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CIRCULAIRE N°67 parue en juin 2001
« Pour
élever un enfant...
Ami(e),
... il faut un
village », disent les Africains
Deux
de nos jeunes de la Bergerie de Provence fuguent, un après-midi. Ils vont au
village proche et y foutent le bordel : poubelles renversées et insultes
gratinées vis-à-vis d'une ancienne qui s'interpose. Rien que de très
classique. Nos adolescents ne font que répéter ce qu'ils ont laborieusement
appris dans leurs cités où ils règnent en maîtres.
L'ancienne
averti aussitôt la mairesse... qui m'appelle, pensant que les trublions ont dû
s'échapper de notre antre. Elle a vu juste. On fonce chercher les fouteurs de
merde. Ils ont eu, comme pénitence, l'« honneur » de m'accompagner
pour s'excuser publiquement devant l'ancienne, outrée des noms d'oiseaux
particulièrement fleuris dont nos jeunes l'ont gratifiée. L'affaire est close.
De notre côté, on sera encore plus vigilants.
Jean,
notre veilleur de la permanence parisienne, sort prendre l'air. Le soir tombe.
Deux jeunes s'amusent à renverser les poubelles devant l'immeuble et saccagent
scientifiquement les pancartes publicitaires du libraire d'à côté.
Jean leur demande d'arrêter ce vandalisme. La réponse des jeunes est
immédiate : insultes jusqu'à plus soif. En prime, ils saisissent une
barre de fer et frappent très violemment la jambe de celui qui a osé
interrompre ce qu'on peut aimablement nommer « défoulement ». Ils
s'enfuient aussitôt, conscients de leur parfaite impunité.
Avertir le maire du xixe
arrondissement ou retrouver les trublions est du domaine du rêve. Notre
veilleur boitera quelques jours et peut-être s'abstiendra-t-il, à la prochaine
occasion, d'émettre la moindre observation devant des jeunes qui « s'expriment »
en toute impunité au vu et au su de tous.
J'aime beaucoup ce dicton africain : « Il
faut un village pour élever un enfant. » Dans un village, tout le
monde se connaît. Si on est vipérin, on dira « s'épie ». Si on
est plus positif, on dira « veille au grain ». Pour que la civilité,
qui est l'apanage d'une micro-société harmonieuse, permette à la population
de vivre en paix.
Un village garde encore l'art suprême du dialogue, du respect des règles.
Un villageois avertira aussitôt qui de droit quand celles-ci sont enfreintes.
En ville, c'est quand tout bascule qu'on avertit. Il faut du sang. Un
jeune avec une balle dans la tête, un passant agressé qui appelle au secours,
une vieille dame, la jambe cassée pour avoir voulu conserver son sac.
Et, là encore, on ne se précipite pas pour sauver ce qui peut l'être.
Derrière les persiennes fermées, on appelle la police. Ce qui n'est déjà pas
si mal. Retrouver des témoins est, par contre, pour les policiers, un parcours
du combattant de plus en plus « hard ». Ne pas se mouiller. Éviter
d'être témoin. Bien sûr, crier haut et fort : « Mais que fait la
police ? »... Et, en période électorale, voter pour l'élu qui
saura le mieux marteler que l'insécurité est le
problème numéro 1 des Français !
Certes, la grande ville pond de plus en plus de monstres : des
jeunes et des adultes tueurs ou agresseurs. Mais à quoi ressemblons-nous, nous
adultes, « témoins » passifs, qui renforçons serrures et systèmes
de sécurité et qui nous apercevons un jour, époustouflés, que la vieille
dame du palier est morte depuis six mois ?
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Une vie qui ne
vaut qu'un regard ou une cigarette...
Pour
un marché de dupes, pour une insulte, pour une cigarette refusée, pour un
regard qui s'attarde de façon désobligeante (selon le tueur), la balle part,
le couteau entre dans les chairs. La vie pour l'assassin ne vaut qu'un mot,
qu'un regard ou quelques bouffées d'une cigarette. Épouvantés nous sommes.
Eux, les tueurs, sûrs de leur fait, ne semblent pas regretter leurs actes. Il
vivent une logique à des années-lumière de la nôtre.
Ils appartiennent à un quartier dont les règles ne sont pas celles de
notre République.
Ils ont leurs codes, leurs lois, leur morale, leur langue. Ils se sont
approprié un territoire hors de notre mode de socialisation. Nos normes, ils
rejettent. Le plus fort fait la loi. Le plus faible suit.
Ils défendent leur quartier. C'est la seule chose qu'ils connaissent et
qui les valorise. Les adultes y sont absents. La police est méprisée, parce
qu'elle ne leur paraît pas être une garante neutre de l'ordre.
La justice, ils s'en tapent puisqu'ils ont la leur.
La prison ne sera alors qu'un signe de valorisation dans leur propre
monde s'ils fuient le nôtre, c'est parce que peu d'entre nous osent s'aventurer
dans leur jungle.
Passons sur les hommes politiques. La médiatisation des affaires apporte
à nos jeunes le vent putride des milliards volés, brassés, offerts, détournés.
Leurs vols, casses ou cambriolages ne sont à leur yeux que peccadilles.
« Ils se servent. Nous aussi », proclament-ils. Ils savent seulement
que, lorsque la justice frappera, ils n'auront, eux, qu'un avocat commis
d'office.
