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CIRCULAIRE N°67 parue en juin 2001

Thème  de la circulaire 
Ma sacoche volée ... et mes sentiments
Méditation sur "Faucon" et projets
Quelques nouvelles administratives
Mon chalet toujours rêvé
On embauche
Mes livres : salaires providentiels
Lettres semestrielles,fichier,financement
Télécartes, timbres et tickerts-restaurant
KTO et Radio-Notre-Dame
Voiture d'occasion en bon état de marche
Vacances : revenez vivants
Comment former les tueurs de la route ?

 

« Pour élever un enfant...

 

Ami(e),

 

... il faut un village », disent les Africains

 

Deux de nos jeunes de la Bergerie de Provence fuguent, un après-midi. Ils vont au village proche et y foutent le bordel : poubelles renversées et insultes gratinées vis-à-vis d'une ancienne qui s'interpose. Rien que de très classique. Nos adolescents ne font que répéter ce qu'ils ont laborieusement appris dans leurs cités où ils règnent en maîtres.

L'ancienne averti aussitôt la mairesse... qui m'appelle, pensant que les trublions ont dû s'échapper de notre antre. Elle a vu juste. On fonce chercher les fouteurs de merde. Ils ont eu, comme pénitence, l'« honneur » de m'accompagner pour s'excuser publiquement devant l'ancienne, outrée des noms d'oiseaux particulièrement fleuris dont nos jeunes l'ont gratifiée. L'affaire est close. De notre côté, on sera encore plus vigilants.

Jean, notre veilleur de la permanence parisienne, sort prendre l'air. Le soir tombe. Deux jeunes s'amusent à renverser les poubelles devant l'immeuble et saccagent scientifiquement les pancartes publicitaires du libraire d'à côté.

            Jean leur demande d'arrêter ce vandalisme. La réponse des jeunes est immédiate : insultes jusqu'à plus soif. En prime, ils saisissent une barre de fer et frappent très violemment la jambe de celui qui a osé interrompre ce qu'on peut aimablement nommer « défoulement ». Ils s'enfuient aussitôt, conscients de leur parfaite impunité.

            Avertir le maire du xixe arrondissement ou retrouver les trublions est du domaine du rêve. Notre veilleur boitera quelques jours et peut-être s'abstiendra-t-il, à la prochaine occasion, d'émettre la moindre observation devant des jeunes qui « s'expriment » en toute impunité au vu et au su de tous.

            J'aime beaucoup ce dicton africain : « Il faut un village pour élever un enfant. » Dans un village, tout le monde se connaît. Si on est vipérin, on dira « s'épie ». Si on est plus positif, on dira « veille au grain ». Pour que la civilité, qui est l'apanage d'une micro-société harmonieuse, permette à la population de vivre en paix.

            Un village garde encore l'art suprême du dialogue, du respect des règles. Un villageois avertira aussitôt qui de droit quand celles-ci sont enfreintes.

            En ville, c'est quand tout bascule qu'on avertit. Il faut du sang. Un jeune avec une balle dans la tête, un passant agressé qui appelle au secours, une vieille dame, la jambe cassée pour avoir voulu conserver son sac.

            Et, là encore, on ne se précipite pas pour sauver ce qui peut l'être. Derrière les persiennes fermées, on appelle la police. Ce qui n'est déjà pas si mal. Retrouver des témoins est, par contre, pour les policiers, un parcours du combattant de plus en plus « hard ». Ne pas se mouiller. Éviter d'être témoin. Bien sûr, crier haut et fort : « Mais que fait la police ? »... Et, en période électorale, voter pour l'élu qui saura le mieux marteler que l'insécurité est le problème numéro 1 des Français !

            Certes, la grande ville pond de plus en plus de monstres : des jeunes et des adultes tueurs ou agresseurs. Mais à quoi ressemblons-nous, nous adultes, « témoins » passifs, qui renforçons serrures et systèmes de sécurité et qui nous apercevons un jour, époustouflés, que la vieille dame du palier est morte depuis six mois ?

 

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Une vie qui ne vaut qu'un regard ou une cigarette...

 

Pour un marché de dupes, pour une insulte, pour une cigarette refusée, pour un regard qui s'attarde de façon désobligeante (selon le tueur), la balle part, le couteau entre dans les chairs. La vie pour l'assassin ne vaut qu'un mot, qu'un regard ou quelques bouffées d'une cigarette. Épouvantés nous sommes. Eux, les tueurs, sûrs de leur fait, ne semblent pas regretter leurs actes. Il vivent une logique à des années-lumière de la nôtre.

            Ils appartiennent à un quartier dont les règles ne sont pas celles de notre République.

            Ils ont leurs codes, leurs lois, leur morale, leur langue. Ils se sont approprié un territoire hors de notre mode de socialisation. Nos normes, ils rejettent. Le plus fort fait la loi. Le plus faible suit.

            Ils défendent leur quartier. C'est la seule chose qu'ils connaissent et qui les valorise. Les adultes y sont absents. La police est méprisée, parce qu'elle ne leur paraît pas être une garante neutre de l'ordre.

            La justice, ils s'en tapent puisqu'ils ont la leur.

            La prison ne sera alors qu'un signe de valorisation dans leur propre monde s'ils fuient le nôtre, c'est parce que peu d'entre nous osent s'aventurer dans leur jungle.

            Passons sur les hommes politiques. La médiatisation des affaires apporte à nos jeunes le vent putride des milliards volés, brassés, offerts, détournés.

            Leurs vols, casses ou cambriolages ne sont à leur yeux que peccadilles. « Ils se servent. Nous aussi », proclament-ils. Ils savent seulement que, lorsque la justice frappera, ils n'auront, eux, qu'un avocat commis d'office.

