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| © www.padr.be (dessin repris sur cette page avec l'aimable autorisation de son auteur) |
Fuyant les
médias, tout en espérant que notre nouveau pape naisse mercredi ou jeudi, je
pars pour 24 heures de retraite en pleine forêt mardi.
Patatrac ! Sur l’autoroute, un appel d’un média belge : “La fumée
blanche” vient d’apparaître. Qu’en pensez-vous ? “ J’en pense rien,
bien entendu... pour la radio, tout en me disant : “C’est Joseph”.
Et, quelque 3/4 d’heure plus tard, c’est bien l’éminent cardinal qui met
le bout de son nez à la fenêtre du monde catholique.
Passons sur mes préférences personnelles. Misons sur l’avenir.
Il a le même âge que Jean XXIII ce vieux pape que maints journalistes considéraient
alors comme sénile.
En fait de sénilité, le bon pape Jean a donné Vatican II au monde et une espérance
pas possible dont on n’a épuisé que quelques filons. La mine d’or recèle
encore une énorme capacité de renouveau pour le milliard de catholiques.
Les enjeux immenses pour l’Église d’aujourd’hui et de demain sont vitaux,
certains pressants.
Et puis Benoît XVI n’a pas l’âge du jeunot qu’on a connu en 1978 avec
notre fringant Jean-Paul II.
Les 115 sages ont dû bien faire leur travail s’ils ont choisi Joseph
Ratzinger. Nos vues humaines (et Dieu sait si on a eu le temps de les entendre
durant 15 jours) ne sont pas les vues de l’Esprit.
J’ai noté, durant ces moments d’élection, la richesse des questions
souvent posées par les journalistes.
De la morale sexuelle aux hommes mariés prêtres, de la place des femmes dans
l’Église, les médias ratissaient large mais... court sur le mystère de l’Église.
Notre institution ecclésiale est faite d’hommes et de femmes qui ont de
grandes exigences et, parfois, contradictoires. Le mystère, lui, est
saisissant, inexprimable, fondamental.
Aussi pauvres que les 12 apôtres traîne-savate des premiers pas de l’Église,
nous sommes aujourd’hui.
Mais notre richesse, c’est le Christ. “Notre faiblesse est notre force”.
C’est là où réside la plénitude du mystère.
Benoît XVI a, pour l’heure, un immense besoin de notre regard neuf et de
notre prière.
Avance au large, Joseph !
Quant à moi, je rebrousse chemin (ce qui est rarissime quand je pars en
retraite) pour vivre avec mes jeunes les demandes des médias qui m’assaillent
dans ce grand moment d’Église.
Guy GILBERT - 20 avril 2005
Cf. ICI l'hommage écrit quelques jours auparavant pour Jean-Paul II
"BENOIT XVI ET MON SENTIMENT"
(extrait de la lettre semestrielle de juin 2005):
Il
m’a été tellement demandé de dire ce que je pense du nouveau pape que je ne
résiste pas à l’envie de vous le communiquer.
Sans doute, une partie d’entre vous s’en fichent comme de leur baptême
qu’ils n’ont ni accepté ni vécu. Si tant est, d’ailleurs, qu’ils aient
été baptisés !
Qu’ils lisent ces lignes quand même face au séisme mystique occasionné par
la mort de Jean-Paul II et l’attente mondiale de la fumée blanche qui nous a
fait apparaître le visage de son successeur.
Ce n’était pas celui que je désirais. Pourtant, ce vieillard tout neuf a
surgi de la loggia pontificale !
Caricaturé depuis un quart de siècle par ses positions qu’on dit rigides, de
défenseur de la doctrine de l’Église catholique et romaine, il a provoqué
quelques tensions dès son arrivée.
Son visage humble et timide m’a séduit de prime abord. Quand on sait que sur
les 115 cardinaux aucun n’aurait voulu la charge spirituelle de porter le 6ème
de l’humanité, je fais confiance aux 114 qui l’ont élu !
Il est voué au monde et non plus seulement à la seule Curie dont il avait la
lourde charge.
Je rêve d’un autre Jean XXIII réputé, lui aussi, pour son conservatisme. Il
a foutu un sacré binz dans l’Église en lançant Vatican II.
Un homme (fut- il pape) ne peut être jugé sur son passé.
Jean XXIII avait, lui aussi, 78 ans lorsqu’il fut élu à la charge suprême !
Tout espoir est donc permis.
Benoît XVI n’a ni le charisme médiatique de Jean-Paul II ni son côté athlétique.
C’est ainsi.
Les premiers gestes du nouveau pape, les mains serrées, n’ont rien à voir
avec l’élan des deux bras de Jean-Paul II s’élevant interminablement vers
l’univers. Spirituel et timide, le nouveau pape nous apporte ce qu’il est.
Chaque pape est, pour les catholiques, « don de Dieu ».
De plus, l’Esprit-Saint a son mot à dire, selon nous, dans toute élection
papale. Je le crois.
Mais après Jean-Paul II issu de la Pologne et Benoît XVI de l’Allemagne, il
serait bon que le prochain élu soit issu d’un continent hors de l’Europe.
Le vent frais offert par un nord-américain ou un africain, ou encore un
asiatique, donnerait au catholicisme une tonalité plus juste d’un
christianisme florissant.
L’Europe chrétienne est fatiguée. Elle se traîne face à son matérialisme
et son peu d’appétit pour Dieu.
En attendant, souhaitons à Joseph Ratzinger d’être un « pontifex »
(bâtisseur de pont) pour l’Église d’aujourd’hui. Soyons solidaires et
prions pour lui.
Quel plus beau pont, d’ailleurs, n’est-il pas après la Pologne de Karol
Woltijla laminée par l’Allemagne nazie en 1945 !
Un Berger allemand après un Berger polonais, 60 ans après les horreurs d’un
guerre horrible qui a déchiré ces deux nations, est un fameux clin d’œil
pour la paix dont Saint Benoît, le patronyme du nouveau pape, était l’apôtre
ardent.
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