette et c’est le moins qu’ils puissent faire.

        Mais qu’ils décident de donner « cash » pour telle association ou telle initiative les millions de dollars qu’ils tirent de la pub d’Adidas, de parfums et de T-Shirts, ça réchaufferait l’immense cohorte des petits qui, par centaines de millions, ont regardé ce mondial. Ils sauraient à travers ces gestes précis, évidemment médiatisés, qu’ils comptent d’abord pour eux.

        Que la Turquie ait décroché la 3ème place est excellent ; que la Corée du Sud ait gagné la 4ème place est superbe.

Puissent-ils ne pas devenir des pourris comme les 1ers et les 2èmes de la classe .

        Quand je pense que parmi les 3 milliards de regards qui ont suivi leurs prestations, un certain  nombre vit dans des conditions abominables, cela me bouleverse personnellement.

Ces stars vivent dans un monde de merde, c’est à dire de performance et de « chacun pour sa gueule ». La star idéale du football, pour moi, est celle qui vivra bien grâce à ses jambes, ses dribbles et ses buts en or mais qui dira au monde qu’au delà d’un certain seuil, il est indécent de gagner autant d’argent.

. Il reste que ces jeux mondiaux trimballent un certain nombre de valeurs même s’ils m’apparaissent scandaleux grâce aux loups qui cumulent des sommes colossales ; ils ont au moins la vertu de nous rassembler.

 Et j’espère nous appeler à bouger nous-mêmes notre corps.

        . Pour moi, si j’ai regardé quelques épisodes de ce mondial, c’est pour décider de continuer à entretenir mes vieux muscles de 67 ans.

. Autre vertu de ce mondial : pousser le ballon pour certains groupes, c’est d’abord un jeu d’équipe et non pas la frime individuelle pour avoir l’honneur de marquer à tout prix un but.

. Je reste fasciné par la performance de Ronaldo. Laminé par Zizou et l’équipe de France en 1998, il avait, en 2002, dans son triomphe le visage souffrant et souriant du calvaire vécu pendant 4 ans : opération sur opération et avec en prime le diagnostic du médecin français qui l’a soigné : « vous avez 10% de chances de retrouver un ballon dans vos pattes ».

          Ronaldo nous dit : « rien n’est insurmontable si on a la volonté de vaincre et qu’on met tout en jeu pour réussir ». Exemple parfait de la défaite assumée et, donc, qui grandit.

          . Quant aux brésiliens qui ont osé montrer au monde entier  leur T-Shirt de vainqueurs « Gloire à Jésus » etc.., cela me laisse perplexe : j’aurais aimé, plutôt, que musulmans, bouddhistes et autres élèvent les mains dans une prière silencieuse au Magicien qui leur a permis d’être ce qu’ils sont…

Il manquait à ce mondial un « Jean-Paul d’Assise » pour dire : « arrêtons de frimer dans sa propre religion : seule la prière qui rassemble quelque religion qui soit est hommage et louange la plus pure ».

Dernière dimension importante de ce mondial qui m’a accroché immensément : c’est la farandole des joueurs de Corée du Sud vaincue avec les turcs vainqueurs. C’était très « bandant » et cela voulait dire ceci : être les premiers, c’est bien, mais chanter la joie du sport avec les vaincus, c’est sublime !

  Le sport, c’est pas pour gagner, c’est pour participer et donner l’exemple.

Les Bleus ont dévoré leur victoire et on a vu où cela les a menés.

Aux Sénégalais, aux Coréens, aux Turcs de nous appeler au dépassement.  Rien n’est jamais acquis.

  Et n’oublions pas l’exemple de Ronaldo : l’adversité grandit et permet de se dépasser.

GUY GILBERT 6 juillet 2002, à 2 heures du matin dans un bar à Paris

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JUILLET 2002 (2ème partie) : LES PUTES PARQUEES OU LES ZIZIS DES MECS PENALISES

Une conseillère de Bertrand Delanoë, maire de Paris, estime qu’il faut parquer les putes dans des endroits précis (trottoirs, baisodromes patentés etc…).

C’est-à-dire que « le plus vieux métier du monde » serait maintenant cerné, regroupé, isolé et les mecs pourraient baiser  comme  des castors en toute quiétude puisque les réserves indiennes du sexe seraient créées. 

 

Cette députée et conseillère devrait tapiner de temps en temps avant d’envisager de telles mesures. Je l’encourage à faire le trottoir, ceinte de son ruban tricolore pour bien montrer qu’elle a envie de connaître, au ras des paquerettes, la vie des femmes du trottoir : exemple remarquable pour rejoindre « la France d’en bas »…

 

Heureusement que des députés ou autres conseillers du maire de Paris ont réagi immédiatement en proposant de faire payer les orgasmes des mecs. Ce n’est plus la pute qui sera pénalisée mais son client.

 

Bertrand Delanoë va se faire des couilles en or, et bellement, puisque lui-même est contre cet enfermement de la prostitution, ce qui est très beau quand on connaît son type de sexualité.

Au moins, il respecte la femme, non pas comme objet mais comme sujet souvent opprimé, martyrisé et mis dans l’obligation de donner et de vendre son sexe ; la plupart du temps malgré elle, grâce aux fumiers qui, venant des pays de l’Est et d’Afrique, la font tapiner et se font des fortunes colossales.

 

Il suffit d’avoir suivi dernièrement le procès d’un macro, d’un sadisme inouï, accusé de proxénétisme et de tortures. Le président du tribunal n’a pas pu avoir un seul témoin parmi les femmes qu’il faisait tapiner : mortes de peur, elles n’avaient pas envie, dans les semaines qui suivent leur témoignage au tribunal, d’être défigurées ou de voir leurs lointaines familles persécutées.

 

Qu’on puisse qualifier depuis longtemps la prostitution de « plus  vieux métier du monde » est une véritable saloperie.

On veut la parité hommes-femmes ? Alors que les hommes tapinent : ils verront ce que c’est de faire des passes 20 fois par jour.

Je n’ai jamais pensé qu’une prostituée est nécessaire pour éviter des viols, notamment.

 

Qu’on nous montre les femmes dans les kiosques, à la télé et partout, autrement que sous l’angle de leurs fesses donnera un jour, je l’espère, à nos petits, l’idée que la femme n’est pas un corps bon à baiser mais un être à part entière qui a besoin d’Amour, de tendresse et de respect avant de sexe.

 

Le regard du Christ vis-à-vis de la prostituée reste pour moi, chrétien, un des plus beaux passages de l’Evangile : Il savait sa détresse et l’immense Amour de son cœur.

Il en a fait une femme neuve, purifiée.

Puissions-nous avoir le même regard.

  GUY GILBERT – Paris, dans un bar à 3 heures du matin, le 12 juillet 2002

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AOUT 2002 : JESSICA ET HOLLY

Le massacre de ces deux innocences, c’est le scoop de l’été 2002. Ce qu’une bête ne fera jamais, un homme peut le faire. Il a en effet, en plus de son instinct prédateur, celui de faire souffrir jusqu’à l’extrême.

On est atterré par de telles horreurs ! Décryptons-les.

Une société qui se rassasie du « tout sexe » est à mettre en cause d’urgence.

Ce meurtrier infâme a des clones partout. Tout film porno, toute séquence-télé liés au sexe et à la violence ne peuvent que donner soif de sang à des assassins …  … qui ne sont rien d’autres que des humains. Mais des humains d’une extrême fragilité. Ce qui les fait passer à l’acte. Pas nous. Parce que nous restons forts par rapport à l’image véhiculée. Il est facile pour nous de condamner celui qui ose faire ça. Trop facile !

  Pourquoi la presse se repaît-elle en étalant de telles abominations ? Pourquoi avons-nous hâte de lire, jour après jour, le déroulement de l’enquête morbide ?

  Heureusement que les anglais ne dévoileront rien des motivations de l’acte monstrueux avant le procès ! Telle est leur loi. Et elle est bonne. La nôtre est putride. Elle étale tout dès l’inculpation. Et c’est répugnant.

  Pour revenir aux anglais, sans vouloir leur chercher des poux, dénonçons chez eux des sommes importantes données à des amis des inculpés pour témoigner de ce qu’ils savaient du couple. Bonjour la surenchère (aidée par le poids des Livres Sterling) pour dire ou inventer le sordide du couple infernal.

Il nous faut, d’urgence, réviser la déontologie de notre presse française se jetant comme des charognards sur les dires des « victimes » qui peuvent fabuler au delà de l’imaginable.

  J’ai, un jour, été moi-même victime des ragots de la presse : il y a 10 ans, deux mecs sortis de prison  que j’avais accueillis dans notre Bergerie de Provence tombent, peu après, à la suite d’une agression qu’ils avaient commise. Ils se prévalent, au commissariat, d’être « mes éducateurs ». Ce qui était faux.

        Résultat : en première page de plusieurs journaux, je découvre ces titres accrocheurs : « Les éducateurs du Père Gilbert ont agressé, etc… »

          J’ai  évidemment démenti immédiatement de tels propos. Huit jours après, en septième page, dans les mêmes journaux, mon démenti a été signalé en 4 phrases.

          La presse française se fout complètement de l’impact catastrophique de ses premières pages qui ont attiré les clients du journal ! le démenti noyé ne sera perçu qu’accidentellement par les lecteurs. Une loi, en France, doit être prioritairement et impérativement promulguée : « Aucune information ne doit être donnée sur les turpitudes supposées d’une personne tant que le jugement n’a pas été rendu ».

          Il est urgent de ne pas enchaîner à vie l’innocent, au nom de la liberté de la presse.

  Me revient en mémoire ce fait précis glané dans les journaux il y  a quelques années : une fillette est assassinée dans un camping ; deux jours après, l’assassin est trouvé, selon la presse, pressée d’avoir le scoop prioritaire. Exsangue, les yeux rentrés dans les orbites, les journaux présentent à la une le visage du tueur. C’était  un Italien. Il avait vraiment la tête de l’emploi !

  Trois jours après, il est reconnu innocent !

Il s’est enfui en Italie, ne pouvant évidemment plus vivre en France où il habitait depuis une quinzaine d’années.

  Je charge mon adjoint Jean-Yves, qui s’occupe de mon site internet, de vous trouver une photo de moi-même prise lors d’une discussion où fatigué, stressé, je dois avoir la tête d’un assassin minimum. D’un sadique sans aucun doute. Et vous pourrez, en toute innocence,  me faire inculper !

  GUY GILBERT – Paris, dans un bar à 3 heures du matin , le 1er septembre 2002

 

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SEPTEMBRE 2002 (1ère partie) : FASCINANTE ALGERIE

    Le torrent de boue est arrivé d’un seul coup. C’était juste il y a un an. L’immense mur mouvant de la mort a tout englouti voitures, cars, personnes attendant le bus ou faisant le marché. Neuf cents morts ont été dénombrés. Combien de disparus anonymes emportés par la gigantesque vague ? Ils n’ont trouvé comme cimetière que la mer déchaînée qui les a engloutis.

    Nasser me montre les rues de Bab el Oued où la mort est passée. J’arpente des boulevards et avenues en toute sécurité. Il y a cinq ans, c’était plus que risqué en ce haut lieu islamique. Un vent de liberté semble casser une à une les chaînes de l’obscurantisme, cet autre cataclysme qui a multiplié par cent les victimes du lieu que je visite.

    Mais ce que j’admire le plus, c’est l’infrastructure superbe qui a pris lieu et place de la trouée de plusieurs kilomètres que la vague mortelle avait creusée.

    Quand on a lu et relu que de multiples prédateurs politiques ont profité de ce cataclysme pour s’en foutre plein les poches, on reste songeur devant ces jardins verdoyants et ces aires de jeux qui ont surgi à la place d’immeubles vétustes emportés par les flots.

    Beaucoup de bâtiments ont été restaurés. Pimpantes, ces façades d’un bleu azur et d’un blanc immaculé!

    Il y a 5 ans, Nasser, Djémila et une poignée de jeunes du quartier martyrisé avaient tenté bellement de créer, à Bab el Oued où seul l’appel des muezzins était toléré, un lieu universel. Des festivals de musique ont donné, à des milliers de jeunes, la possibilité de croire que toute musique est don de Dieu. Et que chanteurs de rock ou de musique arabe n’étaient pas forcément des mécréants.

    Leur Association a semé avec ardeur et audace. “Comme des fourmis, nous avons rendu l’espoir”, me commente Nasser.

    Et puis, à la suite du drame vécu par ce quartier immense, ils n’ont jamais voulu fourguer une quelconque idéologie politique ou religieuse, à travers matelas et nourriture offerts aux milliers de mains tendues.

    Ils ont été là jour et nuit, solidaires d’une misère sans nom qui avait atteint, en priorité, les plus petits.

    La Caritas, le Secours Catholique et l’Église en Algérie ont apporté un soutien constant et inestimable aux autorités algériennes, notamment avec l’aide de Nasser et son équipe, enfants du quartier.

    Je visite avec eux les nouveaux locaux de leur Association. Situés juste en face d’une mosquée, ils ne peuvent que me faire rendre grâce.

    “L’homme est la gloire de Dieu”. Nasser et son équipe en sont la preuve vivante.

      Fascinante Algérie qui renaît des pires flots dévastateurs qui soient:

l’intolérance qui s’insinue sans cesse dans l’homme et les myriades de gouttes d’eau qu’on ne peut pas maîtriser.

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SEPTEMBRE 2002 (2ème partie) 

11 SEPTEMBRE : POUR QUE NOS LARMES NE SOIENT PAS CELLES DE CROCODILES

          Le 11 septembre, c’est une date que je connais puisque c’est la veille de mon anniversaire ! Comme vous tous et toutes, j’ai eu une overdose de l’abattage médiatique qui a déversé sur nous les turpitudes d’un fou qui a profité d’un ciel immaculé sur New-York (ça, c’est le hasard) et de l’enjeu médiatique de sa tuerie qu’il avait diaboliquement programmée (ça, c’est pas la hasard).

  Je n’ai voulu voir que le film des frères Naudet, français, témoins extraordinaires des 2 heures du calvaire new-yorkais. Témoignage unique et hallucinant.

          Tout a été dit sur cette tuerie monstrueuse.

  Impossible de ne pas être en priorité avec les 3018 victimes de cette horreur.

  Sans oublier les centaines de sans-papiers qui se sont volatilisés dans l’écroulement des tours, sans laisser aucune trace. Ils n’avaient pas d’identité légale.

  Impossible de ne pas subir l’agonie épouvantable de tous ceux et celles qui se sont trouvés pris au piège au dessus des étages que les 2 avions fous ont percutés.

  Impossible de ne pas vibrer avec ceux et celles qu ont eu un peu plus d’une heure pour opter entre deux décisions : griller vif ou sauter . C’était leur seul choix.

           Entre 600 et 700 personnes ont choisi le vide.

  Impossible de ne pas penser aux derniers instants, quelques secondes, de ceux qui ont choisi la chute libre.

  Impossible de ne pas être du côté des veuves, des veufs et des orphelins qui, pour la plupart, ont suivi en direct le calvaire de ceux et celles qu’ils chérissaient.

  Impossible de ne pas penser qu’en voulant atteindre de plein fouet l’Amérique capitaliste et chrétienne, Ben Laden s’est lourdement trompé. Il a atteint à travers les milliers de victimes toutes les religions et près de 80 pays.

           Quant à ceux dont la vocation était de « sauver ou périr », les 343 pompiers notamment, on ne peut que les saluer parce qu’ils avaient cette double innocence : c’est d’être en dehors des tours et d’y aller pour sauver des vies.

           Pleurer avec l’Amérique traumatisée est une bonne chose. Mais on arrive à un seuil que ce drame doit nous faire dépasser.

          Les 500 000 enfants Irakiens morts, victimes du blocus américain, n’ont pas fait de bruit en mourant de malnutrition.

        Les plus de 2000 victimes Palestiniennes, innocentes, ainsi que les centaines d’Israëliens éparpillés en 1000 morceaux dans des cafés où ils consommaient au moment où il ne fallait pas, n’auront pas droit aux somptueux souvenirs d’un 11 septembre ; ils meurent jour après jour sous l’œil blasé du consommateur du bar du petit matin qui lit son journal et enregistre rapidement le nombre de cadavres cités par son journal.

          Accuser Ben Laden et les cerveaux démoniaques qui ont provoqué l’enfer de Manhattan est une chose juste. En soulignant que la rage de  faire justice des américains a tout de même mis sur la route de la démocratie l’Afghanistan après le quart de siècle de guerres que ce pays a vécu.  

          Ca au moins, c’est une belle espérance.

          D’un mal immense, un premier grand bien a surgi.

          Saluons la prestation américaine.

        Avec un souci majeur, par rapport aux 400 milliards de dollars votés pour la défense américaine ! Une nation qui s’arme à ce point peut trouver des ennemis partout. Ne serait-ce que pour montrer sa force, en utilisant son gigantesque arsenal de mort.

          Ne soyons pas anti-américains.

          Mais, européens, interrogeons-nous avec nos frères et sœurs américains.

         Le 11 septembre, le sort du monde a basculé là. Date fatidique qui peut nous amener à d’autres cataclysmes effroyables si nous ne nous posons pas cette question cruciale: « En quoi suis-je coupable ? »

          Tout acte de partage, de tolérance et de respect sera pour chacun d’entre nous la meilleure commémoration de tous les 11 septembre.

          Tout désir entre croyants d’assembler nos idéaux religieux au service d’un Dieu d’Amour, unique, miséricordieux,  sera l’antidote sauveur de l’humanité.

          A la haine folle et funèbre d’un Ben Laden, seule une réflexion personnelle et globale contrera les forces de mort et de perdition.

         Tout le reste est folklore, larmes de crocodiles.

         Pire : si nous ne nous interrogeons pas, les victimes  innocentes des Twin Towers seront mortes pour rien ; d’autres (et combien plus nombreuses) peuvent suivre et nous risquons de passer notre temps à commémorer de multiples dates porteuses de morts.

        Il faut que l’espérance gagne. Elle gagnera, si, toi, tu te mets en marche. »

 

GUY GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin , le 16 septembre 2002

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SEPTEMBRE 2002 (3ème partie) :

SUITE A L'EMISSION TELE AVEC BERNARD TAPIE

Dans l’émission de Bernard Tapie, j’ai pu en placer une, dans un espace de 1’39’’.

Passons…

On me désire…

On me rappelle pour être là.

Et le grand maître fait son show…palabre…commente sans fin.

On est un faire-valoir.

Un alibi…

Un visage. Un look…Un blouson.

Mais j’étais heureux d’être là. Parce que Malou ma sœur, Céline et Bruno les parents de Marine, ont été reconnus dans leur douleur, l’espace de 1’39’’.

Au fond, la télé peut servir à honorer la douleur, même courtement.

 

GUY GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 8 octobre 2002

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SEPTEMBRE 2002 (4ème partie) :

LE DERAPAGE DE PATRICK HENRY

          Que ce célèbre ex-taulard ait piqué dans un magasin, je m’en tape ! Qu’il aille chercher en Espagne 10 kilos de shit, je m’en contrefous !

Sauf, évidemment, pour l’image détestable qu’il donne d’un taulard qui, après 25 ans de prison, a été remis en liberté conditionnelle avec fracas.

 

Je ne peux pas, au fond, me foutre du symbole immense  qu’il représentait aux yeux de tous les prisonniers , notamment les longues peines.

Ses études brillantes faites en 25 ans de détention sont tout à son honneur ; mais il y a une chose qui m’écoeure absolument : c’est sa volonté forcenée de faire un livre sur sa vie, livre intitulé « Vous ne le regretterez pas ». Le titre du livre étant la dernière phrase qu’il ait dit aux jurés il y a 25 ans, jurés qui avaient refusé pour lui la peine capitale.

 

Son livre et les passages télévisés qui étaient déjà programmés, c’est cela que je réprouve absolument.

 

Pour moi, je vois simplement les visages meurtris des parents du petit Philippe qu’il avait étranglé. Voir sur le petit écran le bourreau qui a bousillé  leur vie me paraît insoutenable.

 

Entendre que Patrick Henry aurait touché 100 000 euros sur son futur bouquin me répugne.

 

J’étais pour sa liberté conditionnelle. Je l’ai vu quand il était à la prison de Caen. Et le seul conseil que j’ai pu lui donner, c’était de revivre parmi nous (avec ses remords, évidemment) mais comme un humain au milieu d’autres humains. Il a choisi la pire voie : celle de s’exhiber après un tel forfait.

 

Ses 2 bavures (vol à l’étalage et surtout celle de la drogue) ne sont rien à côté de l’exposition livresque et morbide de ce qu’il a commis, de ce qu’il est ou de ce qu’il sera.

 

Seul compte pour moi le regard des parents du petit Philippe, de leur immense cicatrice que 25 ans n’ont du jamais refermer. Elle risque, cette cicatrice, de se rouvrir avec la démesure de la publicité faite au bourreau de leur enfant.

        Aucune loi n’interdit à un tueur de s’exposer devant les médias, même un quart de siècle après son forfait.

        Si ce livre paraît, ce sera alors impardonnable de la part de Patrick Henry.  

P.S : son éditeur partage cette faute, évidemment. Faire de l’argent sur le sang d’un innocent est indécent.

Puisse une loi interdire de telles publications.

 « La liberté d’expression » n’ a qu’une seule limite : celle de respecter la douleur de ceux et celles qui pleurent l’innocence massacrée.

On ne peut que souhaiter à Patrick Henry, qui a loupé d’un cheveu d’avoir la tête coupée, de « faire le mort ». Alors, on pourra pardonner ses bavures qu’on peut mettre sur le compte de l’ivresse de la liberté et de la notoriété qu’on lui a faite abusivement.

GUY GILBERT – Paris – dans un bar à 2h du matin, le 11 octobre 2002.

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NOVEMBRE 2002 (1ère partie) :

UN SPORT SYLVESTRE

C’est, paradoxalement, grâce à l’ironie cinglante d’un Supérieur du Séminaire que le sport est entré dans ma vie.

Gras à lard et âgé de 13 ans, mes résultats scolaires étaient à la hauteur de mon petit ventre dont ma gourmandise cultivait la rondeur avec constance.

Tancé publiquement par le Supérieur par rapport à ma scolarité qu’il fustigea autant que mon embonpoint naissant, je sortai furieux de l’étude.