            Ils viennent d'inaugurer, depuis peu, des virées en masse qui n'ont rien à voir avec la convivialité d'une bande partant faire la fête. Allez vérifier, les samedis soirs, les départs de certains trains de banlieue se dirigeant vers Paris. « Trains gratuits », ont-ils décidé. Malheur au contrôleur qui aurait l'audace de demander à voir un seul billet ! Il se ferait probablement lyncher. Pour faire plus simple, les contrôleurs ont décidé de fermer les yeux. Le train bondé peut donc partir pour des réjouissances parisiennes aux frais de la SNCF.

            Une défaite récente de la République doit être citée pour mieux comprendre où l'on navigue aujourd'hui. Ils n'étaient que trois cents jeunes (excusez du peu) à s'affronter dans ce haut lieu qu'est la Défense. Pistoles, battes de base-ball, couteaux, toute la panoplie guerrière emplissait les poches de nos chérubins. Ils s'affrontaient donc dans un lieu public, au milieu de multiples passants, pour régler un différend issu de leurs quartiers respectifs.

            Sur les centaines de jeunes, un seul a été arrêté et mis en examen. Les autres ont beaucoup ri. C'est un appel certain à recommencer. Et, si possible, un peu plus nombreux.

 

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C'est la première sanction qui compte

 

La première transgression non sanctionnée n'est jamais oubliée par un jeun. Multirécidiviste, il aura toutes les peines du monde à comprendre enfin qu'une sanction arrive et frappe dure. Il sera allé crescendo dans les délits, en toute impunité. Quand un délit grave ou gravissime stoppe un jeune dans la délinquance, il est déjà trop tard pour qu'il comprenne vraiment la portée de son acte. On considère trop, en France, que la première faute n'est pas importante. Or, c'est la première sanction qui compte.

            Abaisser l'âge de la majorité pénale pour réagir à la première transgression me semblerait juste et serait un signal fort.

            Seul le mélange répression, prévention, éducation et dissuasion me semble avoir quelque succès.

            La répression, ce n'est pas envoyer mille policiers supplémentaires comme l'a fait, il y a peu, Lionel notre Premier ministre. Jacques ayant claironné haut et fort que les Français avaient peur, Lionel ne pouvait faire moins (cohabitation oblige) que d'envoyer mille pandores de plus pour nous tranquilliser.

            Quand on sait qu'il exista à peu près mille villes sensibles au niveau de la délinquance, on imagine tout de suite ce qu'un policier de plus par ville a de rassurant pour les Français !

            Des policiers nombreux, courtois, respectueux, professionnelles et bien formés nous donneraient l'image d'une police proche et ferme, voire amicale.

            Son rapport avec les jeunes est déterminant. Verbaliser le premier délit, saisir immédiatement tout véhicule ou moto pétaradant, interpeller tout jeune franchissant sans payer les portiques de métro, etc., serait exemplaire.

 

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Si chaque citoyen s'avérait être un allié

 

Si chaque citoyen s'avérait être un allié pour empêcher l'expansion des conduites illégales, ce serait signifiant. Pour cela, il me semble essentiel de susciter, par une conscientisation, une nouvelle attitude de la part des Français face aux multiples délits dont ils sont les témoins passifs.

            Une campagne des médias, forte et éclairée, pourrait nous sortir d'une torpeur qui est à la limite de la complicité.

            Former de nombreux adultes capables de dialoguer avec les jeunes et revoir le rôle des assistants sociaux sont deux missions urgentes. De plus en plus d'éducateurs refusent de travailler dans les quartiers difficiles.

 

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Les emmerdeurs et les pas cons

 

J'échangeais dernièrement avec deux écoles dans la même ville.

            La première, très cotée, dans un quartier favorisé. Discipline stricte. Jeunes plutôt bien dans leur peau. Familles aisées. Profs heureux.

            La deuxième, c'était l'enfer. Les jeunes issus de quartiers défavorisés s'en donnaient à coeur joie pour exprimer leur mal de vivre. « Va chier » est la réponse rituelle des têtes blondes au salut du prof. Quant au travail à l'école, parlons plutôt de bordel organisé... par les jeunes évidemment. Profs dépressifs. Absentéisme universel. Résultats scolaires minables. Jeunes un peu plus paumés encore et adultes démotivés.

            Si les jeunes qui nous emmerdent sont majoritairement rassemblés dans les mêmes écoles, et les pas cons, pas chiants, regroupés dans d'autres, on cantonne les uns et les autres dans les mêmes quartiers et le même avenir. Les uns seront la chance de notre pays. Les autres en seront la honte.

            Une mixité sociale dans les écoles serait très dissuasive. Elle tempérerait l'arrogance destructive des perturbateurs et les aiderait à se construire. Il faudrait pour cela quelque audace de la part de nos dirigeants et des moyens importants pour qu'une morale laïque forte soit dite, prêchée et appliquée dès le plus jeune âge.

            C'est le rôle prioritaire et éminent de toute école, cette dernière étant le relais indispensable d'une rigoureuse éducation civique, qui est avant tout du ressort de la famille.

 

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Les parents sont-ils démissionnaires ?

 

Non ! pas vraiment. Facile de taper toujours sur les familles. Plus difficile de fouiller un peu dans notre passé et de se souvenir de notre vécu. Nos grands-parents transmettaient leurs valeurs à nos parents. À leur tour ces derniers nous en faisaient part. Sans discussion possible. On faisait le bien qu'on nous disait de faire. On évitait le mal qu'on nous pointait du doigt.

            Ajoutez à ces valeurs morales d'autres, spirituelles, fortes, qui pouvaient nous tremper dans l'acier.