Ils viennent d'inaugurer, depuis peu, des virées en masse qui n'ont rien
à voir avec la convivialité d'une bande partant faire la fête. Allez vérifier,
les samedis soirs, les départs de certains trains de banlieue se dirigeant vers
Paris. « Trains gratuits », ont-ils décidé. Malheur au contrôleur
qui aurait l'audace de demander à voir un seul billet ! Il se ferait
probablement lyncher. Pour faire plus simple, les contrôleurs ont décidé de
fermer les yeux. Le train bondé peut donc partir pour des réjouissances
parisiennes aux frais de la SNCF.
Une défaite récente de la République doit être citée pour mieux
comprendre où l'on navigue aujourd'hui. Ils n'étaient que trois cents jeunes
(excusez du peu) à s'affronter dans ce haut lieu qu'est la Défense. Pistoles,
battes de base-ball, couteaux, toute la panoplie guerrière emplissait les
poches de nos chérubins. Ils s'affrontaient donc dans un lieu public, au milieu
de multiples passants, pour régler un différend issu de leurs quartiers
respectifs.
Sur les centaines de jeunes, un seul a été arrêté et mis en examen.
Les autres ont beaucoup ri. C'est un appel certain à recommencer. Et, si
possible, un peu plus nombreux.
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La
première transgression non sanctionnée n'est jamais oubliée par un jeun.
Multirécidiviste, il aura toutes les peines du monde à comprendre enfin qu'une
sanction arrive et frappe dure. Il sera allé crescendo dans les délits, en
toute impunité. Quand un délit grave ou gravissime stoppe un jeune dans la délinquance,
il est déjà trop tard pour qu'il comprenne vraiment la portée de son acte. On
considère trop, en France, que la première faute n'est pas importante. Or,
c'est la première sanction qui compte.
Abaisser l'âge de la majorité pénale pour réagir à la première
transgression me semblerait juste et serait un signal fort.
Seul le mélange répression, prévention, éducation et dissuasion me
semble avoir quelque succès.
La répression, ce n'est pas envoyer mille policiers supplémentaires
comme l'a fait, il y a peu, Lionel notre Premier ministre. Jacques ayant
claironné haut et fort que les Français avaient peur, Lionel ne pouvait faire
moins (cohabitation oblige) que d'envoyer mille pandores de plus pour nous
tranquilliser.
Quand on sait qu'il exista à peu près mille villes sensibles au niveau
de la délinquance, on imagine tout de suite ce qu'un policier de plus par ville
a de rassurant pour les Français !
Des policiers nombreux, courtois, respectueux, professionnelles et bien
formés nous donneraient l'image d'une police proche et ferme, voire amicale.
Son rapport avec les jeunes est déterminant. Verbaliser le premier délit,
saisir immédiatement tout véhicule ou moto pétaradant, interpeller tout jeune
franchissant sans payer les portiques de métro, etc., serait exemplaire.
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Si
chaque citoyen s'avérait être un allié pour empêcher l'expansion des
conduites illégales, ce serait signifiant. Pour cela, il me semble essentiel de
susciter, par une conscientisation, une nouvelle attitude de la part des Français
face aux multiples délits dont ils sont les témoins passifs.
Une campagne des médias, forte et éclairée, pourrait nous sortir d'une
torpeur qui est à la limite de la complicité.
Former de nombreux adultes capables de dialoguer avec les jeunes et
revoir le rôle des assistants sociaux sont deux missions urgentes. De plus en
plus d'éducateurs refusent de travailler dans les quartiers difficiles.
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J'échangeais
dernièrement avec deux écoles dans la même ville.
La première, très cotée, dans un quartier favorisé. Discipline
stricte. Jeunes plutôt bien dans leur peau. Familles aisées. Profs heureux.
La deuxième, c'était l'enfer. Les jeunes issus de quartiers défavorisés
s'en donnaient à coeur joie pour exprimer leur mal de vivre. « Va chier »
est la réponse rituelle des têtes blondes au salut du prof. Quant au travail
à l'école, parlons plutôt de bordel organisé... par les jeunes évidemment.
Profs dépressifs. Absentéisme universel. Résultats scolaires minables. Jeunes
un peu plus paumés encore et adultes démotivés.
Si les jeunes qui nous emmerdent sont majoritairement rassemblés dans
les mêmes écoles, et les pas cons, pas chiants, regroupés dans d'autres, on
cantonne les uns et les autres dans les mêmes quartiers et le même avenir. Les
uns seront la chance de notre pays. Les autres en seront la honte.
Une mixité sociale dans les écoles serait très dissuasive. Elle tempérerait
l'arrogance destructive des perturbateurs et les aiderait à se construire. Il
faudrait pour cela quelque audace de la part de nos dirigeants et des moyens
importants pour qu'une morale laïque forte soit dite, prêchée et appliquée dès
le plus jeune âge.
C'est le rôle prioritaire et éminent de toute école, cette dernière
étant le relais indispensable d'une rigoureuse éducation civique, qui est
avant tout du ressort de la famille.
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Non !
pas vraiment. Facile de taper toujours sur les familles. Plus difficile de
fouiller un peu dans notre passé et de se souvenir de notre vécu. Nos
grands-parents transmettaient leurs valeurs à nos parents. À leur tour ces
derniers nous en faisaient part. Sans discussion possible. On faisait le bien
qu'on nous disait de faire. On évitait le mal qu'on nous pointait du doigt.
Ajoutez à ces valeurs morales d'autres, spirituelles, fortes, qui
pouvaient nous tremper dans l'acier.
Les jeunes aujourd'hui ont de multiples autres références qui ne sont
pas toutes détestables, loin de là. Elles sont autres, différentes.