Je demandai à un copain quoi faire pour maigrir. Il me répondit doctement : “Fais un 3000 mètres, c’est radical ! ”.  Nanti de ce conseil adolescent et malgré mon dégoût de toute activité sportive, j’attaquais le lendemain, à petites enjambées, les 3000 mètres conseillés. Les muscles tétanisés, la première fois, je récidivais... pendant 20 ans. Seul. Et tous les jours.

Mon corps s’affina et je pris un goût inextinguible à remuer tous mes muscles.

Bienheureuse ascèse ! Quand il m’a fallu vivre avec les loubards, j’ai dû affronter les mille et un sports violents dons ils se délectaient : équitation, karaté, moto cross et ... course à pieds. Ne serait-ce que pour rattrapper le portefeuille que l’un d’entre mes jeunes avait eu l’audace de me piquer !

J’étais donc depuis longtemps préparé, sans que je le sache, à vivre l’aventure des rues où la violence permanente exige une forme physique performante.

Depuis plus d’un demi-siècle, je suis toujours heureux de me mesurer physiquement avec moi-même. Seulement, l’âge avançant, je dois peu à peu modifier mon type d’activité sportive.

Monter dans les arbres est la passion du presque septuagénaire que je suis. C’est un sport non encore homologué aux jeux olympiques...

Les arbres sont des vivants. Respirer l’odeur des pins est un enchantement. Se souder au tronc odoriférant est joie intime. De plus, se hisser de branche en branche permet des contorsions où tous les muscles jouent, sans exception.

Dans la forêt où je me rends régulièrement pour mes 48 heures de solitude, j’ai un pin de prédilection pour ce type d’exercice. La terrible tempête d’il y a 3 ans l’avait, je le croyais, détruit. Et puis je l’ai retrouvé, miraculeusement intact, au milieu d’un enchevêtrement dantesque de troncs arrachés.

Après une dure montée, plusieurs fois répétée, m’accrocher au sommet pour contempler le soleil couchant est un moment incomparable.

Prière sur l’univers garantie !

Faire grimper les âmes, c’est ma mission. Faire monter mon adrénaline grâce à un sport dur est un antidote certain, face à ma confrontation journalière à la violence.

Suer en haut d’un arbre est donc, pour moi, aussi mystique qu’écologique. Et si apaisant.

En haut de l'arbre...

En bas de l'arbre...

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NOVEMBRE 2002 (2ème partie) :

MON INDIGNATION QUI N'EST PAS DE COMPLAISANCE

          Un monstrueux baril flottant avec 70 000 tonnes de fuel lourd vient de se casser en 2 : il repose par 3500 mètres de fond, au large des côtes espagnoles.

Que par l’effet de la profondeur, les cuves s’effritent ou explosent, les experts l’imaginent.

Revenons à la surface : des milliers d’oiseaux sont englués par ce p… de fuel, des populations sont ruinées et une catastrophe écologique doublée d’une catastrophe économique s’annoncent.

Une absurde flibusterie institutionnelle est la cause de cette catastrophe.

         Jacques Chirac a beau se dire horrifié par ce désastre, tant que les Etats, à commencer par l’Europe, ne verront pas un peu plus loin que leurs eaux territoriales, les bateaux grecs comme le Prestige, appartenant à une société Ibérienne et naviguant sous pavillon Bahamien de complaisance avec un équipage Philippin continueront avec des bateaux usés par 25 ans de mer et affrêtés par je ne sais qui pour aller je ne sais où. L’horreur continuera à appauvrir les pêcheurs et à tuer allègrement oiseaux et  poissons.

          Au nom du fric, et en tout impunité, au risque de quelques procès ou de quelques dommages et intérêts sans commune mesure avec le préjudice provoqué, les arnaqueurs armateurs continueront leur commerce, planqués dans le maquis des sociétés à tiroirs avec les pavillons-fantôme comme alibi.

Les rafiots-poubelles continueront à naviguer en se moquant de la Terre grâce à une législation criminelle.

  D’autres Prestige pourront couler en toute sérénité et nous pourrons nous baigner dans la marée visqueuse des vagues polluantes.

Les écologistes continueront de sauver quelques centaines d’oiseaux sur des milliers, les poissons, eux, fermeront leur gueule ; on sait bien aujourd’hui qu’on n’a droit à la parole qu’à la surface des désastres.

C’est ce que font nos dirigeants en ne pratiquant que l’indignation de complaisance.

 

Guy GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 22 novembre 2002 -

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NOVEMBRE 2002 (3ème partie) :

SOIS ETOILE DU BERGER

   Tu as quelques semaines pour préparer Noël. Tes gosses sont déjà attirés par les luminaires accrochants et qui les fascinent. Si c’est ça qui t’attire aussi, alors laisse tomber : ne lis pas cet article.

          Si tu veux être étoile du berger avant cette fête, qui, si tu te souviens, est éminemment religieuse, réfléchis quelques instants avant que ce ne soit tes gosses qui le fassent à ta place.

Gorgés de tout et repus, ils risquent de te faire aller pour la fête de Noël sur l’autoroute de la consommation ; alors, tu achèteras tout et n’importe quoi pour eux.

Cette fête chrétienne te forcera alors d’en faire pour toi, croyant, un événement païen.  Si tu veux être étoile du berger, tu passeras forcément par un sentier escarpé.

Tu batailleras alors avec tes jeunes pour retrouver le sens de ta crèche, c’est-à-dire celui du partage et de la pauvreté.

Etoile du berger, tu offriras cette nuit-là un repas simple et des cadeaux bien ciblés, utiles et qui pousseront tes gosses au partage.

           Quelqu’un de ta famille que tu n’aimes pas forcément pourra être ton convive cette nuit-là, moment de réconciliation qui ira tout à fait dans le sens de la crèche : l’union de la Terre et du Ciel ; la Terre avec nos embrouilles habituelles et le Ciel qui nous appelle à une miséricorde infinie. Et c’est ton invité(e) qui sera alors ton étoile de berger.

          Mille associations te permettront, si tu le désires, de ne pas faire un gueuleton dans une bulle familiale mais un partage avec des pauvres et des exclus qui seront ravis, ce soir-là, d’être écoutés et de voir tes enfants courir entre les tables.

          Nos fêtes religieuses (Toussaint et Noël notamment) sont de plus en plus bouffées par un monde mercantile qui les exploite honteusement pour les détourner et se remplir les poches.

Contrer ces porteurs de mort est dérisoire.

           Revenons aux sources d’une crèche où une pauvresse a accouché dans une écurie avec comme seule chaleur, la présence de ruminants, des radiateurs toujours opérationnels depuis 2000 ans.

Ce mystère d’Amour médité te donnera la direction : celle de l’étoile du berger.

« Celui qui ne recherche pas Noël dans son cœur ne le trouvera jamais au pied d’un sapin » (RoyL. Smith)

Bon Noël, aux sources de ta foi.

Guy GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 22 novembre 2002 -

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DECEMBRE 2002 :

HOMMAGE A PATRICK GIROS

C’est Patrick Giros qui m’a accueilli à mon arrivée à Paris en 1970.

 J’entrais ainsi dans l’équipe de rue avec quatre prêtres dont Patrick était

 l’animateur.

Je le revois encore sur sa moto avec des hordes de loubards. Je le suivais avec ma 500 Honda en apprenant l’enfer et la splendeur de la rue. Patrick était un battant. Il ne supportait pas l’injustice. C’était un combattant de l’Amour.   Son coeur et son corps épuisés en étaient le signe. C’était une grande gueule notamment au niveau des pouvoirs publics.

Il savait parfaitement toucher juste pour alerter les hommes politiques et leur montrer le chemin concret pour sortir les jeunes et les adultes de la misère.

La seule maladie que je lui connaissais, c’était de réunir sans cesse ses équipiers pour échanger et prier. Pour qu’ils n’oublient jamais que le Christ était au coeur de leur action.

Il n’est pas mort de cette maladie-là. Il est mort d’avoir tout donné au service d’un plus grand que lui.

Il est mort de s’être oublié lui-même.

Il a retrouvé ceux et celles de la rue qui sont morts anonymes, ignorés, et enterrés sans même une plaque à leur nom. Ça a été un de ses derniers combats. Sans doute le plus beau parce que le service de Dieu refuse qu’un seul être meure comme un chien dans la rue.

Puissent tous ses projets d’avenir se réaliser. A la grande et belle équipe qu’il avait soudée autour de lui, de suivre ses traces…

GUY GILBERT – Paris, dans un bar à 2 heures du matin, le 30 novembre 2002

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JANVIER 2003 (1ère partie) :

BONNES NOUVELLES POUR 2003

Le Président Bush, ayant fumé un super pétard à minuit une, a décrété qu’on pouvait, par la voie diplomatique, éviter une guerre avec Saddam Hussein. Bravo George pour ton pacifisme ! Tu as quand même ajouté que ça foutrait l’économie américaine en mauvaise posture ; ça veut dire que si tu fais la guerre à l’Irak, tu seras pas élu dans 2 ans.

 

T’as pas besoin de fumer un pétard pour savoir que ton père, malgré la gloire de la guerre du Golfe, a du laisser sa place à Bill Clinton.

George, occupe-toi des affaires des américains ; tu as assez de pétrole pour les voir rouler sur tes autoroutes.

Saddam est foutu de toute façon.

Laisse faire les choses.

 

  Revenons au plancher des vaches Françaises :

 

- Les premières boulettes de m… du « Prestige » sont arrivées dans les Landes ; au lieu de regarder ces galettes putrides, admirons les milliers de militants écologistes qui vont se lever pour que nos plages soient nickel, que les oiseaux nagent sans risque et que les poissons b… sans polluer leurs rejetons.

 

- Quant aux jeunes qui ont brûlé quelques bagnoles, on devrait leur prévoir des bûchers monumentaux qu’ils allumeraient à minuit pile : il y  a assez de bois mort dans les forêts pour qu’ils dansent autour des feux de bois.

 

- Merci à Nicolas Sarkozy, notre ange-gardien. Grâce à lui, Français, Française, réjouis-toi d’être vivant

Réjouis-toi d’être vivant : il y a, paraît-il, 25% de moins d’accidents à Noël 2002. Donc, tu es un rescapé de la tuerie ordinaire. On attend les résultats pour le réveillon du jour de l’an ; si le nombre de morts est en baisse, tu es un double survivant.

Je croirai en Jacques Chirac si, fin 2003, on a 1000 morts de moins sur les routes.

 

- A part quelques mini-inondations en France, j’ai assisté au cataclysme spirituel des 80 000 jeunes chrétiens de Taizé envahissant Paris : la veillée, sous les voûtes de Notre-Dame, était resplendissante. J’ai été heureux de saluer les Frères de Taizé, 50 ans après la Fondation de Frère Roger ; ils réunissent un fleuve immense de jeunes, fleuve mystique s’il en est : la Paix en Europe naîtra de ces dizaines de milliers de jeunes qui croient infiniment plus à la prière et à l’action qu’à la démesure diplomatique. Ils prient sans intérêts, gratuitement, face à ceux qui magouillent pour leurs seuls intérêts.

 

- Je vais retrouver la neige , cette pureté sublime, pour 10 jours de ski de fond : je n’ai pas honte de dérouiller mes vieux muscles, de verrouiller ma parole par le silence. Mes chiens Gangster, Brigand et Lascar me suivront derrière mes skis : eux ne respirent que la beauté de la nature et la tendresse que je leur porte.

 

- J’ose exprimer mes vœux à travers leur remuante queue quand ils vont plonger dans la blancheur immaculée :

-        Faites silence.

-        Prenez du temps pour vous.

-        Perdez-vous dans la nature.

-        Soyez fidèles.

-        Luttez, priez, aimez et… DIEU VOUS DONNERA TOUT CE QUI VOUS MANQUE.

 

Alors, je vous souhaite une bonne année où vous allez en baver !

 

GUY GILBERT – 1er janvier 2003 – 23h30

 

P.S. : bonne nouvelle belge : le Prince Laurent de Belgique a annoncé ses fiançailles avec Claire ; je connais son Altesse Royale depuis 7 ans : c’est un mec bien. Et un rebelle dans la famille royale.

Je serai à son mariage. Qu’il fasse vite, ensuite, de « petits rebelles »

Laurent est un écologiste pointu ; qu’il permette à ses futurs enfants de ne pas vivre dans 50 ans avec un masque à gaz.

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JANVIER 2003 (2ème partie) : MEDITATION SUR UN MARIAGE PRINCIER

 

Le prince Laurent faisant la vaisselle avec les loubards à "Faucon", l'été 1999.

Avec les amoureux, à Paris, en Octobre 2002.

« A toi frère ou sœur journaliste qui m’as sollicité pour un interview au sujet du mariage de son Altesse Royale le Prince Laurent de Belgique, je dédie cette

Méditation sur un mariage princier.

         En camp de ski avec nos jeunes, tombe dans les médias la nouvelle que je « marie » (avec le cardinal archevêque de Malines) le Prince Laurent de Belgique en avril prochain.

        Je vous passe les dizaines d’interviews demandées le lendemain :

        Pourquoi ?

        Quoi de plus alléchant pour la presse populaire qu’un prêtre de rue qui marie une Altesse Royale ?

        De quoi réjouir la presse-people à l’infini !

        Mais elle se trompe, cette presse-là.

         La star d’un mariage catholique, c’est Dieu à travers le sacrement de l’Amour et de la fidélité. Ensuite, ce sont les conjoints, Laurent et Claire. Et en aucun cas le prêtre qui, entre parenthèses, ne donne pas le sacrement de mariage, mais en est le témoin principal en recevant les consentements des époux.

        Le sacrement, c’est en effet Laurent et Claire qui se le donneront par le « oui » qu’ils se promettront et par la fidélité l’un à l’autre qu’ils se jureront.

           L’amitié qui me lie au prince remonte à 7 ans.

        Il m’a remis un Prix à Bruxelles pour mon service auprès des loubards.

        Ce jour-là, une belle et forte amitié est née et s’est enrichie grâce à de nombreux contacts.

          Son Altesse Royale est venue plusieurs fois dans notre Bergerie de Haute-Provence.

        Son amour des  bêtes et sa sensibilité extrême vis-à-vis des humains l’ont conduit inexorablement vers notre lieu de vie.

        Simple et direct, il a su avec une parfaite discrétion « vivre à l’heure loubarde » avec nos jeunes.

        J’avais planqué son portefeuille au cas où… Un prince est forcément innocent !

        Voir Laurent faire la vaisselle avec des jeunes délinquants était un plaisir.

        Et puis c’est un mec généreux et concret. Il m’a promis une chamelle pleine pour remplacer « Tibhirine », dromadaire âgée, très affectueuse et morte de vieillesse.

           Il m’a présenté sa fiancée Claire, il y a un certain temps, en me demandant de les préparer au sacrement du mariage. Je le ferai avec cœur et rigueur pour que ce couple qui s’aime puisse bien assumer l’engagement solennel, et à vie, qu’ils se donneront au nom de l’Eglise et de Dieu-Amour.

          Evidemment,  les princes de lignée royale, on ne les trouve pas dans les rues de Bruxelles, à 4 heures du matin, en train de casser une bagnole ou d’arracher le portefeuille d’un couple qui revient de faire la fête.

           Mais l’amitié a été dans ma vie un véritable sacrement : celui que je dispense comme chrétien et prêtre à travers ma mission d’éducateur spécialisé au service des loubards et de tout être, quel qu’il soit.

« J’évangélise en fermant ma gueule ». En effet, comment dire Dieu à des êtres jeunes et disloqués qui n’ont connu que rejet, haine et exclusion ?

        Un Dieu qui les aime est pour eux incompréhensible. Ils n’ont, en effet, aucune référence à un quelconque amour humain.

        Seules alors la solidarité, l’amitié gratuite, la longue lutte à leurs côtés pour les sortir de l’abîme,  avec mes 20 équipiers, peuvent les faire grandir et espérer. Eux qui se croyaient « irrécupérables » croient enfin en eux et à leur avenir. Ce sont nos atouts maîtres. Parce qu’alors tout peut être sauvé.

         Oui, ce sera une joie pour moi d’être aux côtés du Cardinal Danneels comme témoin du mariage des deux tourtereaux.

 

        Puisse tout ce battage médiatique autour du couple princier donner à cette cérémonie sacramentelle sa vraie signification :

-Valoriser et sanctifier l’Amour humain.

-Affirmer la fidélité pour la vie.

          Je ne serai que le serviteur et le témoin de l’Amour qui unit Claire et Laurent.

 

                                Guy Gilbert

PS : Je laisse le soin aux journalistes qui regardent mon site de piquer ce qu’ils veulent de cette méditation. En m’excusant de ne pouvoir répondre à leurs nombreuses sollicitations :

                -Par discrétion vis-à-vis de la famille Royale.

                -Pour cibler l’essentiel d’une cérémonie religieuse… et non pas la couleur de mes santiagues ou mon type de look, le jour du mariage. »

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JANVIER 2003 (3ème partie) : 

NICOLAS, TOI LE "COUCOU DE LA GAUCHE" 

           Nicolas,

          N’inspire pas la peur mais restaure la crainte et aide les jeunes à réaliser leurs rêves. Perdu dans la neige, j’ai pu dévaler la blancheur immaculée des Hautes-Alpes. Pour être malgré tout au coeur du monde, je me suis farci 3 « quotidiens » par jour.

Impossible, évidemment, de ne pas voir ta tronche tous les jours, ne serait-ce que par rapport à ton ennemi intime, Juppé, et ton rival qu’on dit potentiel : Raffarin.

          Pour l’instant, tu surfes sur les sondages, tout schuss, car en matière de sécurité, tu ne donnes pas dans le ski de fond. Parce que tu es un décideur, Nicolas, et celui qui décide fonce.

Ce qui est drôle chez toi, c’est que tu piques tout ce que tu peux dans le programme des autres. Tu es le "coucou" de la Gauche.

          Moi qui suis de Gauche (et qui le reste), j’admire ta façon de voler aux autres leurs promesses… … quand elles n’étaient qu’oratoires.

Tu les appliques, Nicolas, c’est pour ça que je t’aime beaucoup. Parce que la parole, tu t’en fous. C’est l’acte décidé qui rend crédible.

          Si nos politiques faisaient ce qu’ils disaient, ça serait pas si mal. Toi, tu fais et tu dis après.

Ce qui est nouveau et surprenant.

          Méfie-toi des avalanches possibles qui, sournoisement, t’attendent sur la piste. Tu as sans doute peu d’amis dans ce monde de rats et de hyènes qui est, apparemment, celui des hommes et des femmes politiques. Heureusement qu'il y a maintes colombes et fourmis besogneuses et ardentes qui bossent bellement en silence à notre service.

Un exemple qui te fera plaisir : tu avais promis que les jeunes qui cassent les bonbons des gens en envahissant l’entrée des immeubles devaient arrêter leur cirque sous peine d’amende (et même de prison).

           Une vieille femme Turque, vivant au 2ème étage d’une HLM m’a dit, dernièrement, qu’elle pouvait, depuis 3 mois, dormir, après des années d’insomnie. En effet, elle subissait « Skyrock » à plein tubes et autres mélodies parfumées de joints odoriférants. Le tout  montait du hall de l’entrée de l’immeuble. En général à 3 heures du matin.

 Merci, Nicolas : elle dort enfin.

          Mais où sont partis ces jeunes, maintenant ?

Tu as raison de valoriser la crainte mais il faut que les jeunes trouvent un sens à leur Vie à la place du chômage, coincés qu’ils sont dans les entrées des HLM.

Une prévention forte, puissante, liée à la joie de vivre leurs rêves, ne donnera plus à nos chérubins l’envie de nous faire peur.

Les jeunes ne nous empoisonneront pas l’existence si nous leur donnons la capacité d'être au coeur de la société pour la construire et non la détruire. 

Continue, Nicolas, sur tes skis.

Dévale les pentes et ne pense pas trop aux Présidentielles.

         Pour l’instant, tu es le grand Vizir : reste-le.

Merci à toi, qui as eu le culot, il y a 3 ans, de venir te plonger dans notre Bergerie de Provence pendant 4 heures, au milieu des loubards.

Tout nu.

Sans caméra.

 

N’oublie pas ce que le prudent et miraculé maire de Paris, Bertrand Delanoë, a émis comme vœu dans son Hôtel de Ville : « le bien ne fait de bruit et le bruit ne fait pas de bien. »

 

                                             Loubardement.

 

                                             Ton frère Guy

Paris, dans un bar à 3 heures du matin, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2003.

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FEVRIER 2003: 

AVEC LES ANGES DE LA NUIT 

                  

        La France avait été bouleversée par la mort tragique des cinq pompiers parisiens, en septembre dernier.

         L’aumônier des Pompiers de Paris, un jeune prêtre ami, m’avait demandé d’être à ses côtés. J’avais donc participé à la cérémonie grandiose et émouvante aux Invalides.

 

         Un commandant de ce corps prestigieux m’ayant suggéré de vivre une journée avec eux, j’ai tenu le pari quelques mois plus tard.

         Et me voilà dans l’ambulance, fonçant à toute allure dans les rues de la capitale pour une première intervention.

         Bidon, l’appel ! Facile de taper le “18” pour s’amuser. Les pompiers n’apprécient pas trop.

         Deuxième appel du Cirque Bouglione. Une artiste dans les pommes. Vite ranimée et remise sur pieds, on fonce dans le métro. Un clochard épileptique a droit aux soins attentifs de jeunes très expérimentés, aux gestes précis, à la voix douce et forte à la fois. Premiers soins et direction l’hôpital Bichat.

         A peine sortis, retour immédiat dans le même métro. Une rixe entre trois jeunes a provoqué l’intervention d’un maître-chien. L’un des protagonistes a dû faire un geste maladroit en direction du klébar. Le pitbull n’attendait que ça pour lui sauter au visage avec sa muselière. Le coup a dû être terrible. Le visage ensanglanté en dit long sur la puissance du fauve.

         Pansements sommaires, et retour à l’hôpital Bichat.

 

         Il est deux heures du matin. Le temps de griller une cigarette, et le micro nasillard appelle d’urgence pour une grave intoxication. Le pauvre boulanger et son mitron ont, par miracle, pu être découverts à temps. Tout l’immeuble est passé au filtre du capitaine pour détecter ce maudit monoxyde de carbone qui, inodore, s’inflitre partout, endort et tue.