            Les jeunes aujourd'hui ont de multiples autres références qui ne sont pas toutes détestables, loin de là. Elles sont autres, différentes.

            D'où la bataille rangée à la maison pour en discuter. Aux parents alors de s'armer d'un casque de combat et d'une panoplie guerrière adéquate pour se préparer aux assauts répétés de leurs petits qui vérifient tout à leur crible. Aux « J'ai vu à la télé... », « Ma maîtresse m'a dit... » s'ajoutent les messages que films ou musique » leur inoculent, sans oublier Internet, qui est, pour nos jeunes, le fin du fin de l'information et de la découverte.

            Discuter, palabrer, approuver, contester est le lot des parents d'aujourd'hui. Il faut du temps pour ce combat-là. Beaucoup de temps. Les parents restent au hit-parade de l'éducation dès que l'enfant apparaît.

            S'ils ne s'en soucient pas, alors leurs enfants pousseront seuls, sans racines vitales et seront en plein désarroi.

            S'ils ont le temps, et surtout s'ils le prennent, l'enfant sera riche d'une époque ouverte à tous les vents culturels, moraux et spirituels. Les dérives dangereuses, patiemment montrées du doigt, indiqueront aux enfants, dès le plus jeune âge, qu'on ne peut pas tout vivre, tout faire. Et que certaines expériences sont à proscrire à l'adolescence.

            C'est là que se situe le combat des parents d'aujourd'hui.

            Heureux le couple qui n'a pas peur de refuser de grimper l'échelle sociale, avec un salaire plus conséquent... pour rester présent.

            Terrible ce témoignage d'un père de famille découvrant au commissariat que son fils de dix-sept ans dealait depuis deux ans. À sa barbe et sans qu'il s'en doute. Maire d'une petite commune, infirmier, agent de pastorale chrétien, il était dévoré par ses jobs et « apercevait » son grand fils de temps en temps. Le môme ne manquait évidemment pas de confort, et encore moins d'argent. Le père a quitté immédiatement les fonctions professionnelles qui le dévoraient.

            Je revois son grand fils, ingénieur aujourd'hui.

            Tout pouvait encore être sauvé. Le père et la mère ont demandé pardon à leur adolescent et l'ont remis sur la route où ils l'avaient laissé seul.

            Le temps fait de présence, c'est de l'amour jamais perdu.

 

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Retrouver le sens animal de protection

et d'assistance

 

On perd actuellement le sens animal de protection, d'assistance et de présence auprès de l'enfant.

            Je garde toujours le souvenir de Patrick, un jeune désarticulé que je trouvai couché à plat ventre en arrivant dans ma permanence. Il regardait les sept chiots sortir du ventre de Vagabonde, ma chienne. Après avoir, à ses côtés, contemplé l'amour de l'animal léchant interminablement ses petits, j'entends encore Patrick me décocher : « Jamais ma mère ne m'a embrassé, ni caressé. »

            Même en difficulté, les familles ont les ressources pour réagir, stopper les dérives, revigorer, sans forcément recourir tout de suite à un spécialiste. À condition d'être là, pour détecter les signes imperceptibles qui mettent en alerte : une attitude louche, un enfermement sur soi. Combien de parents m'ont décrit, après l'enterrement de leur gosse suicidé, les multiples signes avant-coureurs d'un tel drame.

            Trop préoccupés par leur divorce, leur travail ou simplement lassés de discuter, ils sont assommés parce qu'ils n'ont pas eu ou pris le temps de s'apercevoir que leur gosse appelait à l'aide. Parfois, il est vrai, il n'y a aucun signe prémonitoire. Mais c'est plus rare. Et c'est toujours terrible.

            Les éducateurs et les assistances sociales auprès des familles sont d'excellents relais. Extérieurs au nid, ils voient souvent juste et bien.

            Les surveillants de prison, s'ils ne sont pas débordés, peuvent être aussi des relais de belle importance. La prison aurait au moins cette qualité qui lui fait tant défaut : aider à faire réfléchir. Profiter de cette halte-sanction pour responsabiliser le coupable et le rendre un peu plus neuf à la sortie.

            J'ai proposé plusieurs fois de faire des réunions de pères de famille. Souvent paumés, ils ont besoin de se retrouver pour éclairer leur route face aux ados qu'ils ne comprennent pas.

            Quant au divorce, cette plaie aussi béante que banalisée, on ne dira jamais assez les ravages qu'il cause.

            Là aussi, des médiateurs peuvent atténuer les discensions, faire retrouver la route aux parents paumés et éviter l'irréparable.

 

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On ne rattrape jamais l'amour qui n'a pas été donné

 

J'ai assez aimé le colloque international à l'Unesco qui réunissait de nombreux chercheurs travaillant sur la violence scolaire. C'était en mars dernier à Paris. Chaque pays apportait ses statistiques en « chiffre noir ».

            Les uns mettaient en avant le « harcèlement entre élèves ». Les autres c'étaient les « incivilités ». D'autres encore ciblaient les « jeunes à risques ».

            Mais habituellement la violence scolaire ne naît pas à l'école. Elle dépend souvent en premier lieu de ce qui se vit à la maison. Ce gosse que je connais, terreur de ses copains qu'il rakette avec une audace rare, n'est-il pas le portrait craché de son père qui, chaque soir, rentre en semant la peur et bat régulièrement sa femme ?

            À chacun son terrain.

            Il me l'a dit un jour : « À la maison, c'est le plus fort qui gagne. Pour l'instant, c'est mon père. » C'est donc lui, à l'école.