D'où la bataille rangée à la maison pour en discuter. Aux parents
alors de s'armer d'un casque de combat et d'une panoplie guerrière adéquate
pour se préparer aux assauts répétés de leurs petits qui vérifient tout à
leur crible. Aux « J'ai vu à la télé... », « Ma maîtresse
m'a dit... » s'ajoutent les messages que films ou musique » leur
inoculent, sans oublier Internet, qui est, pour nos jeunes, le fin du fin de
l'information et de la découverte.
Discuter, palabrer, approuver, contester est le lot des parents
d'aujourd'hui. Il faut du temps pour ce combat-là. Beaucoup de temps. Les
parents restent au hit-parade de l'éducation dès que l'enfant apparaît.
S'ils ne s'en soucient pas, alors leurs enfants pousseront seuls, sans
racines vitales et seront en plein désarroi.
S'ils ont le temps, et surtout s'ils le prennent, l'enfant sera riche
d'une époque ouverte à tous les vents culturels, moraux et spirituels. Les dérives
dangereuses, patiemment montrées du doigt, indiqueront aux enfants, dès le
plus jeune âge, qu'on ne peut pas tout vivre, tout faire. Et que certaines expériences
sont à proscrire à l'adolescence.
C'est là que se situe le combat des parents d'aujourd'hui.
Heureux le couple qui n'a pas peur de refuser de grimper l'échelle
sociale, avec un salaire plus conséquent... pour rester présent.
Terrible ce témoignage d'un père de famille découvrant au commissariat
que son fils de dix-sept ans dealait depuis deux ans. À sa barbe et sans qu'il
s'en doute. Maire d'une petite commune, infirmier, agent de pastorale chrétien,
il était dévoré par ses jobs et « apercevait » son grand fils de
temps en temps. Le môme ne manquait évidemment pas de confort, et encore moins
d'argent. Le père a quitté immédiatement les fonctions professionnelles qui
le dévoraient.
Je revois son grand fils, ingénieur aujourd'hui.
Tout pouvait encore être sauvé. Le père et la mère ont demandé
pardon à leur adolescent et l'ont remis sur la route où ils l'avaient laissé
seul.
Le temps fait de présence, c'est de l'amour jamais perdu.
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Retrouver le
sens animal de protection
et d'assistance
On
perd actuellement le sens animal de protection, d'assistance et de présence
auprès de l'enfant.
Je garde toujours le souvenir de Patrick, un jeune désarticulé que je
trouvai couché à plat ventre en arrivant dans ma permanence. Il regardait les
sept chiots sortir du ventre de Vagabonde, ma chienne. Après avoir, à ses côtés,
contemplé l'amour de l'animal léchant interminablement ses petits, j'entends
encore Patrick me décocher : « Jamais ma mère ne m'a embrassé, ni
caressé. »
Même en difficulté, les familles ont les ressources pour réagir,
stopper les dérives, revigorer, sans forcément recourir tout de suite à un spécialiste.
À condition d'être là, pour détecter les signes imperceptibles qui mettent
en alerte : une attitude louche, un enfermement sur soi. Combien de parents
m'ont décrit, après l'enterrement de leur gosse suicidé, les multiples signes
avant-coureurs d'un tel drame.
Trop préoccupés par leur divorce, leur travail ou simplement lassés de
discuter, ils sont assommés parce qu'ils n'ont pas eu ou pris le temps de
s'apercevoir que leur gosse appelait à l'aide. Parfois, il est vrai, il n'y a
aucun signe prémonitoire. Mais c'est plus rare. Et c'est toujours terrible.
Les éducateurs et les assistances sociales auprès des familles sont
d'excellents relais. Extérieurs au nid, ils voient souvent juste et bien.
Les surveillants de prison, s'ils ne sont pas débordés, peuvent être
aussi des relais de belle importance. La prison aurait au moins cette qualité
qui lui fait tant défaut : aider à faire réfléchir. Profiter de cette
halte-sanction pour responsabiliser le coupable et le rendre un peu plus neuf à
la sortie.
J'ai proposé plusieurs fois de faire des réunions de pères de famille.
Souvent paumés, ils ont besoin de se retrouver pour éclairer leur route face
aux ados qu'ils ne comprennent pas.
Quant au divorce, cette plaie aussi béante que banalisée, on ne dira
jamais assez les ravages qu'il cause.
Là aussi, des médiateurs peuvent atténuer les discensions, faire
retrouver la route aux parents paumés et éviter l'irréparable.
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J'ai
assez aimé le colloque international à l'Unesco qui réunissait de nombreux
chercheurs travaillant sur la violence scolaire. C'était en mars dernier à
Paris. Chaque pays apportait ses statistiques en « chiffre noir ».
Les uns mettaient en avant le « harcèlement entre élèves ».
Les autres c'étaient les « incivilités ». D'autres encore
ciblaient les « jeunes à risques ».
Mais habituellement la violence scolaire ne naît pas à l'école. Elle dépend
souvent en premier lieu de ce qui se vit à la maison. Ce gosse que je connais,
terreur de ses copains qu'il rakette avec une audace rare, n'est-il pas le
portrait craché de son père qui, chaque soir, rentre en semant la peur et bat
régulièrement sa femme ?
À chacun son terrain.
Il me l'a dit un jour : « À la maison, c'est le plus fort qui
gagne. Pour l'instant, c'est mon père. » C'est donc lui, à l'école.
Un ado, que je suis depuis peu, ne peut s'empêcher de vandaliser les
cabines téléphoniques de son école. Il m'a confié un jour « Je n'ai
personne à appeler et à qui parler. »
La relation des Français avec leur jeunesse est, aujourd'hui, une matière
à débat fondamentale. On peut toujours décrire les jeunes comme un continent
mystérieux, fascinant.