 

         Il est quatre heures du matin. Je pars dormir. Douze heures avec nos anges de la nuit ont été un super enseignement.

 

         La réception, à mon arrivée, avec le général deux étoiles des Pompiers de Paris et son équipe, fut très cordiale et drôle, le général louchant avec humour les trois étoiles de mon blouson. Quelques chiffres et l’officier supérieur me met tout de suite dans le bain. 4000 appels par jour pour Paris et sa proche banlieue. 1200 interventions journalières.

 

         Le reste, la troupe avec laquelle je mange et avec qui je fête le départ pour la retraite de trois de leurs coéquipiers, me le dira.

         Par des gestes d’abord. Quoi qu’ils fassent et où ils se trouvent, l’équipe de nuit doit, en deux minutes pile, démarrer de la caserne, toutes sirènes hurlantes.

         Sportifs accomplis, ces jeunes, baraqués et très motivés, veillent. Ardents, peu causants, ils rayonnent un corps d’élite où le mot “vocation” a sa pleine signification.

         Avec l’aumônier, Marie-Angel, discret et si fraternel, j’ai vérifié la grandeur de l’amitié sacerdotale.

         Dernière image. Je vois un jeune pompier au visage juste sorti de l’adolescence. Il “ânonne” avec ses doigts des codes informatiques dictés par son chef. Et il me confie après : “Un an avec ma copine et je l’ai quittée. Elle ne voulait pas me suivre à Paris. J’aime tellement ce que je fais ! “

 

         “ SAUVER OU PÉRIR “ telle est la devise des pompiers. Les cinq martyrs du feu de cette caserne : Thomas, Romuald, Gwenaël, Matthieu et Benoît l’ont vécu jusqu’à l’extrême. “ Il n’y a rien de plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.”

 

         C’est une des plus belles missions qui soient. Parce qu’elle est au coeur de la souffrance humaine.

 

               

Avec le Général, regard sur Paris.

Dans le métro de Paris avec les pompiers.

 

Avec les Général des pompiers.

 

La joie de la rencontre...

 

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MARS 2003: 

"UNE MULTITUDE EN MARCHE" 


« Ca y est ; cet enfoiré de Bush venge son père qui, lui, n'a pas osé aller jusqu'à Bagdad, il y a 12 ans.
Bush Junior s'en sortira couvert du sang des innocents et de celui de ses
citoyens-soldats. Morts pour du pétrole et je ne sais encore quels intérêts
sordides.

Je ne chercherai pas à savoir si la guerre sera longue ou courte, n'étant pas
devin.
Mais une simple logique humaine permet de penser que, pour vouloir éliminer
un fou et un tyran, on  n'a pas le droit de passer sur le corps de milliers d'innocents.

Je pense aux kurdes, dont la fragile autonomie risque d'être balayée par une
invasion turque.
Les centaines de milliers de gens déplacés, traumatisés qui vont s'engouffrer dans des
petits pays proches et pauvres.

Je pense surtout aux gosses, qui, en 1991, depuis la 1ère guerre du Golfe
sont devenus, depuis, des adolescents...
Innocents, ils vont subir un double traumatisme.

Je pense aux milliers de femmes , enceintes ou pas, qui vont subir, une fois
de plus, la folie des hommes dont elles sont les « choses » innocentes, eux qui
décident toujours de la guerre et de la mort.

Je pense aux vieillards qui ne peuvent plus se déplacer et qui resteront
sous les bombes...

Je pense aux grands malades dans les hôpitaux de Bagdad ou d'ailleurs, et
aux prisonniers.

Tous et toutes crèveront de peur sous le déluge des bombes.


Comment peut-on faire naître dans un tel carnage l'harmonie, la joie de
vivre, un avenir apaisé ?

Saluons les hommes d'Etat, dignes de ce nom, tel Jacques Chirac, qui ont su dire « non » à cette guerre, ténébreuse dans sa volonté, ténébreuse dans ses motifs et entâchée d'un orgueil fou, où la gloire et la puissance écrasante tiennent lieu d'alibi à la face du monde.

Que des millions de pas silencieux et anonymes continuent de marteler les
rues du monde pour dire «non » au massacre. Ces pas portent un immense
prophétisme qui risque de faire tache.


Les humains prennent conscience que des élus du peuple peuvent dérailler et
que, même si la guerre n'est pas devant le seuil de leur porte, ils peuvent s'intéresser au sort d'humains piétinés au nom d'une bataille qui ose prendre le nom de « liberté ».


Jean-Paul II doit s'affaisser un peu plus. Ce vieux guerrier qui frôle l'Eternité et
proclame : « Oui à l'éradication de toute guerre dans le monde », a raison.

Nous devons rêver avec ce vieux prophète que c'est possible.

Une foule immense se lève, apparemment sans pouvoir, pour le dire avec lui qui
n'a que sa voix pour crier l'injustice.


Un bien peut sortir de tout mal, quel qu'il soit.
Cette multitude, issue de tous les pays du monde, est en marche pour le signifier.

Elle est dans cette horreur une sacrée bouffée d'oxygène.



GUY GILBERT - Paris, dans un bar, à 2 heures du matin, le 21 mars 2003

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AVRIL 2003 (1ère partie) : 

"NON" , NOUVELLE PUISSANCE MONDIALE

 

         Je ne me reconnais pas dans la prière de Georges Bush et sa demande d’une journée de jeûne et de prières... en faisant la guerre.

 

         Ni dans la prière de Saddam Hussein appelant ses frères croyants au soulèvement de la haine, alors qu’il règne sur la multitude des cadavres qui lui a permis de se hisser au sommet d’un pouvoir putride.

         Dieu hait le mal. Il ne peut être dans un camp contre l’autre. Les forces du mal, elles, s’en délectent.

 

         Je ne me reconnais, comme chrétien, dans aucun chef d’état dont la puissance tue pour conquérir, encore et encore, au nom de la liberté. Ou qui lobotomise un pays en faisant de ses sujets des zombies que, seule, la peur guide.

 

         Cette guerre en Irak nous écartèle. Elle nous fait pencher sans cesse d’un côté ou de l’autre.

 

         Les médias, autre puissance, ne nous aident pas à trancher. Au contraire ! Leur part de vérité est cruelle parce qu’ils nous guident des sables mouvants d’une guerre qui s’éternise aux berges qu’on croit salvatrices, quand ils annoncent la mort d’un tyran qui renaît sans cesse.

 

         On balance entre la cruauté d’un régime qui nous révulse et le sang innocent qui paie la faute d’un seul.

         Alors, on tranche au gré des informations. On calcule les coups. On souhaite l’avancée rapide des “rédempteurs” américains pour que la tuerie cesse. Et on est, d’un seul coup, anéanti par les images d’un peuple qui ne peut plus que souffrir et se terrer, ne sachant pas d’où viendra son salut.

 

         Témoins impuissants et actifs à la fois, nous ne pouvons que dire “NON”. Et c’est déjà trop tard. Même s’il faut le dire encore et encore. Faire silence et prier ne l’est pas.

         Nos questions, nos incertitudes et nos atermoiements doivent être jetés en Dieu. C’est la seule issue.

 

         Des voix nous guident pour crier au monde que “ toute guerre est une défaite “ (Jean-Paul II) .. Des plus éminentes aux plus anonymes, elles n’ont, apparemment, aucune puissance réelle.

         Elles ne sont que des voix. Elles n’ont aucun intérêt dans aucun camp.

         Leur force vient de là. Et cette force est invincible pour aujourd’hui et demain. C’est la seule qui permet, dans ce conflit déchirant, d’être “étoile du berger”.

         Par le refus de la violence, une multitude d’humains, qui croient qu’un conflit est fou, peut être déterminante pour l’avenir ..

         La prière mondiale pour la Paix n’a-t-elle pas été exaucée, en partie, dans les pas de la multitude de ceux et celles qui martellent les routes, aux quatre coins du monde, pour dire simplement “ NON “ ?

 

         Elle sera, quand les armes se seront tues et que les charognards se précipiteront pour reconstruire ce qu’ils ont détruit, celle qui a su, envers et contre tout, dire que la Paix est le plus beau nom de l’Amour.

 

         Et si ce simple mot “ NON “ était la puissance nouvelle, à l’échelle de la planète ?

         On peut espérer alors que des gouvernants, fous de pouvoir et de sang, reculent devant ces myriades de mains brandissant un seul mot de refus : “ NON “.

 

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AVRIL 2003 (2ème partie) : 

LE PRIX D'UNE VIE : JESSICA

 

 

 

         Prodigieux le sens que les Américains donnent à la vie ! On reste émerveillé par l’audace et la prouesse d’un commando de marines, réussissant à récupérer, au péril de leur vie, Jessica, jeune militaire grièvement blessée et prise en otage dans un hôpital irakien.

         “ Ne jamais laisser derrière soi les vivants ou les morts, aux “mains de l’ennemi ” : loi héroïque et combien belle des marines américains !

 

         Ils savent le prix d’une vie, nos frères et soeurs des États-Unis. Cela m’a toujours frappé et interpellé.

         Mais, paradoxalement, quel prix a, pour un soldat américain, un enfant irakien mutilé par une bombe, pur produit (doux euphémis-me) des fameux “dommages collatéraux” ?

 

         Quelle motivation doit avoir un soldat, pilonnant Bagdad en lui causant des dommages irréparables, quand il sait qu’un an avant le déclenchement de la guerre un plan de restauration de cette même ville avait été conçu et financièrement programmé !

 

         Quelle redoutable perversion et quel cynisme permettent à des hommes et des femmes politiques d’envisager de reconstruire ce qu’ils n’ont pas encore détruit !

 

         Le soldat qui sait cela et l’analyse doit un être un homme lui-même détruit, quelque part.

 

         Les innocentes victimes de toute guerre sont autant à plaindre que les soldats qui les massacrent sur ordre et, pour beaucoup, sans états d’âme.

 

         Ce n’est pas le plan de restauration de Bagdad et de l’Irak qui sauvera ce pays. Quarante ans après la guerre d’Algérie, les séquelles de ce conflit réapparaissent, lancinantes et souvent putrides.

         Après une guerre, la seule restauration vitale est celle des coeurs qui seront appelés à se réconcilier.

 

         L’offense à l’humanité qu’est la guerre reste une tache qui fait reculer de cinquante ans nos idéaux les plus nobles.

 

         Les millions de “NON”, brandis des quatre coins de la planète, ont été un souffle d’oxygène nouveau et prophétique.

         Quelques mots comme ceux du Pape Paul VI devant l’ONU, “plus jamais la guerre”, restent toujours d’actualité. Ils sont des phares qu’on n’éteindra jamais.

 

         Jessica est le signe fulgurant que tout être est inestimable et compte plus que tout. Elle porte, Jessica, l’immensité de chaque personne de notre planète.

         Qu’elle soit victime ou agresseur, la personne humaine restera, malgré les conflits les plus déments et les violences les plus extrêmes, ce qu’on doit respecter infiniment.

         Ce principe essentiel, je tente de le vivre avec nos loubards, victimes et bourreaux à la fois.

         Ce combat est le seul qui vaille la peine, jusqu’à la fin des temps.  

 

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AVRIL 2003 (3ème partie) : 

DES MOINES A FAUCON

 

           Voir arriver à notre Bergerie de Faucon les moines cisterciens de Ganagobie, en rangs serrés et en soutanes comme « gilets pare-balles », a été pour mes jeunes loubards un grand événement !

 

         Surtout que certains moines avaient des têtes de gangsters… Les regarder célébrer avec la componction monastique habituelle et, ensuite, les voir se déshabiller et se mettre en tenue de travail pour soigner buffles, kangourous, daims, sangliers et autres bestioles fut un enchantement pour nos gars.

 

         Les moines ont été pour nos jeunes une très belle découverte.

 

         La vision des canetons (les moines) derrière la cane (le Père Abbé), n’a pas déparé par rapport à ce que vivent mes loubards vis-à-vis de mon humble personne.

 

         Je suis leur Père Abbé et ils respectent infiniment mon siège abbatial. Qu’il est imprudent, le môme arrivant à Faucon et s’asseyant sur mon siège, sculpté dans un tronc d’arbre par un ancien loubard ! Vidé, le mec, vite fait bien fait.

 

         Le problème, c’est que je n’ai pas la sainteté du Père Abbé de Ganagobie… Je n’en ai que le siège.

 

A la question du frère Hervé, un jeune  postulant : « T’arrive-t-il parfois de cogner ? » j’ai répondu :

         « Bien sûr, Hervé, que je cogne parfois un de nos « sauvageons », quand il me manque de respect ou qu’il fait une sale connerie. Les mots et les gestes de ces jeunes sont violents. Répondre alors à la violence est le seul antidote qui me permette de leur dire : ça suffit ! »

 

         Je vois difficilement votre Père Abbé cogner fraternellement un moine qui dérape. A chacun sa technique.

 

         Je frappe toujours avec « amour ». Une droite évangélique dans la gueule n’est pas inintéressante pour eux. Ils ont été frappés pour rien : des parents qui les ont matraqués pour se défouler. Des flics qu’ils haïssent et qui, souvent, le leur rendent bien. Mais une réponse parfois violente, ils l’acceptent car ils savent inconsciemment que c’est le seul moyen d’arrêter leur violence.

 

         Trente-huit ans à leur service m’ont indiqué la voie royale de l’amour en prenant, parfois, leur propre violence pour leur indiquer la route.

 

         Savoir dire « non », parfois durement, est un impératif éducatif que toute famille devrait avoir en exergue, écrit noir sur blanc.

 

         Exergue à mettre sur le réfrigérateur pour que vos chérubins puissent le lire chaque fois qu’ils ouvriront la porte de toutes leurs convoitises.

 

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AVRIL 2003 (4ème partie) : 

UN PRINCE ET UN LOUBARD

 

                 

 

         Une longue et discrète amitié me liait, depuis sept ans, à Laurent de Belgique, le fils de Paola et Albert, reine et roi de Belgique.

 

         Marier un prince royal était pour moi une première. Je ne pouvais jamais imaginer qu’un jour je serais à côté d’un cardinal pour être le témoin de l’amour que se donnent deux altesses royales.

 

         Dans la cathédrale de Bruxelles, où 1500 invités avaient pris place, je devais donner la méditation finale pour les mariés après la remise des alliances.

 

         La nuit de mon départ pour ce mariage, un loubard, Abdel, arrive brusquement à la permanence parisienne. Il sortait de prison où je l’avais suivi, pas à pas, durant un an.

         Je reste avec lui jusqu’à 3 heures du matin. C’est lui, étonnamment, qui m’a donné le souffle nécessaire pour parler de l’amour à un parterre de rois et reines, princes et nobles de toutes les cours d’Europe, quelques heures après.

         Aucune peur, aucun stress devant ces têtes couronnées.

 

         Quelle joie de crier l’amour, la plus belle aventure humaine, au plus noble comme au plus humble, grâce à la télévision qui retransmettait le mariage princier à tout le Royaume !

 

         Au cours des deux repas qui suivaient la cérémonie officielle, belles et fortes rencontres. Certaines détresses entendues sur des amours manquées, des blessures de couples déchirés, de fortunes immenses ou de palais somptueux anéantis en quelques jours m’ont marqué.

         Je passais de table en table, comme on me le demandait. J’ai vu combien tout protocole disparaît face aux appels des grands de ce monde, quand ils jettent les titres et se révèlent nus.

         Ce sont des êtres qui ressemblent étrangement à certains de ceux et celles des miens. A la différence près que ces derniers n’ont aucune fonction officielle pour se cacher derrière une apparence brillante qui permet un semblant d’existence.

 

         Passionnants moments. Découvertes d’êtres d’exception parmi les personnalités du gotha royal. Notamment, une future reine d’une authenticité transfigurante. Elle a été pour moi un souffle de joie et de paix dans cette foule dont la rencontre inédite m’a beaucoup enrichi.

 

         En présentant, dans chaque palais, le laissez-passer aux armes royales, je pensais à Abdel sortant de prison. Il était arrivé à minuit, sans laissez-passer. Sans rendez-vous.

         Il était venu comme un pauvre, en frappant simplement à ma porte.

 

         Certains des invités prestigieux venus au mariage, nantis du carton royal qui leur permettait les entrées si désirées, étaient aussi des pauvres.

 

         J’ai aimé être aux côtés de ces êtres de lumière, assoiffés d’écoute et de miséricorde.

 

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MAI 2003 (1ère partie) :

POUR TES WEEK-ENDS ET TES VACANCES, METS-TOI A LA PLACE D'UN TUEUR

 

Bonne nouvelle : 80 morts attendus pour les fêtes de Pâques, 42 seulement. Ouf ! On est 38 survivants ! Merci Nicolas et Jacques...            

 

Pour tes week-ends et tes vacances, j’ose te demander de te mettre... à la place d’un tueur.

 

            Écoute ces deux faits :

            1 ) - Un jeune couple de motards m’interpelle, un jour. Il avait tué

un gosse de 3 ans sur la route. Un an après, livides, les deux tourtereaux

me racontaient le choc terrible du crâne de l’enfant explosant sur leur rutilante BMW.

            Ils n’allaient pas vite. Ils n’avaient pas bu. Mais, traversant une cité, ils n’avaient pas prévu qu’un gosse ça file d’un seul coup, sans prévenir. “On aurait pu l’éviter en allant un peu moins vite”.

 

            2 ) - Cette femme qui entend son portable sonner et, quittant une seconde du regard la route, tue un jeune cycliste et blesse très grièvement un autre, je ne l’ai jamais vue. Mais je ressens ce qu’elle vit. Le cauchemar durera le reste de son existence.

 

            Te faire peur n’est pas mon désir. Mais je veux te dire que chacun d’entre nous peut être, aujourd’hui ou demain, un snipper, un tueur, un assassin du bitume.

 

            Pars en vacances ! Vis à fond la caisse ce temps de plénitude, de joie, de détente, de silence.

            Aime ton conjoint en laissant tes dossiers, ta télé, tes journaux. L’autre saura que ce temps, c’est votre temps d’amour renforcé.

            Écoute tes gosses. Joue avec eux. Partage ce moment privilégié où toute rencontre est un temps gagné, inestimable, loin des miasmes de la ville et de tes préoccupations multiples.

            N’oublie pas. ton (ou tes) ancêtre(s) qui peuvent encore voyager. Ils seront si heureux de voir qu’ils comptent pour toi. Ou alors, ravis-les par une visite pour casser leur solitude et leur dire : “Vous êtes notre Histoire vivante. Merci de nous avoir donné la vie”.

 

            Pour toutes tes rencontres, respecte infiniment ce volant qui te permettra tant de joies. Ramène au bercail, dans l’allégresse, tes mômes, ton klébar et tes souvenirs.

 

            Participe activement à l’extraordinaire renouveau qui nous fait, enfin, prendre conscience du bain de sang éclaboussant, rituellement et cyniquement sur nos routes de vacances.

            Bouffe l’oxygène hors des sentiers battus que sont nos autoroutes et les endroits où l’on s’entasse. Alors du pourras dire :

 

                        “ ELLES ÉTAIENT BONNES, CES VACANCES ! “

 

            Ce sont celles que je te souhaite.

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MAI 2003 (2ème partie) :

NICOLAS SARKOZY ET LES PETARDS

Vous avez vu dans la presse les nouvelles élucubrations de Nicolas Sarkozy. Il est en guerre contre les pétards. Il y va fort notre Nicolas. Je salue l’essai qu’il fait contre la drogue. Aucun homme politique ne s’y est essayé encore ! Si, Jospin l’avait fait juste avant de louper la présidentielle en disant « vaut mieux fumer un pétard le soir tranquille dans son lit que de boire au volant » ce qui était un lieu commun extraordinaire. Cela posait une question fondamentale : légalisons la drogue douce ou pas ? Mais c’était un problème très mal posé. Il n’y a eu aucun commentaire par la suite.  Ça veut dire que les hommes politiques ont peur de perdre les voix des jeunes s’ils s’attaquent à ce fléau. Quand on sait que 7 millions de jeunes fument en toute impunité ! J’ai vu l’évolution en 20 ans. Avant ils se cachaient ; aujourd’hui, c’est plus la peine. Ils roulent leur pétard partout ! Ils fument au su et au vu de tous ! On fait la chasse depuis longtemps à ceux qui boivent trop au volant, mais pas à ceux qui fument trop et qui peuvent provoquer des accidents mortels. Nicolas veut partir en amont. Je lui souhaite bon courage.

J’ai vu une séquence télé où 2 flics en civil abordent un mec qui fume son pétard dans la rue. Ils lui demandent son identité mais ne lui mettent pas un PV. Ils écrasent tout de suite le pétard par terre. J’aime bien cette technique. Il m’est arrivé de tomber sur des flics la nuit qui me reconnaissent, m’abordent et me montrent la saisie de la nuit : plusieurs barres de shit dans les poches mais pas sous cellophane, et donc sans main courante ! Il faut dire que les flics sont jeunes et doivent fumer de temps en temps. Souvent des jeunes m’ont raconté que les flics leur avaient pris leurs barrettes sans rien leur dire. Les ados étaient contents de ne pas avoir été arrêté mais se posaient des questions sur les flics et ce qu’ils avaient fait de leur came ! La règle de détruire aussitôt le shit est claire et nécessaire.

Ecoutez ce que dit Renaud : « n’oubliez pas que la drogue douce, c’est de la drogue dure » et il en sait quelque chose.

On fait vivre des tas de jeunes dans l’impunité. Beaucoup ne fument qu’occasionnellement. Ils parlent d’un moment de convivialité. Un pétard de temps en temps n’est pas dangereux mais l’accoutumance peut être très dangereuse, déstabilisante. Je connais des jeunes dont la scolarité est complètement foutue. Les professeurs savent bien ça maintenant quand ils constatent que le jeune dort en classe, qu’il est ailleurs, qu’il a des troubles du comportement.

La drogue, c’est aussi ce marché formidable de centaines de millions d’euros par an. Combien de ceux que j’aide ne veulent pas de stages à 500 euros alors qu’ils se font 1500 par mois nets d’impôts en vendant leur merde hallucinogène! Comment voulez-vous recycler de tels jeunes !

Il y a une décision gouvernementale de ne pas légaliser la drogue mais d’essayer d’aborder de front ce problème pour savoir pourquoi les jeunes fument et comment soigner les gros fumeurs avant de les sanctionner.