            Un ado, que je suis depuis peu, ne peut s'empêcher de vandaliser les cabines téléphoniques de son école. Il m'a confié un jour « Je n'ai personne à appeler et à qui parler. »

            La relation des Français avec leur jeunesse est, aujourd'hui, une matière à débat fondamentale. On peut toujours décrire les jeunes comme un continent mystérieux, fascinant.

            Laissons-leur la parole d'abord. Confrontons-nous à eux. N'ayons aucune peur d'eux.

            La période que nous vivons est celle d'une grande transformation.

            Une transformation par le bas en se plaçant au ras des pâquerettes avec les jeunes d'aujourd'hui, surtout ceux à risques.

            N'avoir aucune peur du mot « répression » qui se lie fort harmonieusement avec « dissuasion », « prévention » et « éducation ».

            C'est alors les aider à grimper vers le haut.

            C'est ma tâche et celle de mes équipiers. Si la question de Dieu me passionne absolument, ce qui se loge au coeur des adolescents dont j'ai la charge est aussi passionnant.

            Il y a un lien intime entre ces deux passions.

            Je ne peux séparer mon engagement de chrétien de celui d'éducateur.

            Sachant que l'Amour est le ressort fondamental de ces deux passions, je m'essaie à ne pas gaspiller le temps qui nous est donné pour aimer.

            On ne rattrape jamais l'amour qu'on n'a pas donné à nos enfants. Ce moment, unique et fabuleux à la fois, où ils sont installés dans le nid est un temps inestimable pour l'éducation.

            Personne ne pourra mieux donner et entretenir cet amour que les parents.

            De multiples relais autour de la famille sont indispensables. Des plus petits villages aux plus grandes agglomérations, nous devons être les alliés des parents et non des citoyens passifs, pour élever nos enfants et aider ceux de notre entourage.

            Mais personne, jamais personne, ne pourra leur donner la force, la joie de vivre et la puissance créatrice qu'ils transmettront à leur tour, hormis un homme et une femme qui s'aiment et qui les aiment.

            Élever un enfant est une grâce et un privilège.

            C'est de plus en plus un combat.

            Soyons, parents en première ligne, les combattants de l'Amour.

 

 

 

 

P.-S. Ce texte peut être publié en partie ou en totalité. Il suffit de me le demander ou même... d'oublier de le faire.

 

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EN VRAC...

 

 

1. Ma sacoche volée... et mes sentiments

 

Ceux et celles qui me connaissent ne me voient pas sans ma sacoche noire. Je fourgue dedans l'essentiel : photos de mon enfance, carte professionnelle, courrier urgent, argent pour dépanner parfois sur-le-champ, et mille petits gadgets indispensables qui en font un bureau permanent.

            Cette sacoche ne me quitte jamais. Lien indispensable avec mon travail, elle est portée « avec vénération » par les jeunes qui entrent dans mon équipe. Mythique pour eux, ils la portent sachant qu'elle contient mille et une choses à leur service.

            Elle m'a été volée trois fois.

            Une fois en Espagne, au cours d'un camp qui nous dirigeait vers le Maroc, en 1972. Le temps d'un bain ultrarapide dans la Méditerranée, juste avant de passer la frontière, et d'habiles truands ont réussi à découper une vitre du camion pour emporter la sacoche qui contenait l'argent du camp (12 000 F), les passeports et... le rêve de visiter le Maroc !

            Un mois plus tard, la sacoche était jetée dans un jardin espagnol avec tout ce qu'elle recelait... sauf l'argent, évidemment.

            Il y a heureusement des voleurs à qui il reste une certaine dignité.

            La deuxième fois, en 1994, c'est un ancien qui, alors que j'intervenais au téléphone dans mon bureau pour régler l'urgent problème qu'il m'avait confié, a réussi à filer avec cette fameuse sacoche.

            Je la retrouvai, selon les indications de mon voleur, dans un casier de la gare du Nord. Intacte toujours... mais sans l'argent.

            Pour la deuxième fois, l'honneur du voleur était en partie sauf.

            La troisième disparition (en novembre dernier) est beaucoup plus répugnante. Ma sacoche a été volée à Faucon, dans mon minuscule appartement. Et jamais retrouvée à ce jour.

            Il faut six clefs pour accéder à ma chambre. Donc, c'est un proche. Qui a guetté, surveillé mes allées et venues. Il s'est emparé d'une somme d'argent liquide importante et a emporté la sacoche, plus une valise à laquelle je tenais beaucoup. Elle contenait des documents sur l'origine de Faucon. Documents inestimables au niveau sentimental (par exemple : les plans du futur Faucon, dessinés des mains malhabiles de jeunes loubards rêvant... ce que Faucon est aujourd'hui).

            Cet être maléfique a semé un trouble grave chez mes équipiers. La plainte portée, l'équipe a été convoquée à la gendarmerie. Imaginez l'ambiance ! Les personnes intègres ont été sérieusement suspectées.

            Mon équipe est restée, malgré la suspicion qui pouvait planer sur chacun de mes adjoints.

            Des indices forts ont été réunis. Sans plus.

            Le cambrioleur certainement cette lettre. Qu'il sache ceci : il n'a aucun honneur. Sa seule motivation a été l'appât du gain, en volant ainsi l'argent de la communauté. Et puis un côté putride, fouille-merde l'a poussé à planger dans ce qu'un être a d'intime et de précieux.

            Il le savait, cet être de l'ombre, et il avait parfaitement calculé son coup. Je le laisse avec sa conscience.

            Qu'il sache bien que je n'ai rien perdu, au fond. Faucon vit et continue dans le meilleur.

            Puisse-t-il, un jour, avoir le remords suffisant pour me rendre intact ce qu'il m'a volé !