Laissons-leur la parole d'abord. Confrontons-nous à eux. N'ayons aucune
peur d'eux.
La période que nous vivons est celle d'une grande transformation.
Une transformation par le bas en se plaçant au ras des pâquerettes avec
les jeunes d'aujourd'hui, surtout ceux à risques.
N'avoir aucune peur du mot « répression » qui se lie fort
harmonieusement avec « dissuasion », « prévention » et
« éducation ».
C'est alors les aider à grimper vers le haut.
C'est ma tâche et celle de mes équipiers. Si la question de Dieu me
passionne absolument, ce qui se loge au coeur des adolescents dont j'ai la
charge est aussi passionnant.
Il y a un lien intime entre ces deux passions.
Je ne peux séparer mon engagement de chrétien de celui d'éducateur.
Sachant que l'Amour est le ressort fondamental de ces deux passions, je
m'essaie à ne pas gaspiller le temps qui nous est donné pour aimer.
On ne rattrape jamais l'amour qu'on n'a pas donné à nos enfants. Ce
moment, unique et fabuleux à la fois, où ils sont installés dans le nid est
un temps inestimable pour l'éducation.
Personne ne pourra mieux donner et entretenir cet amour que les parents.
De multiples relais autour de la famille sont indispensables. Des plus
petits villages aux plus grandes agglomérations, nous devons être les alliés
des parents et non des citoyens passifs, pour élever nos enfants et aider ceux
de notre entourage.
Mais personne, jamais personne, ne pourra leur donner la force, la joie
de vivre et la puissance créatrice qu'ils transmettront à leur tour, hormis un
homme et une femme qui s'aiment et qui les aiment.
Élever un enfant est une grâce et un privilège.
C'est de plus en plus un combat.
Soyons, parents en première ligne, les combattants de l'Amour.
P.-S. Ce texte
peut être publié en partie ou en totalité. Il suffit de me le demander ou même...
d'oublier de le faire.
|
EN
VRAC...
1. Ma sacoche
volée... et mes sentiments
Ceux
et celles qui me connaissent ne me voient pas sans ma sacoche noire. Je fourgue
dedans l'essentiel : photos de mon enfance, carte professionnelle, courrier
urgent, argent pour dépanner parfois sur-le-champ, et mille petits gadgets
indispensables qui en font un bureau permanent.
Cette sacoche ne me quitte jamais. Lien indispensable avec mon travail,
elle est portée « avec vénération » par les jeunes qui entrent
dans mon équipe. Mythique pour eux, ils la portent sachant qu'elle contient
mille et une choses à leur service.
Elle m'a été volée trois fois.
Une fois en Espagne, au cours d'un camp qui nous dirigeait vers le Maroc,
en 1972. Le temps d'un bain ultrarapide dans la Méditerranée, juste avant de
passer la frontière, et d'habiles truands ont réussi à découper une vitre du
camion pour emporter la sacoche qui contenait l'argent du camp (12 000 F), les
passeports et... le rêve de visiter le Maroc !
Un mois plus tard, la sacoche était jetée dans un jardin espagnol avec
tout ce qu'elle recelait... sauf l'argent, évidemment.
Il y a heureusement des voleurs à qui il reste une certaine dignité.
La deuxième fois, en 1994, c'est un ancien qui, alors que j'intervenais
au téléphone dans mon bureau pour régler l'urgent problème qu'il m'avait
confié, a réussi à filer avec cette fameuse sacoche.
Je la retrouvai, selon les indications de mon voleur, dans un casier de
la gare du Nord. Intacte toujours... mais sans l'argent.
Pour la deuxième fois, l'honneur du voleur était en partie sauf.
La troisième disparition (en novembre dernier) est beaucoup plus répugnante.
Ma sacoche a été volée à Faucon, dans mon minuscule appartement. Et jamais
retrouvée à ce jour.
Il faut six clefs pour accéder à ma chambre. Donc, c'est un proche. Qui
a guetté, surveillé mes allées et venues. Il s'est emparé d'une somme
d'argent liquide importante et a emporté la sacoche, plus une valise à
laquelle je tenais beaucoup. Elle contenait des documents sur l'origine de
Faucon. Documents inestimables au niveau sentimental (par exemple : les
plans du futur Faucon, dessinés des mains malhabiles de jeunes loubards rêvant...
ce que Faucon est aujourd'hui).
Cet être maléfique a semé un trouble grave chez mes équipiers. La
plainte portée, l'équipe a été convoquée à la gendarmerie. Imaginez
l'ambiance ! Les personnes intègres ont été sérieusement suspectées.
Mon équipe est restée, malgré la suspicion qui pouvait planer sur
chacun de mes adjoints.
Des indices forts ont été réunis. Sans plus.
Le cambrioleur certainement cette lettre. Qu'il sache ceci : il n'a
aucun honneur. Sa seule motivation a été l'appât du gain, en volant ainsi
l'argent de la communauté. Et puis un côté putride, fouille-merde l'a poussé
à planger dans ce qu'un être a d'intime et de précieux.
Il le savait, cet être de l'ombre, et il avait parfaitement calculé son
coup. Je le laisse avec sa conscience.
Qu'il sache bien que je n'ai rien perdu, au fond. Faucon vit et continue
dans le meilleur.
Puisse-t-il, un jour, avoir le remords suffisant pour me rendre intact ce
qu'il m'a volé !
Pourquoi vous raconter cela ? Par honnêteté, simplement. Je n'ai
rien à cacher. Et je me devais de vous le dire. Il est important que vous
connaissiez les lumières de Faucon, ainsi que ses ombres.