Merci à Nicolas de vouloir aborder ce sujet très fort, très délicat qui n’est pas bandant électoralement parlant. Il est courageux d’agir, vite, bien, fort et cool à la fois.

Bon courage Nico !!!

Mais que je ne te surprenne pas Place Beauvau préparant un big pétard avant une réunion craignos avec les syndicats des policiers. Les super cigares de ton bureau te suffiront pour continuer ta lutte étonnante et courageuse !

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MAI 2003 (3ème partie) :

ET SI ON PARLAIT PUDEUR ?

On fait tout un ramdam sur “le voile” ou “pas le voile” ! Certains en font une vraie bataille.

Personnellement, je ne serais pas pour le voile, à l’école notamment.

Une loi laïque qui respecte toute religion doit avoir ses garde-fous dont celui-ci qui est important : ne pas afficher dans un lieu public sa religion pour ne pas provoquer celle des autres.

Avant d’être juifs, musulmans ou chrétiens, nous sommes des humains. Mais je ne me battrais pas là-dessus. Il ne faudrait pas en faire un combat qui entraînerait l’affrontement. A l’État de décider!

En dehors du foulard, je voudrais saluer la pudeur des filles européennes et de celles issues de l’immigration. Cela m’a toujours frappé, dans les familles musulmanes surtout et dans certaines familles chrétiennes ou même laïques.

Je veux en parler car cette pudeur est bonne et belle. On ne parle jamais de pudeur. C’est une vertu magnifique. Dans un monde européen où il y a une recherche effrénée d’exhibition, il faut tout montrer ses fesses, sa poitrine, ses jambes. Il faut tout déballer, tout expliquer : sa vie intime, sa position érotique dans le plumard. Il faut parler de son histoire intime, de ses désirs intimes, de ses pratiques les plus secrètes et l’on arrive, dans le monde d’aujourd’hui, à être honteux de cacher son jardin secret.

La dernière fois qu’un jeune m’a interpellé en conférence en disant « Guy, est-ce que tu fais l’amour ? » je lui ai répondu ceci :“Es-tu homo ou hétéro ? Puisque tu veux que l’on parle de nos zizis, allons-y franchement.” Il ne savait plus où se mettre.

Je lui ai dit ensuite que ces questions-là regardaient chacun d’entre nous et personne d’autre. “Jamais je ne te poserai publiquement la question sur ta sexualité. Même dans l’intimité, je ne le ferai pas. Sauf si tu viens me confier des difficultés et que tu veuilles mon aide.”

Cela s’appelle “le jardin secret’, la pudeur. Malheureusement, la pudeur est devenue un gros mot ! C’est vraiment le pauvre con, le demeuré qui osera parler de pudeur ! Telle est l’opinion courante.

Et pourtant la pudeur existe tout jeune. Le gosse l’apprend petit à petit en fermant, un jour, la porte des toilettes... L’ado, c’est l’intimité au maximum, enfermé à double tour dans sa chambre. L’adulte peut la vivre également en refusant toute question sur sa vie privée, par exemple.

Je discutais récemment avec trois femmes qui s’exhibaient avec des pantalons “taille basse” laissant apparaître leurs strings. Il m’a fallu longtemps pour leur faire convenir qu’elles cherchaient à exciter le regard des hommes. Leur défense était “Ils n’ont qu’à pas regarder”. Mon attaque suivait « Impossible de ne pas voir ! »

Regardez la télé réality, les films pornos.., ils détruisent tout sens de la pudeur. C’est le jardin intime qui va aider les jeunes à garder leur indépendance d’esprit. Que ça soit pour les vêtements ou pour autre chose. Aller dans le sens de tout le monde empêche d’être porteur d’avenir, pour un jeune notamment.

Apprendre à nos petits la pudeur est essentiel. La prêcher aux ados est très important. A condition que nous, adultes, nous en soyons convaincus. Ce qui n’est pas évident.

Être ni ringard, ni coincé mais afficher ce qui est noble et élevé reste, face à l’extrême dérive d’aujourd’hui, un devoir pour nous et nos enfants.

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JUIN 2003 :

LE CELIBAT, MYSTERE D'AMOUR

Comme il est dur le chemin des prêtres, aujourd’hui ! 

Attaqué, vilipendé, sali, notre célibat qui est pour tant d’entre nous une magnifique histoire d’amour est à la une des discussions touchant à l’Église

J’ai refusé plusieurs échanges télévisés sur ce sujet. Jeter, face à une caméra ou un micro, le mystère d’amour du célibat le rend, à mon sens, un peu plus incompréhensible quand on oppose, comme d’habitude, les “pour” et les “contre”.

Ce que vit intérieurement le prêtre, dans le don total de sa vie au service de son peuple et de l’humanité, est intraduisible par la parole.

Seule, sa vie offerte au vu et au su de tous, donne une pleine signification de sa totale disponibilité et de sa présence soudée totalement au Christ Lui-même.

Étrange, la réflexion de ce chrétien ami peu favorable au célibat et qui, voyant son prêtre quitter le ministère, le déplorait devant moi “Les autres, oui. Pas lui !

Mais “lui”, son prêtre, avait été son père spirituel et un exemple de don, comme tant d’autres ! Il n’avait pas besoin de l’expliquer, son célibat. Il le vivait et son paroissien le “dévorait”.

 

D’ou le choc de son départ !

Chrétiens, vous avez le devoir de défendre votre prêtre dans son célibat qui est “don pour vous”.Si vous entretenez la critique facile en le contestant, vous n’aiderez pas celui qui tente bellement de vivre, à votre service, un des plus grands trésors de l’Église.

Que l’Église, un jour, autorise la prêtrise pour des militants catholiques mariés et aux couples solides, ayant passé les caps les plus difficiles, elle peut le faire. “Non pas pour des raisons sociologiques mais spirituelles”, disait dernièrement Monseigneur Philippe Barbarin dans une interview à Paris-Match.

Mais que l’Église donne le choix du mariage ou du célibat à l’adulte, juste sorti du séminaire, ne semble pas la solution à la carence des prêtres. Un jeune couple est trop fragile (aujourd’hui tellement plus qu’hier) pour revenir sur la loi du célibat à cette étape de la vie.

Le don d’une vie totalement vouée au service du Christ et de son Église reste toujours d’actualité. Fascinante aventure qui demande une préparation solide et éclairée.

Le célibat bien vécu est un des signes les plus forts pour le monde d’aujourd’hui, même s’il le conteste

Si d’autres chemins s’ouvrent à l’Église pour que l’Eucharistie fleurisse partout, prions ardemment pour qu’elle les trouve.

En attendant, la consigne du Christ demeure, plus que jamais, pressante et urgente :“ Priez pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers dans son champ.”

De saints ouvriers seront la réponse la plus convaincante pour le monde.

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JUILLET 2003 :

LES LABRADORS DE L'ETE

Le gendarme est furieux. Il a reçu l'invitation à la Garden-Party de l'Elysée la veille du 14 juillet. En vacances en Alsace, il n'a pas voulu se déplacer, trouvant plutôt amer que Jacques Chirac invite à la dernière minute le labrador-gendarme qu'il avait été le 14 juillet précédent.

Pensez ! Il avait détourné l'arme de l'anarchiste qui voulait buter le Président ! il se consolera sans doute de cet impair en goûtant la douce chaleur alsacienne... et en voyant son visage irrité dans tous les journaux.

 

Quelques heures de repos grappillées à Nice avant d'assumer la tornade loubarde à la Bergerie : je me balade dans le petit massif du Mont-Foron, sur les hauts de Nice.

Et d'un seul coup, rasant la colline, apparaissent par vagues les avions des labradors du ciel qui vont sauver les forêts avoisinantes qui s'enflamment.

Ces anges du ciel sont des héros méconnus et kamikazes. Mais ils sauvent les personnes, leurs biens et les pinèdes qui brûlent.

Saluons-les !

 

Les labradors de la route sont là, vigilants, reniflant le moindre dérapage de nos roues mordant sur les règles du macadam.

 

Ce vieux dinosaure de 83 ans baignait ses vieux os sur la côte. Il était à 100m de la plage où sa famille devisait tranquillement. Pris d'un malaise, il coule. Seul son labrador sent son maître en danger et fonce.

Il ramène son maître inconscient mais vivant.

Saluons l'instinct, la gratuité et la fidélité de ce labrador à quatre pattes. Il aura une place au paradis de toutes les bestioles qui vivent la phrase d'évangile aussi bien que les humains :

 

« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime »

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  AOUT 2003 :

HOMMAGE A MERE TERESA 

(à l'occasion  du 6ème anniversaire de sa disparition)

 

Le signe de Mère Térèsa,  c’est d’être partie du fait de voir un agonisant dévoré vivant par les rats et de refuser de passer son chemin.

Elle est partie d’une personne pour sans cesse revenir à chaque personne ; sans rien dire.  Son témoignage de feu à mis l’incendie sur la Terre.

 

Son pauvre visage, jusqu’à la fin de sa Vie, traduisait le signe qu’elle était portée et qu’elle se foutait complètement d’elle.

Sa vie intérieure authentifiait et dynamisait son action : elle est toujours partie de là. Elle était une pauvresse et jusqu’au bout. L’Evangile fera naître des Mère Térèsa qui, sans calculs et au ras des pâquerettes de l’Evangile,  témoigneront que le Christ, dans celui dévoré par les rats, sera la priorité de nos vies.

 

L’admiration, Mère Térèsa n’en avait rien à foutre. Mais vivre en actes l’Amour gratuit et évangélique permet à chaque chrétien d’être à la hauteur de cette femme dévouée au monde par Dieu comme signe.

 

GUY GILBERT – dans un bar de Fontainebleau, le 25 juin 2003 à 1heure du matin

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SEPTEMBRE 2003 (1ère partie)

LE RELAIS D'AMOUR

    Ma tendresse pour les vieilles "taupes " et les vieux "hérissons" "est connue. Elle est surtout viscérale chez moi. Ce qui m'émerveille et me fait vaciller chez eux et chez elles, c'est leur fragilité et leur force.

    Tout commence à partir en couille, lentement, sûrement, inexorablement, l'âge avançant. Les muscles se dérobent, les dentiers s'entrechoquent, les os sont devenus des tas de ferrailles à force d'opérations, sans oublier l'arthrose qui rend tout geste douloureux...

    La vue baisse. L'oreille se tend pour écouter. Quoique l'alibi de la surdité est inestimable pour entendre tout ou presque... en faisant semblant d'être sourd-dingue !

    Certains anciens ne manient que leur rétroviseur. Pénible spectacle de ceux et celles qui ne se meuvent que dans leur passé. D'autres vivent le temps présent, à fond la caisse. Radieuse vie qu'est la leur. Ils acceptent leur condition, ne la subissent pas... voire  en rient.

    Les êtres profondément spirituels vivent chaque journée comme cadeau  de Dieu. D'autres vont plus loin en s'armant d'une longue-vue. Ils sont l'espoir du monde, en l'étreignant pour agir sur lui, certains de le rendre meilleur...

    Ces derniers plantent des arbres pour que leurs petits-enfants profitent de leur ombre.

    Des milliers sont morts au cours de ce dernier été 2003 ! Entourés de ses enfants est la joie suprême quand on passe de la Terre au Ciel.

    Mourir seul est terrible. Que des centaines d'anciens soient retrouvés huit jours après avoir été quasiment asphyxiés par la canicule, est le péché mortel de notre civilisation qui ne tolère que le beau, le performant, le jeune et le muscle ferme.

    Plus navrantes encore sont ces centaines de pierres tombales numérotées, faute d'avoir pu trouver la trace des proches du défunt.

   Une certaine partie de ces vieillards, décédés en silence et seuls, ont été amenés d'office à l'hôpital ou à l'hospice, la veille des départs en vacances de leurs enfants, à la suite d'un expéditif conseil de famille : "Chérie, on va pas s'embarrasser de cette vieille peau pour les vacances !".

    Toi qui me lis, tu vieillis et tu vieilliras. Puisses-tu t'en souvenir pour aimer tes anciens. Alors, tu connaîtras la joie d'une présence aimante et de gestes de tendresse jusqu'au bout de la route. Tes enfants s'en souviendront et passeront, à leur tour, le relais d'amour.

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SEPTEMBRE 2003 (2ème partie)

AIMEZ CE QU'ILS AIMENT

   C’est une des phrases de Don Bosco qui m’a le plus marqué dans ma vie d’éducateur.

   « Aimer ce que les jeunes aiment » n’a jamais été évident pour moi. Pourtant, avec le recul, ce conseil est fort judicieux.

   Il ne faut surtout pas le prendre au premier degré. Le discernement et la prière devant illuminer ce précepte éducatif.

   Le Curé d’Ars affirmait que les jeunes qui allaient au bal couraient tout droit en enfer. Je suis entré jusqu’au cou dans la fournaise infernale des boîtes de nuit... dont j’ai pourtant horreur.

   Entendant mes jeunes dire, alors qu’ils envisageaient d’aller dans les boîtes de nuit : «  Ça va saigner », j’ai décidé de les accompagner pour voir et comprendre.

   J’ai vite vu et compris que leur appétit de violence les poussait à l’affrontement. L’alcool étant leur arme préventive.

     J’ai décidé alors de retourner avec eux dans ces lieux de perdition, mais à la condition que je paie moi-même les boissons... non alcoolisées. Sauf la dernière, juste avant partir. Miracle ! Pas de bagarre. Pas de sang. Et mes jeunes ravis, quittent la boîte de nuit étonnés que la soirée finisse dans leur plumard et non pas dans les paniers à salade, direction la garde à vue !

   Dernièrement, j’étais dans un casino de la Côte d’Azur avec un de mes anciens. Je le regardais de loin, les yeux fous, rivés sur les manettes, dans l’attente du bruit enchanteur des pièces qui tombent.

   Le laisser seul avec ces machines diaboliques, il n’en était pas question.  Etre là pour sonner l’heure de la retraite et l’arracher aux machines à sous fait parfois partie de ma tâche éducative.

   Pour les mineurs, me perdre dans les salles emplies de jeux vidéo est aussi une de mes priorités... et calvaire à la fois.

   Etre avec mes jeunes « scotchés »  comme ils disent, à ces jeux plus ou moins destructeurs mais qui les fascinent nécessite une présence éducative forte pour les éclairer et... là aussi sonner vite l’heure de la retraite.

   Ni systématiquement opposés, ni aveugles et encore moins complices, être présents dans ces lieux que nos jeunes affectionnent mais où ils risquent de se perdre, c’est vraiment les aimer.

   Don Bosco avait raison. Et le curé d’Ars ne m’en voudra pas…

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SEPTEMBRE 2003 (3ème partie)

LEURS LARMES DE GOSSES

     Il est là devant moi. Et il pleure. Ses larmes d'ado me font vaciller.

Ces perles de cristal qui coulent lentement, combien en ai-je vu dans ma carrière d’éducateur ? 

     Désiré venait, deux minutes auparavant, d’insulter mes adjoints. J’arrive sur le fait. Il réitère ses insultes, précisant qu’elles ne m’étaient pas adressées.

     Pour éviter la surenchère verbale qui pouvait l’exclure de la communauté dans l’heure qui suit, je le prends à part tout de suite. Et je lui demande ce qui se passe. Il éclate en sanglots. C’est sa réponse d’adolescent tant battu durant son enfance et maltraité à l’extrême. L’adulte reste toujours pour lui un ennemi. Même si, en quatre mois, dans notre Bergerie il a fait des progrès étonnants.

     Exclu de partout, sautant auparavant sur tous les éducateurs à qui il était confié, on n’a eu que très peu d’incidents avec lui depuis qu’il nous est confié.

      Une phrase de trop, un regard qui ne lui plaît pas. peut le faire exploser.

      Je le calme doucement et il repart pour s’excuser auprès des deux personnes qu’il a offensées.

     D’autres visages m’apparaissent au travers de celui de Désiré. Ils ont beau avoir des carrures d’athlètes, des traits durs qui respirent parfois tant de haine, ou avoir commis des actes très graves, il m’arrive toujours. en les accompagnant durant des années, de surprendre leurs larmes d’enfants.

     Cela a été souvent suite à un affrontement physique. C’est presque un rituel. Me bravant et m’obligeant à faire respecter par une rude empoignade le feu rouge qu’ils ont dépassé. Le moment physique très fort stoppé, ils éclatent en sanglots.

     Je me souviens de tant d’ados se pressant contre moi et éclatant en sanglots sur mon épaule !

     Savoir leur dire « non » est un essentiel. Et parfois durement. Mais c’est entrer dans leurs codes des mots et des gestes violents. Sous leur écorce si rude apparaît, peu à peu l’enfant qu’ils n’ont jamais pu être.

     Leurs larmes de gosses disent tout. Elles authentifient leur innocence retrouvée et la confiance qu’ils me font. Elles sont perles inestimables pour moi.

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OCTOBRE 2003 (1ère partie)

PAROLE D’EGLISE, PAROLE DE TROP ? ou SILENCE DE MISERICORDE

Que l’Eglise soit contre l’avortement, sans nuances, je suis absolument d’accord avec elle. Parce que c’est justement la nuance qui fera que son message ne sera pas entendu et même traîné dans la boue ou pire : on profitera de la nuance pour détourner complètement le message initial.

Je m’explique : « le respect de la vie » que prône Jean-Paul 2 est inestimable pour le monde d’aujourd’hui ; il le fait sans nuance.

On le dit inhumain. Sa parole mondiale trouve le même écho dans le palace d’un roi ou dans la favella d’un sud-américain.

Cette parole planétaire ne peut pas être nuancée ; sinon, elle est défigurée.

S’il y a nuance dans ces cas précis, on se servira de ces fameux cas précis pour détruire ces messages de l’Eglise de Vie puisés dans l’Evangile.

Mais que l’Eglise se taise dans les cas extrêmes. Son silence ne sera pas complice mais fera comprendre que la fille violée et enceinte ne peut, ni physiquement, ni psychologiquement, garder la trace du viol.

Dans mon métier d’éducateur, j’ai été suffisamment témoin d’horreurs devant des filles violées par plusieurs sexes en forme de couteaux pour comprendre que cette femme est incapable de garder le fruit du saccage sexuel. J’ai pu, par miracle, sauver quelques enfants, issus d’un viol. La plupart du temps, la fille a tué la Vie en elle pour supprimer la vision d’un moment d’horreur ; et je le comprends parfaitement.

Mon silence devant la fille qui s’est fait avorter n’était pas complice mais, au nom du Christ crucifié, était ma participation à sa souffrance indicible.

L’euthanasie se situe dans la même ligne : je suis d’accord avec l’Eglise pour ne pas supprimer des vies humaines en les achevant sciemmment ; qu’elle le crie, je suis d’accord.

Mais qu’Elle la ferme quand, à bout de souffrances, une personne décide de se supprimer ou de se faire supprimer.

Vincent, le jeune accidenté et vivant depuis des années une atroce existence, voulait la mort.

Sa mère et le médecin le lui ont donnée.

L’affaire s’étale dans tous les journaux ; que l’Eglise se taise dans ce cas d’espèce.

Cette Eglise, médecin du corps et de l’âme, légifère, normalise et… … elle a raison. Mais devant tant de souffrances, que son silence soit le signe de sa miséricorde au nom de Dieu.

Que l’Eglise, dans la guerre du Kosovo, dise qu’elle n’était pas d’accord avec les pilules abortives données aux femmes, notamment musulmanes, violées, était une parole de trop. Surtout quand on sait que la femme violée, dans la réalité musulmane, est écartée définitivement de la famille et condamnée, inexorablement, à la prostitution.

Dans ce cas de figure, la femme victime le devient doublement… Dire à ce moment-là qu’on est contre la pilule abortive, c’est tuer une seconde fois.

Puisse la tendresse de l’Eglise dire haut et fort qu’elle est médecin de l’âme et du corps jusqu’au bout ; mais qu’Elle puisse, aussi, se taire devant des cas extrêmes.

Difficile acrobatie : mais le monde de la culture de la mort, auquel nous ne devons pas plaire, doit savoir que nous voulons rester champions de la Vie et le clamer. Par moment en sachant se taire pour rester à côté du souffrant.

Guy GILBERT - Nuit du 30 septembre au 1er octobre 2003, à 2 heures du matin, dans un restaurant parisien.

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OCTOBRE 2003 (2ème partie)

JEAN-PAUL 2 ET DEUX REGARDS INNOCENTS

 

Remarquable, le regard des jeunes et des anciens, vis-à-vis de Jean­Paul 2 !

  Les jeunes sont des fans inconditionnels de notre vieux Pape. Partout où il convie les jeunes chrétiens, ces derniers affluent, foncent. Une étrange et mystérieuse communion les unit. Avoir assisté à cinq JMJ a été pour moi un régal et la preuve tangible d’une foule immense unie autour de Pierre.

Nos jeunes, en manque de père, boivent les paroles du vieux Sage avec une soif difficile à décrire.

Les médias, en retard d’un TGV, boudent d’abord ces immenses rassemblements. L’affluence juvénile les pousse au cul. Alors ils déclenchent leurs caméras, leurs micros et leurs plumes pour tenter de comprendre ce phénomène.

  Vexés, ils le décrivent comme une passade, une simple soif des jeunes du monde en manque de rassemblements. Ils en biffent souvent les fruits qu’ils ne cherchent même pas à découvrir.

Des zooms multiples sur la foule des jeunes enthousiastes leurs suffisent pour saluer l’événement.

Les anciens, eux, ont un autre regard. Leur arthrose, hémiplégie et autre maladie de Parkinson les mettent en contact direct avec le visage papal souffrant, ses grimaces de douleur, sa démarche titubante, sa parole hésitante.

Se croyant devenus inutiles et à mettre au rencart, ils voient un octogénaire malade insuffler au monde une spiritualité d’enfer, active, actuelle et sans failles. L’exemple de Jean-Paul a dû remettre debout tant d’anciens perclus de douleurs et s’enfermant dans leur maladie.

Par contre, c’est l’adulte qui glose interminablement sur l’état physique du Pape  .« Mais qu’il parte ! Baver devant les caméras, c’est indécent. Place à un Pape en pleine forme... »

L’adulte moderne, performant, actif ne croit qu’au muscle jeune, à la forme olympique et au look des magazines de mode. L’apparence est seule crédible. Le reste est à jeter aux oubliettes. Quand ce n’est pas dans la poubelle.