            Pourquoi vous raconter cela ? Par honnêteté, simplement. Je n'ai rien à cacher. Et je me devais de vous le dire. Il est important que vous connaissiez les lumières de Faucon, ainsi que ses ombres.

            Toute oeuvre qui se veut la plus honnête et la plus transparente possible sera toujours entachée par des chacals aux aguets qui ne cherchent que leur sordide intérêt.

            Elle ne peut, cette oeuvre-là, qu'être dynamisée par la gratuité qui l'anime. Et continuer sans désemparer.

 

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2. Méditation sur Faucon... et projets

 

Dès mon arrivée à l'aéroport de Marignane, à chaque fin de mois, c'est toujours le même accueil des jeunes de Faucon.

            Ravis de me retrouver, ils se serrent autour de la table d'un restau, seuls avec moi. C'est une pratique à laquelle je tiens beaucoup.

            Ils peuvent avoir une parole libre, sans entrave, sans éducateurs. Leurs commentaires s'éparpillent, sans ordre, sans suite, sur leur vécu. Une seule interdiction : ne jamais critiquer, en quoi que ce soit, toute personne absente de la table.

            « Tu lui diras en face ce que tu penses. » Les appeler, adolescents, à la plus grande rigueur, c'est les aider, adultes, à une forte rectitude morale.

            Les animaux de la ferme sont passés spontanément en revue. Chacun parle de sa bête préférée.

            Fred est intarissable sur son Popeye adoré. Il joue avec ce mâle sanglier comme jamais je n'ai vu un jeune le faire. Rudy, intrépide, est le seul à monter sur Lulu, le buffle d'Asie. Il en est fier. Il enfourche avec la même intrépidité Zizou, le dromadaire. Ce dernier renâcle mais est bien obligé de supporter et de porter l'adolescent, prudent et téméraire à la fois.

            Quant à Erwan, appeler chacun de ses moutons par son nom et les voir répondre à son appel, c'est sa joie secrète. Son regard impénétrable s'éclaire toujours à ce moment-là.

            Au coeur d'un paysage splendide, les bêtes resten bien au hit-parade de notre pratique éducative. Je me réjouis toujours d'écouter nos jeunes. Notre prescience d'il y a vingt-huit ans, à la naissance de Faucon, témoigne, sans une ride, sans un poil blanc, de l'efficacité rude et douce des animaux. Ils peuvent être des éducateurs hors pair.

            En arrivant à la Bergerie, nos jeunes considèrent souvent l'animal comme un objet, puis ils détectent peu à peu sa joie de vivre, sa tendresse quémandée et offerte, sa recherche du plaisir, son instinct souvent prodigieux. Sa souffrance, surtout.

            Bab, un lama mâle à la mâchoire prognathe, a sauté du camion la nuit de Noël. On l'emmenait pour animer la crêche vivante sous le parvis de la chapelle. Grave fracture de la hanche et de la mâchoire.

            On pouvait le piquer. On a décidé de le faire opérer malgré la lourde facture. Bab était un monument à Faucon. L'air hautain, il vous faisait vaciller l'âme par son regard impérial et drôle à la fois.

            Voir nos jeunes s'en occuper deux ou trois heures par jour était un régal pour moi. Leurs multiples blessures intérieures se guérissent, en partie, par l'attention qu'ils mettent au service des animaux. Notamment ceux qui souffrent.

            Je ne m'habituerai jamais aux petits miracles dont je suis le témoin, depuis bientôt trois décennies, dans ce rapport réciproque « homme-animal ». Notre expérience accumulée et notre recherche constante dans cette voie éminemment écologique est source d'enseignements forts, à portée universelle.

            L'humain s'occupe de plus en plus des animaux. Mais il se néglige lui-même et s'atrophie. Le service de l'animal doit rapprocher l'humain de lui-même et le rendre meilleur. À condition qu'on ne cherche aucun intérêt. Sauf celui, éminent, de participer à la beauté, à l'équilibre et aux leçons que la nature recèle.

            Adossé au rocher que j'aime, je contemple Faucon.

            Le printemps vient d'exploser. Il n'avertit pas. Il fait irruption avec la soudaineté propre au climat de montagne. On est à 770 mètres d'altitude.

            Je vois la tête du jeune kangourou explorer curieusement la terre printanière. Sa mère, quand il remue trop, lui décoche une taloche affectueuse.

            Un jeune lama est né le jour de Pâques. « Pâques » il sera baptisé. Un deuxième est arrivé peu après. Huit petits marcassins courent derrière leur mère, n'interrompant leurs jeux que pour happer les tétons maternels.

            Les pommiers et les cerisiers sont au top de leur parure. Puissent les gelées tardives laisser quelques cerises aux pies et les sangliers sauvages n'avoir pas l'outrecuidance de déchiqueter les branches des pommiers pour accéder aux futurs fruits, leur dessert préféré.

            Quels dégâts n'ont-ils pas commis dans toute la propriété, cet hiver ! Une véritable invasion. Pas gênés du tout, encore moins agressifs, ils ont labouré tous nos champs avec une conscience professionnelle qu'un bon paysan ne renierait pas. Moi qui aime tant ces bestioles, j'ai eu pour la première fois la pensée criminelle que, seuls, les chasseurs de la commune pourraient mettre en pratique. Mais leurs battues ont été, cette année, sans effet.

            Il nous faudra un jour grillager toute notre propriété. Trop lourd budget d'un seul coup.

            Par contre, on pense faire venir l'eau potable du village distant de plus d'un kilomètre.

            Vitale, cette eau potable, pour nous. On a tout essayé, bien sûr. L'eau filtrée actuellement est buvable. Mais les normes de plus en plus strictes nous obligeront, un jour ou l'autre, à passer par là.