Toute oeuvre qui se veut la plus honnête et la plus transparente
possible sera toujours entachée par des chacals aux aguets qui ne cherchent que
leur sordide intérêt.
Elle ne peut, cette oeuvre-là, qu'être dynamisée par la gratuité qui
l'anime. Et continuer sans désemparer.
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2. Méditation
sur Faucon... et projets
Dès
mon arrivée à l'aéroport de Marignane, à chaque fin de mois, c'est toujours
le même accueil des jeunes de Faucon.
Ravis de me retrouver, ils se serrent autour de la table d'un restau,
seuls avec moi. C'est une pratique à laquelle je tiens beaucoup.
Ils peuvent avoir une parole libre, sans entrave, sans éducateurs. Leurs
commentaires s'éparpillent, sans ordre, sans suite, sur leur vécu. Une seule
interdiction : ne jamais critiquer, en quoi que ce soit, toute personne
absente de la table.
« Tu lui diras en face ce que tu penses. » Les appeler,
adolescents, à la plus grande rigueur, c'est les aider, adultes, à une forte
rectitude morale.
Les animaux de la ferme sont passés spontanément en revue. Chacun parle
de sa bête préférée.
Fred est intarissable sur son Popeye adoré. Il joue avec ce mâle
sanglier comme jamais je n'ai vu un jeune le faire. Rudy, intrépide, est le
seul à monter sur Lulu, le buffle d'Asie. Il en est fier. Il enfourche avec la
même intrépidité Zizou, le dromadaire. Ce dernier renâcle mais est bien
obligé de supporter et de porter l'adolescent, prudent et téméraire à la
fois.
Quant à Erwan, appeler chacun de ses moutons par son nom et les voir répondre
à son appel, c'est sa joie secrète. Son regard impénétrable s'éclaire
toujours à ce moment-là.
Au coeur d'un paysage splendide, les bêtes resten bien au hit-parade de
notre pratique éducative. Je me réjouis toujours d'écouter nos jeunes. Notre
prescience d'il y a vingt-huit ans, à la naissance de Faucon, témoigne, sans
une ride, sans un poil blanc, de l'efficacité rude et douce des animaux. Ils
peuvent être des éducateurs hors pair.
En arrivant à la Bergerie, nos jeunes considèrent souvent l'animal
comme un objet, puis ils détectent peu à peu sa joie de vivre, sa tendresse quémandée
et offerte, sa recherche du plaisir, son instinct souvent prodigieux. Sa
souffrance, surtout.
Bab, un lama mâle à la mâchoire prognathe, a sauté du camion la nuit
de Noël. On l'emmenait pour animer la crêche vivante sous le parvis de la
chapelle. Grave fracture de la hanche et de la mâchoire.
On pouvait le piquer. On a décidé de le faire opérer malgré la lourde
facture. Bab était un monument à Faucon. L'air hautain, il vous faisait
vaciller l'âme par son regard impérial et drôle à la fois.
Voir nos jeunes s'en occuper deux ou trois heures par jour était un régal
pour moi. Leurs multiples blessures intérieures se guérissent, en partie, par
l'attention qu'ils mettent au service des animaux. Notamment ceux qui souffrent.
Je ne m'habituerai jamais aux petits miracles dont je suis le témoin,
depuis bientôt trois décennies, dans ce rapport réciproque « homme-animal ».
Notre expérience accumulée et notre recherche constante dans cette voie éminemment
écologique est source d'enseignements forts, à portée universelle.
L'humain s'occupe de plus en plus des animaux. Mais il se néglige lui-même
et s'atrophie. Le service de l'animal doit rapprocher l'humain de lui-même et
le rendre meilleur. À condition qu'on ne cherche aucun intérêt. Sauf celui,
éminent, de participer à la beauté, à l'équilibre et aux leçons que la
nature recèle.
Adossé au rocher que j'aime, je contemple Faucon.
Le printemps vient d'exploser. Il n'avertit pas. Il fait irruption avec
la soudaineté propre au climat de montagne. On est à 770 mètres d'altitude.
Je vois la tête du jeune kangourou explorer curieusement la terre
printanière. Sa mère, quand il remue trop, lui décoche une taloche
affectueuse.
Un jeune lama est né le jour de Pâques. « Pâques » il sera
baptisé. Un deuxième est arrivé peu après. Huit petits marcassins courent
derrière leur mère, n'interrompant leurs jeux que pour happer les tétons
maternels.
Les pommiers et les cerisiers sont au top de leur parure. Puissent les
gelées tardives laisser quelques cerises aux pies et les sangliers sauvages
n'avoir pas l'outrecuidance de déchiqueter les branches des pommiers pour accéder
aux futurs fruits, leur dessert préféré.
Quels dégâts n'ont-ils pas commis dans toute la propriété, cet hiver !
Une véritable invasion. Pas gênés du tout, encore moins agressifs, ils ont
labouré tous nos champs avec une conscience professionnelle qu'un bon paysan ne
renierait pas. Moi qui aime tant ces bestioles, j'ai eu pour la première fois
la pensée criminelle que, seuls, les chasseurs de la commune pourraient mettre
en pratique. Mais leurs battues ont été, cette année, sans effet.
Il nous faudra un jour grillager toute notre propriété. Trop lourd
budget d'un seul coup.
Par contre, on pense faire venir l'eau potable du village distant de plus
d'un kilomètre.
Vitale, cette eau potable, pour nous. On a tout essayé, bien sûr. L'eau
filtrée actuellement est buvable. Mais les normes de plus en plus strictes nous
obligeront, un jour ou l'autre, à passer par là.