Le regard d’innocence des jeunes et des vieillards reste celui qui colle le mieux à l’Évangile.

Pierre, le premier Pape, est mort martyr. Jean-Paul Il, son 264ème successeur, après les balles qui ont voulu le tuer au cours de son pontificat, meurt doucement devant nous, martyrisé par sa maladie.

A l’intrépide Pasteur de rester, tant qu’il sera lucide. Ses petits pas sont ceux d’un athlète de Dieu.

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NOVEMBRE 2003 (1ère partie)

LES FLEURS : LES MORTS N'EN ONT EN RIEN A FOUTRE !

Les fleurs… les morts n’en ont rien à foutre !

C’est pour notre œil à nous qu’on les leur offre.

Et, nous, nous sommes les vivants qui pouvons prier pour eux et intercéder.

Ce sont les plus belles fleurs qu’on puisse leur offrir.

Les vertus … des morts, ça s’arrose, ça se cultive par le souvenir embaumé qu’ils nous ont laissé. Ca ne se flétrit jamais. La douceur, la miséricorde, la bonté de ma mère sont une magnifique gerbe florale pour moi.

Fleurs éternelle par leur beauté dévoilée sur terre.

Bien sûr, comme tous les ans, je vais trouver quelques chrysanthèmes éclatants de blancheur sur la tombe de mon neveu mort tragiquement dans les Gorges du Verdon en 1977. Déposés par des mains anonymes de vieilles mémées, ces dernières conservent dans leur cœur la lumineuse adolescence de Christian, son sourire discret et charmeur, son sens aigü du geste qui le portait sans cesse à rendre service, notamment aux anciens.

Puissiez-vous ne pas enlaidir ce temps de méditation sur la mort par de plus ou moins ridicules masques ou citrouilles que vos gosses vont vouloir acheter.

Halloween, qui veut dire « veillée des saints », s’est trompé de méditation en voulant enlaidir la mort.

C’est notre deuxième berceau.

Forcément, nous y allons. Certains y courent. D’autres ont encore du temps.

Alors, bouffons ce temps qui nous reste. Soyons des combattants de l’Amour et de la justice, ne perdons pas une minute.

Et si vous pensez, après m’avoir lu, que les fleuristes vont faire faillite, achetez quelques fleurs blanches…

Elles appellent à la résurrection.

GUY GILBERT – Aéroport d’Orly, le vendredi 31 octobre 2003.

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NOVEMBRE 2003 (2ème partie)

AU NOM DE L'INNONCENCE DE DEUX FILS DE ROI 

« On nous annonce à grands fracas que le Prince Charles peut être homosexuel.

Qu’est-ce-que je m’en tape de sa possible homosexualité !… C’est sa vie privée mais la presse Outre-Atlantique a le culot de mettre en gros titres « Le prince Charles est homosexuel » en terminant par « (…) Nous ne pensons pas qu’il le soit ». Encore une fois, on assassine d’abord et on corrige après…

Je pense d’abord souvent aux gosses de Charles : William et Harry.

Ce n’est pas une déformation professionnelle. C’est la réflexion d’un homme proche d’adolescents et de jeunes adultes qui comprend ce que doivent souffrir deux êtres jeunes ; ils ont subi le divorce torrentiel de Diana et Charles ; ils ont donc vu à la « une » de la presse les visages de leurs chers parents traînés dans la boue. Leurs fils ont tout su de leur dépravation conjugale.

Ils ont suivi le cercueil de leur mère qu’ils aimaient tant.

Et maintenant, ils voient dans les gros titres de la presse anglaise que leur père pourrait avoir succombé à des tentations homosexuelles.

 

Ces deux grands gosses me hantent. Dans leur présent et leur futur. Surtout que William risque d’avoir le trône d’Angleterre plus tôt que prévu.

Impossible, évidemment, d’échapper à la notoriété quand on se situe à un tel niveau.

La déontologie de la presse devrait être révisée de toute urgence ; elle peut saccager à vie des personnes appelées aux plus hautes fonctions.

           J’admire la carapace de rhinocéros que doit avoir Charles. Malheureusement, William et Harry ont encore l’innocence de la fin de l’adolescence...
Leur peau est fragile.

Prions pour  ces deux grands gosses : pour qu’ils  ne soient pas trop atteints par le monde putride d’une presse dévoyée qui se repait de la vase au nom de la Liberté. »

Guy GILBERT, à 2 heures du matin dans un restaurant parisien (nuit du 17 au 18 novembre 2003)

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DECEMBRE 2003

LA "CRECHE" DE SADDAM

Il n’avait même pas de paille dans son trou à rats.

Il n’avait même pas la chaleur de ruminants paisibles pour lui tenir compagnie. Il n’avait que des rongeurs pour l’assister dans son extrême dénuement.

Il a dû se souvenir de ceux qu’il enfermait, durant des années, dans des espaces qui n’excédaient pas 1,50 mètre de hauteur et profondeur.

Comme il avait mille Hérode qui le guettaient pour le faire périr, il devait attendre, impatient, ses ennemis jurés, les américains, pour le délivrer.

Car il savait que ses bourreaux auraient été alors ses frères de race et de sang. Il a dû vivre l’agonie des tyrans qui, ayant goûté et abusé de tous les pouvoirs imaginables, savent, une fois déchus, qu’ils ne seront que des proscrits hagards.

Il est sorti de sa bauge, masquée par des ordures, les mains levées vers le ciel qui le délivrait de ses cauchemars… …face à des fusils qui ne pardonnent pas.

Il est encore le bon larron qui peut demander pardon. Les millions de morts qu’il a provoquées, programmées, seront là le jour du jugement terrestre.

La justice humaine passera. Une façon, pour les survivants de sa tyrannie, de faire le deuil de tant d’êtres chers disparus.

Le visage de clochard qu’il a montré, en sortant de son repère, m’a ému, moi chrétien…

Il ne pouvait pas être plus symbolique, ce visage, pour qui croit, quoiqu’un être ait commis, que le pire des bourreaux est aimé de Dieu.

On a trouvé dans son antre une statue de Marie. Qui, plus qu’elle, peut donner à un être inhumain dans ses actes, le visage du ressuscité ?

Personne d’autre…

La photo de Marie, demandée par des prisonniers criminels que je connais pour décorer et illuminer leur cellule, est pour moi le signe que rien n’est perdu.

C’est le visage de Marie, au pied de la Croix, demandant que Dieu fasse miséricorde au pire des bourreaux.

Guy GILBERT, dans un restaurant parisien, à 2 heures du matin dans la nuit du 18 au 19 décembre 2003.

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JANVIER 2004 (1ère partie)

MON VOEU LE PLUS FOU POUR 2004

MARIER LE FILS DE BEN LADEN ET L'UNE DES FILLES DE GEORGE BUSH : c'est mon voeu le plus fou pour 2004

 

« Après avoir marié le Prince Laurent de Belgique, à la cathédrale de Bruxelles cette année, avec une jeune fille qui n’était pas noble, mon vœu le plus fou serait de réaliser et de bénir une autre union : celle du fils de Ben Laden et de l’une des deux filles de George Bush ; c’est le vœu fou de toute la communauté de Rougon : on les marierait ici, à Faucon, dans les Gorges du Verdon, au coeur de la Provence et on leur paierait un voyage de noces en Israël.

Tout ça pour dire que quand il y a de l’Amour, ça efface la haine ».

Guy GILBERT (cité dans « LA PROVENCE » du 1er janvier 2004)

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JANVIER 2004 (2ème partie)

LOUANGE ET DOULEUR

 

"Je repose mes vieux os dans la neige.

Je quitte la piste et m’enfonce au milieu des mélèzes ; sur un petit sommet, je contemple les cimes.

Je pense aussitôt à la catastrophe du Caire. Familles entières décimées au fond de l’eau dans leur échappée sans retour. Vivants traumatisés, hébétés devant la Mer Rouge, dernier tombeau d’êtres chers.

J’avais toujours quelque appréhension à chaque fois que je prenais l’avion. Aujourd’hui, plus un instant de peur malgré, parfois, les soubresauts qui secouent la carlingue. La prière que je vis, entre ciel et terre, efface toute crainte.

Je bénis le Seigneur pour ces objets si puissants et si fragiles qui ont pour mission de nous transporter.

Quand le commandant de bord m’invite dans le cockpit, je bondis.

Spectacle hallucinant : mer sublime de nuages, soleil couchant somptueux, brouillard enveloppant la route du ciel. Seuls, quelques boutons guident la marche aveugle et confiante du pilote. Progression envoûtante vers la piste illuminée…

« Vous habituez-vous à piloter ? » était ma question à un commandant. « Non, jamais ! » m’a-t-il répondu en ajoutant : « Je m’étonne toujours de voler … ».

Saluons l’extraordinaire performance de l’homme.

Pleurons avec ceux qui ont perdu tant d’êtres aimés… En méditant sur la fragilité humaine, ses erreurs possibles ou ses négligences, dans une des plus belles réalisations de notre temps..

Plus terrible encore, là où le génie humain n’a aucune responsabilité, l’horreur des tremblements de terre !

L’Iran nous en a montré malheureusement l’exemple.

Puisse le génie humain deviner le moment exact où la terre se soulèvera.

On y arrivera un jour.

Saluons les innombrables gestes de solidarité qui soulèvent alors, bellement, le monde. C’est là que le cœur de l’humanité devient universel dans le sublime élan qui le porte.

Je reprends la marche vers la vallée, chantant Dieu et ses merveilles. Uni à la douleur et à la solidarité des hommes."

Guy GILBERT - Camp de neige dans les Hautes-Alpes, le 6 janvier 2004

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JANVIER 2004 (3ème partie)

"LE VOILE : PEUR, PROTECTION, JEU ?"

"Pourquoi, en Angleterre, les filles se voilent-elles à l'école avec, en prime, une salle-mosquée pour les cinq prières rituelles et journalières à l'intérieur de certains établissements ?

Par contre, pourquoi le fameux voile nous enflamme-t-il , en France, au point que notre Etat laïc s'est cru obligé d'en légiférer l'interdiction ou les centimètres carrés permis ? Ce qui n'est pas de bon augure.

Notre longue histoire avec la colonisation française dans tout le Maghreb révèle sans doute, en partie, une des clés du choc que cette coiffe a provoqué.

L'affirmation de ses convictions religieuses dans un bout de tissu est un paravent qui cache bien des refoulements, des manques et des cris souvent ignorés. Ils signifient, ces cris : "Reconnaissez-nous comme des Français à  part entière."

Le jour où, en France, le prénom de "Mohamed", donné au téléphone en vue de justifier son identité pour une embauche, ne fera pas peur, on éliminera bien des rancoeurs. Le pourcentage des jeunes issus de l'immigration et privés de travail en raison de leur origine est encore net et de trop.

D'autre part, le machisme et l'attitude de certains jeunes arabes français sont une des causes du port du voile. Et non des moindres. La fille qui sort de chez elle en jean moulant ou en robe courte se fera traiter de "salope" et de "pute". Seul, le voile provoquera le respect... ... du moins, verbal et public.

Ce qui me semble aussi très inquiétant, ce sont, au cours de récents procès retentissants mettant en cause de jeunes violeurs maghrébins français, les insultes gravissimes dont ont été gratifiés les juges et... ... les victimes.

Après le jugement, devoir protéger la victime à la sortie du tribunal devient un rituel aberrant, inadmissible.

Quant aux deux filles qui, il y a quelques mois, ont provoqué l'assaut des médias par leur forcing pour garder le voile à l'école, leurs interviews pour se justifier étaient affligeants.

Conscientes de l'attraction médiatique qu'elles exerçaient, elles ont donné libre cours à leur incohérence où l'Islam (elles avaient découvert le Coran six mois avant de mettre le voile) n'était qu'un prétexte pour étaler devant les caméras un voile qui nous inquiète et qui semblait, pour elles, un jeu.

Une loi, malheureusement et peut-être heureusement, fera cesser ce type de dérives. Passons par là puisqu'il le faut. Mais sachons voir clair et poser des actes pour une intégration forte et lucide vis-à-vis de nos frères et soeurs issus du monde arabe.

Préparons surtout l'avenir pour que les Musulmans ne nous fassent pas peur et respectent le pays laïc qui les accueille.

Sinon, l'affaire du voile masque aujourd'hui d'autres enjeux qui risquent de fissurer une France tellement multicolore."

Guy GILBERT - Camp de neige dans les Hautes-Alpes, le 13 janvier 2004

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JANVIER 2004 (4ème partie)

"ON N'A PAS LA MEME GUEULE..."


Jamais, peut-être, les multiples et différents visages de l’Église ne me sont apparus avec une telle fulgurance, dans la Basilique Saint-Pierre, lors de l’ordination épiscopale de Renato B., prêtre italien.

C’est un beau gosse, Renato. De plus, sa mêche blanche perdue dans sa chevelure de geai est archi-connue.
Son visage, hiératique et jeune à la fois, est apparu en effet de multiples fois, aux côtés de Jean-Paul II dont il était un des cérémoniaires pontificaux.

Renato, nommé évêque, j’ai bondi à Rome, toute affaire cessante, pour assister à son ordination. Patrick J., archiprêtre de la cathédrale de Paris, grimpait dans le même avion.

Avec Renato et Patrick nous sommes trois larrons qui se sont reconnus sur les routes du monde où Jean-Paul II entraîne des millions de jeunes.
Patrick et Renato ont des postes de grandes responsabilités, au cours de ces immenses transhumances juvéniles. Quant à moi, je traîne mes santiagues avec quelques loubards à chaque rassemblement où le Pape nous invite.

Nous nous sommes connus sur le terrain des JMJ. Une amitié fidèle et forte nous unit depuis longtemps.
Renato sert l’Église à la Curie Romaine, une des plus grandes et périlleuses bureaucraties du monde.
Patrick, dans une des plus prestigieuses cathédrales de la planète, participe au difficile service des milliers de personnes qui, chaque année, visitent, admirent et aussi tentent de prier dans le vaisseau.
Enfin, ma mission d’éducateur spécialisé me situe au milieu de la violence juvénile.
Trois missions au coeur de l’Église.

Si mon blouson noir détonnait au côté de la soutane violette de Renato et de la dignité “archiprêtrale” qui drape Patrick, nos trois combats se situent au service de l’Amour.

La passion des jeunes qui nous réunit suffit à nous faire aimer l’Église et à jeter toutes nos forces à son service. Nos visages diffèrents et nos looks contrastés ont fait dire à Monseigneur Renato, fin connaisseur de mes livres, cette phrase que j’aime tant : “On n’a pas la même gueule mais c’est la même Église”.

Guy GILBERT - Camp de neige dans les Hautes-Alpes, le 26 janvier 2004

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FEVRIER 2004

KAMIKAZE DE L'ESPERANCE (préface du livre qui sort dans quelques semaines)

"Les kamikazes du 11 septembre 2001 restent dans nos mémoires.
L’horreur de leur geste nous pétrifie encore.
Il ne faut pas qu’ils gagnent. Le crime sans nom qu’ils ont commis doit nous mettre en marche.

En effet, il y a les kamikazes de l’amour humain : les héros et les saints innombrables chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, athées ou agnostiques qui sont allés jusqu’à donner leur vie pour témoigner de leur amour inconditionnel de la vie, de toute vie.
Il y a les kamikazes de la solidarité refusant, par exemple, une mondialisation qui ne fait la part belle qu’aux nantis.
Il y a les kamikazes de l’écologie qui se battent, bec et ongles, pour défendre toute bestiole, de l’abeille à l’éléphant.
Il y a aussi les combattants croyants qui refusent qu’on s’envoie à la gueule nos livres saints, en cherchant tout ce qui nous unit et non ce qui nous sépare.
Il y a d’innombrables lutteurs pour défendre d’innombrables causes essentielles pour la survie de l’humanité.

Je veux être un kamikaze de l’Espérance. Quand un juge me confie un adolescent détruit, disloqué, refusé de tous les centres et qu’il me dit : “Je vous ai demandé, jusqu’à ce jour, l’impossible pour les jeunes que je vous ai confiés. Je vous demanderai, mon Père, cette fois-ci un peu plus”, je dis “oui” tout de suite.


Parce que je crois à l’Espérance kamikaze pour tout humain, le pire soit-il.
Parce que je crois que Dieu Amour me donnera cette force invincible, sans laquelle j’aurais depuis longtemps baissé les bras.

Il ne suffit pas de dénoncer par des paroles les carences d’un état ou des êtres humains. Il faut annoncer par des actes que l’Espérance peut toujours gagner.

C’est l’objet de ces lignes. Je les dédie à tous les kamikazes du monde. De tout poil. De toute race. De toute religion. De toute culture.
Puissent-ils se reconnaître dans ces mots issus d’un combat sans répit."


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AVRIL 2004

FLEURS VENUES D'AFRIQUE  

Présider une Eucharistie entouré de quatre prêtres africains était une première pour moi. Je n’étais pas en Afrique mais en Belgique !
Leurs prénoms, Placide, Vénuste ou Balthazar, évoquent des saints que l’Europe n’ a pas l’habitude de donner à ses enfants.
J’ai fait applaudir les quatre célébrants pour leur présence dans nos paroisses. Cinquante de leurs frères lointains faisaient partie du diocèse belge où je célébrais.

Je pensais qu’il était heureux (et je l’ai dit) de voir mes frères prêtres à la peau d’ébène partager notre Eucharistie.
Nous, pasteurs blancs, avons été des pionniers dans l’évangélisation de leur peuple lointain. Eux viennent, apparemment, pour nous aider à enrayer l’hémorragie lente et inéluctable des prêtres européens.
Mais l’Europe n’est-elle pas devenue un pays de mission au moins autant que l’Afrique ? Nos frères africains deviennent alors des pionniers au coeur de l’Europe... Beau retour de l’histoire de nos Églises réciproques
Le nom de leur pays d’origine évoque souvent des calvaires insondables. Rwanda, Congo, Côte d’Ivoire sont des pays de souffrance. La pudeur de mes frères prêtres est éloquente quand je tente de déchiffrer avec eux leur calvaire. Leurs yeux seuls trahissent ce qu’ils ont vécu.
De plus, aucune commune mesure avec les Eucharisties qu’ils ont pu vivre là-bas, face à nos assemblées gentilles, priantes certes, mais souvent coincées, rarement explosant de joie comme les leurs.

Les prêtres africains ne sont pas des immigrés venus pour balayer nos églises. Ils ont une bonne formation théologique ou viennent la spécialiser en France. Ils réjouissent les fidèles qui, sans eux, déserteraient un peu plus nos clochers.
Leur pastorale africaine mixée à la nôtre ne peut que nous enrichir.

L’opposition de certains prêtres européens à leur venue meurtrit ces frères venus de loin. L’argument “laissons pourrir la situation” pour que l’Église d’Europe recrute autrement sur son propre terrain n’est ni bon ni évangélique. Je me réjouis d’avance de voir arriver un jour un Pape noir venu d’Afrique.

Que des Églises riches en prêtres viennent nous servir en apportant une nouvelle dimension sacerdotale et ecclésiale est signe pour nos paroisses. Elles ne peuvent que nous dynamiser.
Sans oublier que ces dernières s’enrichissent de plus en plus de laïcs africains immigrés.

Ces fleurs venues d’Afrique sont les bienvenues. Il paraît qu’elles sont géantes et très odoriférantes dans les forêts tropicales ! Qu’elles nous apportent le meilleur d’elles en nous fortifiant dans l’universalité.

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MAI 2004 (1ère partie)

Commentaire sur le film "LA PASSION" de Mel Gibson  

J’ai vu le film « la Passion » il y a 3 semaines. J’ai lu les commentaires. Contrastés, les commentaires finalement. Voici les miens :

  - La flagellation du Christ avec des morceaux de chair arrachés par les fouets m’a fait m’accrocher à mon fauteuil : là, Gibson donne à plein tubes dans la violence que nous aimons. Il nous faut du cul, du sang et de l’action sanglante. Exagère-t-il ? Je ne sais…

Mais quand on oscille en Amérique entre la piqure qui endort et tue et l’électricité qui brûle intérieurement complètement une personne et la balle dans la nuque chinoise…

Les romains ne se posaient pas ces questions hautement déontologiques : ils massacraient avec un sadisme pervers et certain.

  - J’ai aimé le regard de la mère voyant son fils massacré devant elle. J’ai pensé aux mères du Rwanda voyant leurs fils découpés en  morceaux ; j’ai pensé au dernier regard des mères algériennes dont on ouvrait le ventre  pour massacrer l’enfant.

  - Je pensais à l’adolescent broyé dans les taules du train de Madrid et appelant sa mère en hurlant…

           - Je pensais à la fille morte dans les décombres du Manhattan Center, serrant son portable dans ses mains : sa mère l’appelait et elle était déjà morte…

  - J’ai aimé Simon de Cyrène, forcé par les Romains de porter la Croix du Christ et finalement ému jusqu’au fond des entrailles par le regard d’Amour du condamné à mort le plus célèbre du monde…

  - J’ai retrouvé, à travers Ponce Pilate poussé par la foule et décidant de la mort de Jésus, les chefs d’Etat de ce temps : ce sont des Ponce Pilate modernes, lissant le poil des peuples pour rester en place quoiqu’il arrive.

 - Je pense à Mammar Kadhafi, faisant pulvériser dans le ciel 270 innocents dans un Boeing de la Compagnie Paname et 170 autres dans un DC 10. Plus 3 morts pulvérisés dans une boîte de nuit à Berlin. Le criminel de haute-volée s’en lave les mains, en offrant 10 millions de dollars pour les familles des victimes du 1er avion et 1 million de dollars aux familles des victimes du 2ème. Il tracte actuellement pour les3 morts de Berlin : il avoue donc, en se lavant les mains, avec du papier vert… Il est reçu en grandes pompes en Belgique car, en prime, il a à offrir du pétrole puisqu’il a payé le prix du sang. Ses mains sont donc « propres ». Gageons qu’on recevra ces mains-là en France rapidement…

 - J’ai aimé les femmes qui, au cinéma, comme il y  a 2000 ans, sont restées jusqu’au bout en silence, sans peur, et partageant la souffrance.

  - J’ai mieux relu l’Evangile après, notamment la Passion du Christ qui, quoiqu’on en montre aujourd’hui, a souffert  atrocement.