            Mieux vaut le plus vite possible. Les 100 000 francs et plus demandés pour les travaux vous sont confiés, à vous, Veilleurs de Faucon. La maintenance, la beauté de notre Bergerie et du parc animal est votre oeuvre.

            La remorque utile à de nombreux travaux de la ferme est à bout. Il nous faut vite la remplacer.

            Merci d'être là pour nous aider à vivre.

 

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3. Quelques nouvelles administratives

 

Vous qui nous suivez depuis si longtemps, il est important que vous sachiez où nous en sommes dans nos multiples démarches pour que Faucon ne soit pas lié à moi seul mais ait une pérennité qui dépassera, heureusement, mon espérance de vie.

            Les statuts de notre association, « La Bergerie de Faucon », sont en train d'être modifiés afin de les adapter à la réalité de ce que nous vivons chaque jour :

            1. Travail administratif à Paris, accueil et aide aux anciens.

            2. La tâche continuée à Faucon, c'est-à-dire l'accueil et le suivi des jeunes en grande difficulté.

            Il n'est pas inutile de rappeler que, pour tout don de votre part, un reçu fiscal peut vous être établi et, ainsi, vous profiterez d'une réduction d'impôts.

            Le statut de bienfaisance nous permet, par ailleurs, de recevoir dons et legs. Si votre souhait est de nous aider de cette manière, n'hésitez pas à contacter notre bureau ou même, directement, votre notaire.

            Nous espérons que la reconnaissance de « lieu de vie » de Faucon se réalisera avant l'été. Un financement régulier de la DDASS en découlera.

            Pour l'instant aucun salaire. Et nous recevons un cinquième du prix de journée habituel la même attribué aux jeunes. D'où l'ornière financière dont je vous parle plus loin.

            De plus, Charles sera agréé prochainement « assistant maternel ». Je ne serai plus seul à porter cette charge. Un troisième compagnon agréé donnera la possibilité de trois salaires. Et le prix de journée pour nos jeunes sera conséquent.

            Il est réjouissant que la Fondation de France nous encourage dans nos projets. Elle a donné un bon coup de main pour le financement du canal qui irrigue, à présent, notre propriété.

            La tractation avec les impôts, les services de la TVA et bien d'autres tâches administratives, malheureusement nécessaires, prennent de plus en plus d'ampleur et de temps.

            Mais c'est le prix à payer pour un bon fonctionnement, et une reconnaissance de notre travail auprès des différentes instances dont nous espérons le soutien.

 

Le CCP : Association La Bergerie de Faucon – Guy GILBERT

4 376 29 P Paris

 

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4. Mon châlet toujours rêvé

 

J'ai la maquette. C'est déjà ça. L'emplacement est fixé, après nombre d'hésitations. Le chalet se fera. Votre apport a été décisif, même si j'ai dû retirer une partie de la somme récoltée pour aider Faucon à vivre. Je la remettrai quand nous sortirons de l'ornière financière où nous sommes.

            Il sera, un jour, mon rêve longuement caressé.

            Un compagnon y habitera quand je serai absent. Inutile d'en faire une résidence intouchable en mon absence. La mise en commun de tout est un des impératifs qui ont permis à Faucon de garder son élan depuis vingt-huit ans.

            La terre est le temps du partage. Notre passage ici-bas n'a pas d'autre signification.

 

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5. On embauche

 

À la permanence parisienne

            Difficile de vous dire le travail demandé ! Il est tous azimuts. Démarches administratives. Aide et suivi des anciens. Permanence d'accueil. Voyages avec moi pour les conférences en France et au-delà.

            J'ai besoin de quelqu'un de solide, d'équilibré. Un Parisien, si possible. Avec le permis de conduire.

            À Faucon

            Si possible un ou deux adultes ayant déjà travaillé avec des jeunes difficiles. Avec aussi une certaine expérience de la terre et des animaux. Toujours avec le permis de conduire.

            De toute façon, il nous faut des manuels pour assurer les mille et un travaux de la ferme.

            La formation sur le tas est déterminante si la volonté de servir des jeunes difficiles est prioritaire.

            Ils sont nos « maîtres » et les meilleurs formateurs du monde.

 

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6. Mes livres – Salaires providentiels

 

 « Écrivez-vous pour aider votre oeuvre ? » est une question combien de fois posée.

            « Jamais » est ma réponse.

            Depuis Un prêtre chez les loubards, qu'on m'a demandé d'écrire, j'ai continué au gré de mon inspiration.

            Et combien de fois je me suis dit : « Ca y est, j'ai plus rien à dire. » Et ma plume me redémange. Alors, je récidive.

            Écrire, c'est témoigner. C'est dire pauvrement mais passionnément ce qui me tord les tripes. Les deux sujets prioritaires étant : les jeunes dont j'ai la charge et l'Église que j'aime.

            Vous savez où vont les droits d'auteur : entièrement en salaires.

            Cela nous aide bien à vivre. Mettre debout des jeunes adultes par un salaire correct (le SMIC) est pour moi source de joie.

            Mon salaire de la DDASS me suffit.