Mieux vaut le plus vite possible. Les 100 000 francs et plus demandés
pour les travaux vous sont confiés, à vous, Veilleurs de Faucon. La
maintenance, la beauté de notre Bergerie et du parc animal est votre oeuvre.
La remorque utile à de nombreux travaux de la ferme est à bout. Il nous
faut vite la remplacer.
Merci d'être là pour nous aider à vivre.
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3. Quelques
nouvelles administratives
Vous
qui nous suivez depuis si longtemps, il est important que vous sachiez où nous
en sommes dans nos multiples démarches pour que Faucon ne soit pas lié à moi
seul mais ait une pérennité qui dépassera, heureusement, mon espérance de
vie.
Les statuts de notre association, « La Bergerie de Faucon »,
sont en train d'être modifiés afin de les adapter à la réalité de ce que
nous vivons chaque jour :
1. Travail administratif à Paris, accueil et aide aux anciens.
2. La tâche continuée à Faucon, c'est-à-dire l'accueil et le suivi
des jeunes en grande difficulté.
Il n'est pas inutile de rappeler que, pour tout don de votre part, un reçu
fiscal peut vous être établi et, ainsi, vous profiterez d'une réduction d'impôts.
Le statut de bienfaisance nous permet, par ailleurs, de recevoir dons et
legs. Si votre souhait est de nous aider de cette manière, n'hésitez pas à
contacter notre bureau ou même, directement, votre notaire.
Nous espérons que la reconnaissance de « lieu de vie » de
Faucon se réalisera avant l'été. Un financement régulier de la DDASS en découlera.
Pour l'instant aucun salaire. Et nous recevons un cinquième du prix de
journée habituel la même attribué aux jeunes. D'où l'ornière financière
dont je vous parle plus loin.
De plus, Charles sera agréé prochainement « assistant maternel ».
Je ne serai plus seul à porter cette charge. Un troisième compagnon agréé
donnera la possibilité de trois salaires. Et le prix de journée pour nos
jeunes sera conséquent.
Il est réjouissant que la Fondation de France nous encourage dans nos
projets. Elle a donné un bon coup de main pour le financement du canal qui
irrigue, à présent, notre propriété.
La tractation avec les impôts, les services de la TVA et bien d'autres tâches
administratives, malheureusement nécessaires, prennent de plus en plus
d'ampleur et de temps.
Mais c'est le prix à payer pour un bon fonctionnement, et une
reconnaissance de notre travail auprès des différentes instances dont nous espérons
le soutien.
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4. Mon châlet
toujours rêvé
J'ai
la maquette. C'est déjà ça. L'emplacement est fixé, après nombre d'hésitations.
Le chalet se fera. Votre apport a été décisif, même si j'ai dû retirer une
partie de la somme récoltée pour aider Faucon à vivre. Je la remettrai quand
nous sortirons de l'ornière financière où nous sommes.
Il sera, un jour, mon rêve longuement caressé.
Un compagnon y habitera quand je serai absent. Inutile d'en faire une résidence
intouchable en mon absence. La mise en commun de tout est un des impératifs qui
ont permis à Faucon de garder son élan depuis vingt-huit ans.
La terre est le temps du partage. Notre passage ici-bas n'a pas d'autre
signification.
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5. On embauche
–
À la permanence parisienne
Difficile de vous dire le travail demandé ! Il est tous azimuts. Démarches
administratives. Aide et suivi des anciens. Permanence d'accueil. Voyages avec
moi pour les conférences en France et au-delà.
J'ai besoin de quelqu'un de solide, d'équilibré. Un Parisien, si
possible. Avec le permis de conduire.
– À Faucon
Si possible un ou deux adultes ayant déjà travaillé avec des jeunes
difficiles. Avec aussi une certaine expérience de la terre et des animaux.
Toujours avec le permis de conduire.
De toute façon, il nous faut des manuels pour assurer les mille et un
travaux de la ferme.
La formation sur le tas est déterminante si la volonté de servir des
jeunes difficiles est prioritaire.
Ils sont nos « maîtres » et les meilleurs formateurs du
monde.
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6. Mes livres
– Salaires providentiels
« Écrivez-vous pour aider votre oeuvre ? »
est une question combien de fois posée.
« Jamais » est ma réponse.
Depuis Un prêtre chez les loubards,
qu'on m'a demandé d'écrire, j'ai continué au gré de mon inspiration.
Et combien de fois je me suis dit : « Ca y est, j'ai plus rien
à dire. » Et ma plume me redémange. Alors, je récidive.
Écrire, c'est témoigner. C'est dire pauvrement mais passionnément ce
qui me tord les tripes. Les deux sujets prioritaires étant : les jeunes
dont j'ai la charge et l'Église que j'aime.
Vous savez où vont les droits d'auteur : entièrement en salaires.
Cela nous aide bien à vivre. Mettre debout des jeunes adultes par un
salaire correct (le SMIC) est pour moi source de joie.
Mon salaire de la DDASS me suffit.