- Je me sens responsable de la mort du Christ autant que les juifs et les romains quand je n’opte pas pour l’Amour gratuit, solidaire et engagé.

 - Ce film est trop saignant. Je ne conseille pas aux jeunes d’aller le voir : c’est bien la première fois qu’un film sur Jésus n’est pas conseillé pour vos chérubins.

  - Le chrétien informé saura de quoi il parle et pourra digérer la violence extrême des images. Le non-chrétien (ou le musulman, par exemple,) l’appréciera au premier degré et n’y verra que violence sadique et inouïe.

-  Chacun piochera ce qu’il voudra à l’évocation de la Passion.

-  Pour terminer : aux chrétiens seuls, je recommande de relire la Passion du Christ dans l’Evangile ; sa méditation lui fera prendre conscience qu’ « Il s’est livré pour nous » sans exception et, surtout, que l’eucharistie commémore de façon absolue la souffrance et la résurrection du Christ.

  - Seul l’appel à la résurrection, à l’Amour et à la Miséricorde peuvent permettre  au Chrétien de comprendre l’infini mystère de la Croix… Si ce film les y  aide, alors Gibson a eu raison de le faire.  

Paru dans "Le Parisien" du 31 mars 2004 ; reproduit avec l'aimable autorisation d'Agnès Dalbard, journaliste de la rédaction.

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MAI 2004 (2ème partie)

"LES VICTIMES DONT ON NE PARLE PAS" 

      “Si vous saviez ce que je subis en prison !” a lâché de façon particulièrement impudique Marc Dutroux, le tueur pervers belge. Après avoir fait endurer le pire à des adolescentes qu’il avait enfermées dans un cachot sordide où deux d’entre elles sont mortes de faim, cette phrase obscène, malheureusement sonne juste quand je sais le calvaire vécu en prison par des tueurs hors norme que je connais et visite. C’est l’enfer garanti en effet jusqu’à la fin de leur détention.

Les victimes “collatérales”, mais néanmoins bien réelles, que sont les familles proches des coupables, enfants, conjoints, parents, amis, vivent elles un véritable calvaire et n’en parlent jamais.

La couverture médiatique lors des procès retentissants est telle que les relations de travail, de voisinage, de famille sont au courant du moindre détail sordide. La famille du coupable est alors rejetée. Leur vie devient infernale. Leur maison photographiée, filmée, les médias aux aguets dès qu’ils en sortent.
Je pense aux gosses, insultés dans les cours de récréation. Aux voisins amis qui détournent la tête. Aux regards gênés, quand ils ne sont pas méprisants, des collègues de travail.

C’est souvent la fuite, la meilleure issue. Quitter un lieu qu’on aimait tant pour d’autres horizons. Ne plus voir les regards, ne plus entendre les réflexions blessantes. Ces “pestiférés” paient cher, le reste de leur vie, les dérapages criminels d’un de leurs proches.

Deux exemples récents :

Le choc de cette femme fut immense. Divorcée et séparée de son mari instituteur, elle apprend par la télévision le crime de son ex-conjoint, avec ses enfants à ses côtés. Leur vie bascule à cet instant.

Un ami accusé à tort de pédophilie par sa conjointe est ressorti blanchi du tribunal. Il a fui sa famille malgré l’issue du procès. Il ne pouvait plus supporter le regard pesant et parfois suspect de son entourage familial. Quant à ses deux filles, il ne veut plus les voir après avoir lutté de toutes ses forces pour les retrouver.

Ces personnes sont des victimes innocentes. Notre solidarité avec elles doit être exemplaire.

De plus, combien de lettres de taulards me disent leur désarroi quand ils savent combien leur famille souffre de l’hostilité de leur entourage !

Notre présence assidue, forte et fraternelle auprès de la famille sera baume et réconfort face, notamment, au voyeurisme sans égal qui nous fait suivre des procès hautement médiatisés.

Dieu seul peut faire miséricorde au coupable. Mais nous, combattants de l’amour, devons être là, en priorité auprès des victimes dont on ne parle jamais.

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JUIN 2004 

"NOS PETITES GUERRES D'IRAK ... ET NOS VACANCES"

 

               Impossible de ne pas suivre l’actualité du bourbier irakien.

            C’est tous les jours que la puissance de l’image vrille notre affectif. Nous n’analysons pas. Ou si peu… Nous sommes alors manipulables à souhait.

            Ceux qui torturent en mettant en images leurs sévices ou décapitent en direct le savent bien et en jouent en virtuoses.

            La guerre d’Algérie, avec son lot de sadisme des guerriers des deux bords, a mis quarante ans à faire resurgir les supplices cachés.

            Le fait nouveau est la mondialisation immédiate des crimes de guerre commis aujourd’hui. Les horreurs extrêmes commises sont exposées soulevant le sursaut universel des consciences humaines.

            Le refus de la barbarie qui soulève le monde à l’instant-même n’est pas inintéressant.

            On pourrait ajouter : c’est un « bien » dans le « pire ».

            L’image se révèle une formidable arme de guerre grâce aux téléphones portables à images numériques qui se foutent des censures comme des frontières. Et c’est tant mieux.

            Quant à nous, nous avons bonne mine de palabrer interminablement sur les horreurs déversées au quotidien.

            Un rapide examen de conscience peut nous faire vite découvrir nos tensions familiales voire nos haines distillées depuis parfois bien longtemps au cœur de notre entourage.

            Rien à voir avec les tortures et le sang déversé, évidemment. Mais dans le cœur de l’homme qui ne sait pas demander pardon bouillonne une lutte intérieure qui ravage et met en état de guerre permanente.

            Puissent tes vacances, temps béni pour faire le point, te donner la paix en te réconciliant avec tes proches.

            Peut-être qu’un coup de téléphone ou une lettre suffiront. Ou bien il te faudra avaler des kilomètres pour te permettre d’aller faire la paix.

            Le plus beau paysage au monde n’est-il pas le lac intérieur de ton âme qui a retrouvé la paix ?

            Alors tes vacances seront parmi les plus belles que tu aies connues.

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JUILLET 2004 

"A LOURDES AVEC JEAN-PAUL 2"

Au Parc des Princes, en 1981, il a sauté d’un bond les gros sacs où  des milliers de jeunes avaient écrit leur affection. Sa voix de bronze, sonore et prenante, emplissait le stade. Aujourd’hui, il est souvent inaudible et bave parfois dans les micros. Et il fonce à Lourdes.

Un tel destin est rare dans l’Église. Sinon unique. Les papes vieillissaient ou, malades, se terraient au Vatican. Ne filtraient que les rituels “état stationnaire” ou “le pape va mieux” propres aux chefs d’état qui agonisaient à l’abri des médias.

Jean-Paul a accepté que ces derniers zooment son visage de souffrance. Il s’en va vers la fin de sa vie avec l’image rayonnante de celui qui n’a pas peur d’offrir en spectacle la maladie qui l’habite physiquement. Il semble avoir gardé toute sa lucidité.

Quel autre lieu que Lourdes pour vivre la dimension mystique de la souffrance !

Le Pape vivra quelques heures au milieu des malades. En communion avec eux.

Il n’a pas à faire de discours. Sa seule présence suffit l’Église entière communie avec tous les souffrants du monde.

Je veux rester en dehors de la bataille pour savoir s’il doit démissionner ou pas. Gloser là-dessus est du temps perdu.

Quand on sait qu’un vieillard comme Jean XXIII est arrivé à la tête de l’Église pour y mettre le feu de Vatican 2, en 5 ans de papauté, cela balaie tous les pronostics possibles et c’est fort réjouissant.

On demande tout à un pape. En oubliant que c’est aussi un homme avec son histoire qui doit godiller entre toutes les sensibilités de l’Église et la prendre à bras le corps, comme elle est, pour la conduire au plus haut. Rarement par temps clair, souvent au milieu des tempêtes.

Jean-Paul III ouvrira d’autres portes, d’autres horizons. J’en ai la certitude.

En attendant, Jean-Paul Il, athlète olympique de l’Église, termine son parcours en fauteuil roulant. Sa retraite, il l’aura bien gagnée. Pas sur cette Terre. Mais les nombreux prêtres vieillissants, qui vont jusqu’au bout de la route, que font-ils de mieux ou de plus que le Pape ?

Oui, j’irai avec joie à Lourdes avec mon équipe. Pas pour voir Jean-Paul. Mais pour communier avec l’immense cohorte des malades qui est le plus beau fleuron de ce lieu marial.

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AOUT 2004 

"PETITS MIRACLES A LOURDES"

Déambulant dans les rues de Lourdes, je tombe sur un ancien loubard, Steph. Ravi de le retrouver 22 ans après et ne le reconnaissant pas de prime abord, on s’est attablé autour d’un verre. Les souvenirs affluent… Il me rappelle en passant, et en souriant, le vol  du portefeuille de mon adjointe Gaby. D’un seul coup, il me quitte. Un  quart d’heure après, il revient et me tend  100 euros : « J’ai volé à ton équipière 600 francs à l’époque ; je te les rends avec les intérêts ». Petit miracle quand je sais le nombre de jeunes loubards, ayant plongé discrètement dans nos sacoches respectives et me révélant leurs larcins en riant, des années après, comptant sur une amnistie miséricordieuse…

Reconnaître mille et un visages dans ce haut lieu marial est source de joie et d’action de grâces : un ancien éducateur devenu prêtre, une fille paumée, aujourd’hui religieuse, d’innombrables visages amis, dont certains perdus de vue depuis des décennies.

Mais le plus beau des miracles fut l’audience privée avec Jean-Paul II . J’avais l’espoir secret  de lui faire rencontrer mon équipe. Un prélat ami, Renato Boccardo, à permis ce moment aussi intense que bref.

David, si loin de l’Eglise, a été très impressionné par le regard intense de notre vieux pape : « Il semblait regarder à l’intérieur de moi ».

Jean-Yves : « Ce rêve que je croyais irréalisable est réalisé. J’avais devant moi un bloc de souffrances qui irradiait. Le pape donne tout de lui-même, à tout instant. Exemple si rare d’une vie jetée sans recours au service de son peuple ».

Les larmes de son épouse Claire après la visite disaient plus que des phrases son émotion et sa joie. « Cet événement me portera longtemps » ajouta-t-elle.

Pierre : « cette rencontre m’a donné une sacrée force qui me dynamisera au quotidien pour le service des autres ».

Colette, ma secrétaire, elle aussi soulevée par l’intensité du moment m’a confié : « Dans son regard ferme et doux, j’ai lu la puissance de sa présence, malgré sa faiblesse extrême ».

Le miracle permanent de la présence de notre vieux pasteur, je peux le traduire par cette dernière image. En prière à la grotte de Massabielle, deux prêtres venant d’Ecône s’agenouillent auprès de moi. L’un deux me demande de le bénir.

  La Vierge Marie nous a donné la grâce d’un lieu de rencontre. Notre pape, qui L’aime tant , a, lui, celle de nous y réunir  pour nous unir.

Guy GILBERT dans un bar de Lourdes – nuit du 15 au 16 août 2004

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SEPTEMBRE 2004 (1ère partie)

"LE PAPE ET LES ATHLETES"

L’exposition des muscles triomphants à Athènes se juxtapose avec l’effrayante extinction des moyens physiques de notre pape.
D’un côté, les athlètes vont jusqu’au bout de leurs forces physiques pour accrocher autour de leur cou le but suprême : une médaille.
Jean-Paul II n’a, lui, qu’une force spirituelle géante à offrir malgré un délabrement si obstinément exposé. La seule médaille qu’il emportera de Lourdes, c’est son discours d’athlète de la
liberté : “Soyez des hommes et des femmes libres”.

Le sportif dans l’exercice de son sport extrême tient compte du moindre détail : la chaleur de l’eau, le type de combinaison ou la position de départ qui lui fera supplanter son adversaire pour quelques centièmes de seconde.
Notre pape, dans la logique évangélique, ne fait pas de détail. A nous d’être libres d’en faire.
Le Christ n’en a pas fait en nous donnant, par exemple, ce précepte: “Aime ton ennemi”.
De même pour le respect de la vie, de toute vie, Jean-Paul II martèle : “La vie est sacrée”. Toute décision humaine d’y mettre un terme peut être, en conséquence, sacrilège.

L’athlète a des repères précis, intouchables. Sa vie sportive en dépendra.
Notre pasteur suprême identifie les repères avec une force que sa faiblesse physique exalte. Ce sont les siens puisés dans l’évangile. Sa fonction l’exige à un moment de notre histoire où les sociétés les perdent ou les brouillent.
La parole de Dieu donnée pour le monde au nom du Christ est une parole d’amour et de vie. “Aimez-vous. Faites tout les uns pour les autres”.

Les JO. ont une autre logique destructive : “Les uns contre les autres”. Le meilleur triomphe contre le perdant, quitte à prendre le risque de tricher pour vaincre.
“La société de compétition c’est, à terme, la société du suicide” dit bellement le biologiste Albert Jacquard.
Le fric et la gloire nationale empuantissent les jeux. Avec le risque, là aussi, de passer sournoisement un relais destructeur aux milliards d’humains scotchés devant leur télé. Notamment aux jeunes.

Remettre l’Homme au coeur de la société est urgentissime.
Accorder la première place à l’être humain dans toute son intégrité et sa liberté doit être notre combat prioritaire.

Merci à notre pape, “Athlète de Dieu” d’en être un des héros au coeur de nos sociétés déboussolées ou aveuglées par des systèmes mortifères.

Le miracle de Jean-Paul II, à Lourdes et bien ailleurs, c’est son audience de plus en plus grande.

Rien n’est perdu si nous devenons, à notre tour, “les combattants de la liberté” en relayant la parole papale. Paradoxalement aussi puissante dans le fond qu’inaudible par sa forme
              

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SEPTEMBRE 2004 (2ème partie)

"LE CONCERT DE BERTRAND CANTAT EN PRISON"

Bertrand Cantat a donné un mini récital à une centaine de prisonniers, à la prison de Vilnius où il est incarcéré.

Scandale pour les uns.

Hommage au chanteur pour d’autres.  

Mon humble avis : Dans toutes les prisons, les surveillants tentent de donner la possibilité aux prisonniers d’exercer leurs talents vécus antérieurement dans le civil.

Le cuistot fera la bouffe en prison.

Le balayeur balaiera les couloirs interminables.

Le peintre décorera bellement les murs de la détention.

Le chanteur chantera.

Bravo au directeur d’avoir permis de faire entendre la voix de Bertrand et d’offrir une heure de plaisir aux détenus.

Rares sont les moments d’allégresse en prison !

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SEPTEMBRE 2004 (3ème partie)

"OTAGES ET VOILE"


L’aberrante prise d’otages de deux journalistes français, qui seront soi-disant sauvés si la France change la loi sur le voile, a provoqué paradoxalement un changement d’attitude certain de filles musulmanes qui voulaient se présenter, coûte que coûte, voilées dans leur école.
On note que peu de filles ont tenté de rentrer dans leur collège, voilées. Ce qui est extraordinaire par rapport aux milliers de filles de souche coranique attaquant leur scolarité.
Je ne m’étendrai pas sur le port du voile... qui commence à me courir sur le haricot.

J’implorerai, par contre, mes frères et soeurs musulmans lisant ceci pour qu’ils tournent leurs regards vers les pays majoritairement musulmans, en commençant par l’Arabie Saoudite.
Il est notoire que les centaines de milliers de catholiques philippins, qui servent les Saoudiens, n’ont pas le droit de pratiquer leur religion sous peine d’expulsion - ce qui est une offense aux droits de l’Homme - l’Arabie Saoudite se considérant comme une terre sacrée musulmane.
J’oserai leur dire que Rome, terre sacrée s’il en est pour un catholique, a accepté par la volonté de notre pape Jean-Paul II de faire bâtir une mosquée à 500 mètres du Vatican.
Chrétiens et catholiques, nous ne sommes pas des exemples ni des modèles. Mais je peux affirmer que les pays majoritairement chrétiens acceptent que des mosquées fleurissent partout.
1500 d’entre elles ont poussé bellement sur la terre de France. Grâce parfois à des églises désaffectées offertes à nos frères et soeurs musulmans. Des communautés chrétiennes, aussi, ont offert de l’argent pour que des mosquées puissent se construire dans leur ville.


J’espère qu’un jour les droits de l’Homme seront respectés, notamment au niveau religieux. Que des hommes et des femmes d’une religion puissent aider à bâtir joyeusement le temple d’une autre religion permettra aux humains d’aller chez l’autre.

Alors la Terre, notre belle Terre, sera enfin respirable.

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SEPTEMBRE 2004 (4ème partie)

"A PORTEE DE VOIX"

Grand voyageur, j’ai pour habitude d’offrir un de mes livres à ceux ou celles qui me reconnaissent dans les aéroports ou les gares et m’abordent.
Contacts furtifs mais souvent riches. Sachant qu’un livre dédicacé fait toujours très plaisir, je ne m’en prive pas.

Lentement mais sûrement, j’ai constaté un phénomène alarmant et qui s’amplifie à travers quelques mots écrits sur une page d’un de mes livres. J’entends souvent cette rituelle demande : “Ne mettez pas le prénom de ma femme (ou celui de mon mari)”.
“Mettez ceux de mes enfants”.

Je compte à peu près, à chaque dédicace, trois ou quatre refus. Le prénom, sûrement aimé, est maintenant rejeté.

Pénible exercice pour moi. Encore plus dur pour la plupart de ceux et celles qui vivent un échec conjugal.
Je demande avec respect le pourquoi du refus. Les blessures apparaissent vives souvent. Rarement cicatrisées.

Les enfants, ballottés d’un nid à l’autre, qui se blottissent toujours au fond de l’avion sont ceux qui paient le plus cher les échecs qui se multiplient.
Bien sûr, les métiers abordés dans les transports n’appellent pas forcément à la fidélité. Hôtesses de l’air, stewards ou CRS paient eux aussi cher leurs absences prolongées.
Les contraintes horaires de leur métier ne favorisent évidemment pas la stabilité d’un couple.
Cela suscite aussi des réflexions homériques parfois : “Eh ! Curé, fais gaffe ! J’ai été super engueulé par ma copine de passage chez moi. Elle a repéré un autre prénom que le sien sur le dernier livre dédicacé que tu m’as offert”.

De nombreuses lettres m’arrivent aussi, m’annonçant séparation ou divorce.
Une des dernières reçues m’a fort réjoui.
Zeph, un ancien au caractère d’ours mal léché, a pris femme sur le tard et un petit ange apparut à la fenêtre du monde. Ce que je prévoyais arriva. Ils se séparèrent simplement, d’un commun accord. Mais la lettre de Zeph est belle comme le sourire de leur héritière.
“On s’est séparé, Guy. Mais ne t’inquiète pas, on reste à portée de voix. Seule, une église nous sépare. On peut se parler et s’entendre d’une rue à l’autre”.

Alléluia ! L’Église qui les a unis est toujours là...

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DECEMBRE 2004

"MES 40 ANS DE SACERDOCE ET NOEL"

Je fête tous les 5 ans, à Faucon, le souvenir de mon ordination sacerdotale, avec ma famille et mes amis.

Moment intense pour me souvenir que le 3 Juillet 1965 j’étais appelé au sacerdoce par l’Église d’Algérie, alors que j’étais issu du diocèse de La Rochelle qui m’avait longuement préparé (9 ans) à cette longue route du sacerdoce. Route qui m’a conduit de mon diocèse natal de Charente-

Maritime au diocèse de Paris en passant par celui d’Alger !

Tout mon chemin de vie est issu de mon rêve d’enfant de 13 ans, « vouloir être prêtre ». Étonnant sentier qui m’a fait passer au cœur de l’Islam, en Algérie, pour atterrir dans une des plus grandes capitales du monde au service du peuple des loubards.

Dans ce chemin escarpé, fait de méandres contrastés, j’ai tenté de vivre une cohérence la plus totale possible : mon amour de l’Église, mon lien avec les plus pauvres de mes frères et sœurs.

Je fêterai donc avec les chrétiens catholiques, protestants et orthodoxes, les musulmans, les juifs, les bouddhistes, de nombreux athées et agnostiques, cette fête de l’amitié qui nous réunira à Faucon cet été.  

 

Noël approche... 

Il est là, à portée d’étoile.

Je célébrerai à minuit pile, dans la chapelle de Rougon, la messe de Noël. Je contemplerai, juste avant d’entrer dans le temple, le scintillement des étoiles de Haute-Provence. Je saluerai à travers elles chacun et chacune d’entre vous.

Restons en communion dans ce moment précis.

Bon Noël ! Et vœux de partage et de combat pour que 2005 soit une année où nous construirons la paix, d’abord autour de nous et entre nous.

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JANVIER 2005 (1ère partie)

"AVEC JEAN-PAUL,TU CHANGERAS D'ADORATION"

Finis :

- Les Nike à 100€ que tu adores !

- Les DVD dont tu es friand !

- Les fringues marquées auxquelles tu tiens tant !

Tes prières incessantes pour que tes parents ouvrent leur porte-monnaie ! Tout cela changera de cible !

 

Le carton à faire, c’est la méditation évangélique de Matthieu 2 :« Nous sommes venus l’adorer ! »

Adorer qui ? Notre pape nous pointe toujours la même cible : JESUS-CHRIST.

 

J’ai participé à cinq JMJ avec Jean-Paul 2 ; ça m’a foutu le feu quelque part, pour plusieurs raisons :

- J’ai connu des jeunes de toutes couleurs, de toutes races, de toutes confessions.

- Des supers croyants avec en guise de menottes leur chapelet.

- Des croyants d’eau douce faisant de notre religion un menu à la carte : «  Le curé m’emmerde,  je ne vais plus à la messe » , « Je pratique quand ça me chante. »

- Des croyants qui restent sur le parvis de l’Eglise ayant peur de mettre un doigt dans l’eau bénite car ça risque de les mouiller entièrement.

- Des ex-croyants qui se sont dits : «On va draguer, se marrer et voir du pays. » 

- Des jeunes qui, lorsque tu parles de l’Eglise, ont des boutons, voire des syncopes.

 

Ce rassemblement est le meilleur des SAMU. Réanimation garantie !

 

On chante, on rit, on danse… On écoute des enseignements. On ferme sa gueule !