· Un prêtre chez les loubards   85 F + port : 16 F                                                                   

· La Rue est mon Église    80 F + port : 16 F                                                           

· Des jeunes y entrent, des fauves en sortent 98 F + port : 16 F                                   

· L'Espérance aux mains nues  98 F + port : 16 F                                                           

· Aventurier de l'Amour  98 F + port : 16 F                                                                      

· Avec mon aube et mes santiags   98 F + port : 16 F                                                

· Les Petits Pas de l'amour   98 F + port : 16 F                                                         

· Jusqu'au bout      98 F + port : 16 F                                                                     

· Dieu mon premier Amour  110 F + port : 16 F                                                        

· Des loups dans la bergerie 110 F + port : 16 F                                                                   

· Dealer d'amour  120 F + port : 16 F                                 

· Aimer à tout casser (BD)    65 F + port : 12 F                                                            

· Cris de jeunes   120 F + port : 16 F                                                                          

· Passeurs de l'impossible et les 4 petits livres :  110 F + port : 16 F                     

· Chemin de Croix    25 F + port : 12 F                                                                       

· Le plus bel album de famille. Le Rosaire   34 F + port : 12 F                                             

· La violence... un appel ?   35 F + port : 12 F                                                                      

· Lutte, prie, aime 27 F + port : 12 F                                                                                

 

Quelques-uns sont traduits en six langues (italien, néerlandais, tchèque, polonais, allemand et slovène).

            Si tu veux ces ouvrages, tu peux payer par chèque bancaire ou postal à mon ordre :

Association Bergerie de Faucon – Père Guy GILBERT

 

Cassettes Video : Expérience du lieu de vie

            Vous pouvez désormais commander auprès de nous directement

· Un été à Faucon   = 169 F + 14 F de port (soit : 183 F)                                                         

· La Ferme du bonheur   = 169 F + 14 F de port (soit : 183 F)                                            

Pour le règlement : même CCP que pour les livres

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7. Lettre semestrielle, fichier, financement

 

N'oubliez pas la mise à jour continuelle de notre fichier en corrigeant de manière lisible vos changements d'adresse, en rappelant l'ancienne pour repérage et précision. Informez-vous aussi de vos nouveaux noms de jeunes mariées.

            Les adresses ne sont gérées que par nous-mêmes et ne sont, en aucun cas, vendues ou échangées. Par ailleurs, conformément à la loi Informatique et Liberté, vous avez un droit d'accès et de rectification concernant votre adresse.

            Impossible d'abonner, de réabonner. Trop lourd. Si tu veux recevoir cette lettre, il suffit de la demander. Tu paies comme tu sens, comme tu veux. Si elle t'intéresse, tu sauras bien aider à sa parution et à son expédition. J'ai toujours refusé de fixer le prix. Par respect. Donc tu sauras la financer. Cette pratique dure depuis vingt-neuf ans.

            Tous les frais (expédition, enveloppes, etc.) me sont remboursés dans les mois qui suivent la parution, selon le partage libre de chacun d'entre vous. Cela m'a toujours émerveillé. Et c'est une de mes grandes joies.

 

P.-S., Écrivez en majuscules vos nom, prénom, ville, et votre code postal avec des chiffres nets. Beaucoup de lettres nous reviennent car le déchiffrage est trop difficile au moment de l'enregistrement sur l'ordinateur.

 

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8. Télécartes, timbres neufs et Ticket-Restaurant

 

Si tu veux nous aider, envoie-nous des timbres neufs et, si possible, de collection. Cela ravit tous les prisonniers (des centaines) qui m'écrivent chaque année et à qui je réponds toujours en ajoutant dans la lettre quelques belles cartes postales vierges et trois timbres neufs.

            Ca m'aide aussi à répondre à mon énorme courrier. Je lis personnellement toutes les lettres et je réponds à la plupart. C'est dur mais si chaleureux. Et quel boulot !

            Les timbres de collection oblitérés sont utiles, ainsi que les télécartes usagées, pour de jeunes collectionneurs.

            Les Ticket-Restaurant sont inestimables aussi. Placement sûr et garanti pour les affamés. Il y en a de plus en plus. Et les tickets se monnayent moins facilement.

            Les télécartes neuves sont aussi utiles à nos anciens, notamment pour répondre aux offres de travail, ou lorsqu'ils sont seuls et démunis.

            Tout apport, même petit, est inestimable. À chacun sa part de partage.

 

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9. KTO et RND

 

J'assume tous les mercredis en direct sur KTO, la nouvelle chaîne de télévision religieuse, une émission de 19 heures à 20 heures.

            Voici les coordonnées de cette télé KTO : 15 rue Cognacq-Jay, 75007 Paris. Tél. 01 49 55 00 18.

Adresse Internet : www.ktov.com

De plus, j'anime une émission radio : « Écoute dans la nuit », les mercredis de 22 heures à minuit. J'aborde un thème d'actualité ou de spiritualité, et les intervenants échangent avec moi.

            À Paris et en banlieue, cette radio se situe sur 100.7 FM.

            L'émission est transmise un peu partout en France, grâce au satellite. Si tu veux la capter dans un département, tu trouveras Radio Notre-Dame dans les Radios 3. Et si tu n'as pas le satellite, téléphone au 0 803 804 804.

            On peut également consulter RND dans le monde entier, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sur Internet à l'adresse suivante : www.radionotredame.com

 

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10. Voiture d'occasion en bon état de marche

 

J'ai constaté qu'en payant le permis à nos jeunes majeurs, et en leur trouvant une voiture d'occasion, on leur évite de voler des bagnoles. C'est, pour eux, entrer enfin dans la légalité. Si tu as une voiture roulant bien et en bon état, merci de nous faire signe si tu veux nous l'offrir. On est preneurs.

 

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11. Vacances ! Revenez vivants

 

Pour ces vacances que je vous souhaite reposantes, conviviales, silencieuses et priantes, je vous offre ce texte suscité par l'annonce suivante entendue la veille de Pâques : « On prévoit pour le week-end pascal 90 morts †. »

            Il y en a eu 79 ! Réjouissons-nous donc pour les onze condamnés à mort qui ont eu la vie sauve !

            Chaque fin d'été, combien de lettres ou de faire-parts m'annonçant que tel ami ou connaissance est revenu dans un cercueil de son lieu de vacances !