·
La Rue est mon Église 80 F + port : 16 F
·
Des jeunes y entrent, des fauves en sortent 98 F + port : 16 F
·
L'Espérance aux mains nues
98
F + port : 16 F
·
Aventurier de l'Amour 98
F + port : 16 F
·
Avec mon aube et mes santiags
98 F + port : 16 F
·
Les Petits Pas de l'amour 98 F + port : 16 F
·
Jusqu'au bout
98 F + port : 16 F
·
Dieu mon premier Amour 110 F + port :
16 F
·
Des loups dans la bergerie 110 F + port : 16 F
·
Dealer d'amour 120 F + port : 16 F
·
Aimer à tout casser (BD) 65 F + port : 12 F
· Cris de jeunes 120 F + port : 16 F
·
Passeurs de l'impossible et les 4 petits
livres : 110 F + port : 16 F
·
Chemin de Croix 25
F + port : 12 F
·
Le plus bel album de famille. Le Rosaire 34 F + port : 12 F
·
La violence... un appel ? 35
F + port : 12 F
·
Lutte, prie, aime 27 F + port : 12 F
Quelques-uns
sont traduits en six langues (italien, néerlandais, tchèque, polonais,
allemand et slovène).
Si tu veux ces ouvrages, tu peux payer par chèque bancaire ou postal à
mon ordre :
Cassettes Video : Expérience du lieu de vie
Vous pouvez désormais commander auprès de nous directement
·
Un été à Faucon = 169
F + 14 F de port (soit : 183 F)
·
La Ferme du bonheur = 169 F + 14 F de port (soit : 183 F)
Pour le règlement : même CCP que pour les
livres
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7. Lettre
semestrielle, fichier, financement
N'oubliez
pas la mise à jour continuelle de notre fichier en corrigeant de
manière lisible vos changements d'adresse, en rappelant l'ancienne pour repérage
et précision. Informez-vous aussi de vos nouveaux noms de jeunes mariées.
Les adresses ne sont gérées que par nous-mêmes et ne sont, en aucun
cas, vendues ou échangées. Par ailleurs, conformément à la loi Informatique
et Liberté, vous avez un droit d'accès et de rectification concernant votre
adresse.
Impossible d'abonner, de réabonner. Trop lourd. Si tu veux recevoir
cette lettre, il suffit de la demander. Tu paies comme tu sens, comme tu veux.
Si elle t'intéresse, tu sauras bien aider à sa parution et à son expédition.
J'ai toujours refusé de fixer le prix. Par respect. Donc tu sauras la financer.
Cette pratique dure depuis vingt-neuf ans.
Tous les frais (expédition, enveloppes, etc.) me sont remboursés dans
les mois qui suivent la parution, selon le partage libre de chacun d'entre vous.
Cela m'a toujours émerveillé. Et c'est une de mes grandes joies.
P.-S.,
Écrivez en majuscules vos nom, prénom, ville, et votre code postal avec
des chiffres nets. Beaucoup de lettres nous reviennent car le déchiffrage
est trop difficile au moment de l'enregistrement sur l'ordinateur.
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8. Télécartes,
timbres neufs et Ticket-Restaurant
Si
tu veux nous aider, envoie-nous des timbres neufs et, si possible, de
collection. Cela ravit tous les prisonniers (des centaines) qui m'écrivent
chaque année et à qui je réponds toujours en ajoutant dans la lettre quelques
belles cartes postales vierges et trois timbres neufs.
Ca m'aide aussi à répondre à mon énorme courrier. Je lis
personnellement toutes les lettres et je réponds à la plupart. C'est dur mais
si chaleureux. Et quel boulot !
Les timbres de collection oblitérés sont utiles, ainsi que les télécartes
usagées, pour de jeunes collectionneurs.
Les Ticket-Restaurant sont inestimables aussi. Placement sûr et garanti
pour les affamés. Il y en a de plus en plus. Et les tickets se monnayent moins
facilement.
Les télécartes neuves sont aussi utiles à nos anciens, notamment pour
répondre aux offres de travail, ou lorsqu'ils sont seuls et démunis.
Tout apport, même petit, est inestimable. À chacun sa part de partage.
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9. KTO et RND
J'assume
tous les mercredis en direct sur KTO, la nouvelle chaîne de télévision
religieuse, une émission de 19 heures à 20 heures.
Voici les coordonnées de cette télé KTO : 15 rue Cognacq-Jay,
75007 Paris. Tél. 01 49 55 00 18.
Adresse
Internet : www.ktov.com
De
plus, j'anime une émission radio : « Écoute dans la nuit »,
les mercredis de 22 heures à minuit. J'aborde un thème d'actualité ou de
spiritualité, et les intervenants échangent avec moi.
À Paris et en banlieue, cette radio se situe sur 100.7 FM.
L'émission est transmise un peu partout en France, grâce au satellite.
Si tu veux la capter dans un département, tu trouveras Radio Notre-Dame dans
les Radios 3. Et si tu n'as pas le satellite, téléphone au 0 803 804 804.
On peut également consulter RND dans le monde entier, vingt-quatre
heures sur vingt-quatre, sur Internet à l'adresse suivante : www.radionotredame.com
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10. Voiture
d'occasion en bon état de marche
J'ai
constaté qu'en payant le permis à nos jeunes majeurs, et en leur trouvant une
voiture d'occasion, on leur évite de voler des bagnoles. C'est, pour eux,
entrer enfin dans la légalité. Si tu as une voiture roulant bien et en bon état, merci de nous faire signe si tu veux nous l'offrir. On
est preneurs.
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11. Vacances !
Revenez vivants
Pour
ces vacances que je vous souhaite reposantes, conviviales, silencieuses et
priantes, je vous offre ce texte suscité par l'annonce suivante entendue la
veille de Pâques : « On prévoit
pour le week-end pascal 90 morts †. »
Il y en a eu 79 ! Réjouissons-nous donc pour les onze condamnés à
mort qui ont eu la vie sauve !
Chaque fin d'été, combien de lettres ou de faire-parts m'annonçant que
tel ami ou connaissance est revenu dans un cercueil de son lieu de vacances !