On prie. Avec les deux moments essentiels, le sacrement de réconciliation et l’eucharistie.

On use ses genoux devant un prêtre pour vider ses poubelles. En vrac, je retire ce qu’on peut y trouver :

- "Pardon Seigneur pour mes heures où je bouffe la télé, vautré dans mon fauteuil ".

- "Pardon pour me servir du sexe de l’autre et le jeter après manutention !"

- "Pardon pour critiquer sans cesse la société de consommation et m’y plonger à fond la caisse !"

- "Pardon pour ne penser qu’à ma gueule !"

- "Pardon pour foutre le bordel dans ma famille…etc…"

On ne peut adorer qu’après avoir demander pardon.

L’Eucharistie vient après. On reçoit le Christ venu pour nous dire : « Aimez à fond la caisse, surtout vos ennemis ! » « Partage tes dons.» « T’es né dans un pays riche. Que fais tu pour les plus pauvres que tu frôles sans les voir ? »

Tu reviendras neuf ! Changé !

J’ai quarante ans de sacerdoce mais chaque JMJ me rajeunit de 10 ans !

Alors, mets toi en marche ! Viens avec tes copains et copines. Tu ne le regretteras pas.

Mais méfie-toi : tu risques d’y laisser des plumes. Parce que tu sauras enfin qui adorer sans crainte : un Dieu d’Amour, qui a eu ton âge, tes rêves, tes ambitions, et qui te dit :

- "Sois un mec et une fille debout".

- "Va à l’essentiel".

- " L’urgent c’est d’aimer".

Le reste c’est du pipi de chat !

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JANVIER 2005 (2ème partie)

"VAGUELETTES MONSTRUEUSES"

Juste avant Noël, Alain m’a demandé d’aller visiter son squatt. Il dort, la nuit, dans un garage désaffecté.
L’atmosphère est glaciale, humide, puante. Il est hémiplégique. Il se traîne du métro tout proche où il fait la manche à sa bauge ignoble où il dort écrasé par l’alcool et la drogue.
Des dizaines de fois, je l’ai mis dans des hôtels d’où il s’est fait jeter au bout de quelques jours.
Difficile, en effet, d’accepter un adulte bourré avec, en plus, un sac à dos rempli de canettes de bière ! De plus, il refuse tout asile de nuit qu’il a pourtant tous usés de gré ou de force.
J’ai connu Alain adolescent, il y a 25 ans. Plusieurs séjours en prison et une grave tentative de suicide l’ont handicapé lourdement.
Sa présence reste obsédante, à 100 mètres de notre permanence. Tous les jours, il vient nous rencontrer. Un café chaud, un paquet de cigarettes, deux tickets restaurant. Jamais d’argent. La manche lui rapporte suffisamment pour boire et fumer. C’est son système de vie. Je ne baisse pas les bras. Mais je pense que je ne peux aller plus loin.
Il nous en a fait baver. Mais sa présence quotidienne exprime la plus belle des demandes : “J’ai faim et soif d’être connu et aimé comme je suis”.

Et la vague monstrueuse arrive…
On a envie de bondir. Faire quelque chose, envoyer un chèque. Participer à cette secousse tellurique mondiale de la solidarité. Tout en sachant qu’une autre catastrophe effacera vite l’émotion et que, de vague en vague terrifiante, on reste finalement loin des vaguelettes tout aussi monstrueuses de l’exclusion et de la déchéance frappant à notre porte.
Elles nous submergent lentement, ces petites vagues. Si sournoisement qu’on ne les voit pas. On s’habitue à nos clochards. Ils font partie de nos plages tranquilles. Ils meurent rituellement dans nos rues, emportés par les tsunamis de notre indifférence et de notre égoïsme. On commence seulement à les enterrer avec leur nom sur une pierre tombale.
Il y a deux ans, c’était la fosse commune. On ne cherchait pas qui ils étaient comme on sait si bien le faire à des milliers de kilomètres de la France. Des spécialistes du monde entier accourent pour mettre un nom sur des êtres rejetés par les vagues asiatiques.
Parti en repos, le regard d’Alain continue à me hanter. Il submerge en moi, de plus en plus, les masses d’eau mortelles d’Asie qui risquent de nous fasciner, au point d’engloutir notre compassion journalière et proche.
Sans le savoir, Alain devra au tsunamis si lointain mon acharnement à retrouver des forces nouvelles dès que je rentrerai. Pour aller plus loin avec lui.
Que cette catastrophe naturelle si lointaine et obsédante nous fasse tourner nos regards habitués vers nos frères et sœurs engloutis par la détresse et la solitude. Ils sont si proches. A portée de notre solidarité immédiate.

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JANVIER 2005 (3ème partie)

"SOLITUDE SACERDOTALE"

C’est avec joie que je lui avais imposé les mains, le jour de l’ordination sacerdotale.
Deux ans après, il m’écrivait : “J’étais si heureux ce jour-là. La solitude me pèse. C’est très dur certains jours.” Je tente de le soutenir de loin, de trop loin. Et il n’est pas le seul.
Que le cardinal Barbarin, devant notre pape, ait osé dénoncer une lente mais assez nette hémorragie des jeunes prêtres est courageux, significatif et surtout vérifié.
Imaginez le tout jeune prêtre, juste sorti du séminaire. Il a vécu dans un cocon communautaire fait d’échanges, de prières, d’études sous haute et fraternelle protection. Précipité dans un ministère qui va le dévorer, il va s’y jeter à corps perdu. Sacrements, réunions, jeunes, pastorales multiples vont l’engloutir. Il se repaît, tout d’abord, de cette demande apostolique immense suscitée par sa jeunesse et le manque de prêtres. Sa juste trentaine sera noyée parmi les septuagénaires que nous sommes devenus majoritairement. Une chance qui peut aussi l’isoler.


J’ai connu, il y a quarante ans, cette euphorie dans mon sacerdoce naissant, en Algérie. Des prêtres éclairés et très présents ont été parmi mes plus solides garde-fous. Mais surtout des couples chrétiens, vivant en plein coeur d’un peuple musulman, ont été des oasis sauveurs pour mes premiers pas dans une vie apostolique riche et périlleuse à la fois. Ces couples avaient besoin de se retrouver et me sollicitaient beaucoup pour des échanges au cours de repas conviviaux.
Arrivé en France en 1970, j’étais d’un seul coup en plein désert.
Les prêtres, accueillants certes mais surchargés et surtout balayés à cette époque par les effluves contestataires de mai 68, me semblaient loin malgré leur fraternité.


Heureusement, mon équipe éducative était là. Athées, bouddhistes, musulmans ou chrétiens, ils ne me quittaient pas d’une semelle. Mon équipe reste toujours une présence chaleureuse, proche, vivante. Mes adjoints m’accompagnent partout, témoins indispensables pour m’éviter des dérapages et participer à ce que je vis.
Mon ministère particulier me fait frôler, en effet, maints périls. Leurs réflexions et échanges, même si nous avons plus de quarante ans de différence d’âge, restent inestimables. De plus, je peux prier avec certains d’entre eux. Ce qui est une respiration spirituelle forte et vitale.
 
Si l’Église a permis que les jeunes loubards soient mon peuple préférentiel, ce sont mes équipiers qui ont dû sauver mon sacerdoce. Seul, je me serais certainement fourvoyé malgré une mission apostolique très belle.
Puisse chaque jeune prêtre trouver un nécessaire équilibre pour son humanité. Alors son sacerdoce désiré et aimé trouvera sa plénitude. Homme parmi les hommes, la solitude peut le laminer, lui qui a consacré toute sa vie au service des humains.
Chrétiens, votre proximité fraternelle est inestimable pour que la vie de vos prêtres soit heureuse et équilibrée.

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FEVRIER 2005 (1ère partie)

"JEAN-PAUL II, CE VIEUX LUTTEUR"

En 1987

En 2004

J’ai rencontré Jean-Paul II en 1987 alors que je prêchais une retraite aux séminaristes de Rome ; Jean-Marie Lustiger m’avait dit : « Vois le pape, ce sera une grâce pour toi. » La messe avec notre pape a été le moment fort de cette rencontre. Dans sa chapelle privée, avec quelques évêques,  quelques prêtres et une poignée de chrétiens, nous avons célébré. Il était 7 heures et demi du matin et deux choses m’ont frappé :

-         le bruit de la ville de Rome entrait dans la chapelle, le bruit de la vie, du monde pour lequel nous sommes envoyés…

-         le dos du pape derrière lequel j’étais pendant l’action de grâce. Dos vaste de sa forte carrure de polonais et, en même temps, de celui qui a la mission de porter l’humanité.

L’entretien après la messe, seul avec le pape, a eu la fulgurance de quelques phrases et de son regard lumineux… 17 ans après,  deuxième entrevue à Lourdes ; je ne tenais pas spécialement à le voir étant donné son immense fatigue.

Un évêque proche du pape m’a sollicité pour le rencontrer avec mon équipe. Grâce insigne pour mes coéquipiers ; l’homme était tout autre, physiquement parlant. A bout de souffle, il était là avec seulement le même regard ; cela suffisait.

Un être éminemment spirituel ne faiblit jamais, même si son enveloppe reste et part en ruine ; on peut dire ce qu’on veut sur sa présence-kamikaze sur le trône de Saint-Pierre. Présence qui dure, qui lasse certains ou qui est magnifiée par d’autres. L’important n’est pas là mais qu’un pape souffre et meurt devant nous est une première dans l’Eglise. Jean-Paul II ne s’accroche pas désespérément à son trône. Il achève bellement ce qu’il a commencé comme athlète de Dieu.

Un athlète au sens évangélique du mot, c’est celui qui bat tous les records… Celui de la souffrance vécue et non cachée et celui, surtout, de montrer au monde épris de muscle et de beauté que c’est ce que l’on est qui compte et surtout pas ce qu’on paraît.

Chrétiens, prions  pour ce vieux lutteur...

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FEVRIER 2005 (2ème partie)

"TSUNAMI... MES COMBATS ET LE VOTRE"

- K.O. debout comme chacun d’entre nous devant ces vagues terrifiantes qui ont englouti tant d’êtres, et surtout les plus fragiles (les petits qui ne pouvaient pas courir, les femmes qui tentaient de porter leur gosse et les vieillards qui n’avaient pas la force de devancer les vagues), je me disais  : « quoi faire ? »

J’étais à la Bergerie de Faucon quand la nouvelle est tombée. Je n’ai pu d’abord  que tenter d’écrire un article paru dans « La Croix »et intitulé « vaguelettes monstrueuses » en précisant, notamment, de ne pas oublier les clochards, nos S.D.F. qui meurent sans faire de bruit, ayant le tort de ne pas être engloutis par des vagues particulièrement télégéniques.

C’était mon premier combat.

- Le 3 janvier, je pars pour 10 jours de repos absolu comme tous les ans, dans la neige, seul avec mes 3 klébards... Le Tsunami me poursuit de façon lancinante… Quoi faire de pratique ? Je me refuse à offrir le moindre euro dans le torrent d’oseille que le monde entier a versé bellement pour les victimes.

Je salue cette prestation unique et première dans le monde mais ma crainte reste forte. Sachant  que le Sri-Lanka et l’Indonésie sont deux pays dévorés par la guerre civile, et qu’avec le 3ème pays sinistré (la Thaïlande), ils sont particulièrement corrompus, je me pose la question suivante : où ira l’argent envoyé ?

Et je tombe sur un article du « Monde » . C’est là que se situe mon 2ème combat.

Ecoutez cette très belle histoire que je vous résume :

« André, cuisinier sur un pétrolier roulait sa bosse sur toutes les mers du globe ; au cours de l’un de ses périples, au milieu des années 90, il jette une bouteille à la mer au large du Sri-Lanka. A l’intérieur, une poignée de dollars, des cigarettes, des allumettes, une lettre et son adresse. Un pêcheur (Karunarathna) récupère la bouteille dans ses filets. Analphabète, il fait traduire la lettre. Il  écrit à André et l’invite dans son village (« Dodanduwa »). André y vient plusieurs fois et décide son amie Brigitte à l’accompagner en 1999. Celle-ci, pendant 5 ans, revient à « Dodanduwa » et noue des liens amicaux avec le fils  (« Irosh ») du vieux pêcheur qui avait trouvé la bouteille. Brigitte, aide-ménagère, gagnant 900 euros par mois fait ce qu’elle peut pour aider « Irosh » et sa famille en rêvant de vivre un jour sous les cocotiers de ce village.

Et la catastrophe arrive. Le village situé dans un paysage idyllique est effacé, emporté par le raz-de-marée. Brigitte confie sa détresse et son impuissance dans « Le Monde » . Je vous passe son combat pour envoyer l’argent là-bas… Elle a beau alerter des associations, beaucoup n’ont pas les accréditations nécessaires . Quant aux grosses structures, elles ne sauraient lui garantir que l’argent ira bien à « Dodanduwa » dans un bref délai… »

Je lis donc cet article que je vous commente brièvement et je fonce en Belgique pour une conférence prévue de longue date au profit de notre association « Bergerie de Faucon » . L’association belge « Table Ronde de Bruxelles » a choisi entre temps de réagir face à la détresse des populations de l’Asie du Sud-Est ; elle me demande si j’accepte que les fonds aillent aux populations asiatiques. J’approuve absolument.

La « Table Ronde de Bruxelles » est membre de la « Table Ronde Internationale » avec des clubs répartis dans 60 pays dont… … le Sri-Lanka.

Je fais donc ma conférence, ravi d’apprendre que les organisateurs de cette association sont partants pour envoyer les fonds récoltés au profit de ce petit village. Enfin, j’avais ce que je cherchais : un lieu et un organisme compétent qui transmettrait l’argent récolté pour un village précis pour réparer les barques endommagées et refaire les maisons détruites.

Les organisateurs, particulièrement futés, ont immédiatement créé  un  compte belge dont je vous donne les coordonnées :

DELTA LLOYD BANK

TR BRUXELLES

« Œuvres Père Gilbert – Tsunami TR1 »

Compte numéro 132 50 23 13 531

Si vous désirez participer, même sur le tard, (les vagues effacent tout, comme chacun sait...) au numéro que je vous indique, faites-le…

- Avant-dernier combat : je veillerai strictement et personnellement avec la Table Ronde à ce que l’argent récolté aille pour les gens du petit village de « Dodanduwa ».

- Le dernier combat, c’est le vôtre : plus d’un mois après l’horreur asiatique, nous montrerons que nous restons solidaires à des milliers de kilomètres pour rendre la Vie à un petit village de pêcheurs.

Mon œuvre attendra … Mes jeunes  ne meurent pas de faim, ils crèvent surtout de ne pas être aimés et je puis vous assurer que cette faim de mes jeunes qui me dévore est comblée au-delà de toute mesure par mes équipiers et moi-même… Votre stylo sur un chèque libellé à l’endroit indiqué sera votre combat à vous…

Je vous laisse sur cette phrase de Brigitte Ségura, interviewée par « Le Monde » et parlant des pêcheurs de « Dodanduwa ». : « Vous leur donnez un sourire, ils vous donnent le reste, ils ont cette beauté intérieure qu’on néglige tant en Europe»

A méditer sans fin…

P.S. : il n’est pas impossible que d’ici un an, en fonction de l’argent récolté, je puisse faire un bond au Sri-Lanka avec un membre de l’association « Table Ronde » pour voir de visu où aura été placé votre argent ; je paierai mon voyage avec mes deniers. Quelques jours de repos sous les cocotiers et un article pondu pour vous sur la plage avec quelques photos vous permettront de savoir que votre partage a donné la vie. Tout en vous donnant l’occasion d’admirer ma musculature ecclésiastique...

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FEVRIER 2005 (3ème partie)

"CE QUE JE PENSE DE LA MISSION"

Ce que je pense de la mission

Être missionnaire :

- c’est d’abord fermer sa gueule et vivre au milieu des gens
- c’est l’ouvrir après avoir prié
- c’est “dire le Christ” sans peur, mais pas l’envoyer à la gueule des
gens comme un produit à fourguer
- c’est mettre dans le coup laïcs, prêtres et évêques
- c’est pousser l’évêque dans les bistrots où il n’a pas l’habitude d’aller
en évitant, bien sûr, qu’il boive un coup de trop. Sinon, il risque
de proclamer que Jésus-Christ a été tué à coups de mitraillettes
- c’est rencontrer les jeunes qui sont l’espérance de l’Église, en
les écoutant, ensuite les écouter, enfin les écouter
- c’est partager avec les familles leurs joies et leurs souffrances,
notamment les divorcés remariés
- c’est dire et redire que Jésus-Christ était d’abord du côté
des perdants.

Alors, la mission sera bonne, fructueuse, parce que vous n’aurez pas dit grand chose et que, au lieu d’utiliser votre langue missionnaire, vous aurez utilisé vos deux oreilles au nom de l’Évangile.

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FEVRIER 2005 (4ème partie)

"PRIERE POUR UN JEUNE"

D’accord Seigneur pour ton invitation superbe : « Aimez-vous les uns les autres ».

Ca c’est cool et c’est facile.

J’aime ma famille, mes amis, mes copains et copines, mon voisin super gentil et mon voisin du palier, un peu grincheux. Mais je fais toujours des efforts pour être cool avec lui. Et ça marche.

Mais là où je suis pas d’accord avec toi, c’est quand tu nous dis « Aime tes ennemis ».

Ca c’est pas cool et c’est impossible. Je vais t’expliquer pourquoi.

Si quelqu’un m’a fait un super vice, ou si un autre est méchant comme la gale, comment veux-tu que je l’aime ?

Ton commandement « Aime ton ennemi » est impossible à vivre !

Faire des efforts pour aimer quelqu’un qui t’aime pas et que tu n’aimes pas, devient impossible. Et puis, j’ai essayé et ça ne marche pas.

Là, tu nous cherches mais je ne suis pas partant pour aller plus loin.

D’accord, tu as pardonné à tes ennemis. Et t’en avais à la pelle. Ils t’ont insulté. Ils t’ont fait souffrir comme dans les camps de concentration. Et ils t’ont tué. Pour rien.

C’est vrai que tu leur as dit avant de mourir : « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Quel juge t’aurais fait si tu avais été dans un tribunal !

T’aurais gracié tout le monde ou presque à la barre.

Les prisons auraient été vides avec toi.

Ce qui me gêne toujours c’est que tu nous as dit « Suis moi »..

Faut-il que je te suive jusque-là ?

Ok ! Tu as toujours dit, si on ne peut pas aller plus loin : “Je serai avec vous toujours et je vous exaucerai sans cesse ».

Si c’est vrai, alors il me faut apprendre à mieux te prier. A prendre du temps pour ça. Mais ne me lâche pas, je t’en supplie.

Puisque tu me cherches, tu me trouveras.

Je vais noter sur mon carnet le nom de toutes les personnes que je peux pas piffer en commençant par celles que je déteste le plus. Et y’en a !

Et voilà ce que je vais faire. « Cet enfoiré de… », que je peux pas sentir, je vais prier pour lui d’abord. C’est obligé que tu me donnes la force de lui reparler, de renouer contact et de lui pardonner.

Si je vais le voir en ruminant ce qu’il m’a fait de mal, ça ne marchera jamais. Apaise-moi. Aide-moi à trouver ses qualités. Au fond il doit en avoir. Ca m’apaisera et je le verrai autrement. Mais reste-là avec moi. Sinon, je pète les plombs.

Si c’est vrai ce que tu as dit : « On est toujours plus grand que ses fautes », alors j’ai d’abord à me regarder dans mes saloperies et je serai plus indulgent pour celui qui est mon ennemi.

Donne moi ta force Seigneur, je t’en prie. Et donne moi ton regard. Le dernier. Le plus beau de tes regards. Celui que tu as eu pour le bandit attaché à la croix près de toi et à qui tu as dit :

« Ce soir tu seras au paradis avec moi ».

Oui, ton dernier regard m’a toujours fait fondre. Il me donnera la force d’aimer mes ennemis.

Je commence aujourd’hui. Demain, Seigneur, il sera trop tard. C’est sûr que si on se réconcilie, ma rancune et parfois ma haine, mes ennemis intérieurs, seront balayés.

C’est si chouette, Seigneur, que je sois en paix avec moi-même. Ce sera un peu le paradis sur terre. Et ce paradis-là, j’ai bien envie de le vivre dès aujourd’hui.

Accroche toi Seigneur !

Dès aujourd’hui, j’essaie de n’avoir plus aucun ennemi. Amen.

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FEVRIER 2005 (5ème partie)

"A TOI, MA SOEUR L'EAU"

Quelle volupté de s’introduire en toi dans l’intimité d’une salle de bain ou dans ton immensité immaculée ou bien encore glisser sur toi quand tu nous fais la grâce de devenir neige.

Mais tu peux être meurtrière si l’humain inconscient ne respecte pas tes codes. Alors tu deviens avalanche et tombeau.

Tu es fraternelle.

Tu abreuves et nourris à égalité le plus grand des présidents et le plus petit de ses citoyens. De même pour le bourreau et l’innocent.

Mais cette égalité tu peux la rendre terrifiante en engloutissant le petit-fils du roi de Thaïlande, jouant dans tes flots ainsi que le plus pauvre de ses sujets qui faisait des tas de sable sur la plage.

Malgré tout, plus d’un milliard d’êtres humains sont obligés d’aller, chaque jour, te chercher loin parfois très loin. Alors que chez nous, en Europe, il suffit d’ouvrir de multiples robinets pour goûter instantanément ta saveur.

Riches, nous te gaspillons impunément et honteusement.

Ta vocation est unifiante. Quelle joie après une marche harassante de s’abreuver ensemble à ta source fraîche et pure !

Mais quelles haines tu suscites quand des pays se déchirent pour t’avoir en exclusivité, coupant tes sources vives pour leur seul usage.

On t’encercle, on t’amoncelle pour le plus grand bien de peuplades immenses. Mais tu es libre. Et, parfois, tu sors de ta prison pour dévaster un territoire qui était le tien. Fréjus et d’autres en gardent le souvenir impérissable et mortifère.

Tu es libre.

Chaque goutte tombée du ciel a la liberté de sa lover où elle l’entend.

Elle est libre notre sœur l’eau. Elle va où elle veut.

Elle se fait attendre. Parfois longtemps.

Elle a ses périodes pour abreuver la terre, sauf si le magicien pervers qu’est l’homme casse ses cycles.