            Que nos yeux se dessillent, et vite, sur l'hécatombe routière. Elle est, en France, une véritable aberration.

 

 

Revenez joyeux, apaisés, forts... et vivants de ce temps si précieux. Et n'oubliez pas que vos enfants vous regardent conduire.

 

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12. Comment former les tueurs de la route

 

La bataille rangée commence dès que la horde a envahi ma voiture de location.

            Après une rapide visite du tableau de bord, les jeunes se vautrent dans les fauteuils, me recommandant un départ sur les chapeaux de roues. Ce que je ne manque jamais de ne pas faire, évidemment !

            Les « Double cet enfoiré ! », « T'as vu cette limace ? », « Fous-lui les pleins phares dans sa gueule ! » et autres poncifs aimables jaillissent des lèvres de nos chérubins, futurs avaleurs de bitume.

            Bien sûr, ils ont repéré avant toute chose le cadran indiquant la vitesse maximale. Le « 230 km/heure » est, pour eux, le seul objectif à atteindre. Mon prudent 130 km/heure les désespère.

            Ils se rapatrient alors sur la sono... que je leur interdis de toucher. J'ai failli, un jour, avoir un crash en voulant repousser deux mains qui s'acharnaient à zapper sur des musiques différentes.

            Après avoir touché à tous les boutons accessibles, la bande se chamaille ou s'endort.

            Sur la banquette avant, mon jeune coéquipier (que je choisis silencieux) me roule consciencieusement mes clopes et me passe l'eau. Je lui apprends toujours comment présenter la cigarette, le bout incandescent parfaitement visible.

            Avec les dispositions qui les animent si jeunes, ils sont fin prêts, sans qu'ils le sachent, à grossir l'hécatombe banalisée des 3 000 jeunes, morts rituellement sur les routes de France en un an.

            Sans compter les dizaines de milliers de blessés avec, en prime, tous ceux et celles condamnés à ne pousser que deux « volants verticaux ». Assis à vie.

            Les constructeurs de voitures devraient, en priorité, entrer dans la catégorie des « pousse-au-crime » et être inculpés en grande partie pour les 400 000 morts annuels, victimes de la route dans le monde.

            L'aberration absolue est qu'ils construisent des bombes volantes, de plus en plus fragiles et puissantes à la fois. Les adultes commencent à s'en inquiéter. Quant aux jeunes, ils s'en délectent, inconscients qu'ils sont des risques extrêmes qu'ils vont courir ou faire courir.

            Il semble que seulement deux pour cent de ce que nous donnons à l'État, pour ce qui touche l'automobile, soient investis pour l'entretien de nos routes. Autre formidable aberration d'un État rapace qui ne pense que radars, flics en embuscade, points supprimés et amendes qui lui rapportent un joli pactole, au lieu, parallèlement aux mesures de dissuasion plus que nécessaires, d'améliorer considérablement l'état de nos routes !

            Un temps, des élus, excédés par la tuerie, ont bardé les routes de leur commune d'épitaphes mortuaires : « Ici : 4 morts », « Là : 8 morts ». Mais sans doute ces stèles funèbres faisaient-elles désordre... ou se retournaient-elles contre ces mêmes élus. Le citoyen pouvait se dire, en effet : « S'il y a tant de morts à cet endroit, c'est que rien n'est fait pour empêcher qu'ils le soient. »

            Persévérons donc dans notre lâcheté qui provoque cette tuerie banalisée.

            D'autres moyens sont aussi à leur disposition : jeux vidéos de compétition routière hard, films comme Taxi I, moteurs de mobylettes gonflés, etc.

            Nos futurs tueurs de la route sont plus que jamais programmés pour entrer dans la danse macabre.

            Continuons donc gentiment à les prévenir des risques innombrables que comportent les routes, en ne prenant aucun moyen en amont pour les empêcher de se détruire ou d'anéantir ceux qu'ils auront le malheur de croiser...

 

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BONNES VACANCES !

 

plus en plus fragiles et puissantes à la fois. Les adultes commencent à s'en inquiéter. Quant aux jeunes, ils s'en délectent, inconscients qu'ils sont des risques extrêmes qu'ils vont courir ou faire courir.

            Il semble que seulement deux pour cent de ce que nous donnons à l'État, pour ce qui touche l'automobile, soient investis pour l'entretien de nos routes. Autre formidable aberration d'un État rapace qui ne pense que radars, flics en embuscade, points supprimés et amendes qui lui rapportent un joli pactole, au lieu, parallèlement aux mesures de dissuasion plus que nécessaires, d'améliorer considérablement l'état de nos routes !

            Un temps, des élus, excédés par la tuerie, ont bardé les routes de leur commune d'épitaphes mortuaires : « Ici : 4 morts », « Là : 8 morts ». Mais sans doute ces stèles funèbres faisaient-elles désordre... ou se retournaient-elles contre ces mêmes élus. Le citoyen pouvait se dire, en effet : « S'il y a tant de morts à cet endroit, c'est que rien n'est fait pour empêcher qu'ils le soient. »

            Persévérons donc dans notre lâcheté qui provoque cette tuerie banalisée.

            D'autres moyens sont aussi à leur disposition : jeux vidéos à base de compétition routière « hard », films comme « Taxi I », moteurs de mobylettes gonflés, etc.

            Nos futurs tueurs de la route sont plus que jamais programmés pour entrer dans la danse macabre.

            Continuons donc gentiment à les prévenir des risques innombrables que comportent les routes, en ne prenant aucun moyen en amont pour les empêcher de se détruire ou d'anéantir ceux qu'ils auront le malheur de croiser...

 

BONNES VACANCES !

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