Que nos yeux se dessillent, et vite, sur l'hécatombe routière. Elle
est, en France, une véritable aberration.
Revenez
joyeux, apaisés, forts... et vivants de ce temps si précieux. Et n'oubliez pas
que vos enfants vous regardent conduire.
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12. Comment
former les tueurs de la route
La
bataille rangée commence dès que la horde a envahi ma voiture de location.
Après une rapide visite du tableau de bord, les jeunes se vautrent dans
les fauteuils, me recommandant un départ sur les chapeaux de roues. Ce que je
ne manque jamais de ne pas faire, évidemment !
Les « Double cet enfoiré ! », « T'as vu cette
limace ? », « Fous-lui les pleins phares dans sa gueule ! »
et autres poncifs aimables jaillissent des lèvres de nos chérubins, futurs
avaleurs de bitume.
Bien sûr, ils ont repéré avant toute chose le cadran indiquant la
vitesse maximale. Le « 230 km/heure » est, pour eux, le seul
objectif à atteindre. Mon prudent 130 km/heure les désespère.
Ils se rapatrient alors sur la sono... que je leur interdis de toucher.
J'ai failli, un jour, avoir un crash en voulant repousser deux mains qui
s'acharnaient à zapper sur des musiques différentes.
Après avoir touché à tous les boutons accessibles, la bande se
chamaille ou s'endort.
Sur la banquette avant, mon jeune coéquipier (que je choisis silencieux)
me roule consciencieusement mes clopes et me passe l'eau. Je lui apprends
toujours comment présenter la cigarette, le bout incandescent parfaitement
visible.
Avec les dispositions qui les animent si jeunes, ils sont fin prêts,
sans qu'ils le sachent, à grossir l'hécatombe banalisée des 3 000 jeunes,
morts rituellement sur les routes de France en un an.
Sans compter les dizaines de milliers de blessés avec, en prime, tous
ceux et celles condamnés à ne pousser que deux « volants verticaux ».
Assis à vie.
Les constructeurs de voitures devraient, en priorité, entrer dans la catégorie
des « pousse-au-crime » et être inculpés en grande partie pour les
400 000 morts annuels, victimes de la route dans le monde.
L'aberration absolue est qu'ils construisent des bombes volantes, de plus
en plus fragiles et puissantes à la fois. Les adultes commencent à s'en inquiéter.
Quant aux jeunes, ils s'en délectent, inconscients qu'ils sont des risques extrêmes
qu'ils vont courir ou faire courir.
Il semble que seulement deux pour cent de ce que nous donnons à l'État,
pour ce qui touche l'automobile, soient investis pour l'entretien de nos routes.
Autre formidable aberration d'un État rapace qui ne pense que radars, flics en
embuscade, points supprimés et amendes qui lui rapportent un joli pactole, au
lieu, parallèlement aux mesures de dissuasion plus que nécessaires, d'améliorer
considérablement l'état de nos routes !
Un temps, des élus, excédés par la tuerie, ont bardé les routes de
leur commune d'épitaphes mortuaires : « Ici : 4 morts »,
« Là : 8 morts ». Mais sans doute ces stèles funèbres
faisaient-elles désordre... ou se retournaient-elles contre ces mêmes élus.
Le citoyen pouvait se dire, en effet : « S'il y a tant de morts à
cet endroit, c'est que rien n'est fait pour empêcher qu'ils le soient. »
Persévérons donc dans notre lâcheté qui provoque cette tuerie banalisée.
D'autres moyens sont aussi à leur disposition : jeux vidéos de
compétition routière hard, films comme Taxi
I, moteurs de mobylettes gonflés, etc.
Nos futurs tueurs de la route sont plus que jamais programmés pour
entrer dans la danse macabre.
Continuons donc gentiment à les prévenir des risques innombrables que
comportent les routes, en ne prenant aucun moyen en amont pour les empêcher de
se détruire ou d'anéantir ceux qu'ils auront le malheur de croiser...
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plus en plus fragiles et puissantes à la fois. Les
adultes commencent à s'en inquiéter. Quant aux jeunes, ils s'en délectent,
inconscients qu'ils sont des risques extrêmes qu'ils vont courir ou faire
courir.
Il semble que seulement deux pour cent de ce que nous donnons à l'État,
pour ce qui touche l'automobile, soient investis pour l'entretien de nos routes.
Autre formidable aberration d'un État rapace qui ne pense que radars, flics en
embuscade, points supprimés et amendes qui lui rapportent un joli pactole, au
lieu, parallèlement aux mesures de dissuasion plus que nécessaires, d'améliorer
considérablement l'état de nos routes !
Un temps, des élus, excédés par la tuerie, ont bardé les routes de
leur commune d'épitaphes mortuaires : « Ici : 4 morts »,
« Là : 8 morts ». Mais sans doute ces stèles funèbres
faisaient-elles désordre... ou se retournaient-elles contre ces mêmes élus.
Le citoyen pouvait se dire, en effet : « S'il y a tant de morts à
cet endroit, c'est que rien n'est fait pour empêcher qu'ils le soient. »
Persévérons donc dans notre lâcheté qui provoque cette tuerie banalisée.
D'autres moyens sont aussi à leur disposition : jeux vidéos à
base de compétition routière « hard », films comme « Taxi I », moteurs de mobylettes gonflés, etc.
Nos futurs tueurs de la route sont plus que jamais programmés pour
entrer dans la danse macabre.
Continuons donc gentiment à les prévenir des risques innombrables que
comportent les routes, en ne prenant aucun moyen en amont pour les empêcher de
se détruire ou d'anéantir ceux qu'ils auront le malheur de croiser...
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