Se vengerait-elle par ces tornades infernales qui laminent d’un seul coup les terres assoiffées en les appauvrissant encore plus ?

Nous ne te respectons pas.

L’animal, lui, te consomme avec modération et sagesse. Est-ce pour cela que, lors de tes accès de furie, tu sais lui faire signe à lui seul ?

Les animaux sentent les séismes terrifiants qui approchent à grande vitesse. Ils se sauvent d’instinct et survivent lors des grandes catastrophes.

Le jour où l’homme te respectera, peut être alors nous feras-tu signe pour nous prévenir que tu es en colère !

Puissions-nous, sœur eau, te respecter infiniment.

Et te remercier toi, cadeau inestimable de Dieu, en ne gaspillant pas une seule goutte de la vie que tu nous donnes

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FEVRIER 2005 (6 ème partie)

"HENRI MACE, SOURCIER DE VOCATIONS"

Son regard étincelant me transperçait. Il ne me glaçait pas. Tant de tendresse brillait au fond de ses yeux !
Debout devant lui, je l’écoutais m’admonester. Le règlement que j’avais, une fois de plus, contourné me valait ses remontrances fermes mais pleines d’amour.
C’était au séminaire en 1950. J’avais 15 ans.

Et il est là, 55 ans après, dans son cercueil. Son masque mortuaire est beau, éclairé par un léger sourire.
Parfaitement lucide jusqu’à la fin, il lui a suffi, la nuit, de tomber de son lit pour ne plus se relever. Je contemple maintenant son visage lumineux et pacifié.

Combien de vocations a-t-il éclairées, solidifiées et soute-nues ! Combien de jeunes prêtres gardent de lui le souvenir ému d’un formateur hors pair, profondément spirituel, très humain, l’humour au bord des lèvres. Pudique, il masquait sa sensibilité.
Il nous appelait au plus haut.

Il était intarissable sur l’histoire de l’Église qu’il connaissait à fond et enseignait. Les multiples retraites qu’il donnait en étaient imprégnées. Passionné par l’oecuménisme, il disait que l’Unité entre Chrétiens, il “fallait la vouloir”. En parler est très facile.
La construire par des actes nombreux, dans sa ligne de vie discrète et effacée, était un de ses charismes.

Une de ses dernières lettres envoyée à Pierre-Yves, jeune prêtre formé par lui, mentionnait cette phrase qu’il avait puisée dans l’épître au Hébreux :
“Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés. Ils vous ont annoncé la Parole de Dieu. Imitez leur foi.” (Héb. 13)

“Il vivait ce qu’il accomplissait”, selon la belle formule du rituel de l’ordination.
Sa joie profonde et discrète, il disait la tenir de “l’union au Seigneur Jésus”.
Le souvenir le plus marquant et le plus vivant que j’ai de lui était sa manière de célébrer. Beaucoup d’entre nous lui doivent d’avoir découvert à son contact l’Eucharistie.

Tout jeune, j’épiais mes maîtres lorsque je leur servais la messe. Certains la récitaient, sans plus. Lui la vivait. J’étais très impressionné par le bonheur qu’il avait de célébrer l’Eucharistie. Il nous l’a communiqué.
Je découvrais avec une forte émotion que le Christ descendait au bout de ses doigts. J’en avais la certitude à chacune de ses Eucharisties.
C’est ce qu’il m’a appris de plus grand, de plus fort, de plus lumineux. C’était sa plus belle prédication.

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AVRIL 2005 (1ère partie)

"A TOI, JEAN-PAUL" (écrit le 1er avril au soir, veille du décès du pape...)

C'est l'ultime étape pour toi mais l'humanité te veille.

MERCI de nous avoir appris à vivre par ta parole forte, vibrante et par ton silence merveilleux ces derniers jours.    

MERCI de nous apprendre à mourir en restant lucide jusqu'au bout, dévoré par la souffrance mais rempli d'espérance.

MERCI d'avoir pardonné à ton bourreau : ce fut ton plus grand geste.

MERCI d'avoir rassemblé à Assise toutes les religions de monde pour leur dire simplement : "Ensemble, prions".

MERCI d'avoir défendu avec acharnement les plus petits de nos frères et soeurs opprimés, exclus. Les droits de l'Homme, tu les as défendus comme aucun pape ne l'a fait.

MERCI enfin, d'avoir su être un homme de paix ; j'emporte l'éclat étincelant de ton regard qui a croisé le mien au Vatican et à Lourdes : j'avais l'impression d'être pour toi la personne la plus importante au monde.

C'est ça, les droits de l'Homme, quand on sait par un seul regard qu'on est aimé comme un être unique.

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AVRIL 2005  (2ème partie)

"ODE A LA NEIGE"

La neige ne sert absolument à rien


Sa lenteur est merveilleuse.
Elle tombe comme au ralenti.
Elle transforme tout.
Elle égalise.
Elle pacifie.
Elle pare le laid d’une éphémère beauté,
même les pires décharges se révèlent belles.

Elle pousse à la lenteur

Les chauffards ralentissent.
Les stressés de la ville réapprennent les gestes
précautionneux.
Elle fait redécouvrir l’esprit d’enfance.
Le bambin oublié que nous sommes resurgit.

Elle instaure le silence


Même les oiseaux se taisent.
On hésite à crier.
Le silence de la neige est cadeau du ciel.

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JUIN 2005 

"TSUNAMI : SUITE ET EPILOGUE"

 

Les derniers préparatifs avant la mise à l'eau...

La poussée avant la mise à l'eau...

   

La mise à l'eau... Le bateau part chercher la vie pour la famille...

 

A l’heure où une certaine polémique enfle sur le devenir des fonds collectés un peu partout dans le monde pour les victimes du Tsunami, je vous tiens au courant de la toute petite partie que j’ai gérée à distance, suite à l’article du Monde que j’avais lu et qui m’avait fortement interpellé (voir ci-dessus).

Comme je sais que certains internautes ont été partie prenantes dans cette aventure, je vous livre donc quelques extraits de mails que j’ai reçu de Brigitte début juin, à l’initiative de cette solidarité ciblée sur un village de pêcheurs qu’elle connaissait bien avant la catastrophe :

 « (…) Vous ne pouvez pas savoir combien je suis heureuse, pour eux, de ce que vous faites pour Dodanduwa. La famille est autour de moi et est ravie de savoir qu'il y a des Français qui pensent à eux. Aujourd'hui est un jour spécial. Ce matin, le nouveau bateau d'Irosh a été mis a l'eau. Premier bateau, 11 autres vont suivre. Grosse émotion pour moi en repensant au 26 décembre et aux jours qui ont suivi. Mon désir et ma volonté d'aider Irosh. Et ce matin, le voir partir heureux sur son bateau, qu'il a appelé ''Horizon'' et a l'arrière ''Bibi'' mon diminutif, « Horizon » comme le nom de la rubrique du ''Monde'' où était paru l'article, et il y tenait beaucoup, je n'ai pu m'empêcher de verser ma petite larme et de penser à tous les gens qui m'ont aidée et qui m'aident encore a ce jour, comme vous et bien sur l'Association ''La Table Ronde de Bruxelles'' .A travers elle, le Père Guy Gilbert a récolté 15 000 euros pour le projet d'aide a Dodanduwa (bateaux, réparations, maisons et autres).(…)  Grand merci à tous ceux qui ont participé à cette récolte. Cette somme va aider toutes les familles qui vivent sous les tentes. Je vais établir, avec Irosh et le Comité, une liste des besoins des familles et nous répartirons équitablement.  Je tiendrai la comptabilité que je vous enverrai par mail. Vous allez faire des heureux. La semaine dernière sont venues 4 Françaises, qui m'avaient contactée et qui m'ont laissée 780 euros. Nous avons acheté de la nourriture et des produits de toilette. 74 familles ont bénéficié d'un sac rempli (…) » .

 

Un mail qui m’était adressé plus personnellement par Brigitte relatait : « (…) ce matin, 3 juin, à 9 h, le nouveau bateau d'Irosh a été mis à l'eau. La sortie du port a été difficile, mer mauvaise et rochers. Son bateau porte le nom de ''Horizon'' comme l'article paru dans le ''Monde''. Irosh y tenait beaucoup. Tout un symbole. J'espère de tout coeur qu’il  lui ouvrira de nouveaux horizons. Les drapeaux Belge, Sri Lankais et Francais ont été hissés et accompagneront Irosh et l'équipage (8 personnes) lors de leurs sorties. Grosse émotion pour moi quand j'ai vu Irosh partir heureux sur son bateau. Je n'ai pu m'empêcher de verser ma petite larme en repensant au 26 décembre et aux jours qui ont suivi. Mon désir et ma volonté d'aider Irosh et le village si possible. J'ai bien sûr pensé aux gens qui m'ont aidé et en particulier vous mon Père (…) . Merci à vous. Grâce à vous tous, j'aide mes amis. Depuis 2 jours, a commencé la construction de 2 nouveaux bateaux. L'un portera le nom de ''Guy'' (…).

 

Mon commentaire :

  J’ai toujours été ultra-sensible aux dons offerts pour notre association « Bergerie de Faucon », comme pour ceux que j’ai sollicités pour le Sri-Lanka.

Vous dire où vont concrètement les 15 000 euros pour les victimes du Tsunami est la suite cohérente et honnête du lien entre celui qui offre et celui à qui il rend la vie.

Infime partage dans l’océan de dons. Il faudrait multiplier, au cours des catastrophes, des petites cellules vivantes, efficaces et rapides. Avec compte-rendu à l’appui.

Il n’y a rien de plus beau que de savoir que les dons versés pour que des gens vivant d’un seul coup l’horreur du dénuement absolu, retrouvent l’espérance concrètement…

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JUILLET 2005 

"LEGION D'HONNEUR..."

C'est par un coup de téléphone de mon frère apprenant par RTL que j'ai la légion d'honneur que j'ai pris connaissance de l'hilarante nouvelle !...

Entendre que j'ai reçu cette décoration me remplit de stupéfaction :

- parce que je ne la mérite pas, j'en suis convaincu.

- parce que j'ai toujours fui les honneurs, péril extrême pour toute personne qui sait au fond mieux que quiconque ce qu'elle est vraiment

- parce qu'en tant qu'inspirateur d'une oeuvre, je ne suis qu'une pierre au milieu d'une équipe qui se défonce jour et nuit au service de nos jeunes.

- évitez à tout prix de me féliciter, ça me donnerait des varices !...

Mon combat continue et continuera jusqu'au bout. Ce n'est pas ma faute si Jacques Chirac a fumé un pétard la veille du 14 juillet. Ca devait être du très bon marocain et comme chacun sait , ça peut provoquer des délires du type : "Mais, bien sûr que sur son blouson noir il manque un pin's  rouge !..."

Le seul honneur que je revendique, c'est de rester présent à la détresse de jeunes dont personne ne veut, en n'oubliant pas que des milliers d'éducateurs et d'éducatrices font la même chose, sans décoration, sans bruit... 

GUY GILBERT - Nuit du 14 au 15 juillet 2005, à 2 heures du matin dans un bar parisien...

Texte de l'interview qu'il a donnée le soir même sur RTL : 

 

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SEPTEMBRE 2005 

"LES DEUX RESCAPES..."

Photo correspondante N°1 en ligne prochainement.

 

Photo correspondante N°2 en ligne prochainement.

 

Leurs deux visages sont restés étrangement lumineux et sereins. Ayant dépassé largement les quatre-vingts ans, ils trottinent allègrement dans les couloirs du monastère cistercien de Midelt.

Je leur avais promis depuis longtemps de venir les rejoindre au fond de l’Atlas marocain où ils se nichent dans une minuscule communauté.

Ces moines sont quelques gouttes de l’élexir dont la tradition monastique est friande...

“Elixir de vie” proclame le texte de l’Ecriture en faisant référence à l’amitié.

Les deux octogénaires, Amédée et Jean-Pierre, sont les rescapés de Tibhirine. Nous sommes le “petit reste” aime répéter Amédée.

Après le déchirement causé par la mort de leurs sept compagnons, octogénaires intrépides mais toujours vaillants, ils sont partis rejoindre la communauté marocaine au nom évocateur de “Notre-Dame de l’Atlas”.

Ils savent mieux que quiconque la puissance de la phrase évangélique : “Voici que nous avons tout quitté”.

J’ai été témoin du lien amical puissant qui les unissait à d’innombrables familles algériennes.

Autrefois, quand j’allais en retraite à Tibhirine, impossible de ne pas repérer ces deux moines, petites fourmis accueillant, palabrant interminablement avec ceux et celles qui frappaient à la porte du monastère.

Comment aussi oublier l’immense penseur qu’était Christian de Chergé, Christophe la cheville ouvrière des cultivateurs algériens associés du jardin et frère Luc qui a soigné des milliers de pauvres ? Ils sont allés jusqu’au bout pour donner la vie, sans bruit, sans se lasser.

C’est la force de leur amitié pour le peuple musulman qui leur avait permis de choisir de rester.

Quand les tueurs sont arrivés, ils étaient prêts. De minuscules bagages étaient déjà disposés au pied de leur lit. Par miracle, Amédée et Jean-Pierre, tapis dans leur chambre, n’ont pas eu à les emporter. Ils restent les seuls témoins.

“Il s’agit d’être une Eglise dans un peuple musulman pour un peuple musulman” aime répéter Henri Teissier, archevêque d’Alger.

“Une Eglise de la rencontre, du partage de l’amitié et de la communication” ajoute le prélat algérien.

Sirotant un café avec Amédée dans un bar de Midelt, je constate avec étonnement qu’il connaît chacun par son prénom.

Jean-Pierre, lui, me fait goûter les mirabelles exquises du jardin.

L’Eglise au coeur de l’Islam, dans une présence enfouie, est de l’ordre du mystère.

Une cigogne passe majestueusement au-dessus du monastère semblant amener sur ses ailes l’espérance d’une nouvelle mission qui s’adresse à une société toute entière pour la réconciliation des deux plus grandes communautés religieuses dans le monde.

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OCTOBRE 2005 

"MON PASSE, C'EST UNE TOMBE..."

Fort de ses 18 ans révolus, il semble prêt à partir.

Un sourire apaisé estompe le souvenir du masque dur, angoissé de ses débuts parmi nous il y a plus de deux ans. Je garde inscrits dans ma mémoire les premiers moments du jour de son arrivée.
Devant moi, un gosse perdu, las de tout, ne désirant rien, inaccessible ; “ On ne sait plus quoi en faire, je vous en prie prenez-le” me supplie l’éducateur.


Dès les premiers jours, à la ferme de Haute-Provence, il me fallait l’appeler de Paris chaque jour, pour faire le fumier, la vaisselle ou accepter une punition. Ce n’est pas dans mes habitudes de commander à distance lorsque le responsable de la ferme a toute autorité pour le faire.
Mais c’était ainsi. Mes équipiers lassés de tant d’inertie et de refus se retranchaient derrière moi. Sinon, c’était la porte. Et pour moi, il n’en était nullement question;
Après de longs mois où Steff sut enfin se lever à l’heure, travailler avec rigueur, accepter nos règles, il fallut en douceur l’aider à prendre son avenir en main.
Cela allait s’avérer un dur chantier. Il s’était lové en effet, peu à peu, dans une vie communautaire où il s’installait douillettement ainsi qu’au milieu des animaux qu’il chérissait fortement.
Mais les sangliers ne sont pas aptes à assurer un avenir solide, comme chacun sait !
On a donc tenté les stages. Steff humait l’air du dehors avec appréhension. Les deux premiers furent un échec retentissant. Je l’ai mis en demeure de tenter un troisième avec le risque que nous refuserions de le prendre en charge, s’il sabotait notre acharnement à l’aider à se prendre en main.
Stage réussi suivi de bien d’autres.
Sa frénésie de faire vibrer ses muscles et son intelligence là où il sentirait enfin ce pour quoi il était fait, nous étonnait et nous ravissait à la fois.


Arriva son départ de la ferme.
La D.D.A.S.S qui en est responsable le convoque, pour sa majorité, en vue d’un bilan et de l’aider financièrement à prendre ses ailes. Nous resterons là bien évidemment avec lui tout le temps qu’il faudra.
Sa seule demande écrite à la D.D.A.S.S fut la suivante: “Je veux aller sur la tombe de ma mère le jour de mes 18 ans. Retrouvez-la.”
L’organisme n’a rien fait pour cela. Il a sans doute jugé que cette demande incongrue n’avait aucune importance. Fureur de Steff.
“Mon passé, c’est cette tombe” me dit-il au bord des larmes.
Son père disparu dans la nature ainsi que ses deux frères, Steff est seul au monde, sans racine, sans lieu où se reposer, sauf là ou repose sa mère adorée.
Mais dix fois, vingt fois il m’a demandé : ” Eh Guy, tu me laisseras revenir à la Bergerie hein ? “
“Oui Steff, c’est le lieu où tu as su que tu comptais pour quelqu’un. Des vivants t’aiment. T’inquiète ! On retrouvera la tombe de ta mère. Mais on ne te lâchera jamais”.
Son regard apaisé me dit clairement que son passé n’est plus une pierre tombale.

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NOVEMBRE 2005 

"LA RACAILLE"

En 40 ans, on les a gratifiés de « voyous » (terme fort), de « loubards » (plus gentil), de « sauvageons » (très bucolique), enfin de « racaille » (terme hard).

Ils s’honorent entre eux de cette dernière appellation. Mais malheur à celui qui ose les interpeller ainsi.

En attendant on a l’impression que les jeunes les plus durs des banlieues pullulent, en faisant les grandes manchettes des journaux et médias.

Il est certain que 40 ans de proximité avec les jeunes délinquants m’ont fait entrevoir des évolutions très nettes dans le monde de la rue. La plus signifiante se résume à cette phrase terrible dans ses conséquences : «Je n’ai plus rien à perdre ».

Rien de plus dangereux qu’un jeune de 13 ans qui entre dans une logique kamikaze où tout repère est biffé, toute loi proscrite… sauf la sienne.

Une lente et rampante démission de l’État vis-à-vis de sa jeunesse est une des causes qui a mis le feu aux banlieues.

Les zones de non droit se multiplient. Pas de plans préétablis par des jeunes pour en arriver là… Ils avancent à l’instinct.

Quand l’État recule en effaçant la police de proximité ou en réduisant un travail de prévention pourtant essentiel, les jeunes occupent le terrain des magouilles. Une dictature mafieuse adolescente s’installe alors.

Leurs marchés parallèles (drogues, vols de voitures, etc.) étant en place, malheur aux hommes de justice ou autre force de l’ordre qui voudraient les en balayer.

De plus, la surenchère de la violence ne fait qu’être attisée quand ils ont fait la une des médias. Un régal pour eux de se retrouver enfin au premier plan de l’actualité dans la lueur des incendies et dans le décompte des bagnoles brûlées.

Je suis frappé de constater la jeunesse de ceux qui brûlent les voitures. L’un d’eux (14 ans) dont j’ai la charge et qui a passé un week-end avec moi loin de Paris m’a dit, dès son arrivée à la permanence : « J’ai brûlé 3 bagnoles ».

En me quittant pour rejoindre soi-disant ses parents, il appelle ses copains pour savoir où son quartier opère pour être au premier plan du feu d’artifice… à continuer. Un « jeu » donc, interrompu, à ne pas manquer !

Quant s’ajoutent la pénible bataille de préséance entre les politiciens, leurs théories fumeuses et souvent dépassées, face à des problèmes anciens abordés trop tard, on peut craindre des lendemains sanglants.

Au cours de tels événements où les jeunes sont les rois de la rue, unis dans une mêlée vengeresse criminelle ou ludique, ce spectacle des adultes responsables et désunis est affligeant.

Il est temps de s’asseoir et d’allier toutes nos forces au service d’une jeunesse dont le cri, entendu par un de mes jeunes un soir, après son retour de Clichy-sous-Bois, est simple : « On n’est pas tous de la racaille. Qu’on nous aide à voir clair et loin. C’est pour ça qu’on veut faire tout péter. On donne un avertissement, pour l’instant ! »

Puissent nos gouvernants faire cesser le carnage commencé et surtout entendre le cri des jeunes.

Sinon, le feu couvera après l'incendie en France …

Puisse ce feu destructeur ne pas gagner l'Europe...

DECEMBRE 2005 

"JEUNES PRETRES, DORMEZ"

 

Je dors... ... après une conférence !...

 

Il est 3 heures du matin. Ma journée est finie. Mes paupières sont déjà lourdes. Je rentre. Une heure de prières et de lectures des journaux et, à 4 heures pile, je sombre dans le sommeil.

Mon réveil sonne à midi. Dormir huit heures par nuit est ma force et l’exigence de ma nature. Je m’y plie depuis belle lurette.

Tout en me souvenant de mes premières années de sacerdoce. Poulain clérical fougueux et intrépide, je rongeais avec constance et inconscience mes nuits.

Je me pensais invincible et je courais partout.

Sauver les âmes me hantait.

Cela me hante toujours mais le poulain est devenu vieux cheval de labour qui, la journée finie, ne pense plus qu’à retrouver son picotin (mon bréviaire) et sa paille (mon pucier).

Au fil des années, j’ai découvert que ma tâche exigeait une vigilance et un discernement forts. Comme tout prêtre. Avec en plus un travail social épuisant.

Notre rôle de pasteur, et surtout d’écoutant, suppose une forme olympique d’athlète de Dieu.

Pressé par de multiples tâches et courir partout, sans le repos minimal qu’exige notre corps surmené nous met en danger permanent.

Apprendre à biffer de notre calendrier ce qui va nous affaiblir, et donc nous rendre inopérationnels malgré les apparences, est un impératif prioritaire pour les prêtres.

J’en ai vu combien lutter contre le sommeil en réunion (archevêque compris) ou s’assoupir religieusement au cours des cérémonies eucharistiques.

Ne prendre qu’une journée de repos par semaine, comme de nombreux prêtres le font, est anormal.

Deux jours pleins sont indispensables. Leur ministère y gagnera en force, en amour gratuit, en plénitude, en équilibre.

On n’est pas tous des « Curé d’Ars ». Lui ne roupillait que deux ou trois heures par nuit.

Si nous sommes tous appelés à le devenir, on peut l’être aussi… en dormant bien.

J’ai le souvenir de ce jeune prêtre surbooké le jour et qui répondait de nuit à tous les appels télépho